AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782842612351
175 pages
Le Serpent à plumes (18/10/2000)
3.32/5   19 notes
Résumé :
Aux portes de l’océan Indien, de l’Arabie et de l’Afrique : Djibouti. Au fil de ces nouvelles évoquant tour à tour les contes des Mille et Une Nuits et la brutale réalité politique d’aujourd’hui, Abdourahman A. Waberi rêve du Pays sans ombre, sa terre natale.
Des pages « arrachées au pays de l’imaginaire », dont le style poétique, la violence contenue, la tension fiévreuse sont à l’image des terres meurtries et ferventes de la Corne de l’Afrique.
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
wellibus2
  28 mai 2016
Aux portes de l'océan Indien, de l'Arabie et de l'Afrique : Djibouti.
Au fil de ces nouvelles évoquant tour à tour les contes des Mille et une nuits et la brutale réalité politique d'aujourd'hui, Abdourahman A. Waberi rêve du Pays sans ombre, sa terre natale.
Des pages dont le style poétique, la violence contenue sont à l'image des terres meurtries et ferventes de la Corne de l'Afrique.
Commenter  J’apprécie          340
Acerola13
  05 avril 2021
C'est dans le cadre du Challenge des globe-trotteurs que j'ai découvert cet auteur djiboutien, dont le pays sans ombre propose quelques nouvelles, quelques tableaux de Djibouti où la description de ce petit pays se mêle bien souvent à des passages poétiques, voire à des sortes de contes.
Étrange mélange, mais je suis tombée sous le charme de ces scénettes où le soleil écrasant, la pesanteur de l'air et la paresse liée à la consommation du khat côtoient les différents types de fous qui parcourent les rues désertes, les troglodytes méfiants de leurs voisins, des jeunes hommes qui s'expriment dans une langue étrangère qu'ils n'ont pas apprise...Abdourahman A. Waberi semble lui même s'exaspérer de cette foule, de ce peuple halluciné aux allures fantomatiques qui subit la famine, la guerre civile, s'offre à la rapacité des reporters occidentaux qui s'enfuient une fois leur cliché pris.
Les quelques passages aux figures féminines n'échappent pas à la triste violence ambiante : fuite vers la liberté pour échapper au mariage, tradition de l'enlèvement de sa future épouse soldé par la mort, viols à répétition.
Mais malgré ces tableaux tristes, violents et sombres (malgré le titre !), la très belle écriture de l'auteur et ses fusions poétiques m'ont beaucoup touchée, et c'est avec une étrange mélancolie que j'ai tourné les dernières pages. Je lirai sans aucun doute ses deux autres ouvrages Cahier nomade et Balbala, qui complète cette trilogie djiboutienne. Une belle découverte d'un pays dont on ne parle que peu !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Fuyating
  08 avril 2019
Ce recueil de nouvelles est original et intriguant. J'ai aimé certaines histoires qui avaient des allures de contes, mais ai eu plus de mal à en comprendre d'autres. Je pense qu'il me manque en effet une connaissance de l'histoire de Djibouti et des pays alentours, ainsi que de la société. Ces très courtes nouvelles sont parfois énigmatiques et semblent avoir des messages plus ou moins cachés, des dénonciations. La sécheresse m'a marquée, la guerre aussi bien sûr, la pauvreté, l'oisiveté pour certains qui broutent à longueur de journée du khat, les relations parfois ambiguës avec les pays voisins.
J'ai été étonnée par les grandes différences de certains passages : parfois très poétiques et quelques lignes plus loin cela pouvait être très cru.
Commenter  J’apprécie          30
Carmendb
  28 septembre 2018
Chacune des 17 nouvelles de ce recueil participe à l'élaboration du portrait à mille facettes du pays de l'auteur. Pays réel, pays imaginaire, pays rêvé que nous découvrons à travers des contes, des légendes, des récits construits comme des chansons aux refrains lancinants, des morceaux de poésie pure ou des extraits de témoignages poignants (reporters, Père Blanc, membre d'ONG).
La guerre et les malheurs qu'elle engendre sont omniprésents. J'en retiendrai une image forte, comme l'une de ces terribles photos qui illustrent les reportages dans nos journaux : « le territoire de la douleur tremblote de partout. Sans bruit, un enfant gratte la terre pour avaler une puis deux poignées de sable brun. Des petits cailloux grincent entre la demi douzaine de dents qui dansent dans le huis clos de sa bouche. Il crache quelque chose et avale le reste. Il tousse puis s'endort. Son poids : une touche arachnéenne sur le sol. » (Extrait de « Nabsi »).
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus2   28 mai 2016
Horreur tribale et traces d'inhumanité dans paysage décati. Le soleil rissole les silhouettes désarticulées. Des monticules affligent la savane chauve : cimetières qu'on dirait termitières. Des os, d'homme ou d'oiseau, se décalcifient à tout bout de champ. Une femme jeune et décomposée mordille un fémur. Les boyaux d'un âne passent d'une main à l'autre. Des osselets sont croqués avec conviction.
Sans rancoeur, le coeur de la terre veut sourire ici, il n'y arrive pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Acerola13Acerola13   03 avril 2021
Corps étuvés ; ce que la nature nous donne à voir plaisamment : ce sont des fleurs d'agaves dans l'ivresse de l'étreinte arborescente.

Il chuchote des mots quasi inaudibles. Elle soupire profondément. Froissement d'étoffe — prélude d'une furia tendre. Un genou nu sort de dessous le drap. Râles dans le lit et béance dans la nuit. Un quartier de lune monte la garde.
Commenter  J’apprécie          20
Acerola13Acerola13   03 avril 2021
Dans un monde à la dérive, les hommes s'agrippent à la chose la plus fragile qui soit : les brindilles d'un arbuste éthiopien. Cette plante les aguerrit en retour. Le khat, c'est le poison et son antidote, autrement dit l'incarcération perpétuelle.
Commenter  J’apprécie          20
Acerola13Acerola13   03 avril 2021
Certes, il ne faut pas parler à l'identique mais doit-on pour autant multiplier les langages à l'infini ? Le pays s'est déjà doté de quatre langues : deux officielles parce qu'étrangères (le français pour la notoriété et l'arabe pour les sous du Golfe) et deux nationales parce qu'autochtones.
Commenter  J’apprécie          10
Acerola13Acerola13   03 avril 2021
Et pourtant, j'angoisse Mariam, la femme ordinaire d'un pays sans fantaisie tout entier occupé à mâcher les maigres restes d'un repas entamé ailleurs et acheminé grâce à l'admirable énergie des receleurs de la charité.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Abdourahman A. Waberi (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abdourahman A. Waberi
Extrait du recueil LA BALLADE DE LEÏLA KHANE de Abdourahman A. Waberi
«La ballade de Leïla Khane» est un grand poème ou peut-être un étrange bateau. Leïla nomme l'absence. Cette légende fait de l'amour une île qui évite aux amants la mort et la folie. C'est encore Leïla qui dit l'exil, les ports, les déserts, les océans et les villes.
Alfred Alexandre est né en 1970 à Fort-de-France, en Martinique. Après des études de philosophie à Paris, il retourne sur sa terre natale où il vit et exerce pendant un certain temps la profession d'enseignant-formateur en français. Son premier roman «Bord de canal» (Dapper, 2004) a obtenu le Prix des Amériques insulaires et de la Guyane 2006 et son premier texte théâtral «La nuit caribéenne» a été choisi parmi les dix meilleurs textes francophones au concours général d'Écriture Théâtrale Contemporaine de la Caraïbe (2007). Il a publié chez Mémoire D encrier l'essai «Aimé Césaire, la part intime» (2014), le roman «Le bar des Amériques» (2016) et le recueil «La ballade de Leïla Khane» (2019). Il est l'une des nouvelles voix de la littérature antillaise.
+ Lire la suite
autres livres classés : djiboutiVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura