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ISBN : 2842612329
Éditeur : Le Serpent à plumes (18/10/2000)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Les éditions du Serpent à Plumes publient Moisson de crânes du Djiboutien Abdourahman A. Waberi. Ce livre fait partie du projet " Rwanda : écrire par devoir de mémoire ". Un texte violent et poétique à découvrir absolument.
En 1997, trois ans après le génocide rwandais, l'écrivain tchadien Nocky Djedanoum initie le projet " Rwanda : écrire par devoir de mémoire ". En 1998 dix écrivains, un cinéaste et un plasticien se rendent alors à Kigali. Ils proposent à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  17 mai 2015
Adana , Auschwitz, Kigali : un trio pas très glorieux pour l'humanité du XX° siècle.
Trois noms de villes, mais il pourrait y en avoir d'autres qui résument la barbarie, l'inhumanité et les conséquences dramatiques qu'entraînent la haine de l'Autre institutionnalisée et encouragée.
Dans ce petit ouvrage, c'est des victimes de Kigali qu'Abdourahman Waberi veut qu'on se souvienne. Des pauvres gens qui eux aussi ont eu la mauvaise idée d'appartenir à la mauvaise ethnie, et d'être au mauvais endroit au mauvais moment.
Je n'avais jamais lu cet auteur mais son intervention dans La Grande Librairie avait piquée ma curiosité.
Le livre est composé de deux parties : 3 récits de fiction, puis 3 récits type compte-rendu de voyage.
Les deux se complètent bien, interpellent et amènent le lecteur à réfléchir sur la nature du génocide, les bourreaux, la communauté internationale et l'après-génocide. La première nouvelle est assez...étonnante, à cause de sa structure et du choix du point de vue externe qui suscite difficilement l'intérêt. En revanche, la seconde, "La Cavalcade", qui donne la parole à l'agresseur Hutu qui se cache derrière un "on" impersonnel est bien plus saisissante. Quand à la dernière, qui utilise le chien comme métaphore et emblème du conflit et de l'après, il interpelle sur le côté presque absurde de la situation.
Dans ces trois nouvelles, A. Waberi utilise beaucoup les références et les motifs de violences bibliques : l'Humanité, la haine et la jalousie envers l'Autre ne sont-elles que des répétitions ? N'a-t-on pas évolué depuis l'Antiquité ?
Quant à l'écriture, elle est telle un fleuve : tantôt calme et fluide, tantôt déchaînée mais toujours poétique.
Une découverte intéressante.
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Kirsikka
  28 mars 2017
En 1998, l'écrivain Tchadien Noccky Djedanoum initie le projet "Rwanda : écrire par devoir de mémoire". C'est dans ce cadre qu'Abdourahman A. Waberi se rend en 1998 et 1999 au Rwanda et au Burundi pour recueillir des témoignages. Confronté à la difficulté de rendre compte de l'horreur, dans l'impossibilité de l'expliquer, il écrit trois courts textes de fiction sur le génocide à partir des paroles des survivants, et trois récits qui parlent du Rwanda et du Burundi tels qu'ils les voit lors de ses voyages.
Les textes sont très courts, l'écriture est saisissante, très belle, elle coupe le souffle. Ce petit livre rend hommage aux victimes dans une langue qui cherche à "rendre sa part d'humanité à cette contrée". Et y réussit.
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nanek
  06 mai 2019
Un texte court mais incisif.
On plane entre poésie, récit et fiction, survolant cet amoncellement de squelettes, pour devoir de mémoire. Parce que l'écriture doit permettre cela
pour raconter et faire vivre les horreurs subies.
Car elle n'a pas toujours servie la cause juste, ici, A.A Waberi redonne à l'immense talent des conteur africains, leur digne place et leur rôle immense lorsqu'il s'agit de contrer la pensé immonde qui voudrait que ce ne soit pas important lorsqu'il s'agit de l'Afrique.
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Celkana
  22 janvier 2015
Ces petits textes sont forts, violents et la poésie de certaines phrases cachent la puissance de la haine, de la violence pure, de la volonté de vouloir reconstruire un pays, de ne pas nier les atrocités qui ont été produites, les conséquences qui en ont découlées, la méfiance et la peur. Mais il y a aussi la dénonciation des silences, aussi violents et lâches que ceux qui ont agi, les complicités induites ou volontaires...
Bref, un petit volume qui fait partie d'une contribution pour le Rwanda et qui a une force réelle. Les mots sont justes et sans fioriture, c'est ce qui fait toute la beauté de la plume dans ce cas.
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rotko
  17 janvier 2015
«  Comment écrire après les massacres rwandais ? »
Que faire d'autre sinon évoquer un instant les âmes et les êtres disparus, les écouter longuement, les effleurer, les caresser avec des mots maladroits et des silences, les survoler à tire-d'aile parce qu'on ne peut plus partager leur sort ?
Waberi écrit sur deux tableaux : celui des témoignages et celui des fictions. Il en résulte une description très rapide - qui n'a pas besoin de commentaires, sur la préparation des massacres : trois mots suffisent : machettes, radio, haine.
D'un côté on voit les génocideurs : ceux qui n'ont rien vu, et ceux qui, dans la prison de Rilima, nient farouchement les évidences.
On voit aussi le courage de ceux qui veulent reconstruire le pays.
Pourtant Waberi se montre-t-il optimiste ? le Burundi peuplé essentiellement de Tutsi ne contient-il pas en germe ce qui fit l'horreur du Rwanda, par le biais des Hutus ?
Comment expliquer qu'un si beau pays puisse, sous l'action de gens ordinaires, basculer dans le sang ?
Les citations d'Aimé Cesaire et de Primo Levi sonnent comme des avertissements, en même temps qu'à la lecture des brèves notations politiques de l'auteur, on s'aperçoit de notre profonde méconnaissance des régimes africains, relégués au bas bout de l'actualité.
Au passage je note la condamnation de Waberi sur « le pouvoir mortifère de la plume » : Certains (dont un historien et un linguiste) ont poussé à la haine et au génocide. Rappeler que l'écrivain a une responsabilité demeure toujours d'actualité.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   28 mars 2017
Combien de corps tombant, trébuchant, rattrapés par la pointe des cheveux, achevés, émasculés, bousillés, souillés, violés, incendiés ? Combien ? Le langage est, on le voit à chaque crise, inadéquat à dire le monde et toutes ses turpitudes, les mots restent de pauvres béquilles mal assurées, toujours à fleur de déséquilibre. A maintes occasions, sous divers cieux, ce langage reste un luxe rarement accessible. Et pourtant, si l'on veut qu'un peu d'espoir vienne au monde, il ne nous reste comme armes miraculeuses que ces béquilles malhabiles. Que faire d'autre sinon évoquer un instant les âmes et les êtres disparus, les écouter longuement, les effleurer, les caresser avec des mots maladroits et des silences, les survoler à tire-d'aile parce qu'on ne peut plus partager leur sort ? Les faire sourire aussi, si cela est possible, s'ils se prêtent au jeu et si cette tâche est à portée de nos forces.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   16 mai 2015
Le malheur danse et sautille au bras de l'Histoire. Les collines, vêtues de leurs ténèbres denses, sont envahies par les milices bovines qui se fraient un passage entre les emmêlements des tiges, les foisonnements de branches et les confusions de lianes. Il se prépare une récolte de crânes, un théâtre qui pourrit les yeux et la tête quand on en a encore une, pleine ou pas. La reine Rumeur mobilise tout le monde, nous précipite dans la boue la plus fermentée. Qui ne dit mot consent pleinement. Une cathédrale de sang et de cendre se profile - une cathédrale digne des mille paroisses du petit pays ou de celle de nos amis du Vatican.

(dans "Terminus")
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naneknanek   05 mai 2019
Les oiseaux voletaient sur les collines comme si de rien n'était, on notait cependant le survol insistant d'une nuée de charognards.
Ah! toutes les intelligences abîmés pour toujours, toutes les lignés épuisées, éteintes, toutes les jeunesses sandwichées entre l'enclume et le marteau qui ne connaîtront les tendresses de l'amour!
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   16 mai 2015
Voyage sans escales, au plus loin, au plus profond de l'inhumanité. Les mamelles fertiles de la haine et le treillis du ciel. Un froid de marbre ou de pierre nue. Une peau précaire. Un monde très chaviré. Sang usé, épuisé. Mots fatigués, mille fois mâchonnés. On tue pour rire, pour rien. [...] Toujours, on viole la victime pour rire, pour rien. D'autres fois, le cancrelat fait l'objet d'envie parce qu'il a une chemise propre sur lui, de jalousie [...] ; des soupçons il y en a toujours, pas besoin de chercher des motifs pour ça. [...] Voyage sans escales, au plus loin de l'inhumanité.


(dans "Et les chiens festoyaient")
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   16 mai 2015
C'est toujours comme ça depuis les temps bibliques, les Romains n'ont-ils pas appris aux autres peuples l'usage de la torture comme arme politique pour sauvegarder l'intérêt général ? La sagesse séculaire de nos pères a des limites, vous n'en disconviendrez point, j'en suis sûr, et les hommes de l'avenir se doivent d'affronter les nouvelles exigences que leur impose le monde moderne.
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Videos de Abdourahman A. Waberi (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abdourahman A. Waberi
Abdourahman A. Waberi vous présente son ouvrage "Pourquoi tu danses quand tu marches ?" aux éditions Lattès. Rentrée littéraire Août 2019. Parution le 21/08.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2347383/abdourahman-a-waberi-pourquoi-tu-danses-quand-tu-marches
Notes de musique : Youtube Audio Library
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>Histoire de l'Afrique Centrale>Anciens territoires belges>Rwanda, Burundi (17)
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