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Critiques sur Pourquoi tu danses quand tu marches ? (14)
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Eve-Yeshe
  10 octobre 2019
Un jour, alors qu'il accompagne sa fille à l'école, celle-ci lui pose une question : « Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ?», sous-entendu, pourquoi je ne t'ai jamais vu faire du vélo ou de la trottinette. Un peu décontenancé par la question, il se met à réfléchir et les souvenirs du passé remontent. Il va les partager avec elle.

« Après le silence, tu m'as souri comme pour mettre un terme à mon angoisse naissante. Soudain, tu as lâché assez brutalement :

— Papa, pourquoi tu danses quand tu marches ?

— Euh… »

Aden n'a pas eu une enfance heureuse, c'est le moins qu'on puisse dire.

Bébé, il pleurait beaucoup, sa mère ne lui témoignait aucune tendresse et quand elle en avait assez des pleurs, elle le donnait à une autre personne de la maison, comme un vulgaire paquet (de linge sale !). Son père rentrait tard du travail, guère disponible non plus, alors c'était la grand-mère Zahra qui s'occupait un peu plus de lui.

C'était un gamin triste, maigrichon, qui très tôt a eu la mort à ses côté: on pensait qu'il était trop fragile pour vivre. En gros, cet enfant devait avoir le mauvais oeil…

Quand il est entré à l'école, il est bien-sûr devenu le souffre-douleur de Johnny, le petit caïd qui repère à distance les proies faciles. Dès le premier jour il a droit à un croc-en-jambe qui le fait tomber la tête première dans la fontaine, avec des plaies, notamment une sur la jambe. On va se contenter de suturer sans chercher plus loin.

Mais, il n'y a pas seulement la violence physique il y a tous les surnoms dont on l'affuble, du fait de son côté chétif. Entre parenthèses, il faudra plusieurs années pour qu'on le montre à un médecin et que le diagnostic de poliomyélite tombe ; il aurait suffi d'un vaccin pour éviter de souffrances…

Dans son malheur, Aden fait la rencontre de sa vie en la personne de son institutrice, Madame Annick, qui va lui donner le goût de la lecture et de l'écriture. Mais les livres ne sont pas les bienvenus à la maison, alors il fait des kilomètres à pied pour trouver des livres, même des revues style « Nous deux » pour étancher sa soif de lecture, avec le risque de tomber sur Johnny ou de se faire découvrir tout simplement.

Zahra, qu'il appelle Grand-Mère Cochise (car elle règne sur la maison, sur sa tribu, et a hérité une certaine sagesse de sa famille de Nomades), lui a donné le goût des mots, en lui racontant des histoires, éveillant ainsi sa curiosité et son amour des mots.

Quand sa mère se retrouve enceinte, sept ans plus tard, on ne lui explique rien, d'où sa surprise en découvrant un bébé dans le panier lorsqu'elle rentre à la maison. Bébé qui, bien-entendu, sera beau, souriant et captera toute l'attention. Aden, qui était délaissé le sera encore plus : comment lutter sinon en lisant, en travaillant bien à l'école…

Abdourahman A. Waberi nous replonge dans le Djibouti du temps de la colonisation, quand on parlait encore de Territoire Français des Afars et Issas alias TFAI, sur les conditions de vie de l'époque, sous le regard de de Gaulle, un personnage aussi de l'histoire, en fait.

Il décrit la vie d'Aden, pendant son enfance mais aussi plus tard, au cours de sa scolarisation, avec des anecdotes sympathiques, comme un passage de relais entre lui et sa fille. le retour sur l'enfance permet de réfléchir à la manière dont on peut transcender, se sortir d'un statut de victime dans lequel on a tendance à s'enfermer et mettre en place un processus de résilience pour pouvoir transmettre plus tard à ses enfants.

Une image que je garde en mémoire: Aden prenant sa revanche sur les « tortionnaires en herbe » de son enfance en écrivant leurs rédactions.

J'aime beaucoup les histoires de transmission familiale, de résilience alors ce roman m'a beaucoup touchée, tant par le thème que par l'écriture, nous laissant imaginer les couleurs et la culture de sa terre natale. Comment résister à quelqu'un qui aime autant les livres, les mots, se les approprie, devenant le roi de la dissertation ?

Un grand merci à NetGalley et aux éditions J.C Lattes qui m'ont permis de découvrir un superbe conteur dont j'ai très envie de connaître les autres livres…

#PourquoiTuDansesQuandTuMarches #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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calypso
  14 août 2019
Dès le début du roman, nous sommes plongés dans un souvenir et conduits à Djibouti, au début des années 70. Cet espace-temps constitue, pour le narrateur, le « point de départ » vers lequel sa mémoire ne cesse de le ramener. Une mémoire imparfaite qu'il a fallu apprivoiser, des souvenirs embrumés qu'il a fallu réorganiser, afin d'y voir plus clair sur sa propre enfance, pour pouvoir la transmettre, l'offrir, à cette petite fille qui demande un jour : « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » Les fils tortueux de la mémoire sont alors déroulés et l'enfance est racontée sous forme de petits tableaux : au coeur du souvenir, des personnages hauts en couleur, comme grand-mère Cochise, « le chef suprême de la famille », ou Madame Annick, l'institutrice admirée, le sol poussiéreux de Djibouti, les courses bruyantes dans les ruelles, des relations parfois difficiles, des quolibets, des déconvenues et une blessure qui marquera à jamais la vie du narrateur. La remémoration de cette enfance à Djibouti est, en outre, une adresse à Béa, la fille du narrateur, qui est à l'origine de la question, et l'occasion d'un véritable hymne aux mots, à la langue française et à la littérature.
Pourquoi tu danses quand tu marches ? est un roman qui est très agréable à lire même si le travail sur la mémoire implique ici un côté décousu qui pourrait gêner certains lecteurs. J'ai beaucoup aimé suivre l'enfance du narrateur et comprendre l'origine de cette démarche qui intrigue sa fille, j'ai trouvé les diverses anecdotes sur la vie à Djibouti particulièrement intéressantes, mais j'ai été moins séduite par les passages où le narrateur s'adresse plus directement à sa fille. Je ne sais pas si c'est dû au style d'écriture, au fait que le narrateur raconte sans chercher l'apitoiement de son auditrice, mais je dirais que, peut-être, il m'a manqué un peu d'émotion…

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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AudreyT
  22 septembre 2019
****

Alors qu'ils marchent main dans la main sur le chemin de l'école, Aden et sa fille Béa, profitent de ces moments suspendus. Un jour Béa se lance et ose enfin demander à son père d'où lui vient son étrange démarche. C'est aussi avec beaucoup de courage qu'Aden racontera alors à sa petite fille son enfance à Djibouti... Et sa jambe si fragile...

Ce roman de la rentrée littéraire m'a paru doux et tendre. Pourtant, la vie d'Aden n'a rien d'un conte de fée... Il vit à Djibouti, dans les années 70, avec sa grand-mère Cochise, seule figure féminine à l'entourer de gentillesse. Sa mère trouve que son fils est trop fragile, trop malingre, fiévreux et pleurnichard.

A 7 ans, sans qu'aucun médecin ne pose de diagnostic, Aden souffre terriblement de sa jambe. Il en gardera une démarche claudiquante. La polyomélite expliquera beaucoup plus tard la douleur qu'il aura enduré...
Moqueries, surnoms, regards qui se détournent... Aden les affrontera grâce aux livres qui lui permettront de s'évader...

Si j'ai aimé ce roman c'est parce que c'est un retour à la vie. La vraie, la lumineuse, celle qui accepte de danser... C'est en replongeant dans son enfance, en affrontant ses peurs et ses douleurs, en pardonnant au sort, qu'Aden renoue avec la beauté du monde.
C'est en nommant la maladie, l'angoisse et les non-dits que ce petit garçon deviendra enfin un homme.
C'est en murmurant à l'oreille de sa fille qu'il fera entendre sa voix...

Merci à NetGalley et aux Éditions JC Lattès pour leur confiance...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2019..
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coquinnette1974
  29 août 2019
Je remercie chaleureusement les éditions J.-C. Lattès pour l'envoi, via net galley, de Pourquoi tu danses quand tu marches ? d'Abdourahman A. Waberi. Il fait partie de leur rentrée littéraire 2019.
Un matin, sur le chemin de l'école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ».
La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ?
Le père ne peut pas se dérober.
Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d'eau, au pays de l'enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d'abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l'ont rendu différent, unique.
Il était le « gringalet » et « l'avorton » mais aussi le meilleur élève de l'école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations....
Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? est un joli roman de cette rentrée littéraire. Je ne connaissais pas du tout Abdourahman Waberi et j'ai beaucoup aimé sa plume.
Le narrateur nous emmène avec lui dans son enfance, dans ses souvenirs à Djibouti. Il saute parfois du coq à l'âne car il retourne en arrière, il parle à sa fille, lui explique plein de choses.
Je ne connais pas Djibouti, son enfance a été très différente de la mienne et j'ai trouvé ça très intéressant. Son enfance a été difficile, les enfants sont souvent cruels entre eux, on le sait. On oublie que les adultes aussi peuvent parfois être cruels...
L'enfant qu'il était a mal été soigné, voilà donc pourquoi il danse quand il marche, comme on le découvre au fur et à mesure que nous tournons les pages.
J'ai trouvé ce roman très touchant, avec un narrateur attachant. J'imagine sa petite fille écouter attentivement ses explications et découvrir avec surprise, et intérêt l'histoire de son papa.
Pourquoi tu danses quand tu marches ? n'est pas tout à fait un coup de coeur, mais je lui mets quatre étoiles et demie. C'est une bonne surprise de cette rentrée littéraire :)
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mariech
  25 juillet 2019
Pourquoi tu danses quand tu marches c'est ce que demande une petite fille vive , espiègle à son papa , elle a remarqué qu'il ne marchait comme tout le monde et elle lui pose la question avec ses mots d'enfants qui vont faire mouche .
Le père raconte alors son enfance dans ce pays d'enfance qui est Djibouti alors encore sous protectorat français , les premières années d'école , les brimades faites par le plus fort jusqu'à la chute dans la cour de l'école le premier jour de la rentrée , la souffrance du genou blessé mais surtout l'humiliation subie qui ne s'effacera jamais .
Des années plus tard la maladie s'installe , le diagnostic sera posé , polyo mais c'est trop tard le mal est incurable faute de médecine préventive, pas de vaccin .
Les souvenirs continuent , après la révolte due à son état , plus de jeux d'enfants , pas de vélo , il y a la découverte des mots , de la langue française, le jeune garçon lit tout ce qui lui tombe sous la main , bande dessinée en piteux état , publications diverses comme des pages de journaux , même des Nous deux , et cette évocation m'a fait sourire car j'en ai lu en cachette chez une de mes grands mères .
L'auteur rend un bel hommage à la langue française , à son amour inconditionnel à la lecture , bel hommage également à ses racines africaines surtout à sa grand mère conteuse née , qui sans savoir lire ou écrire l'a bercé de mots , d'histoires .
Avec le temps vient l'apaisement et quel meilleur exercice que s'adresser à sa fille pour qu'elle comprenne mieux ce père qui a définitivement choisi la vie , la vie qui se danse comme la fameuse chanson de Stromae .
Vous l'aurez compris , ce livre est un coup de coeur , je n'ai qu'une envie , découvrir l'auteur un peu plus.
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StephanieIsReading
  10 octobre 2019
Alerte coup de coeur littéraire !
J'ai été absolument bouleversée par la lecture de ce roman.
Le narrateur se promène dans les rues de Paris avec sa fille, Béa, qui est encore une enfant. Une enfant qui n'a pas peur de poser des questions, qui n'a pas peur de demander à son père non pas les raisons pour lesquelles il boîte mais simplement : 《Pourquoi tu danses quand tu marches?
À cette question dont la réponse aurait pu aisément tenir en une phrase, le père de Béa va apporter une réponse (longue qui s'étire sur 250 pages) nourrie par l'incessant va-et-vient entre le passé et le présent, entre Djibouti et Paris, entre son moi enfant et son moi adulte.
Il se raconte, il raconte sa famille, sa douleur, sa souffrance, sa solitude, son mal d'amour et de reconnaissance, mais aussi ses joies. Et contre toute attente, il ne s'attarde pas tant sur la maladie qui est la cause de sa démarche dansante comme il aime à dire mais plutôt sur ses émotions et sur cette constellation d'êtres auprès desquels il grandit.
En nous parlant de lui, il nous parle de l'enfance, de la sienne comme de la nôtre. L'enfance universelle confrontée à la cruauté des enfants (souvent), à l'indifférence et à la violence des parents(parfois), à la solitude imposée.

Quelle écriture ! Quelle force imagée ! Quel bonheur de retrouver des références littéraires à peine déguisées : je pense notamment à Blaise Pascal dont la célèbre "pensée" portant sur le nez de Cléopâtre et son incidence sur la face de la Terre est mise à l'honneur. Je pense aussi à cette autre référence implicite à Amadou Hampâté Bâ lorsqu'il compare la mort de sa grand-mère à une bibliothèque qui brûle.
Voici donc un roman qui mérite que l'on s'y attarde, une histoire qui demande à être lue pour lever les dernières barrières de la mémoire récalcitrante, pour rejoindre le bastion de l'enfance et pour affranchir l'adulte de son passé et le voir se saisir du présent.
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jmb33320
  01 septembre 2019
Le narrateur de ce roman, Aden Rableh, est confronté à une question gênante de sa petite fille Béa : pourquoi a-t-il cette démarche déhanchée, qui le singularise aux yeux des autres ?

Pour s'en expliquer il devra faire un retour vers son pays et ses souvenirs d'enfance, à Djibouti, alors Territoire Français des Afars et des Issas.

Enfant chétif et maladif, il n'a pas été choyé. Sa mère, trop jeune et trop marquée par la vie pour savoir être maternelle, le confie souvent à des proches ou des voisins, dont sa grand-mère, surnommée Grand-Mère Cochise car elle a l'oeil sur tout, mais qui ne se montre pas, elle non plus, très affectueuse. Son père est le plus souvent absent et lorsqu'il est là ne montre pas beaucoup d'intérêt pour Aden.

Il faut dire que la vie est très dure dans ce quartier de la basse-ville où il passera toute son enfance et son adolescence. D'une position de victime, avide d'obtenir de l'attention, il finira par découvrir, grâce à la littérature et la philosophie, une autre manière d'exister aux yeux des autres.

C'est donc le récit d'une émancipation que nous relate Abdourahman A. Waberi dans ce roman généreux mais pas trop sucré. C'est aussi d'une certaine manière une tentative de justification de ce qui pourrait apparaître comme une sorte de trahison envers les origines et la famille du narrateur. Si celui-ci trouve sa place dans le monde, c'est au prix de l'abandon de tous ceux qu'il connaissait enfant. La réconciliation est-elle possible ?

J'ai aimé ce texte, le plus souvent à hauteur d'enfant, ce qui n'exclut pas la gravité et parfois la noirceur.
Merci aux éditions JC Lattès et à NetGalley de m'avoir permis de le découvrir.
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Matatoune
  02 octobre 2019
Pour cette rentrée littéraire 2019, Abdourahman A. Waberi nous livre un roman de transmission avec « Pourquoi tu danses quand tu marches ? » paru chez JC Lattès. Pour répondre à cette question posée par sa fille un jour sur le chemin de l'école, Abdourahman A. Waberi va dérouler les souvenirs de sa jeunesse à Djibouti dans les années 70, dans le quartier du Château d'eau avec ses parents, Papa la tige et une mère un peu jeune et trop fragile, et sa tendre grand-mère Cochise.
Alors lorsque le garçon grandit plus sensible et plus fragile que les autres, avec une patte qui traîne, sa tendre grand-mère Cochise est autour de lui pour l'entourer. L'enfant qui, sans soin minima, aurait pu rabâcher toute sa vie sa rancoeur s'il n'avait rencontré la tendresse pour s'ouvrir aux mots. Pas uniquement, ceux de la littérature mais ceux de « Paris Match », de « Nous Deux », des lettres qu'il va écrire, de ces liens épistolaires qu'il va ne cesser de développer. Tous ces mots lui ouvrent des possibles avec la rencontre d'enseignantes qui changeront le regard des camarades sur le petit estropié.
Jusqu'à la réponse à la question posée par sa fille, le rappel des souvenirs m'a semblé un peu long et désordonné. Après, le récit se fait plus émouvant et tendre, le style devient plus poétique et plus ouvert. le narrateur se confie sur son amour des mots, sur la déception de ses parents à ne pas avoir un fils fort et vigoureux comme doit être l'aîné d'une fratrie, sur les histoires que lui raconte sa grand-mère qui lui a « inculqué les bons réflexes dans sa vie », sur le pardon offert à sa mère malgré sa lointaine tendresse, sur la transmission à une petite fille élevée à l'occidentale sur sa culture d'origine.
« Pourquoi tu danses quand tu marches ? » est un roman tout en pudeur et en tendresse sur le récit d'une enfance difficile. En même temps, c'est le récit d'une tradition en héritage pour sa petite fille, Béa, âgé de 9 ans.
Lien : https://vagabondageautourdes..
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Waterlyly
  18 août 2019
Nous sommes ici avec Béa, petite fille espiègle, qui un jour, sur le chemin de l'école, demande innocemment à son père : « Dis, papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». Cette simple question va éveiller chez Aden, le père, une multitude de souvenirs sur son enfance à Djibouti et il va les raconter à sa fille pour tout lui expliquer.

Autant le dire tout de suite, ce roman est un véritable coup de coeur. J'ai été conquise de la première à la dernière ligne. Que d'émotions dans ce magnifique récit. Toute l'histoire est racontée par Aden, le narrateur et le père de Béa, qui va faire appel à ses souvenirs d'enfance, dont certains sont très douloureux. J'ai été séduite par ce récit intimiste.

J'ai adoré me promener à Djibouti auprès du narrateur de ce récit. Aden est un personnage touchant, nuancé, et même par moments bouleversant. Il va narrer à sa fille les problèmes de santé et la maladie qui l'on mené à marcher de manière chaloupée. Il va narrer toute son enfance au sein de sa famille, toutes les difficultés qu'il a pu rencontrer tout au long de sa scolarité, puisqu'il a été maintes fois raillé par ses camarades à cause de ses problèmes, et finalement la renaissance qui arrive, grâce à la littérature et aux études. C'est raconté avec énormément de pudeur, sans jamais tomber dans le pathos. C'est émouvant. Ce sont les mots d'un père pour expliquer à sa petite fille ce qu'il a vécu, et c'est fort et bouleversant à bien des égards.

La plume est délicate, en adéquation parfaite avec le contexte, puisque le texte s'adresse avant tout à la fille d'Aden. L'écriture est emplie de douceur et de sensibilité. Il est vrai que parfois, j'aurais aimé avoir plus de détails sur Djibouti, une plus grande immersion, mais cela n'a en rien gâché les émotions que j'ai ressenti tout au long de ma lecture.

Ce récit délicat, empli de douceur et bouleversant m'a enchantée du début à la fin. Une histoire racontée par un père à sa fille, avec toute la pudeur possible et des mots choisis avec soin. Vous l'aurez compris, je vous conseille de découvrir cette petite pépite à laquelle je vais souvent repenser.
Lien : https://mavoixauchapitre.hom..
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celine17
  25 août 2019
Quel courage que ce papa qui doit répondre sans ciller à la question de sa fille… Une toute petite question, somme toute anodine, mais qui va conduire le narrateur à se replonger dans les souvenirs.
Refoule alors ce passé qui fait partie de lui et qui l'a conduit du TFAI (Territoire français des Afars et des Issas), anciennement Djibouti, jusqu'à Paris.
Il va falloir raconter ce qui n'avait jamais été dit, se dévoiler pour donner ce merveilleux cadeau à sa fille : dire qui il est vraiment !
Nomade dans le sang, une grand-mère dure et illettrée mais conteuse passionnante qui l'a aidé à se révéler, le manque d'amour maternel qui dévaste tout, la maladie que les adultes ne voient pas, la souffrance, les brimades à l'école, la blessure qui lui donnera son déhanché si particulier, les livres qui apportent l'émancipation, la France…

C'est superbe ! D'une poésie qui coule sans effort, la vie tragique mais belle aussi… Un texte magnifique.

Alors IL danse !
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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