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ISBN : 289772076X
Éditeur : Xyz (18/09/2017)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Enfermé dans un centre de désintoxication, Saul Cheval Indien touche le fond et il semble qu’il n’y ait plus qu’une seule issue à son existence. Plongé en pleine introspection, cet Ojibwé, d’origine Anishinabeg du Nord ontarien, se remémore à la fois les horreurs vécues dans les pensionnats autochtones et sa passion pour le hockey, sport dans lequel il excelle. Saul, confronté aux dures réalités du Canada des années 1960-1970, a été victime de racisme et a subi les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
bilodoh
  17 septembre 2018
Saul Cheval Indien, un Ojibwé du nord de l'Ontario, est dans une maison pour alcoolique et raconte son histoire.

C'est une bien triste histoire, celle de pensionnats où on envoyait de force les jeunes autochtones pour les éduquer et les assimiler. Imaginez, des enfants de 6-7 ans qu'on enlève de leur famille pour les enfermer dans une institution où ils n'ont pas le droit de parler leur langue maternelle. Ce serait déjà une source de grande détresse, mais quand ces pensionnats sont dirigés par des tortionnaires et des agresseurs, cela devient un enfer. (Bien sûr, tous les religieux n'étaient pas en cause, mais on peut penser que dans ces communautés catholiques, on exilait ceux qui avaient de mauvais penchants en les envoyant dans les pensionnats nordiques…)
Heureusement pour Saul, il y a le hockey et l'amour de ce sport lui vaudra de grands bonheurs et de bien belles pages pour le lecteur. Mais la félicité du sport pourrait être gâchée par la violence de ceux qui croient que la patinoire est trop blanche pour les Indiens…

Comment trouver la résilience, comment échapper au cercle vicieux et accepter les secrets enfouis dans son enfance, c'est un dur parcours que Saul Cheval Indien devra faire.

Un roman qui parle de réalités difficiles à envisager, de racisme et de malheurs dont on espère qu'ils sont chose du passé…
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isabellelemest
  11 juin 2018
Poignant, douloureux, d'une tristesse infinie mais aussi d'une joie farouche, tel est le dernier roman de Richard Wagamese, où il semble avoir mis le meilleur de son inspiration.
Saul Indian Horse vit ses premières années au sein de sa famille immergée dans la nature canadienne et les traditions indiennes Ojibway. Ayant ensuite perdu tous les siens, il est recueilli dans un abominable orphelinat religieux où un prêtre lui enseigne cependant les joies du hockey sur glace. Très doué, devenu un possible champion, il se heurte à un racisme et une haine impitoyables et passera par l'errance et l'alcool avant de pouvoir retrouver sa voie.
Dans ce récit d'apprentissage écrit avec économie, sobriété et densité, on ressent avec une rare intensité l'exil, la dépossession, la violence, la souffrance d'être sous la coupe de qui vous réprime et vous hait viscéralement, l'ambiguïté de la figure de l'adulte aidant le jeune à sortir de son cercle d'abandon. Mais le parcours de Saul est aussi un hymne à la passion du hockey, aux sensations physiques du jeu, du froid, de la glisse, à l'intuition, à la « vision » tactique - qu'elle soit inspiration quasi divinatoire ou connaissance supérieure à la réflexion - ainsi qu'au sens du groupe, essentiel pour le narrateur.
C'est encore l'histoire d'un racisme omniprésent et sans issue, dirigé contre un peuple vaincu, exilé sur sa propre terre, un rejet désespérant de l'autre qui mène à la rage et à l'autodestruction - comme l'alcoolisme dont les raisons sont analysées avec une profonde lucidité.
Mais ce très riche roman, âpre et subtil, ne révèle qu'à la fin la clé de l'existence de Saul, communiquant au lecteur une immense mélancolie née de la rencontre intime avec une âme souffrante.
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Cynthia6344a18
  12 octobre 2018
D'emblée, dans le cas du roman Cheval Indien, j'ai accepté l'illusio et l'effet de croyance qu'il proposait, et ce, me semble-t-il, parce que les structures sur lesquelles il repose et les miennes concordent.
Le paratexte (Genette, 1982), en premier lieu, a contribué à mon adhésion au « jeu » (Bourdieu, 1998, p. 537). En effet, la courte biographie de l'auteur, dans laquelle on révèle qu'il est Ojibwé, qu'il a vécu dans le nord-ouest de l'Ontario et qu'il est né en 1955 − et qui laisse croire qu'il connaît intimement les réalités décrites dans son roman, peut-être même pour les avoir vécues −, m'a favorablement disposée à accepter l'illusion de la réalité que je m'apprêtais à lire.
Ma lecture n'a fait que renforcer l'illusio, entre autres, je crois, parce que les « schèmes classificatoires historiquement constitués » (Bourdieu, 1998, p. 540) que le roman exploite font partie de mes structures mentales : l'« Indien » alcoolique qui noie les traumatismes liés à son appartenance ethnique, le « bon Sauvage » déraciné de son milieu « naturel » pour être assimilé à la culture dominante des Blancs racistes, les « méchants » religieux des pensionnats autochtones, etc.
À cet égard, je considère que oui, ce « texte littéraire livre la structure », mais qu'avec moi, du moins, il parvient difficilement à « la [voiler] et à la [voler] au regard » (Bourdieu, 1998, p. 541), peut-être en raison de certaines de mes structures qui contrebalancent les « présupposés socialement fondés » (Bourdieu, 1998, p. 540) énumérés précédemment. En effet, mon niveau d'instruction, ma classe sociale et mon âge, qui selon mon analyse m'amènent à m'intéresser au vécu des Premières Nations – sujet omniprésent dans l'espace public actuellement −, font également en sorte que je suis consciente d'être influencée par ces schèmes sociaux, et donc que je les vois à l'oeuvre dans le roman de Wagamese.
Ainsi, paradoxalement, les structures qui ont favorisé mon adhésion à Cheval Indien sont celles-là même qui m'ont fait avoir des réserves quant à l'oeuvre, qui par moments m'a semblé convenue et prévisible. Cette lecture me semble-t-elle superflue pour autant? Je ne serais pas prête à aller aussi loin puisque l'un des points forts de Wagamese, à mon sens, est de faire ressentir au lecteur la détresse des personnages et que cela, certainement, concourt à « la croyance dans l'importance ou l'intérêt » (Bourdieu, 1998, p. 537) de sa fiction littéraire.
Liste de références
Bourdieu, P. (1998). Les règles de l'art : genèse et structure du champ littéraire. Paris : Seuil.
Genette, G. (1982). Palimpsestes : la littérature au second degré. Paris : Seuil.
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Simonlit
  27 janvier 2018
Pensionnats amérindiens...dur.
Trop de description de hockey
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
bilodohbilodoh   15 septembre 2018
Nous étions dépouillés de notre innocence, notre peuple, dénigré, notre famille, dénoncée, nos mœurs et nos rites tribaux, déclarés arriérés, primitifs, sauvages. À l longue, nous finissions par nous considérer comme des sous-humains. Ce sentiment d’être sans valeur, c’est l’enfer sur terre.
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bilodohbilodoh   17 septembre 2018
C’est drôle, tout de même, cette manie qu’on les gens de dire « Santé! » en trinquant. Quand on boit comme je buvais, on ne se soucie justement pas de sa santé. […] On boit au-delà de la réflexion, de l’émotion. Au-delà de l’espoir, aussi.

(XYZ, p.226)
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2017
On raconte que nos pommettes sont taillées dans les crêtes de granit qui dominent notre terre natale. On raconte que nous avons les yeux brun foncé à cause du suintement de la terre féconde qui entoure les lacs et les marécages. Les Anciens affirment que nos longs cheveux droits dérivent des herbes ondulantes qui bordent les baies. Nos mains et nos pieds sont larges, plats et forts, telles les pattes d’un ours. Nos ancêtres ont appris à parcourir avec aisance les territoires que les Zhaunagush, les hommes blancs venus après nous, ont redoutés, tant qu’ils ont eu besoin de notre aide pour y naviguer. Notre parole roule et cascade comme les rivières qui nous servent de routes. Nos légendes révèlent que nous sommes issus du sein de la Terre-Mère, appelée Aki. Nous jaillissons intacts, le cœur d’Aki battant dans nos oreilles, prêts à la défendre et à la protéger.
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2017
Nous avons des rites et des cérémonies qui ont pour but de nous donner des visions. Je n’y ai jamais participé, mais j’ai vu des choses. J’ai été soulevé, sorti du monde matériel et emmené dans un espace-temps au rythme différent. Sans sortir des limites de notre bas monde, j’avais les yeux d’un homme né dans une autre dimension. Nos sorciers diraient de moi que je suis un voyant. Mais j’étais l’esclave d’un pouvoir que je n’ai jamais compris. Mon don m’a abandonné il y a des années, et sa perte a été mon plus grand chagrin. J’ai parfois l’impression que, depuis, je m’emploie à le récupérer.
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rkhettaouirkhettaoui   14 décembre 2017
En racontant leur histoire, les ivrognes invétérés, tels que moi, réussissent parfois à se délivrer de la bouteille et de la vie qui les a conduits à elle. Je me moque de tout ça comme de l’an quarante. Mais si c’est la condition d’une libération plus rapide, je vais la raconter, mon histoire.
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Video de Richard Wagamese (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Wagamese
"Jeu blanc" de Richard Wagamese présenté par sa traductrice Christine Raguet, disponible dès le 7 septembre 2017 dans toutes les bonnes librairies ! http://editionszoe.ch/livre/jeu-blanc Film tourné dans les jardins du musée du Quai Branly.
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