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ISBN : 2264072903
Éditeur : 10-18 (03/01/2019)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, bercée par les légendes et les traditions ojibwés, rythmée par la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ; son adolescence, passée dans un internat où des Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au cœur de cet enfer que Saul trouve s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  10 octobre 2018
Saul Indian Horse est un amérindien, un ojibwé du Clan des Poissons, les Anishinabés, au nord de l'Ontario, près de la rivière Winnipeg.
Pour l'heure, c'est un vieil ivrogne qui amuse les Zaunagush, les hommes blancs, dans son centre de "rehab'", New Dawn, en leur racontant l'histoire de sa vie.
De son enfance surtout.
Une enfance en noir et blanc.
Noir comme la mort qui lui enlève sa grand mère chérie et son grand frère. Noir comme l'orphelinat de St Jérôme, noir comme les habits des soeurs et des curés, ces prédateurs sans scrupule, qui usent et abusent de leur pouvoir de nuisance sur ces petits indiens sans défense arrachés à leur famille-tous ne sont pas orphelins- à leur langue, leur culture, leurs croyances. Noir comme leur avenir, sans respect, sans amour, sans issue...
S'il n'y avait, salvateur, le blanc éclatant de la patinoire de hockey.
Blanc comme la glace, blanc comme la neige, blanc comme la page où vont s'inscrire les revanches sur l'humiliation, blanc comme l'étincelante renommée, blanc comme ce vertige magique qui saisit Saul, après une phase d'observation, blanc comme cette "vista" qui décode soudain les lignes du jeu, lui donne la prescience des passes à faire, des trajectoires à emprunter, blanc comme ce pouvoir quasi chamanique qui fait de Saul un génie de la glisse, un maître de la stratégie- le dieu rouge de ce jeu blanc.
Mais voilà, nous sommes dans les années soixante, et le hockey sur glace, sport national des Canadiens, ce jeu blanc, est avant tout un jeu de blancs.
Quand un peau rouge en devient maître c'est une sorte d'affront.
Il faut payer.
A moins que cette virtuosité au hockey n'ait été, déjà, une façon d'expier , de payer autre chose. Une blessure plus ancienne, plus profonde..cachée dans la nuit de l'enfance. Un prêté pour un rendu. Un jeu blanc, dans le troisième sens du terme...
J'ai lu d'une traite ce livre magnifique, lyrique et beau, cruel et tendre, très largement autobiographique.
Un petit mot sur le hockey, qui risque d'en effaroucher quelques-uns...ou plutôt quelques-unes! J'ai été maman de deux hockeyeurs sur glace passionnés- surtout un, qui nous a même transformés en groupies itinérants! J'ai moi aussi adoré ce jeu rapide, vif, viril..pour ne pas dire plus, l' atmosphère glacée et électrique de la patinoire, toujours nimbée de cette poussière de glace qui aiguise les sens, et fouette le sang...Voir David, mon hockeyeur de 12 ans, lever la crosse avec vaillance pour demander l'accès à la glace me donnait toujours un petit coup d'adrénaline et mon estomac se serrait!
C'est dire si je n'ai pas boudé les époustouflantes pages sur les parties disputées par magic Saul! Mais c'est si bien écrit que même le lecteur le plus pépère, le plus allergique au sport, ne peut, lui aussi, qu'avoir "la vista" d'Indian Horse, et se représenter brillamment les matchs !
Ce jeu blanc m'a emballée, mais il m'a aussi tordu le coeur, de colère et de chagrin.
Pour Saul, il faudra fendre la glace , briser son miroir pour trouver, enfin, un sens apaisé à ce jeu équivoque et , finalement, pervers, ainsi qu' une façon d'y jouer qui permette à l'ivrogne repenti qu'il est de recouvrer dignité, douceur et fraternité, entouré des enfants de son peuple qui ont besoin, comme lui, de faire leur place sans se renier, dans une société blanche, catholique et raciste.
Dur, beau et fascinant comme la glace.

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Annette55
  25 avril 2018
Voici un livre autobiographique , passionnant , sensible et juste .
Il retrace l'enfance de Saul, (sans doute l'auteur ) .
Sa famille était issue du Clan des Poissons des Ojibwés du Nord, les ANishinabés.
Elle a vécu sur les territoires bordant la rivière Winnipeg .
C'est une oeuvre vraiment bouleversante .......de perte et de persécution , puis de renaissance dans laquelle Saul raconte son histoire et le rejet des indiens par les Canadiens dans les années 60.
Sa toute petite enfance est rythmée par les légendes Ojibwés, ----------en ce temps - là , son peuple s'en remettait à l'intuition _______le grand pouvoir spirituel de la pensée_________les cérémonies sur les rochers, les chants anciens , les prières dans la langue Ancestrale, la récolte du riz et la pêche .
Puis son exil , l'hiver de ses huit ans , la mort de sa grand- mère Naomi, (morte de froid pour le sauver) , la disparition de ses parents, l'enlèvement de sa soeur Rachel, Benjamin , son frére, lui aussi enlevé , revenu affaibli , mort de la tuberculose ........
Il intégre alors l'institution Saint- Jérôme ( qui n'a De Saint que le nom ) , un internat cruel, infâme et inhumain où les blancs feront tout pour effacer en lui son" Indianité", un enfer sur terre !
Il décrit les coups de ceinture, les raclées humiliantes, les gifles , les coups de poing sur la chair où certains étaient roués jusqu'au sang ..........
Une souffrance intolérable qu'il supporte car il se révèle secret, calme et renfermé, dépourvu de sentiments apparents .......
Il sait lire et écrire ce qui est un gros avantage ........
Les religieuses considéraient les indiens comme du bétail , nourris , abreuvés, et contraints de porter leur fardeau quotidien. On leur arrachait leur innocence, dénigrait leur peuple, la famille d'où il venait méprisée, son mode de vie et ses rituels tribaux étaient décrétés arriérés, primitifs et sauvages .........
Heureusement , au coeur de cet enfer, Saul découvre son salut grâce au hockey sur glace .......
Il réussit à rejoindre l'élite du sport national mais c'est sans compter sur le racisme qui régne encore au Canada au coeur des années 60 .
C'est un livre brillant , poignant à l'écriture magnifique faisant la part belle aux relations entre l'homme et la nature, qui retranscrit avec force la richesse , la singularité et la beauté de l'identité indienne !
Merci beaucoup , à Claire de la médiathéque qui m'a fait découvrir cette oeuvre attachante !
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si-bemol
  20 janvier 2019
Saul Indian Horse, alcoolique invétéré, est en cure de désintoxication dans un centre dont les thérapeutes l'incitent à raconter son histoire, ce qui - selon eux - pourrait accélérer sa guérison. Mais plutôt que de la raconter de vive voix aux autres patients - “je ne peux pas la raconter dans un cercle. Je le sais. Il y a trop à trier et à passer au crible” - il préfère la consigner par écrit. C'est donc à nous, par le biais de ce livre, qu'il la raconte, cette histoire. Et quelle histoire !
C'est, dans les années soixante, l'histoire du peuple indien dans les vastes étendues canadiennes, un peuple de la nature et des mondes sacrés qui communique et danse avec les esprits. C'est l'histoire d'une tribu, celle des Ojibwé, à qui les Blancs enlèvent leurs enfants pour les élever très loin, dans leurs écoles et dans leurs villes. C'est l'histoire d'un peuple ancien dont la liberté, la sagesse, la spiritualité et les traditions sont méthodiquement détruites par le “progrès”, la violence et l'indifférente cruauté de l'homme blanc.
Et c'est l'histoire d'un petit garçon, Saul Indian Horse, qui à l'âge de sept ans, après la disparition de toute sa famille, devra quitter pour toujours ses forêts et ses lacs pour affronter seul l'univers des hommes blancs. Enfermé dans un pensionnat religieux à la discipline militaire qui lui vole “toute la lumière de (son) monde”, contraint à renier ses origines, sa langue, ses croyances et jusqu'à l'essence-même de son être, Saul découvre un monde d'une violence inouïe, tant physique que mentale et spirituelle. Comment continuer à grandir dans cet enfer d'une noirceur absolue, comment envisager de pouvoir, un jour, s'en échapper ?
La découverte du hockey sur glace, pour lequel il se révèle immensément doué, qui fera de lui un joueur de tout premier plan et une célébrité, bouleverse toute sa vie. Sur la glace éblouissante de blancheur des patinoires, sous les applaudissements des foules fascinées par la virtuosité de son jeu, il trace peu à peu, à coups de crosse frappés dans le palet, son chemin de lumière. Mais, au final, le hockey n'est qu'un jeu. Et c'est un jeu blanc, un jeu pour rien, un jeu de l'homme blanc et pour l'homme blanc, un jeu biaisé par le racisme, le mépris et la violence. Un jeu où l'Indien ne peut avoir sa place et auquel il ne peut survivre que dans l'alcool et la déchéance. Ou l'écriture.
Avec "Jeu blanc", l'Amérindien Richard Wagamese, décédé en 2017, signe un livre-testament, un roman autobiographique d'une grande puissance et le témoignage accusateur de la destruction d'un peuple et d'une culture. Une histoire dépaysante et bouleversante qui me laisse avec un mélange d'admiration pour le talent et l'écriture de l'auteur, et de colère envers la supériorité auto-proclamée de l'homme blanc et son cortège de haine, de bêtise et de nuisance.
Un grand livre et, assurément pour moi, une belle lecture.
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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gavarneur
  01 mai 2019
La littérature n'est pas, pour le lecteur, un sport de combat. Je n'aime pas trop lire dans une critique : choc, claque, gifle, secouer. Mais ce livre m'a laissé abasourdi, intensément ému et indigné. Ce n'est pas vraiment une autobiographie* : Richard Wagamese n'a pas été un hockeyeur génial, et n'a pas, enfant, vu partir ses parents et mourir sa grand-mère dans la neige. Je ne sais pas s'il a subi lui-même tout ce qu'il décrit dans ce pensionnat catholique. Mais ces horreurs se sont produites partout, il y avait non seulement une vraie volonté de détruire chez les jeunes autochtones toute trace de leur culture, en les arrachant à leurs familles, mais aussi d'autres abus abominables. le gouvernement canadien a mis bien du temps à le reconnaître, certaines églises protestantes aussi. Quant au pape... il ne veut pas qu'on lui force la main, et « seuls 16 des 61 diocèses canadiens étaient impliqués, ainsi qu'une trentaine de congrégations sur plus de cent dans le pays. »** , donc il ne présente pas d'excuses au nom de l'église.
Et le roman? Je ne suis pas particulièrement admiratif du style, simple et classique. Mais la construction est d'une efficacité redoutable. S'enchaînent une belle histoire familiale et fantastique, la description très dure des sévices infligés par des religieux fanatiques d'une bêtise crasse, un début de rédemption par le hockey, la chute morale causée par des canadiens racistes ordinaires d'une bêtise crasse. Et la suite que je vous laisse lire, car le plus fort reste à venir.
J'ai été accroché au récit d'un bout à l'autre, ressentant les difficultés, les espoirs, la joie, la haine, la déchéance, la rédemption du jeune Saul Indian Horse, et vraiment c'est un témoignage qui donne envie de se révolter. La magie du hockey sur glace est donnée en plus, même pour un français qui connaît peu ce sport il y a des moments magiques, l'exaltation de la vitesse, de la force et la vision du jeu nous sont partagées pour des pages de grand bonheur.
Lecture obligatoire ? Pas autant que Primo Levi, mais peu s'en faut..
*  « I did not speak my first Ojibwa word or set foot on my traditional territory until I was twenty-six. I did not know that I had a family, a history, a culture, a source for spirituality, a cosmology, or a traditional way of living. I had no awareness that I belonged somewhere. »
**La Croix, 2 mai 2019. le pape et l'église ne me semblent pas mériter de majuscules.
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Adriatik
  14 janvier 2018
Je vous présente mon premier coup de coeur 2018 qui porte le titre de "Jeu Blanc" de Richard Wagamese.
Le titre intriguant et le sujet m'ont attiré immédiatement et la belle écriture a fait le reste.
Ce roman raconte l'histoire de Saul, un jeune indigène qui connait très tôt les souffrances des siens. Sa soeur a été enlevée par les blancs et elle n'est jamais revenue, son frère a attrapé la tuberculose et il en est mort.
Emmené dans un pensionnat canadien après le décès de sa grand- mère, il entrera à son tour dans un monde obscur et sans amour. Saul sera le témoin des abus et des maltraitances des religieux envers les indiens, dans le but de leur faire oublier leur langue et leur culture.
C'est la passion pour le hockey qui va lui permettre de sortir du pensionnat pour lui ouvrir d' autres horizons.
Hélas, le hockey des années 1960, c'est' le jeu des blancs' et le racisme est omniprésent.
Un texte puissant plein de pudeur qui ne laisse pas indifférent et qui émeut.
Richard Wagamese rend un vibrant hommage à son peuple et explique l'impuissance de Saul et des siens condamné dès la naissance, par le simple fait qu'ils sont différents.
Bien que l'auteur lui-même n'a pas fréquenté les pensionnats, il avait des parents qui l'ont fait.
La souffrance d'un peuple ou d'un individu ne peut mieux s' exprimer qu'avec cette citation qui m'a touché :
Quand on t'arrache ton innocence , quand on dénigre ton peuple, quand ta famille d'où tu viens est méprisée et que ton mode de vie et tes rituels tribaux sont décrétés arriérés, primitifs, sauvages, tu en arrives à te voir comme un être inférieur. C'est l'enfer sur terre, cette impression d'être indigne.
Voilà ce que j'appelle un livre inoubliable. Un auteur à suivre pour moi. Bientôt j'irai vers "Les étoiles s'éteignent à l'aube".
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   10 octobre 2017
Après le formidable "Les Etoiles s’éteignent à l’aube", "Jeu blanc" est le deuxième roman de l’écrivain canadien Richard Wagamese, disparu il y a peu, à être traduit en français.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   07 mai 2019
Le père Leboutilier faisait travailler les garçons sans relâche. Il les poussait à faire les exercices, pour ensuite mettre en œuvre les acquis durant le match d’entraînement. Il leur présentait ce qu’il voulait voir dans la pellicule de neige sur la glace. Des cercles. Des flèches. La mathématique et la science de tout cela. Une fois qu’ils avaient compris, ils patinaient avec indolence pour reprendre leurs positions, les visages crispés par la concentration. Dès que le palet tombait sur la glace, leurs déplacements étaient calculés, les griffures et les gribouillis sur la patinoire prenaient soudain vie. C’était excitant à voir. Ils patinaient dur. C’était d’imposants indiens, grands et maigres, et leurs visages angulaires étaient graves. Quand ils forçaient sur leurs jambes et balançaient les bras à la poursuite du palet, passant comme l’éclair devant moi, on aurait dit des guerriers. Lorsque le sifflet retentissait, ils tournaient comme un seul homme. Certains tombaient sur la glace, jambes écartées, poitrines haletantes. D’autres, essoufflés, s’adossaient à la bande devant moi. Leurs visages brûlaient d’enthousiasme et de joie, leur respiration rappelaient l’air qu’expulsent les mustangs.
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Annette55Annette55   24 avril 2018
"Les bosses des rochers sur le rivage portaient des manteaux blancs.Les arbres, sous le poids de la neige fraîche dans leurs branches, ressemblaient à des soldats épuisés , rentrant à la maison à la fin de la guerre. Le froid était une bête redoutable. Tandis que j'avançais péniblement , dans la neige jusqu'aux genoux, en quête de bois pour le feu, je la sentais me traquer cette bête , attendre que l'épuisement m'abatte de façon à se repaître de ma chair gelée".....
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VALENTYNEVALENTYNE   05 mai 2019
Je n’étais pas là le jour où le premier cheval indien est arrivé jusqu’à notre peuple, mais j’ai entendu cette histoire tant de fois quand j’étais enfant qu’elle est devenue réelle pour moi.
Les Ojibwés n’étaient pas un peuple du cheval. Notre pays existait à l’état sauvage : lacs, rivières, tourbières et marécages entourés de citadelles de forêt, de pierre et du tissage labyrinthique de la nature. Nul besoin de cartes pour le comprendre. Nous étions le peuple des manitous. Les êtres qui partageaient notre temps et notre espace étaient le lynx, le loup, le glouton, l’ours, la grue, l’aigle, l’esturgeon, le chevreuil et l’orignal. Le cheval était un chien-esprit fait pour courir dans des espaces dégagés. Il n’y avait pas de mot pour le désigner dans notre ancienne langue jusqu’à ce que mon arrière-grand-père en rapporte un du Manitoba.
Quand le soleil était chaud et que le chant du vent s’entendait dans les bruissements des arbres, notre peuple disait que les Maymaygwayseeuck, les esprits des eaux, étaient sortis danser. C’était une journée comme ça, étincelante. Les yeux des esprits se reflétant dans l’eau.
Un jour de la fin de l’hiver, mon arrière grand-père s’en était allé dans la morsure du vent du nord, en direction de l’Ouest, vers les pays de nos cousins, les Ojibwés des plaines. Il s’appelait Shabogeesick. Ciel oblique. Il était chaman et trappeur, et parce qu’il passait beaucoup de temps dans la nature, elle lui révélait des choses, elle lui parlait des mystères et des enseignements. Les gens disait qu’il avait le pouvoir télépathique, ce don exceptionnel que possédaient nos premiers maîtres. C’était une puissante médecine permettant de partager des enseignements vitaux entre peuples séparés par des distances colossales. Shabogeesick fut l’un des derniers à revendiquer l’énergie de sa science, avant que l’histoire ne la piétine. Un jour, la nature l’avait appelé et il s’était éloigné sans souffler mot à qui que ce soit. Personne ne s’inquiéta. C’était une chose qu’il faisait tout le temps.
Mais par cette après-midi de la fin du printemps, lorsque, revenant de l’est, il sortit du bois,il tirait, au bout d’un licol en corde, un étrange animal noir. Notre peuple n’avait jamais vu une telle créature et les gens avaient peur. C’était un animal gigantesque. Aussi gros qu’un orignal, mais sans le panache, et le son de ses sabots sur le sol rappelait le roulement du tambour – tel un grand vent qui s’engouffre dans la crevasse d’un rocher. Les gens reculèrent en le voyant.
« Quelle espèce d’être est-ce donc ? demandèrent-ils. Est-ce qu’on le mange ?
– Comment se fait-il qu’il marche aux côtés d’un homme ? Est-ce un chien ? Est un grand-père égaré ? »
Le peuple se posait de nombreuses questions. Personne ne voulait approcher l’animal, et quand il s’inclina la tête pour commencer à brouter l’herbe, ils en eurent le souffle coupé.
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JIEMDEJIEMDE   08 octobre 2017
Je lui racontai la route, les boulots, les villes, puis je lui parlais de l'alcool.

"Le dernier recours, dis-je. Ça te permet de continuer à respirer, mais pas vraiment à vivre. Ça te laisse bouger, mais pas te souvenir. Ça te laisse faire, mais pas éprouver de sensations. Je ne sais pas pourquoi je suis tombé dedans si facilement, pourquoi je me suis laissé emporter aussi bas. Je pensais tout simplement que j'étais fou. Mais il s'avère que j'étais blessé, c'est tout, seul, coupable, honteux - et surtout, tout simplement très très triste."
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kuroinekokuroineko   19 août 2018
On dit que nos pommettes ont été taillées dans ces chaînes granitiques qui s'élèvent au-dessus de notre patrie. On dit que le brun profond de nos yeux a suinté de la terre féconde autour des lacs et des marécages. Les Anciens disent que nos longs cheveux raides viennent des herbes ondulantes qui tapissent les rives des baies. Nos pieds et nos mains sont larges, plats et forts comme les pattes d'un ours.
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Video de Richard Wagamese (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Wagamese
"Jeu blanc" de Richard Wagamese présenté par sa traductrice Christine Raguet, disponible dès le 7 septembre 2017 dans toutes les bonnes librairies ! http://editionszoe.ch/livre/jeu-blanc Film tourné dans les jardins du musée du Quai Branly.
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