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Véronika Nentcheva (Traducteur)Eric Naulleau (Traducteur)
ISBN : 2264041609
Éditeur : 10-18 (08/10/2007)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 19 notes)
Résumé :
À travers le personnage de Berto Cohen, Bulgare exilé en Israël qui retourne dans sa ville natale le temps d'un colloque, Angel Wagenstein ressuscite le petit monde de son enfance : Plovdiv, une ville parmi les plus belles et les plus cosmopolites des Balkans.
Au gré des glissements entre présent et passé, le fil rouge d'une déchirante nostalgie se mêle à une affaire de spéculation immobilière, les amours enfantines à l'actualité proche-orientale, la recherch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
lcath
  04 août 2019
J'ai trouvé dans ce roman, le portrait d'une Bulgarie que je n'imaginais pas ! Un pays aux habitants bigarrés, chaleureux, tolérants, pauvres, de toutes nationalités, qui savaient cohabiter comme on n'ose plus le rêver aujourd'hui.
Imaginez des juifs côtoyant des musulmans et des chrétiens et des tziganes, chaque groupe parlant aux autres partageant les fêtes et les peines.Peu de richesses dans ce quartier de Plodiv, si ce n'est des bars, des bars que fréquente assidument Abraham, mais pas seulement lui. Les religions étaient plus humaines et moins rigoristes, pope, imam et rabin pouvaient trinquer ensemble et succomber aux charmes de la belle Turque...
Abraham le poivrot est le pilier de ce monde, hâbleur, buveur, jouisseur mais avec une telle élégance qu'on ne peut que l'aimer. Un personnage magnifique cet Abraham, qui explique,avec une profusion d'images la vie à son petit fils.
Et puis les drames viendront, les tziganes en premier évidemment, puis la dictature, fut-elle celle du peuple, puis les Turcs puis les juifs et quand Berto, le petit fils d'Abraham revient. Il ne reste pas grand chose dans la ville mais tout est dans les souvenirs de Berto et quelques photos.
Une lecture enjouée, vive, qui m'a séduite du début à la fin, un régal !
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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VACHARDTUAPIED
  14 avril 2013
Après la saga polonaise du "Pentateuque ou les cinq livres d'Isaac" (L'Esprit des Péninsules, 2000), Angel Wagenstein fait ici revivre un autre univers englouti : le Plovdiv de la première moitié du vingtième siècle, une ville parmi les plus belles et les plus cosmopolites des Balkans.
À travers le personnage de Berto Cohen, Bulgare juif exilé en Israël qui retourne dans sa ville natale à l'occasion d'un colloque de byzantinologie, l'auteur fait ouvertement oeuvre autobiographique. Né et élevé dans cette cité «sans doute unique en son genre», il garde la plus vive tendresse pour ce microcosme où «la majeure partie des conversations, des criailleries, des jurons et des chansons, parvenait encore aux oreilles du promeneur égaré en ces ruelles dans cet étrange espagnol (ladino) dont nous avons déjà dit un mot. Mais les familles turques et bulgares ne manquaient pas non plus, et chacun parlait plus ou moins la langue de ses voisins : les petits Bulgares s'insultaient mutuellement en turc, et chaque vendredi soir, le cordonnier du quartier, le Turc Izmet saluait respectueusement ma grand-mère d'un Schabbat chalom !, tandis que les Juifs, à l'occasion d'une naissance ou d'un décès dans une famille musulmane du voisinage, faisaient porter un plat de feuilletés au fromage qui signaient leur origine d'un nom turc auquel s'accrochait la traîne d'une terminaison espagnole : burekas.»
Au gré des glissements entre présent et passé, le fil rouge d'une déchirante nostalgie se mêle à une ténébreuse histoire de spéculation immobilière, les amours enfantines avec la petite Arménienne Araxi Vartanian à l'actualité immédiate, la recherche du temps perdu au portrait sans concession de la Bulgarie contemporaine. Abraham le Poivrot donne aussi fort habilement à lire en filigrane le destin millénaire du peuple juif, depuis l'expulsion d'Espagne en 1492, qui fait l'objet d'un morceau de bravoure inaugural, jusqu'au conflit israélo-palestinien (la femme et les enfants du professeur Berto Cohen sont morts dans un attentat à Jaffa) en passant par la Shoah et le miraculeux sauvetage des Juifs bulgares durant la Seconde Guerre mondiale.
Le tout agrémenté d'un humour déjà familier aux lecteurs du Pentateuque ou les cinq livres d'Isaac. C'est ainsi que pour rendre compte de la diversité religieuse du petit monde perdu de son enfance, le narrateur raconte comment il reçut trois gifles successives du pope, du rabbin et du mollah, pour tenue inconvenante dans leurs temples divins respectifs.
Mais le roman est tout entier dominé par l'inoubliable figure grand-paternelle d'Abraham le Poivrot, maître ferblantier, ivrogne céleste et affabulateur de génie qui prétend successivement avoir arpenté les rivages de Galilée en compagnie du Christ, traversé les Alpes à dos d'éléphant en compagnie d'Hannibal ou coulé à lui seul toute la flotte turque pour le compte de Venise. Témoin privilégié du crépuscule qui s'étend peu à peu sur ce coin des Balkans avec les exils successifs des communautés tsigane, turque, arménienne et juive, il révélera aussi, avec l'aide d'un âne !, le sens de la vie au petit Berto. Aux yeux de ce dernier, les deux héros de Plovdiv sont d'ailleurs à part égale Philippe de Macédoine, fondateur de la cité, et son propre grand-père, Abraham dit «Le Poivrot».
Outre celui d'Albert Cohen (surnommé Berto), le lecteur français trouvera enfin dans Abraham le Poivrot un second nom familier, celui de Vartanian, le grand amour du narrateur. Abrégé en Vartan, c'est celui d'une autre native de Plovdiv qui fit carrière en France et chanta notamment la beauté de la rivière Maritsa, à laquelle Angel Wagenstein consacre lui aussi quelques-unes de ses plus belles pages.
Lien : http://www.bulgaria-france.n..
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jjuw
  05 mai 2013
Un livre magnifique plein d'humour et aussi sérieux. La chronique de la ville bulgare de Plovdiv racontée par le petit-fils d'Abraham le Poivrot pendant une période s'étendant de peu avant la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à nos jours, mais savamment orchestrée avec les périodes se succédant, sans que jamais on ne perde le fil. Certains passages sont très drôles, empreints d'humour juif et de sagesse, mais aussi très ironiques. Tout le charme de la coexistence pacifique mais pleines de controverses amicales entre les trois grandes religions qui se côtoient dans un même quartier, celui du Cimetière du milieu. Une critique acerbe aussi bien de la religion en général que des gouvernements totalitaristes de tout bord, c'est pourtant un livre plein de tendresse et en tout cas un vrai régal de lecture.
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VALENTYNE
  06 avril 2014
Bulgarie 1944-1952 puis Bulgarie années 90.
Albert (Berto pour ses amis) Cohen revient en Bulgarie où il a vécu de sa naissance jusqu'à ses 13 ans. de retour dans son pays natal après 40 ans en Israël, il ne reconnaît que peu de lieux mais est vite submergé par les souvenirs qui remontent.
Il rencontre Araxi Vartanian, l'amie avec qui il faisait l'école buissonnière. C'est l'occasion pour lui de nous faire partager son enfance.
En filigrane, Angel Wagenstein nous brosse un portrait émouvant de la Bulgarie de 1944 à 1952 . Les parents de Berto ont été tués en 44 du fait de leur engagement communiste et il est élevé par sa grand mère et Abraham le grand père fer-blantier, alcoolique et athée.
Les personnages, le pope Isaïe , le rabbin Menaché, le mollah Ibrahim, et bien sûr Abraham l'athée sont savoureux. Ils se chamaillent pour des détails mais restent unis dans l'adversité. Une veuve turque mènent les quatre hommes en bateau. Abraham le poivrot qui n'a peur de personne, surtout pas de Dieu mais un peu (beaucoup) de son épouse aidera le jeune Berto à grandir.
Albert retrouve en Araxi sa compagne de jeux, broyée par le destin de l'Europe de l'est dans les années 50 et les suivantes (reconstruction, communisme, émigration vers Israël puis pour Araxi la catastrophe de Tchernobyl pas si lointaine….). Costa, le photographe grec ressort les photos de leur enfance et tous trois se rémémorent ses temps à la fois difficiles et chaleureux.
Plovdiv, la ville où a grandi Berto était pauvre mais les populations vivaient en bonne cohabitation (il est fait référence au fait que, bien que la Bulgarie soit un allié du troisième Reich jusqu'en 1944, sa population juive n'a pas été déportée dans les camps de la mort du fait d'une forte mobilisation de la population). Berto nous raconte le jour aussi où tout changea pour lui ( à moins que rien n'est changé mais que Berto ait juste mûri et ouvert les yeux).
Un très bon moment de lecture, beaucoup d'humour, un peu de nostalgie et un style qui m'a beaucoup plu, tendre et sincère.

Le sous titre "loin de Tolède" retrace l'exil des ancêtres d'Abraham d'Espagne, en 1492 et explique le dialecte espagnol parlé par nombre des voisins de Berto en Bulgarie.
Il s'agit du deuxième tome d'une trilogie (je n'ai pas lu le tome 1 mais cela ne gêne en rien la compréhension)
Je vous recommande cette lecture d'un livre pris presque au hasard à la bibliothèque, juste parce que Chagall est mon peintre préféré et que la couverture de l'édition 10-18 m'a plu : Un livre que je n'aurais jamais pris avec la couverture originale.

Lien : http://lajumentverte.wordpre..
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frandj
  07 mai 2019
Ce livre m'a été recommandé par une amie. le sujet me semblait a priori intéressant: la société bulgare autour des années '50 et, plus spécialement, la communauté juive de Plovdiv, qui était une ville très cosmopolite. le narrateur est Albert (Berto). Grâce à lui, j'ai découvert des personnages hauts en couleur, notamment le grand-père Abraham, ivrogne, athée et hâbleur. le vécu du narrateur est décrit dans deux époques différentes: quand il était enfant et quand il est adulte. Autrefois il avait une camarade de jeux, Araxi, et il la revoit beaucoup plus tard…

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai eu du mal à entrer vraiment dans ce roman - sans doute autobiographique. Je n'ai pas aimé le style de l'auteur et je n'ai guère éprouvé de tendresse pour le petit peuple de Plovdiv. J'ai donc un avis réservé sur ce livre.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   06 avril 2014
Il était aussi connu sous le nom de Manouche la Clarinette, ce qui ne lui rendait guère justice puisque, outre la clarinette, il jouait divinement de tous les instruments et que s'agissant de musique, il n'existait pour lui aucun domaine inaccessible. Cela restait vrai du classique, par exemple d'Amadeus Mozart et de sa petite musique de nuit que Manouche Aliev enrichissait généreusement d'acrobatiques variations tziganes jusqu'à la transformer en grande musique de minuit.
Manouche était un véritable tablent, plein de grandeur et de furie. Dans les moments de suprême inspiration passaient dans ses yeux les lueurs de feux de camp tziganes, les crinières de chevaux au galop et les démons qui incendiaient ses veines brûlaient comme raki de Karlovo trois fois bouilli pour inonder les âmes de l'éclat des étoiles.
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VALENTYNEVALENTYNE   06 avril 2014
La majeure partie des conversations, des criailleries, des jurons et des chansons, parvenait encore aux oreilles du promeneur égaré en ces ruelles dans cet étrange espagnol (ladino) dont nous avons déjà dit un mot. Mais les familles turques et bulgares ne manquaient pas non plus, et chacun parlait plus ou moins la langue de ses voisins : les petits Bulgares s’insultaient mutuellement en turc, et chaque vendredi soir, le cordonnier du quartier, le Turc Izmet saluait respectueusement ma grand-mère d’un Schabbat chalom !, tandis que les Juifs, à l’occasion d’une naissance ou d’un décès dans une famille musulmane du voisinage, faisaient porter un plat de feuilletés au fromage qui signaient leur origine d’un nom turc auquel s’accrochait la traîne d’une terminaison espagnole : burekas.
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VALENTYNEVALENTYNE   06 avril 2014
Il s’agissait bien entendu de café turc, mélange de café véritable et de pois chiches grillés ou de seigle brûlé. Les proportions en étaient depuis longtemps précisément définies à la manière d’un dogme irréfutable, le onzième commandement, qu’exprimait la formule espagnole "uno i uno", c’est à dire "une pour une". Mais rien ne serait plus erroné que de croire qu’il était question d’une dose de café pour une dose de pois chiches grillés. Pour les vieilles juives, cette proportion dogmatique signifiait en réalité du café pour un Lev et une quantité de succédané à hauteur de la même somme. Fort de ses connaissances en simple arithmétique, le lecteur instruit n’aura aucune difficulté à calculer le résultat de pareille alchimie, sachant que le café coûtait vingt fois plus cher que son substitut.
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frandjfrandj   07 mai 2019
(p. 276)

« Les yeux des hommes ne sont pas bandés !
- Qui t’a raconté une bêtise pareille ? (…) Ils sont bandés, mon garçon, et comment ! Mais le bandeau est invisible, à la différence de celui de l’âne. Il est ingénieusement conçu, celui des hommes, on le remarque difficilement. Et il y a différents bandeaux, oh ! oh ! il en existe de tous les genres ! » (…)
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Video de Angel Wagenstein (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Angel Wagenstein
Angel Wagenstein - Adieu Shanghai .Emmanuelle Collas présente l'ouvrage d'Angel Wagenstein "Adieu Shanghai". Parution le 6 février 2015 aux éditions Galaade. Rentrée littéraire 2015. Traduit du bulgare par Kracimir Kavaldjiev et Véronika Nentcheva. http://www.mollat.com/livres/wagenstein-angel-adieu-shanghai-9782351763735.html Notes de Musique : ?Opium? (by Albert Glasser). Free Music Archive.
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