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Alex Nikolavitch Racunica (Traducteur)
ISBN : 2847899332
Éditeur : Delcourt (26/10/2005)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 29 notes)
Résumé :

Dans une petite bourgade paisible des Etats-Unis, deux braqueurs sont abattus par Tom McKenna, qui devient une célébrité bien malgré lui, attirant l'attention des médias mais aussi de maffiosi qui le pensaient disparu. Ils croient reconnaître, dans ce père de famille en apparence tranquille, le tueur qu'ils recherchent depuis 20 ans. Le lourd passé de Tom McKenna lui revient alors en pleine figure. Il doit faire fac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  06 mai 2015
Cette histoire est parue pour la première fois en 1997. Elle a servi de base pour un film "A history of violence" de David Cronenberg avec Viggo Mortensen.
À Raven's Bend dans le Michigan, Tom McKenna tient un café. Un soir, 2 individus débarquent, après avoir abattu froidement un couple d'autostoppeurs. Ils réclament du café et l'un d'eux sort un pistolet. McKenna ne se laisse pas faire et reprend le dessus sur les 2 petites frappes avec une violence létale. Ce fait divers fait la une des journaux locaux, ainsi que de la chaîne de télévision régionale. Tom McKenna se retrouve assailli de demande d'interviews, de gens voyant en lui un véritable héros, et même de courriers d'admirateurs. Il garde un profil discret en attendant que la tempête médiatique se calme. Edie, sa femme, est plutôt fière de lui et l'assure que le prochain fait divers viendra mettre un terme à l'intérêt que lui portent les médias. Buzz (leur fils, entre 16 et 18 ans) et Ellie (leur fille, une dizaine d'années) sont plutôt fiers de leur père, même si Ellie s'inquiète de savoir s'il viendra d'autres méchants hommes. Alors que la vie reprend son cours normal dans cette petite ville de province, une limousine noire est aperçue à proximité de la maison des McKenna, et non loin de la partie de baseball à laquelle participe Tom.
Ce comics sort des sentiers battus pour plusieurs raisons. Tout d'abord il s'agit d'une histoire complète parue en un tome, indépendante de toute autre série. Il s'agit d'un polar assez noir, à la frontière du thriller au fur et à mesure que l'histoire se dévoile. Elle a été écrite par John Wagner et illustrée en noir & blanc par Vince Locke. le style de ce dernier se démarque totalement des illustrations de comics habituelles. Chaque dessin ressemble à une esquisse détaillée, griffonnée. Il faut un peu de temps pour s'habituer à cette vision artistique où chaque ligne est un peu tremblée et apparaît comme repassée ou doublé 2 ou 3 fois. Locke utilise du début jusqu'à la fin une seule et unique épaisseur de trait. Il utilise les aplats de noir avec parcimonie, leur préférant les traits entrecroisés pour figurer l'ombrage, avec un maillage plus ou moins serré en fonction de la luminosité. Malgré ce rendu atypique, il parvient à conserver une lecture facile à chaque case, une fois que l'oeil s'est habitué à déchiffrer ces traits presqu'hésitants. Et pourtant à travers ce style un peu brouillon, Vince Locke fait naître tout l'ordinaire de la vie de Tom McKenna, il rend parfaitement la violence des affrontements, l'horreur de la torture, la banalité des individus, la familiarité des intérieurs. Il s'agit vraiment d'une expérience de lecture singulière dans laquelle le dessinateur s'attache parfois à la forme, parfois au mouvement, parfois à la simplification extrême des objets (un ou deux pistolets qui semblent des jouets en plastique pour enfant de 5 ans), toujours avec ces traits presque tremblés, et pourtant sans que la compréhension des images ne soit pénible, ou sans que le résultat ne s'apparente à un carnet de croquis inachevé.
Derrière la banalité des descriptions visuelles, il y a un scénario déconcertant. Ces presque 300 pages de bandes dessinées se lisent assez vite, car la narration a été travaillée pour être la plus simple et la plus directe possible. le scénariste et le dessinateur se complémentent pour donner un sentiment de banalité et de quotidien aux événements survenant à Tom McKenna. John Wagner commence par une scène qui ne laisse pas place aux doutes : la violence promise dans le titre est bien présente dès cette première exécution sommaire. Elle ira crescendo pour déboucher sur des actes de barbarie, d'autant plus difficiles à soutenir que les dessins de Locke laissent le soin au lecteur d'imaginer la dégradation des chairs et du corps. John Wagner n'est pas en reste en imaginant des niveaux de violence très élevés.
En fait le début de cette histoire captive par sa simplicité, sa plausibilité et son évidence. Et puis au fur et à mesure des pages qui se tournent, 2 caractéristiques prennent le dessus. John Wagner propose un récit riche en événements. Il ne joue pas la carte des révélations dramatiques, il pose plutôt un élément après l'autre, sans rajouter d'effet de manche ou de dramatisation. Les séquences s'enchaînent avec quelques actions spectaculaires ou horrifiques, avec la chaleur humaine des habitants de Raven's Bend, avec la distance professionnelle des policiers de New York, avec la cruauté ordinaire du crime organisé. Et le lecteur attend de ressentir de l'empathie pour Tom McKenna et sa famille et ça ne vient pas. John Wagner a choisi de ne pas s'attarder sur la psychologie des personnages : il y a les méchants, il y a les gens normaux qui sont tous gentils et il y a Tom McKenna à la moralité légèrement ambiguë. le lecteur n'arrive pas à s'attacher à ces personnages un peu falots, un peu trop lisses, un peu trop détachés de ce qui leur arrive. Lorsqu'Edie découvre la vérité sur son mari, ça ne semble pas la perturber outre mesure. Son amour est une évidence, et finalement elle n'a pas lieu de se remettre en question, de réévaluer ses relations, car après tout ce n'est pas si grave que ça. Euh, ben si quand même ! Quand un personnage apprend qu'un de ses amis a été torturé pendant 20 ans, c'est grave, mais le lecteur a du mal à comprendre en quoi cela a de l'importance plutôt que ça n'en ait pas pour ce personnage. D'un coté, John Wagner épargne à son lecteur des personnages dramatisant tout ou exaltés par des sentiments démesurés, mais de l'autre il n'arrive pas du tout à donner de l'épaisseur à ses personnages presque dépourvus d'émotion.
Malgré des bons cotés très singuliers (les illustrations sortant de l'ordinaire, le scénario malin et cruel construit en crescendo), John Wagner ne sait pas impliquer son lecteur dans les épreuves vécues par les personnages principaux. Locke arrive à rendre visuellement crédible cette histoire policière, sans qu'elle devienne ridicule ou fade, ce qui est assez compliqué du fait que la bande dessinée repose sur des mécanismes qui ont vite fait de rendre visible et idiot les clichés des polars (les porte-flingues stéréotypés et caricaturaux, par exemple). Mais John Wagner se contente de la mécanique de son récit, sans lui donner d'âme, sans lui fournir une profondeur psychologique qui fasse exister ses personnages. de ce fait il n'y a aucun enjeu moral. Au final cela donne une histoire facile à lire, avec quelques passages bien noirs, ou biens tendus, mais c'est tout.
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Chiwi
  25 janvier 2015
Âmes sensibles, abstenez vous de vous approcher de ce roman graphique. Ouvrage qui a servi de base au film de David Cronenberg avec Viggo Mortensen et Ed Harris, celui-ci va nettement plus loin en matière de violence. Bien sûr quand on a déjà vu le film, il n'y a pas de surprise.
Ce qui saisit le plus c'est le dessin en noir et blanc qui permet de raconter un engrenage de violence qui semble inarrêtable. Les traits des personnages semblent à peine esquissés mais les visages et les corps martyrisés sont rendus avec une violence et une force parfois peu imaginable.
En fin de compte, l'histoire peut apparaitre comme très classique : la vengeance d'un ponte de la mafia contre deux jeunes qui ont voulu s'en prendre à lui. Mais c'est le dessin qui donne une grande intensité au récit, qui permet une plongée dans la violence à l'état pure.
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Geodaney_alias_Louis_Lucas
  12 mars 2016
J'ai découvert les éditions Delcourt à travers leur branche manga, Akata, qui m'avait permis de découvrir l'oeuvre d'Osamu Tezuka à travers notamment "Ayako" puis le magnifique "Larme ultime" de Shin Takahashi. Il y a peu de temps, je me suis lancé dans la série "Sillage" et j'ai pu constater que la qualité de choix des séries était également au rendez-vous dans la bande-dessinée ainsi que dans le comics comme je viens de le découvrir aujourd'hui. "A history of violence" est un one-shot, que l'on doit à John Wagner et Vince Locke, qui est sorti aux Etats-Unis en 1997. Il a fallu attendre 2005 et l'adaptation cinématographique du canadien David Cronenberg pour que "A history of violence" ait les honneurs d'une sortie française. Ce qui frappe d'emblée lorsqu'on entame les premières pages de ce comics, c'est le dessin de Locke qui possède un trait caractéristique né dans un minimalisme extrême, loin de l'esthétique léché de nombre de ses contemporains. Une fois adapté au dessin, on est comme happé par cette histoire de rédemption ancrée dans le milieu de la mafia que Wagner et Locke dépeignent à merveille avec quelques références cinématographiques à la clef, "Les affranchis" d'un côté pour l'enfance de Joey Muni/Tom McKenna et, plus discret, "Scarface" pour l'une des dernières scènes où le bourreau du héros tente de l'achever avec une tronçonneuse. "A history of violence" est un comics que je recommande à tout amateur de BD et aux personnes qui cantonnent le genre aux super-héros, oubliant la diversité de la bande-dessinée américaine. Pour les connaisseurs, Delcourt propose aussi "Les sentiers de la perdition" de Collins et Rayner dont Sam Mendès a fait une très belle adaptation avec Tom Hanks et Jude Law dans les rôles principaux.
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sonfiljuliesuit
  20 mai 2016
Cette histoire est parue pour la première fois en 1997. Elle a servi de base au film « A History of Violence » de David Cronenberg avec Viggo Mortensen.
Un polar assez noir, à la frontière du thriller au fur et à mesure que l'histoire se dévoile.
Chaque dessin ressemble à une esquisse. Il faut un peu de temps pour s'habituer à cet unique épaisseur de trait !
Ce style de dessins, rend parfaitement la violence et la torture des individus.
Ces 287 pages se lisent assez vite, le style étant simple et directe.
Je n'ai pas réussi à m'attacher à ces personnages trop lisses, trop détachés de ce qui leur arrive. Lorsque Edie découvre la vérité sur son mari, elle ne semble pas être perturbée, cela lui glisse dessus, comme si son mari venait de lui dire qu'il avait cassé un verre!!! Son amour serait à ce point une évidence ? Pour qu'elle ne remette rien en question? car après tout ce n'est pas si grave que ça… !!!! Ok un truc a dû m'échapper dans les relations de couple, ou alors suis pas assez moderne !
Quand Tom McKenna, apprend qu'un de ses amis a été torturé pendant 20 ans, aucune émotion ne transpire …. Vive les copains !!!
Dommage que John Wagner n'ai pas réussi à impliquer son lecteur dans les épreuves vécues par ses personnages. Ok c'est « History of violence », mais un peu d'émotion aurait fait ressortir le côté humain aux personnages, ainsi que du relief à une histoire somme toute bien plate sans ces émotions qui nous caractérisent même au plus fort de la violence.
Au final, aucun enjeu moral, aucune profondeur psychologique, une histoire facile et rapide à lire.
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Gregor
  19 août 2011
L'album est sorti quasi simultanément à la sortie du film de David Cronenberg inspiré par ce récit. Tic... tic... tic... et la violence va exploser. Un one-shot remarquable dans la simplicité de son scénario, mais ô combien jubilatoire dans sa réalisation. On est accroché dès la première page de ce western urbain où les bons ne sont pas ceux qu'on croit au départ. Un simple fait divers, dans ce bled perdu, va soudainement faire éclater la haine et les armes. Tout comme pour le film, on se dit "pfou, qué bazar !.." en fin de lecture. Explosif. Rondement mené et dessiné. Une belle pièce.
LYmagier
www.coinbd.com
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critiques presse (1)
Sceneario   04 janvier 2012
Ce roman graphique est un chef d'œuvre qu'il faut lire et ce, malgré la violence de certains passages.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
GregorGregor   19 août 2011
- J'ai connu un gamin qui vous ressemblait pas mal. Il était de NY. Vous êtes déjà allé à NY ?
- Une fois ou deux.
- On était bons amis et il est parti. J'avais une dette envers lui... J'aimerais bien le retrouver... Je paye toujours mes dettes. Il lui manquait un doigt... Le même qu'à vous... Je le sais... Je l'ai ici...
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CantStandMeeNowCantStandMeeNow   18 février 2012
Je ne peux plus me cacher, maintenant. Ils savent où je suis, et ils n'en ont pas fini avec moi. Ni avec nous.
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GregorGregor   01 octobre 2012
Mon Dieu... toutes ces années et je ne te connais même pas... Qui es tu Tom ?
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Video de John Wagner (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Wagner
"A History of Violence", film réalisé par David Cronenberg en 2005. C'est l'adaptation cinématographique du roman graphique A History of Violence écrit par John Wagner avec des dessins de Vince Locke. Official Trailer
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