AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2207259501
Éditeur : Denoël (23/08/2007)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
rescapée d'une discrète blessure amoureuse, une femme trompe la monotonie solitaire de son existence en rassemblant la nuit ses souvenirs d'un compositeur de musique autrefois aimé en silence ou en participant à des forums de discussion sur internet... usant d'une subtile polyphonie de pulsions secrètes et d'images, cécile wajsbrot nous plonge (d'une écriture aux douces lignes de fuite) dans l'intime enfer de la création musicale, seul art capable d'exprimer la symb... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
nilebeh
  22 février 2018

Que dire de ce livre sinon qu'il fut pour moi l'occasion d'une émotion intense, faite d'émerveillement, de trouble, d'inquiétude, de compassion, de rares moments d'une joie douce et d'une vibration qui vous amène au bord des larmes ?
Le tout, sans aucun effet stylistique, avec naturel, juste par la grâce des mots,, des phrases à la fluidité toute musicale, un regard attentif et bienveillant posé sur les êtres qui habitent ces pages - pas des personnages de littérature - des êtres riches et doux, sombres et lumineux.
La narratrice n'a pas de nom, elle parle de ses rencontres. D'abord, celle qu'elle a eue avec cet homme silencieux qui l'observe dans un café et capte son regard, celui qu'elle appelle « le maître », et qui va la faire venir chez lui, dans son salon, sur un simple coup de fil. Puis, la rencontre avec cette femme « des confins de l'Ukraine », qui l'observe depuis le trottoir qui longe la vitrine de l'agence immobilière où elle travaille. Anonyme, elle aussi, chargée de sacs en plastique dans lesquels elle semble traîner sa vie. Elles se parlent, prennent un café, le contact est fugitif, incertain, fait de quelques mots et de silences. Un fil ténu de compréhension fragile les unit. L'une nettoie des appartements vides de leurs habitants, l'autre cherche à vendre ou louer des appartements trop chers pour la plupart des gens. Vides, aussi.
Et enfin, il y a ce « vous », auquel elle s'adresse, qu'elle découvre en tant qu'ami du maître. Ce « vous » qui lui demande de restituer par écrit ce qu'elle a pu observer, sentir, comprendre, chez cet énigmatique compositeur, musicien rejeté par la bonne société des musiciens académiques mais aussi par ceux qui s'affichent « contre », contre le système, l'argent, les conventions, « contre », en général.
Le musicien reste énigmatique, vrai génie méconnu, artiste paranoïaque, créateur en quête d'inspiration, manipulateur qui joue de son emprise sur la jeune femme, du haut de son appartement perché au-dessus de Paris, lui servant du thé et des discours sur la création, ses sources, ses freins, ses moments de folie créatrice et de désespoir ? Il aligne les mots et les idées comme des notes sur une partition. Il compose...
La conversation se fait à pas feutrés, dans le confort minimal de son salon parisien, et il prend de plus en plus d'influence sur la narratrice, auditrice, disciple, faire-valoir peut-être, amoureuse en secret peut-être, d'un homme qu'on ne peut ni aimer ni haïr, ni admirer, ni mépriser. Juste en avoir un peu peur, peut-être...
Curieuse valse à quatre temps, quatre personnages, que ce roman qui n'en est pas absolument un, qui offre une plongée en profondeur dans la création de l'oeuvre musicale, sur fond de bande-son où se croisent Chostakovitch, Berio, Beethoven ; les remarques sur les instruments - le hautbois et la clarinette, instruments de l'automne, et surtout le but ultime, la sommation intérieure qui taraude le maître : écrire un requiem, oeuvre ultime et magistrale de sa vie.
Ce livre ne comprend que 174 pages. Pourquoi ai-je recopié un nombre si important de phrases ? Pourquoi ai-je l'impression que ce sont mes propres émotions, mes propres questions sur l'art, sur la vie et le rapport aux autres, sur l'absence, qui se retrouvent sous la plume cursive et pleine d'élégance de Cécile Wajsbrot ?
Une expérience de lecture unique, mais peut-être juste parce qu'elle arrive au bon moment, dans la bonne configuration de ma vie personnelle...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   24 mai 2015
Je croyais que vous n'aimiez pas l'air du temps.
Il y a l'air du temps et l'esprit du temps - il ne faut pas confondre. L'air du temps est une question de mode, le souffle qui balaie les rues, vous savez, à l'automne, quand les feuilles sèches sont dispersées par le vent - le bruit qu'elles font en effleurant les trottoirs, les chaussée, est celui de l'air du temps. Mais l'esprit, lui, demeure invisible, ou il faut scruter longtemps avant de l'apercevoir, à cette condition on peut le cerner et l'extraire, comme un objet précieux de fouilles archéologiques... Il est ce qui se dérobe et que vous cherchez inlassablement, jusqu'à ce que, un jour, il apparaisse dans l'évidence - car les choses les plus profondes sont aussi les plus simples.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Alice_Alice_   12 avril 2015
Chacun est face à lui-même, seul, disait-il, et composer est une façon de briser la solitude, briser l'encerclement car notre solitude est cernée par ceux qui veulent à la fois s'emparer de nous et nous abandonner. C'est ce que je voulais traduire, la dialectique de l'encerclement et de l'abandon au sein de laquelle il n'y a pas de dialogue possible.
Commenter  J’apprécie          110
Alice_Alice_   23 mai 2015
Chacun vit dans son univers, disait le maître. Ce n'est pas une fatalité mais une donnée de départ. On peut chercher à le quitter, on peut le refuser - on finit par être rattrapé.
Commenter  J’apprécie          50
Alice_Alice_   12 avril 2015
Le saut dans le vide, disait-il. Si vous n'acceptez pas, vous ne pourrez rien faire. Si vous partez avec tous vos bagages - vos certitudes - si vous savez où vous allez, vous n'arriverez nulle part. Ce n'est pas l'idée que vous avez en tête qui compte, ce sont les pierres que vous posez une à une, l'une qui mène à l'autre, qui est indispensable - chaque note est nécessaire.
Commenter  J’apprécie          10
Alice_Alice_   12 avril 2015
Le chant, disait-il, est une tentative d'atteindre l'infini. La voix s'étire comme un arc bandé puis la flèche est lancée et plonge en plein cœur ou tombe à côté. Avez-vous éprouvé cette sensation, disait-il, cette sorte de douleur, ce serrement de cœur quand on vous dit quelque chose de particulièrement juste ou d'effrayant, d'émouvant, quelque chose qui vous atteint? Cela arrive dans la musique et c'est ce que je cherche à produire, cette douleur douce. Mais ce but nous échappe et même quand un morceau est achevé, on ne sait pas si la flèche s'est plantée au cœur ou si elle est tombé à côté, jusqu'au moment d'entendre le morceau interprété - on ne sait pas si on a réussi ce qu'on voulait et si tel n'est pas le cas, il est trop tard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Lire un extrait
Videos de Cécile Wajsbrot (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cécile Wajsbrot
Cécile Wajsbrot - Totale éclipse .Cécile Wajsbrot vous présente son ouvrage « Totale éclipse ». Parution le 4 septembre 2014 aux éditions Bourgois. Rentrée littéraire 2014. http://www.mollat.com/livres/wajsbrot-cecile-totale-eclipse-9782267026887.html Notes de Musique : ?Solar Eclipse? (by Simon Mathewson). Free Music Archive.
autres livres classés : maîtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Pentaquiz : on recherche le cinquième terme

Afrique, Amérique, Asie, Europe, ...

Basson
le chien Dagobert
Le Deutéronome
Jean Valjean
New York
Océanie
Rimski-Korsakov
Russie

16 questions
385 lecteurs ont répondu
Thèmes : anatomie , bande dessinée , géographie , géopolitique , littérature , musique , société , sport , zoologieCréer un quiz sur ce livre