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ISBN : 2843043352
Éditeur : Zulma (02/09/2005)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :

Déterminée à faire la lumière sur les zones d'ombre d'un passé familial chargé de mystère et de douleur, une jeune femme prend le train pour Kielce, en Pologne. Devant les paysages qui défilent, des voix l'interpellent. Des voix qui instaurent un étrange dialogue entre elle, son passé, le présent. Quais de gare, frontières, visite de la ville de Kielce... Quelles réponses, quelles clés ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
topocl
  20 février 2017
Une femme attend sur le quai d'une gare un train qui ne vient pas, puis c'est un trajet de nuit, long, très long. Toute cette attente lui laisse le temps d'analyser la relation d'attirance et de répulsion pour ce pays où elle a tardivement décidé d'aller, après bien d'autres fuites. un pays où elle revient sans jamais y avoir été, que ses parents ont fui, dont ils ne lui ont jamais parlé, et dont elle espère que le découvrir va être une délivrance, elle ne sait pas trop comment. Car ce père et sa soeur (la tante) s'enferment peu à peu dans la maladie d'Alzheimer, qui efface en eux ces événements, ou en tout cas leur récit, de façon irrévocable, cette fois. La maladie efface les mots, l'identité mais certainement pas la connaissance intuitive d'un passé (là-bas et ici) taraudant.
"Tout cela s'est logé quelque part en nous et a tracé une voie, celle du refus, de l'oubli progressif."

Dans cette quête, des voix lui parlent , en de surprenants dialogues magnétiques : le père, la tante en leur exil, elle-même d' une voix rendue nouvelle par le voyage , et un personnage étrange qui l'accompagne une fois arrivée dans ce pays hostile.
" -Nous ne comprenons rien de toi.
-Tu ne comprends rien de nous.
-C'est le signe de notre réussite."

Ce livre est un récit de l'exil, de la mémoire et de l'incommunicabilité, du silence comme transmission, transmission pervertie, mais transmission quand même. Et l'on est en droit de s'interroger, devant ces voix qui surgissent en elle, devant cette compréhension qu'elle a enfin à la seule confrontation physique avec les lieux, si ce récit ne lui avait pas été fait, par bribes, peut-être, par allusions, mais bien fait, et qu'elle n'avait pas su l'entendre. le tabou était sans doute un mélange : pour les parents croyant l'autoriser à construire un avenir sans le malheur comme terreau premier, pour elle comme refus de cet enracinement tragique. Comme s 'ils avaient cru que nier suffirait.
C'est un livre empreint d'une ineffable mélancolie, rythmée par l'attente, le cahot (chaos?) du train, les pas éperdus dans la ville, dont il décrit la griffure avec douceur. Au-dela de la douleur du traumatisme premier ( le pogrom et la fuite), il y a l'idée que l'exil n' a pas suffit à mettre une distance, que l'oubli est impossible et n'est sans doute pas souhaitable : la marque reste là, la nier ne sert à rien, qu'à une perte d'identité plus grave encore.

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
StephDStephD   04 décembre 2012
Car ils étaient partis comme des milliers, des dizaines, des centaines de milliers qui partaient tous les jours de tous les pays sur tous les continents, qui partaient seuls ou en famille, et ils prenaient le car ou le train, le bateau, ou ils prenaient l'avion, dans les situations les plus incroyables, entre deux wagons, dans le train d'atterrissage, entassés sur des planches flottantes [...]. Car ils étaient partis comme tous ceux qui partaient, pour fuir des guerres ou des persécutions, la famine, la misère, la pauvreté ou simplement l'insatisfaction [...] et ils avaient marché, voyagé, traversé les tempêtes et les terres, et traversé le temps, pour arriver un jour - ceux qui arrivaient - au pays dont ils avaient rêvé.
Et là, ils s'installaient, habitaient d'autres endroits qu'ils cherchaient à faire leurs, qui pouvaient être pire que ceux qu'ils avaient quittés [...] et peu à peu, quittaient les pièces noires pour des appartements plus clairs, se dispersaient, travaillaient, faisaient connaissance avec des gens d'ici, de là-bas, et commençaient à vivre leur vie, et à se croire les habitants du pays qu'ils avaient choisi.
C'est alors que nous venions, nous, leurs enfants, et que dès la naissance, nous portions leurs espoirs car nous accomplirions les choses qu'ils n'avaient pas pu faire et leur venait l'idée qu'ils étaient partis pour nous, [...] dès le commencement, nous étions lestés de leur vie, de leurs désillusions en même temps que de leurs illusions, et porteurs de désirs qui n'étaient pas les nôtres.
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coco4649coco4649   14 février 2019
On ne revient pas, on ne revient jamais…


   On ne revient pas, on ne revient jamais, me disais-je
sur le quai où la nuit tombait, ce qu’on a quitté a changé,
même s’il n’y a pas eu de grandes transformations,  par
le simple passage du temps, ou on a  changé soi, ce qui
revient au même, et moi, j’allais quelque part où je n’étais
jamais allée, d’où venait ma famille et où elle ne voulait
pas, n’avait jamais voulu retourner, à cause de la rivière
et de bien d’autres choses, à cause de l’Histoire – j’en
avais vu, au cours de reportages ou de rencontres, de
ces gens forcés de partir et qui, lorsque les circonstances
avaient changé, qu’un régime politique était tombé, ne
rentraient pas parce qu’ils avaient eu tant de mal à partir,
à renoncer, tant de mal à s’installer, ou du moins à cons-
truire.
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coco4649coco4649   10 mars 2019
 
 
Le nom d’Oświęcim nous pétrifiait, transportant
en d’autres temps, d’autres lieux, tous ceux de
ma famille qui n’étaient pas venus en France et
qui n’étaient pas morts avant la guerre avaient
péri là-bas, je ne les connaissais pas, j’ignorais
leurs noms et leurs visages mais ils me poursui-
vaient, cohorte silencieuse, et surgissaient parfois
dans les rêves de la nuit.
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coco4649coco4649   10 mars 2019
 
 
— Qu’aurions-nous fait, dans cette ville ?
— Tu vois ces horizons étroits, bouchés par les montagnes.
— Les collines.
— L’hostilité, surtout.
— Ces gens que tu regardes.
— Avec presque tendresse.
— Ce sont eux qui nous ont chassés. Ou leurs parents, leurs
grands -parents.
— Leur famille.
— Qu’aurions-nous fait, ici ?
— Qu’avez-vous fait de tellement extraordinaire, là-bas,
avais-je envie de leur dire.
— Nous avons survécu.
— Ce n’est déjà pas mal.
— Ici, nous aurions été emportés.
— Par la haine.
— Ou l’horreur.
— D’un côté ou de l’autre.
— Nous avons survécu.
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coco4649coco4649   10 mars 2019
 
 
Et j’attendais ce train, qui m’amènerait, peut-être,
au centre, au cœur du mystère que je tentais de
percer, à ce qui me permettrait de résoudre l’énigme
pour passer — enfin — à autre chose — à supposer
que la vie ne soit pas la recherche d’une réponse à
l’unique question.
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Vidéo de Cécile Wajsbrot
Cécile Wajsbrot - Totale éclipse .Cécile Wajsbrot vous présente son ouvrage « Totale éclipse ». Parution le 4 septembre 2014 aux éditions Bourgois. Rentrée littéraire 2014. http://www.mollat.com/livres/wajsbrot-cecile-totale-eclipse-9782267026887.html Notes de Musique : ?Solar Eclipse? (by Simon Mathewson). Free Music Archive.
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