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EAN : 9782846264327
644 pages
Au Diable Vauvert (13/09/2012)
4.01/5   35 notes
Résumé :
Les agents du centre des impôts de Peoria, dans l'Illinois, paraissent plutôt ordinaires aux yeux de leur apprenti, David Foster Wallace. Mais à mesure qu'il s'immerge dans une routine pénible et répétitive, au point que les nouveaux arrivants doivent recevoir une formation de survie à l'ennui, il en apprend davantage sur l'extraordinaire galerie de personnages attirés par cet étrange métier. Or il y arrive alors que des forces oeuvrent pour éliminer le peu d'humani... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
« Le roi pâle » est un roman inachevé, David Foster Wallace n'a pu le terminer avant de se donner la mort en 2008. Ce qui en donne un roman décousu, dense, difficile à suivre sachant que les chapitres se succèdent sans lien évident. La lecture en est donc que plus ardue.

Il s'agit d'une autobiographie professionnelle, comme le dit si bien l'auteur lui-même. David F. Wallace, en 1985, est embauché au centre des impôts de Peoria, Illinois, sous le grade de Gs.9. C'est-à-dire le grade le plus bas dans la hiérarchie de l'entreprise. le jour-même de son affectation, lors de la remise de son badge, il est pris pour un autre, un homonyme plus âgé et plus gradé qui commence le même jours. Ce qui faillit lui causer des ennuis.
Les personnes choisies pour travailler à l'IRS le sont parce qu'ils possèdent une aptitude de résistance face à des tâches monotones et ennuyeuses ainsi qu'une capacité de concentration de longue durée au-dessus de la moyenne de la plupart des gens.

Enfin, c'est un livre sur l'héroïsme ordinaire car comme le disait le professeur du cour de fiscalité avancé auquel il avait assisté par hasard. Parce qu'il faut un certain courage pour lutter contre l'ennui qui vous gagne lors des besognes quotidiennes. Peut-être est-ce aussi un peu sur l'absurdité de la bureaucratie qui arrache à l'existence humaine un peu de son sens et d'un but concret.

Le livre est pour ainsi dire très inégal. On passe aisément d'un chapitre intéressant (comme celui où l'auteur raconte les événements qui l'ont conduit jusqu'à l'IRS) à d'autres plus mornes et ennuyeux où l'on assiste à des discussions sans fin ayant trait à leur métier accompagné de tout le jargon qui va avec.

Exemple :
« Puis encore trois, dont une 1040A où la somme des déductions sur le RBA était mauvaise et la sortie papier de Martinsburg ne l'avait pas vu et il fallait l'amender sur un des formulaires 020-C dans le casier en bas à gauche et ensuite inscrire une bonne partie de ces mêmes informations sur le 20 classique qu'il fallait remplir même si ce n'était qu'un audit par correspondance où le dossier partait à Joliet plutôt qu'au district... »


Il est certain que le roman aurait eu une forme complètement différente s'il l'avait terminé avant son geste fatal.
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Un livre fort étrange.
Par le sujet, tout d'abord : le système de recouvrement des impôts au Etats-Unis et plus particulièrement les employés.
C'est aussi et surtout un livre inachevé.

Que dire de l'histoire : on entre dans un monde clos, celui de l'administration fiscale américaine et de ses différents acteurs.
Et c'est un monde ubuesque, indescriptible, les personnages sont tous plus bizarres les uns que les autres. Ce sont des gens tous plutôt mal partis dans la vie et qui atterrissent ici un peu par hasard.
Le héros, par exemple, souffre de problèmes de peau impressionnants. Il va être confondu avec un homonyme devant arriver le même jour au centre. Or, cet homonyme est infiniment mieux placé que lui dans la hiérarchie; quand la vérité sera découverte c'est notre héros que sera accusé d'usurpation d'identité.

Ce livre est aussi, en creux, un portrait des dérives des Etats-Unis.
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Les critiques et avis étaient plutôt bons et du coup le livre m'a fait envie. D'autant que l'auteur est loin d'être "manchot" avec une plume!!! Je l'ai donc commandé à la bibliothèque et dès vendredi je l'avais entre les mains...agréable week-end en perspective...
David Foster Wallace a un style assez particulier, très alambiqué, qui peut rebuter. C'est cette complexité d'écriture qui m'avait attiré dans ses autres ouvrages. Mais dans celui-ci elle est à la puissance 10!! Décousu, inégal sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit. Je me suis accroché, ayant conscience qu'il s'agissait d'un livre inachevé, plus proche, à mon sens, d'un patchwork de notes disparates. En vain.
Bref très difficile de rentrer dans le livre et surtout d'y rester. Par contre c'est une formidable source de renseignements pour quiconque s'intéresse au système fiscal américain.
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Intéresser un lecteur à la vie médiocre d'un employé du service des impôts , son boulot répétitif, ses collègues grisâtres englués dans les mythologies « corporate » … L'ennui, l'ennui , l'ennui ,toujours recommencé .En voilà un défi ! Et pour moi ça a marché car ce roman ( ?) un peu monstrueux , posthume et inachevé ,m'a fasciné . Une métaphore de la condition humaine bureaucratique , un « Bouvard et Pécuchet » américain … Angoissant et addictif.
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Difficile d'avoir un avis définitif sur un livre qui mériterait un long développement pour être abouti. Ceci dit la lecture reste intéressante : Wallace s'attaquant à un sujet pas évident à traiter en littérature avec brio.
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critiques presse (1)
Bibliobs
22 octobre 2012
Le résultat est un chef-d'oeuvre absolu bien qu'inachevé, 600 pages qui plongent au coeur du système fiscal, de sa monotonie presque mystique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
Tout va se jouer dans le monde de l'image. Il y aura un consensus politique incroyable autour du besoin d'échapper à l'enfermement et à la rigidité du conformisme, du monde mort des bilans et des bureaux éclairés au néon, de l'obligation de porter une cravate et d'écouter de la musique d'ascenseur, mais les entreprises réussiront à présenter des modes de consommation comme des moyens de s'émanciper -- utilisez telle calculatrice, écoutez tel type de musique, portez telles chaussures parce que tous les autres portent des chaussures conformistes. Ce sera une ère incroyable de prospérité, de conformisme et de masses où les symboles et les discours tourneront tous autour de la révolution, de la crise et des individus innovants et culottés qui osent tracer leur propre route en s'alliant à des marques qui investissent dans l'image de la rébellion. Cette campagne massive qui place l'individu sur un piédestal va consolider d'énormes marchés de gens foncièrement convaincus d'être solitaires, hors pair, sortis du lot, et on les brossera dans le sens du poil à tous les coins de rue.
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Mon coloc n'était pas un sale type, pas une mauvaise personne, même s'il s'est révélé incapable de jouer plus de trois ou quatre vrais morceaux à la guitare, il les jouait en boucle, et il rationalisait son business de drogue sans vergogne pour en faire une forme de rébellion sociale et non du capitalisme pur et simple, et déjà sur le moment je savais qu'il se conformait parfaitement aux prétendus standards de l'anticonformisme de la fin des années soixante-dix, et parfois je le prenait de haut. Je l'ai peut-être un petit peu méprisé. Comme si moi j'étais sans reproches, évidemment -- mais ce genre de projection et de transfert arrogant faisait partie de l'hypocrisie nihiliste de cette période.
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A votre avis, si on a beaucoup plus de facilités à discuter avec une personne qu'on connaît déjà bien plutôt qu'avec une personne qu'on ne connaît pas du tout, est-ce que c'est surtout à cause de toutes les informations déjà partagées par deux personnes qui se connaissent bien, ou peut-être parce que les gens qu'on connaît déjà bien et qu'on sait nous connaître bien sont les seuls avec lesquels on échappe au processus mental gênant qui consiste à soumettre tout ce qu'on voudrait dire ou mettre sur le tapis dans le cadre d'une conversation légère à une analyse ou une évaluation critique malaisée qui se débrouille pour que tout ce qu'on voudrait se proposer de dire à l'autre paraisse plat ou bête ou banal ou au contraire peut-être trop personnel ou susceptible de créer de la tension ?
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Peut-être l'ennui est-il associé à la douleur psychique car ce qui est ennuyeux ou opaque ne se révèle pas assez stimulant pour distraire les gens d'une autre de douleur, plus profonde, toujours présente ne serait-ce qu'en bruit de fond, et que la plupart d'entre nous emploient presque tout le temps et leur énergie à tenter de ne pas éprouver, ou en tout cas ne pas éprouver directement ou sciemment.
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L’assistant décrivait les 3312 employés de l’Antenne 047 à la fois selon les rotations – 58 % étaient dans l’équipe 7 h 10 – 15 heures, 40 % dans l’équipe 15 h 10 – 23 heures, plus les activités nocturnes de nettoyage et de maintenance des bâtiments – et en pourcentage ventilés entre Contrôles, Secrétariat, Traitement de données et Administration, dont Cusk loupa la majeure partie parce qu’il était entré dans les stades d’une crise naissante où son attention se rétractait, l’état de son corps et l’émission de transpiration occupaient presque 90 % de sa conscience. Il entendait les clics nerveux et arythmiques du stylo-bille de la femme derrière lui, et à un moment un son qui devait être le décroisement et le recroisement de ses jambes avec un bruit de collants, un bruit qui envoya une terrible vague de chaleur dans le corps de Cusk et fit rouler les premières gouttes ressenties depuis ses aisselles et le long de son torse sous sa chemise. Pendant les crises il baissait automatiquement la tête, de même qu’il s’avachissait sur son siège aussi loin que la discrétion le permettait, essayant de se faire le plus petit possible, visuellement, par rapport à la femme derrière lui, qu’il imaginait maintenant être une fille belle à tomber, environ de son âge, avec un maintien et un aplomb et un rond visage de porcelaine, des yeux d’un bleu intimidant, et dans l’ensemble une hauteur presque européenne. En bref, elle était le fantasme de Cusk – c’était en quelque sorte le prix qu’il payait à force d’être trop pétrifié par la peur et la gêne pour se retourner et feindre de regarder l’horloge (qui indiquait 15 h 10) afin de jauger la menace réelle que représentait la femme. La formatrice, il l’entendait, faisait allusion à une page du livret d’orientation des Contrôles que la diapositive projetée sur l’écran reproduisait au détail près, tandis que Cusk baissait sa tête dégoulinante et faisait mine d’étudier la page […]
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Vidéo de David Foster Wallace
Relecture de l'oeuvre labyrinthique de David Foster Wallace, dont le regard aigu sur la société américaine nous éclaire plus que jamais. Avec Jakuta Alikavazovic, écrivaine et traductrice des "Considérations sur le homard", et Pierre Ducrozet, écrivain et auteur de la préface de "L'Oubli".
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