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ISBN : 2363391071
Éditeur : Finitude (03/01/2019)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Richard est un gamin de Portland, maladroit et un peu fantasque. Comme tous les adolescents de l’Amérique triomphante du début des années 60, il se doit de pratiquer un sport. Richard est grand, très grand même pour son âge, alors pourquoi pas le saut en hauteur ?

Face au sautoir, il s’élance. Au lieu de passer la barre en ciseaux, comme tout le monde, il la passe sur le dos. Stupéfaction générale.

Cette singularité lui vaut le surnom d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
motspourmots
  07 janvier 2019
J'ai toujours trouvé passionnant de se pencher sur la source des inventions, quel que soit le domaine (celui qui a eu l'idée pour la première fois de battre des blancs en neige... j'aimerais qu'on m'en raconte l'histoire) et quand ce questionnement rejoint ma passion pour le sport, mon attention est tout acquise.
Fanny Wallendorf propose avec ce roman une exploration fictive de la vie de Dick Fosbury, à l'origine du saut qui porte son nom et que tous ceux qui ont fait de l'athlétisme au collège ces quarante dernières années ont forcément tenté une fois dans leur vie. D'où est né ce saut ? Quel instinct a donc poussé ce gamin qui stagnait à 1,62 avec le saut en ciseaux, la norme en vigueur partout à l'époque, à se tourner pour attaquer la barre avec l'épaule et le dos et à terminer en roulade ?
L'auteure se glisse ainsi dans la peau de Richard, adolescent typique d'une famille de la classe moyenne américaine et s'attache à nous faire partager ses sensations, la façon dont il appréhende le sport, les états de transe dans lesquels le plongent parfois ses séances d'entrainement. Les sensations sont motrices, ce sont elles qui guident son parcours, qui le font avancer malgré les moqueries et ricanements devant ce saut non homologué, la rigidité du système fédéral qui tente de lui imposer la norme à tout prix.
On se passionne sans peine pour cet adolescent ordinaire qui ne sait pas alors et ne s'en préoccupe pas d'ailleurs, qu'il marquera son sport de son empreinte. Pas seulement en battant le record du monde, pas seulement en gagnant des médailles olympiques mais en donnant son nom au saut qu'il invente.
Un vrai champion est forcément hors norme. Il sort du cadre, simplement parce qu'il ne peut faire autrement, c'est quelque chose de vital. C'est ce que nous donne à ressentir l'auteure, de façon très fine, sur une base très documentée qui plante le décor du système universitaire américain par lequel passe la politique sportive du pays.
Un personnage attachant, fait d'humilité et de passion, centré sur la quête du geste parfait. Et dans le regard de l'auteure, beaucoup d'admiration et d'envie de tutoyer le secret de la grâce.
Un premier roman très intéressant, fouillé et agréable à lire grâce à la place laissée à l'imagination et au rêve.
En le refermant, on pense à cette citation de René Char : “Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.”
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SophieLesBasBleus
  08 janvier 2019
A priori ce roman n'avait pas grand chose pour me séduire car j'imaginais qu'il s'agissait de la biographie romancée d'un fameux athlète : Dick Fosbury, médaille d'or de saut en hauteur au Jeux Olympiques de Mexico en 1968 et inventeur de la technique de saut à laquelle il a donné son nom.
Et figurez-vous qu'il s'agit de l'histoire d'un homme nommé Richard Fosbury, sauteur en hauteur et qui met au point un saut qui va secouer le monde sportif en général et de l'athlétisme en particulier : le fosbury, mais que ce premier roman m'a énormément plu ! Comme quoi...
Il faut dire que si la biographie du "vrai" Fosbury est respectée dans ses grandes lignes, surtout dans la succession de compétitions et d'obstacles qu'il doit affronter, là n'est point le sujet central du roman, d'une portée bien plus large que la seule passion du sport. L'approche de l'auteur se concentre sur la démarche créatrice qui conduit Fosbury à maîtriser son corps et ses gestes jusqu'à accomplir le mouvement parfait. Pour lui, le saut en hauteur, la compétition, ne sont que des moyens et non des fins. Ce sont des outils qui doivent lui permettre non de vaincre mais de s'accomplir en trouvant l'accord idéal entre tout ce qu'il est (taille, poids, muscles, chair mais aussi histoire et personnalité) et les éléments extérieurs à lui. Son entraînement se fonde autant sur la résistance physique, la musculation et l'endurance que sur son aptitude à la concentration. Et le récit nous entraîne dans ses courses à travers le quartier de son enfance qu'il parvient à recréer de manière à l'impliquer dans sa progression.
Ce pouvoir de fusion entre corps et esprit, cette capacité d'absorption du cadre a quelque chose de chamanique qui m'a fascinée. L'auteur en fait une description précise et concrète qui semble se répéter à mesure que l'athlète progresse mais qui, en fait, évolue d'une manière infime, comme un développement spiralaire. La création du saut (fosbury) comme réalisation de soi-même après tous les exercices de concentration, et surtout de prise de conscience d'une appartenance au monde, est véritablement inspirante, et, pour le coup, transposable à nombre d'expériences. L'écriture se plie sans peine à ce que vit le personnage : factuelle et concise pour raconter la vie familiale et universitaire, poétique et analytique pour décrire l'entraînement singulier que s'impose le personnage.
Alors oui : peut-être que le roman aurait mérité quelques coupures ça et là. Mais, en même temps, ce temps de lecture est en parfaite corrélation avec la lente évolution de Fosbury, de l'enfant de 12 ans, jusqu'au champion de Mexico. Cette durée est nécessaire, me semble-t-il , pour ressentir réellement le temps indispensable à la construction, à la création. Cela permet en outre une plongée au coeur des années 60, avec d'autres combats, révolutions, évolutions en toile de fond.
Le roman est déjà inscrit dans la polysémie du titre : l'appel vers un autre soi-même, l'appel vers la gloire, l'appel comme conviction inexorable d'être là pour inventer quelque chose, mais aussi l'appel comme impulsion fondamentale du saut en hauteur. Accessoirement, on pourrait dire aussi que c'est un appel au lecteur que lance ce roman atypique, fascinant et palpitant.
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LettresItBe
  20 janvier 2019
Traductrice de Raymond Carver ou encore de la correspondance de Neal Cassady, Fanny Wallendorf est une intime du livre. Pour son tout premier roman, la jeune femme née dans l'Aube propose chez Finitude avec L'appel une biographie romanesque d'un homme ou plutôt d'un nom gravé dans l'histoire du sport : Fosbury. Lettres it be a fait le grand saut, et vous en ramène quelques souvenirs.
# La bande-annonce
Richard est un gamin de Portland, maladroit et un peu fantasque. Comme tous les adolescents de l'Amérique triomphante du début des années 60, il se doit de pratiquer un sport. Richard est grand, très grand même pour son âge, alors pourquoi pas le saut en hauteur ?
Face au sautoir, il s'élance. Au lieu de passer la barre en ciseaux, comme tout le monde, il la passe sur le dos. Stupéfaction générale.
Cette singularité lui vaut le surnom d'Hurluberlu. Il s'en fiche, tout ce qu'il demande, c'est qu'on le laisse suivre sa voie. Sans le vouloir, n'obéissant qu'à son instinct, il vient d'inventer un saut qui va révolutionner sa discipline.
Les entraîneurs timorés, les amitiés et les filles, la menace de la guerre du Vietnam, rien ne détournera Richard de cette certitude absolue : il fera de son saut un mouvement parfait, et l'accomplissement de sa vie.
# L'avis de Lettres it be
Chaque nouvelle sortie des éditions Finitude est scrutée du coin de l'oeil du côté de chez Lettres it be. Après une belle rentrée de septembre 2018 marquée notamment par Les poteaux étaient carrés de Laurent Seyer, après une année 2017 flamboyante avec Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet entre autres, nous attendions forcément beaucoup de ce premier roman de Fanny Wallendorf. Un premier roman ambitieux, autour d'une destinée sportive grandiose, gravée dans les annales.
Dès les premières lignes, dès les premières pages, on pense inévitablement à L'art du jeu de Chat Harbach, on pense à ces récits initiatiques sur terrains sportifs. L'appel s'inscrit des deux pieds dans cette lignée. Malheureusement, et pour le dire très vite, malgré un travail de recherche biographique que l'on imagine plus que fourni, difficile de prendre part à ce roman. Fanny Wallendorf peine à donner à son roman la tournure intimiste et captivante des grands destins, tel que fut celui de Richard Douglas Fosbury dit Dick Fosbury. le pari était osé de donner la tournure romanesque à une simple destinée, une simple trajectoire sportive, aussi grandiose soit-elle. On suit l'évolution, on suit les aventures entre progression sportive hors-normes et apprentissage de la vie, entre déceptions amoureuses et satisfactions dans l'Arène. On suit ce flirt avec la guerre du Vietnam qui gronde au loin. Et ? Voilà la courte question qui prend toute la place dans l'esprit, quand la lecture se termine : et ?
Retrouvez la chronique en intégralité sur le site Internet de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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Linedy
  13 janvier 2019
Un "page turner" passionnant sur la vocation, mais aussi sur la naissance des amours, des amitiés, de la conscience existentielle et politique. Une écriture atypique et une force narrative étonnante. Richard, "l'hurluberlu", révolutionnera le sport sans le vouloir en restant fidèle, coûte que coûte, à sa joie de vivre et à sa façon de faire. Métaphorique, son désir de s'élever s'exprime avec simplicité et humour, mais aussi avec une ferveur profondément communicative. On en sort galvanisé.
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TmbM
  12 janvier 2019
C'est un premier roman réussi, sobre et sans fioriture. Son personnage un peu gauche est très attachant et son destin semble d'autant plus incroyable qu'il est authentique.
L'article complet sur mon blog.
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
lilylitbloglilylitblog   19 janvier 2019
Pendant une seconde, il entrevoit la totalité de son parcours depuis une hauteur étrange, avant que la vision ne soit pulvérisée, et qu'il n'en reste qu'une braise qu'il tente vainement de retenir. Elle chatoie quelques instants en lui puis s'éteint, le rendant à son jour.
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lilylitbloglilylitblog   19 janvier 2019
Il prend son élan à la fin de la courbe, décolle, s'offre ventre au ciel, et dans le secret de sa joie, les yeux grands ouverts, il passe bien au-dessus de la barre.
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motspourmotsmotspourmots   07 janvier 2019
Richard perfectionne ses foulées, et en poursuivant sa route, il comprend soudain que ce qu'il trouve dans la course, ce qu'il rejoint, c'est le silence, un silence unique et impartageable, le silence du sport, qui l'isole sans peine de tout ce qui l'entoure, un silence jouissif qui règne en maître avant de le déserter brutalement.
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lilylitbloglilylitblog   09 janvier 2019
Et pour lui, ne plus s'extasier est une chose déshonorante.
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lilylitbloglilylitblog   08 janvier 2019
Durant tout ce temps, il a imaginé que la ferveur était la clef qui ouvrait toutes les portes.
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