AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2714303005
Éditeur : José Corti (01/08/1989)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 102 notes)
Résumé :

“Le château d’Otrante est un drame plastique, la forme la plus amère, la plus rugueuse, mais aussi la mieux taillée du malheur en amour.


Seuls immortels, les désirs vont leur chemin, malgré d’extraordinaires obstacles, malgré les rideaux du sang et les miroirs vides, la nature exclue, l’existence approximative, la vue inutile, les ancêtres vomis par l’Enfer, malgré la peur, l’héroïsme, la férocité, malgré le marbre des tombeaux et les... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Slava
  06 avril 2016
Au Moyen-Age, dans le château d'Otrante, le Prince Manfred est heureux : son fils Conrad va se marier avec Isabelle. Il espère que le mariage sera suivi d'héritier car il craint que la famille va perdre son territoire. Malheureusement, la tragédie arrive : le fils meurt... écrasé par un casque géant ! Manfred, complètement désespéré, sombre dans la folie et formule un plan sordide : répudier sa femme qui l'aime pour épouser... Isabelle ! Mais elle s'enfuit. Comme si ça ne suffit pas, les spectres vont se réveiller et d'étranges événements vont commencer...
Donc, qu'est-ce que ce roman ? Eh bien, très simple : c'est CE roman qui a inventé le genre gothique. Oui, c'est ce petit livre ne faisant même pas un centaine de pages qui a inventé le genre gothique et ses poncifs fantastiques, genre qui par la suite va engendrer les chefs d'oeuvres comme Mystère d'Udolphe où le Moine (dévorée voilà quelques temps). Ayant eu du succès, ce livre peut se targuer d'être le père du genre mais aussi, si on veut, l'un des pères du fantastique moderne.
Dans cette histoire, on a tout : cadre médiévale et sombre, prophétie inquiétante qui se réalise, fantômes sortant de leurs tombes, fuites, enlèvements, personnages tragiques, sentiment exacerbé et tout le reste. Tout ce qui deviendra par la suite les clichés même du " roman terrifiant" a été inventé dans ce roman qui s'il est très sympathique, n'est hélas pas parfait.
En effet, on a quelques défauts qui gâchent la lecture : déjà, on n'a AUCUNE idée où se passe le lieu, enfin même si grâce à quelques indications temporelles, on sait qu'on est au Moyen-Age. le problème est que les lieux sont peu décrits, même le château ne bénéficie pas d'un grande description. du coup, on a aucune image des environs dont baigne l'histoire.
Les personnages : pareil, peu de description physique, (pour Mathilde " femme très belle", merci mais un mot sur ses cheveux, ses yeux voire même sa taille ? Mince, pour Cunégonde de Candide, il y avait déjà quelques adjectif et voilà, je savais déjà comment elle ressemblait !) et surtout le gros défaut : la psychologie sommaire. Eh oui, les personnages, mêmes s'ils peuvent être émouvants, ont peu de psychologie. Les serviteurs en particulier sont assez... vides. Quelques personnages m'ont semblé un peu plus consistant comme Jacques le Paysan où encore le terrible Manfred (on remarque que les femmes ne sont pas assez développées, tiens...).
Le récit est court et c'est aussi un autre problème : on accélère les choses, on rentre vite parfois en omettant des détails et pour justifier des trucs invraisemblables , mettant des explications surréalistes ! Argh !
Et puis la fin qui est brève, abrupte !
Par contre, le roman n'est pas à jeter, ah non. Comme précisé, il est quand même resté dans l'histoire littéraire pour avoir fondé le genre, donc déjà, un peu de compassion. Cela explique tous ces défauts donc.
Ensuite, l'histoire est assez intéressante et prenante tout à fait. Si je reprochais que le récit se déroule trop vite, par contre, il nous fait entrer dans l'histoire de manière géniale.
Le côté fantastique est joliment exploité, il y a qu'avoir le casque géant (où l'auteur se permet de décrire même le cadavre du pauvre petit, eurk), les statues saignantes, les spectres flippants...
Il y aussi les personnages en proie au désespoir et/où à la folie comme le fameux et monstrueux Mandred, qui finit par tout perdre, obstiné à posséder la pauvre Isabelle.
Il y a aussi les réflexions qu'on peut en tirer : peut-on se battre contre le destin ? Comment concilier la religion et le devoir à un puissant lorsqu'on veut s'opposer au second alors qu'on ne veut pas s'opposer au premier (vous comprendrez en lisant le livre) ? Quel est le sens des ensembles de nos vies ?
Et l'écriture qui est vraiment pas mal, même si elle n'est pas proche du fabuleux style du Moine.
A lire par intérêt tout de même.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Natacha851
  19 février 2014
Lorsque nous lisons la notice biographique se trouvant après le roman, on se dit que ce pauvre Château d'Otrante n'a rien pour lui : "Une psychologie sommaire", "un décor sommaire" et "(des) personnages artificiels".
Encore d'après cette notice, le Château d'Otrante a eu la chance de ne pas tomber dans l'oubli parce qu'il est le premier roman terrifiant ou "roman noir".
Il influença des romanciers tels que Radcliffe, Mathurin ou encore Nodier et Théophile Gautier.
(La notice que je cite se trouve dans "Romans terrifiants", ed. Robert Laffont qui regroupe plusieurs livre dont celui-ci)

Certes, les personnages sont des coquilles vides de vie, des personnages-symboles.
Nous avons le héros chevaleresque, la belle jeune fille vertueuse ou encore la femme dévouée. Un peu trop même.
Pour le décor, c'est vrai que nous ne quittons que rarement les murs du château et si nous le faisons, ce n'est pas pour aller très loin.
Pour ma part, cela m'a fait penser à un décor de théâtre.
D'ailleurs, les nombreux quiproquos et les coups de...théâtre qui ont mis mes nerfs à rude épreuve, m'ont aussi donné l'impression de lire une pièce.
Un conte théâtral, je préciserai, car nous ne sommes pas dans des descriptions à rallonge mais plutôt dans la narration d'action.
C'est à peine si nous sachons à quoi ressemble les protagonistes.
Personnellement, tout ceci n'a pas dérangé ma lecture.
Bien au contraire, je me suis laissée prendre par l'histoire et j'étais parfois frustrée de ces malentendus, curieuse de connaître la suite ou touchée des sentiments naissants.
Alors oui, il ne sera pas un de mes livres de référence et encore moins dans la catégorie "roman terrifiant" car, de ce côté, j'ai trouvé cela assez léger mais j'ai passé un bon moment en le découvrant.
Alors, j'espère que le Château d'Otrante ne tombera pas dans l'oubli non seulement pour son influence dans l'histoire de la littérature mais aussi pour ce qu'il m'a semblé être, une histoire qui provoque des émotions.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
loreleirocks
  25 août 2013
Voici donc le premier roman gothique, celui qui offre des modèles pour les futures oeuvres du genre (personnages types, ton tragique incluant quelques éléments classiques et thèmes Shakespeariens tels que le château personnage central, secrets, prophéties et malédictions, romance, drame familial, impostures, sprectres et autres interventions surnaturelles)...
La lecture de ce court roman est pour moi sauvée par les préfaces de l'auteur indiquant les conditions de publication, en en faisant d'abord une traduction de manuscrit medieval italien authentique, puis admettant ses intentions en tant qu'auteur veritable, mais surtout par les interventions comiques sans lesquelles l'atmosphère excessivement mélodramatique en aurait fait une tragédie plutôt banale.
Une relecture en parallèle avec le contexte historique et social révélera sans doute d'autres éléments intéressants, mais j'avoue que je préfère laisser le XVIIIème britannique à mes souvenirs universitaires...
Commenter  J’apprécie          90
beckygirly
  10 mai 2017
Le Château d'Otrante, précurseur des romans gothiques, est un roman assez atypique à la lecture d'aujourd'hui. Walpole, outre d'utiliser pour la première fois des éléments littéraires qui deviendront les caractéristiques des romans gothiques, n'hésite pas à jouer avec plusieurs genres, dont la fable, le récit médiéval/chevalier et le drame Shakespearien (dont l'auteur fait mention dans son prologue), donnant au final un rendu particulier qui oscille dangereusement vers la farce. Ce côté farce est accentué par la prédominance des dialogues qui donnent l'impression de lire du théâtre, ainsi que par le grotesque de certaines situations. Notamment la mort dès le début de Conrad par la chute d'un heaume géant
Le récit, lui, est simple, ponctué de quelques intrigues secondaires. Dynamique dans la forme, il s'accélère d'entrée, ne laissant guère de répit au lecture qui doit suivre les différentes situations qui s'offrent à lui. Si le format court du livre permet une lecture rapide de l'histoire, le fait que tout s'enchaîne aussi rapidement démontre d'un côté brouillon dans l'écriture qui peut ennuyer ou perdre le lecteur. le côté court rajoute également une autre faiblesse au récit: les personnages. Stéréotypés au possible, on ne parvient guère à éprouver de la sympathie, que ce soit pour les gentils trop gentils ou le père méchant. Ce dernier reste néanmoins le protagoniste le plus intéressant, car il casse la figure du père protecteur et aimant, mari fidèle. Bien au contraire, nous avons là le méchant égoïste, autoritaire et persécuteur, figure qui reviendra dans les romans gothiques qui suivront, en compagnie des femmes persécutées, du religieux, de l'amoureux transi ou de la belle.
Mais le personnage le plus important reste bien sûr le château: grand, large, oppressant, il possède de nombreuses tours, galeries, souterrains, ce qui le rend attirant et repoussant à la fois. Il est surtout le point crucial de l'histoire, puisqu'il est le théâtre des apparitions surnaturelles ainsi que l'enjeu majeur de l'histoire.
Outre ces précédentes caractéristiques gothiques, on retrouve donc la présence du surnaturel, ajouté par petites touches dans le récit et qui est lié au thème de la succession. Introduit par une prophétie, c'est ce thème majeur dans l'histoire qui lance l'histoire, poussant les personnages à agir de telle façon.
Si la lecture du Château d'Otrante peut paraître difficile, laborieuse, ennuyeuse pour certains, elle n'en reste pas moins intéressante. On découvre les prémices des romans gothiques, avec les lieux et le décor(le château, le monastère, un pays exotique, des souterrains), les personnages stéréotypés (le méchant, la femme persécutée, la fille en péril, le jeune homme romantique à souhait, le religieux) et une intrigue qui mêle peur, horreur, romance, passion et mort.
En plus d'instaurer ces mécanismes littéraires, Walpole parvient à développer des thèmes intéressants, tels que la place de la femme dans la famille, la relation père-fils ou le lien entre romance-réalisme-surnaturel.
De part son écriture et une histoire rapide, le Château d'Ortrante peut décevoir, donnant l'impression d'avoir mal vieilli. Mais pour les amoureux du genre gothique, les lecteurs qui savent prendre du recul, cette lecture sera au final plaisante sans être néanmoins la lecture du siècle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
dadotiste
  23 février 2016
Un livre que j'avais pris beaucoup de plaisir à lire mais qui m'avait amenée à me poser de nombreuses questions.
Tout d'abord il s'agit d'un des romans précurseur du genre gothique et donc de ce qui est devenu longtemps plus tard, le roman fantastique puis le roman policier.
Autant dire qu'il aurait été dommage de passer à côté !
En conclusion, niveau lecture pure, je m'étais régalée !
Toutefois, je possédais la version dont la préface était écrite par Paul Eluard.
À l'intérieur, la traductrice Dominique Corticchiato nous précisait qu' Horace Walpole avait vécu entre 1717 et 1797. Jusque là pas de problème.
Seulement, à la fin du livre la préface de la première édition disait je cite «c'est dans la bibliothèque d'une très ancienne famille catholique du nord de l'Angleterre que cet ouvrage fut découvert. Il avait été imprimé à Naples en caractères gothiques, au cours de l'an 1529.»
Conclusion, Horace Walpole ne pouvait donc pas en être l'auteur...
Mystère...
Walpole en était-il bel et bien l'auteur et avait-il profité de la crédulité du lecteur pour faire parler de son livre à l'époque de sa sortie ?
Telle était la question que je me suis posée pendant un bon moment avant de réussir à obtenir le fin mot de l'histoire, avec une source sûre. Après maintes recherches, j'ai fini par résoudre le mystère :
« Edition originale.
Bien que datée de 1765, le roman parut en décembre 1764. Soucieux de l'accueil que le public aurait pu réserver à son oeuvre de haute imagination, Walpole publia anonymement son conte qu'il présenta comme la traduction d'un manuscrit imprimé à Naples en 1529 nouvellement découvert dans la bibliothèque d'une vieille famille catholique du nord de l'Angleterre.
On connaît depuis l'incroyable fortune de cette oeuvre, fondatrice d'un genre nouveau devenu extrêmement populaire durant plusieurs décennies, le roman noir.»
[Informations tirées de "La Salade" aux éditions "Librairie Pierre Saunier".
« Cette salade, conçue pour nourrir le pickwick gracieux et le 23 stricté, a été fatiguée dans nos bocaux de la rue de Savoie le 1er avril 2013.
Elle a été imprimé à Angoulême par Alket éditions».]
La salade étant en réalité le catalogue de la vente Drouault dont faisait parti l'une des première éditions du Château d'Otrante ;-)
Finalement, c'est la préface de la première édition qui m'aura marquée le plus après toutes les questions que je me suis posées sur l'auteur.
Quoi qu'il en soit, j'espère que vous vous aventurerez à le lire et que vous y prendrez autant de plaisir que moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MusardiseMusardise   12 mars 2015
Bouleversé par ces lamentables exclamations, et craignant il ne savait quoi, Manfred s'avança précipitamment. Mais, quel spectacle pour les yeux d'un père, il voyait son enfant écrasé et presque enseveli sous un gigantesque heaume, cent fois plus grand qu'aucun casque jamais fait pour un être humain, et couvert d'une quantité proportionnée de plumes noires.
Commenter  J’apprécie          60
SlavaSlava   06 avril 2016
A ces mots, il prit la main glacée d'Isabelle à demi morte de crainte et d'horreur. Elle poussa un grand cri et s'arracha à son étreinte. Manfred se dressait pour la poursuivre, quand la lune qui était maintenant levée et brillait derrière la croisée opposée, lui montra les plumes du Casque fatal qui s’élevaient jusqu'à la hauteur des fenêtres et s'agitaient en tout sens, comme au souffle d'une tempête en produisant un sourd et profond bruissement.
Isabelle, qui s'était peu à peu ressaisie et qui ne redoutait rien que d'entendre Manfred poursuivre sa déclaration, s'écria :
-Regardez, Monseigneur ! voyez, le Ciel lui-même se prononce contre vos intentions impies !
-Le ciel ni l'Enfer n'entraveront mes desseins, dit Manfred s'élançant de nouveau pour retenir la Princesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
mimi574mimi574   08 septembre 2012
Elle attendait anxieusement le retour de sa jeune demoiselle d'honneur qu'elle avait envoyée chercher des nouvelles d'Isabelle.
Bianca apparut bientôt et raconta à sa maîtresse ce qu'elle avait pu apprendre des serviteurs, c'est-à-dire qu'Isabelle demeurait introuvable. Elle rapporta l'aventure du jeune Paysan découvert dans la crypte, en ajoutant toutefois beaucoup de détails aux récits incohérents des domestiques ; et elle insista surtout sur le pied et la jambe géants aperçus dans la grande chambre. Ce nouveau détail l'avait tellement terrifiée qu'elle fut grandement reconfortée lorsque mathilde lui annonça qu'elle renonçait à se coucher mais veillerait jusqu'au lever de la Princesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
SlavaSlava   28 avril 2016
Mais la douleur de Théodore était trop récente pour accepter l'idée d'un autre amour. Pourtant après de fréquents entretiens avec Isabelle au sujet de sa chère Mathilde, il se convainquit qu'il ne connaîtra le bonheur que dans la compagnie d'une femme avec laquelle il pourrait, tout au long de sa vie, s'abandonner à la mélancolie qui avait pris possession de son âme.
Commenter  J’apprécie          10
JuniperJuniper   22 septembre 2016
He was persuaded he could know no happiness but in the society of one with whom he could for ever indulge in the melancholy that had taken possession of his soul.
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : gothiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les Chefs-d'oeuvre de la littérature

Quel écrivain est l'auteur de Madame Bovary ?

Honoré de Balzac
Stendhal
Gustave Flaubert
Guy de Maupassant

8 questions
7390 lecteurs ont répondu
Thèmes : chef d'oeuvre intemporels , classiqueCréer un quiz sur ce livre
.. ..