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ISBN : 2221082753
Éditeur : Robert Laffont (12/09/1999)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Qui penserait attribuer une origine étrangère à des mots comme jupe, épinard, braguette, violon ou encore sentimental ? . Et pourtant, jupe vient de l'arabe, épinard du persan, braguette du gaulois, violon de l'italien, jardin du germanique ancien, et — qui l'eût cru ? — l'adjectif sentimental nous est venu du latin, mais par l'anglais.

Si l'on sait bien que la langue française est issue du latin, on oublie souvent qu'elle s'est enrichie au cours de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cmpf
  20 juin 2017

Je suis allée grâce à une amie au salon Étonnants voyageurs de Saint-Malo. J'en ai ramené un certain nombre de livres et j'ai découvert plusieurs auteurs. Parmi eux la linguiste Henriette ​Walter, professeur émérite à l'Université à Rennes (elle est née en 1929).
Son livre - dédicacé - est le premier que j'ai lu dans ma moisson, en concurrence avec un recueil de nouvelles de Blas de Roblès. En fait tout cela n'a pas beaucoup d'intérêt pour vous, mais je suis si contente d'être enfin allée à ce salon que j'ai envie d'en parler.
Donc L'aventure des mots français venus d'ailleurs, 200 pages pour présenter par origine les emprunts faits par notre langue aux autres, qu'il s'agisse du gaulois, du malais ou bien sûr de l'anglais qui ne fait que nous rendre accommodés à sa sauce de nombreux termes en échange de ceux qu'il avait lui-même puisé dans le français du XIIIe au XVe siècle.
Le cheminement des mots est souvent étonnant. Pourquoi deux mots d'origine italienne corsia et corsaro ont-ils donné l'un coursive et l'autre corsaire ? C'est parce qu'au XVIe lorsqu'ils ont été acclimatés,​ il y avait une discussion chez les grammairiens sur la prononciation, et ils hésitaient entre o et ou. Ces deux mots ont donc été distribués entre les deux possibilités comme beaucoup d'autres, ainsi nous avons arroser et fromage d'un côté et fourmi et coussin de l'autre.
Entre autres exemples, les Vikings, installés en Normandie ont laissé quelques mots. Nul ne s'étonnera qu'ils aient souvent à voir avec le monde maritime : varech, carlingue, mais aussi homard.
Il y a souvent des glissements de sens. Ainsi joli avait d'abord le sens de gai, beau ou ardent et amoureux d'où “faire le joli coeur”.
Cet ouvrage rempli d'informations n'est pas ennuyeux. de nombreuses “récréations” permettent de tester nos connaissances ou notre intuition. Sous forme de petite histoire ou de pastiche de fable ou poème, Henriette Walter soumet des termes dont le lecteur doit deviner l'origine.

Comme il s'agit d'un livre tout public la démonstration n'est pas exhaustive et peut donner parfois l'impression de sauter du coq à l'âne. Mais si on n'apprend pas systématiquement les mécanismes de l'emprunt et de l'adaptation à nos usages et à notre prononciation, il éveille la curiosité et rend attentif aux ressemblances entre langues proches.
Des notes pour aller plus loin et des index permettent de connaître l'origine des mots encore en usage ou oubliés comme bredir (relier) d'origine germanique.
Bref un livre à mettre entre toutes les mains pour une lecture en continu ou pour piochage de temps en temps.
Merci madame Walter pour votre intervention au café littéraire du Salon et pour vos livres dont je pense que celui-ci ne sera pas le seul à me passer dans les mains.
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Missbouquin
  04 juin 2014
Vous êtes passionnés par la langue française ou par les langues en général ? Alors ce petit bijou est pour vous !
Inaugurant une nouvelle collection, Documento, Robert Laffont nous propose un document passionnant sur l'aventure de la langue française, ou comment celle-ci est truffée de mots étrangers.
Pour parler chiffres, le français courant comporte 35000 mots, dont 4192 d'origine étrangère ! En bonne place vient bien sûr l'anglais, avec plus de 1000 mots qui se sont glissés dans notre belle langue (soit 1/4 !) Mais en réalité, cette majorité est récente puisque dans les années 1950, c'étaient les mots italiens qui remportaient la palme !
Viennent ensuite les termes issus du germanique ancien (13%), puis les dialectes gallo-romans (11,5% des mots étrangers), l'arabe (5%), les langues celtiques (3,8%), l'espagnol (3,7%), le néerlandais (3,6%) suivi de près par l'allemand (3,5%). Nous devons également quelques mots au persan et au sanskrit, aux langues amérindiennes, aux langues d'Asie, slaves, etc.
L'argot doit beaucoup aux langues étrangères également ! Même si les langues régionales nous ont fourni pas mal de structures pour cette langue bizarre, les autres ne sont pas en reste.
J'ai d'ailleurs ainsi appris que nous devons aux Picards les termes "arnaquer", "cafouiller", "pioncer", "roupiller" (clin d'oeil à une amie picarde !), tandis que le poitevin nous a légué "zigouiller" et le provençal "resquiller" !
Évidemment ce document n'a pas pour objectif de lister tous les emprunts faits mais il a l'ambition de nous faire appréhender toute la richesse de notre langue, y compris en acceptant que nous ne connaissons pas l'origine de certains mots, trop déformés au cours du temps ou trop obscurs …
Sans oublier que les mots changent de sens au fil du temps et continuent de dériver … Reste ensuite à savoir si ces modifications sont des modes, ou des inventions faites pour durer !
En bref, même si on ne maîtrise pas le français de l'Académie, nous sommes bien tous polyglottes .. au quotidien !
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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lilice_brocolis
  03 novembre 2015
C'est un livre que j'ai adoré !
Si le sujet m'intéresse vaguement, je l'ai surtout trouvé super bien raconté. Il faut tout d'abord signalé que je suis assez d'accord avec la plupart des idées ou des piques dissiminées ici et là : j'aime bien les emprunts qui servent à quelque chose, et j'utilise la langue de manière assez flexible. Probablement même beaucoup plus que ce qui est présenté ici, bien plus savant et respectueux de la grammaire/orthographe/... que moi. Et les abus sont moqués dans les deux sens.
Le ton est très agréable : c'est facile à lire en étant intelligent, et franchement divertissant. Au final, j'ai lu le livre presque comme un roman : il y a même des moments où j'ai eu du mal à le lacher parce que je voulais savoir la suite ! L'humour, ou en tout cas la légreté de ton, est bien présent tout du long.
L'évolution de la langue a une histoire est correspond à des développement historique. Cette intéraction et sa logique est ici bien présenté, et illustré de nombreux exemple. Les différents groupes de langues parlé à divers endroits en fonction des époques sont bien présenté, à la fois de manière précise et accessible aux néophytes (dont je fait partie). Il y a notamment des petits arbres généalogique des langues, vivantes et mortes, (ça a probablement un vrai nom) des groupes qui sont évoqués aux chapitres corresponds, ce qui est très chouette pour ce repérer.
Les chapitres se constituent globalement autour d'une langues dont on à emprunté à une époque donnée. On nous raconte ensuite les mécanismes d'emprunts plus ou moins régionaux et leur chemin jusqu'au français. De nombreux exemples sont cités, dont certains sont développés lors de paragraphe dédié. Des encarts ludiques ponctuent le tout - des poèmes déformés où on nous propose de deviner la langue d'origine des mots d'emprunt, par exemple. Le livre est bourré d'anecdotes amusantes sur le chemins ou la déformation de certains mots.
Il y a un index en fin d'ouvrage, regroupant "tous" les mots français venus d'ailleurs. Et bien sur avec les renvois approprié pour ceux qui ont pu être évoqué dans le livre. Il y manque tout de même des mots plus récent et plus ou moins argotique : par exemple zob n'y figure pas - ou si je confond (je n'ai plus le livre devant moi, encore un emprunt à ma merveilleuse bibliothèque) un autre du même tonneau). La bibliographie est également très détaillée.
Au final, j'ai l'impression d'avoir acquis une vision assez complète sur les mécanisme d'emprunt, ponctuée d'anecdotes drôles - représentatives ou au contraire exceptionnelles. Et surtout, j'ai ressenti un grand plaisir à la lecture.
Lien : http://lemoulinacritiques.bl..
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lapetitefadette
  21 mars 2015
La langue française est si riche de ses emprunts, de son histoire, véritable reflet de notre pays
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
lilice_brocolislilice_brocolis   09 septembre 2015
Le nom du lapin, qui a peut-être été emprunté à une ancienne langue méditerranéenne, a causé bien des soucis aux Français soucieux de bonnes manières. En effet, le nom de ce petit rongeur était cuniculus en latin, devenu conil et conin en ancien français. On voit tout de suite les jeux de mots un peu lestes que ces formes pouvaient susciter, et on comprend pourquoi ils ont été abandonnés au XV° siècle et remplacés par lapin, mot formé à partir de lepus, qui désignait pourtant en latin un autre animal, le lièvre. En faisant une entorse au sens, on pensait avoir préservé la bienséance, mais on avait pas mesuré toutes les conséquences de ce nouveaux choix : avec le nom de la femelle du lapin, le problème restait entier.
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lilice_brocolislilice_brocolis   09 septembre 2015
Pourquoi se plaindre des emprunts ?

Pour désigner tous ces mots que les langues du monde apportent à l'une d'entre elles, les linguistes ont un euphémisme plaisant : ils parlent pudiquement "d'emprunts" chaque fois qu'une langue prend des mots à sa voisine, tout en n'ayant pas la moindre intention de les lui rendre un jour. Et, chose curieuse, au lieu de voir les usagers de la langue emprunteuse se réjouir de l'adoption d'un mot étranger qui lui faisait défaut, et ceux de la langue donneuse marris du larcin dont elle a été victime, c'est exactement l'inverse qui se produit.
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lilice_brocolislilice_brocolis   09 septembre 2015
Ce livre voudrait montrer au contraire que, lorsqu'une langue "emprunte" des mots, elle s'enrichit de mille façons (...).
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lilice_brocolislilice_brocolis   09 septembre 2015
Au fil des pages, on apprend aussi avec surprise que risque et réussir, ainsi que parapet ou caprice, copiés sur l'italien, sont alors des néologiqmes insupportables.
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Videos de Henriette Walter (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henriette Walter
La linguiste Henriette Walter évoque la langue française d’ici et d’ailleurs
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