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ISBN : 2895961913
Éditeur : Lux Éditeur (20/11/2014)

Note moyenne : 4.54/5 (sur 12 notes)
Résumé :
« La vulnérabilité appelle la vulnérabilité. La mort est en embuscade. L’aide sociale inadéquate et l’apathie médiatique renforcent cette hyperfragilité. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans cette cohorte livide et silencieuse. Fétus de paille, brindilles, flocons de neige, éphémères, invisibles. »

Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
argali
  14 août 2015
La disparition d'une jeune femme est toujours un drame. Pour la victime d'abord mais aussi pour ses proches, sa famille, ses amis... tous ceux qui restent et attendent impatiemment des nouvelles, veulent comprendre. Cela est pire encore quand les autorités ne prennent pas cela au sérieux ou ne font rien. Que dire quand il ne s'agit pas d'une mais de 1181 victimes ? 1181 femmes autochtones du Canada disparues ou assassinées. 1181 femmes autochtones c'est, proportionnellement, 55 000 Françaises. Comment comprendre que cela n'émeut personne ? le racisme, l'indifférence, l'apathie politique font en sorte que la disparition d'une femme autochtone touche moins la majorité que celle d'une femme blanche. Ces femmes sont doublement victimes ; de meurtre d'abord, d'indifférence surtout.
Emmanuelle Walter, journaliste française installée au Québec depuis plusieurs années, a décidé de mener l'enquête. Comment comprendre qu'un pays réputé pour la qualité de ses moeurs démocratiques et de son dialogue social refuse de prendre à bras le corps un tel drame collectif ?
Pour cela, elle a choisi d'enquêter sur la disparition de deux jeunes adolescentes, deux amies, Maisy Odjick et Shannon Alexander, portées disparues le 6 septembre 2008. Elle nous raconte ici ses rencontres avec les familles, la mère et la grand-mère de Maisy, le père et la grand-mère de Shannon, les frère et soeurs, la communauté Anishnabé, l'Association des Femmes Autochtones du Canada, Michèle Audette sa présidente, tous ceux qui luttent leur côté... En 2004, l'AFAC a lancé la campagne « Soeur d'esprit » pour sensibiliser la société canadienne à ces violences faites aux femmes autochtones. Elle avait pour objectif d'éduquer le public aux causes de la violence que vivent ces femmes. Elle a aussi élaboré un projet de recherche et a été appuyée par Amnesty International qui a rédigé un rapport On a volé la vie de nos soeurs : discrimination et violence contre les femmes autochtones au Canada, en août 2004. Et en 2015, nous en sommes toujours au même point !
Pendant longtemps, les autorités n'ont...
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de
  02 novembre 2016
Je n'ai plus peur. Je veux me battre, puisqu'on ne se battra pour moi
« Entre 1980 et 2012, 1181 femmes autochtones ont disparu ou été assassinées ». Dans sa préface Widia Larivière rappelle que « proportionnellement 1181 femmes autochtones représentent environ 30 000 femmes canadiennes ou 55 000 femmes françaises ». Elle parle donc de la violence faite aux femmes autochtones, des impacts encore actuels de la colonisation, de victimes de crimes et non de faits divers, d'un autre crime l'« indifférence », de féminicide…
Des femmes meurent par centaines « pour l'unique raison qu'elles sont des femmes ». Au Canada un féminicide « à bas bruit », des victimes « filles et femmes amérindiennes ». Dan son enquête, suite à deux nouvelles disparitions, Emmanuelle Walter décrit un « angle mort d'un pays prospère ».
Un livre poignant sur ces disparitions et meurtres, sur les conditions de vie d'autochtones, sur des femmes et des hommes, sur celles et ceux « qui une vie qui n'est pas une vie »…
La colère contre la police et les médias, le sentiment d'immense solitude, le rappel des 150 000 enfants autochtones enlevé-e-s à leurs parents durant un siècle et le motif de « placement » : la pauvreté, les réserves et la vie hors réserve, les conditions socio-économiques, les périodes « alcool-drogue-décrochage scolaire », les « marches de la mémoire », les récits stupéfiants…
L'auteure aborde, entre autres, « La violence familiale, la violence dans les communautés, la violence de la rue, la violence sexuelle, la violence raciste, toutes les violences sont susceptibles de s'abattre sur elles et de les faire tomber », les disparitions, « trop souvent, c'est le grand rien. Pas de traces, pas de corps », les cris absorbés dans un « Canada ouaté, feutré »…
Elle insiste sur « les militantes se battent contre le discours policier qui attribue aux jeunes femmes autochtones des « comportements à risques » » (nous connaissons bien cette petite ritournelle : la faute à la victime), les conditions socio-économiques des populations membres des Nations Premières, le continuum des violences, la place des femmes autochtones dans « la cohorte livide et silencieuse », les racines sociales de la violence raciale, le racisme systémique, les discriminations policières, l'inertie et le mépris…
« Parce que j'ai l'impression
que tes yeux
font une courbe
autour de moi. »
Emmanuelle Walter met en avant les mobilisations des femmes pour savoir, leurs expertises et leurs organisations, « Nous devons trouver les solutions nous-mêmes »…
#ItEndsHere. C'est ici que ça s'arrête.
Lien : https://entreleslignesentrel..
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cat58
  03 novembre 2016
Depuis 1980, presque 1200 femmes Amérindiennes canadiennes ont disparu sans laisser de traces ou ont été assassinées dans la quasi-indifférence des Canadiens. Nous sommes face à un véritable féminicide ? Pourquoi ? Et bien parce que ces femmes sont invisibles.

Je m'intéresse au sujet depuis un moment déjà, je l'avais déjà abordé avec les disparues de Vancouver, dans ma nouvelle aussi les filles de Skid Row… Mais là, Emmanuelle Walter va beaucoup plus loin et l'analyse, les faits donnent la chair de poule, devant tant d'injustice.
À partir d'un fait divers, la disparition en 2008, de deux jeunes filles de 16 et 17 ans, Shannon Alexander et Maisy Odjick, l'auteure a effectué un travail de fourmi, est allée interroger les proches, a consulté les coupures de presse, les documents officiels, les statistiques, a rencontré des femmes amérindiennes qui luttent pour que justice soit faite. Emmanuelle Walter pointe les raisons de cette tragédie.
Il faudrait commencer par le début, il y a 400 ans déjà. Évoquer l'histoire coloniale et le traumatisme intergénérationnel qu'il a entraîné, ses conséquences toujours d'actualité, le ressentiment, le fossé culturel, la pauvreté, la violence familiale, l'absence de foyers d'accueil pour les femmes, l'émancipation précoce des jeunes filles qui en fait des proies faciles, leur stigmatisation qui perdure, le scandale des orphelinats, et les séquelles psychologiques des enfants que l'on a arrachés, volés pendant cent cinquante ans de 1830 à 1990… Terrible de constater cette apathie générale sur ces faits divers, ce manque d'attention, ce ressentiment du public, cette discrimination dans le suivi des affaires. C'est révoltant! le monde autochtone a l'air d'être totalement étranger aux Canadiens, comme le souligne l'auteure. Étranger alors qu'ils cohabitent depuis près de 400 ans. Déchirant et criant de vérité. À lire absolument!
Lien : https://chroniquesaigues.com..
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MargeQuebec
  12 novembre 2015
Que dire de plus que le livre ne dévoile pas déjà ? Malheureusement, sont de mise les mots et adjectifs indifférence, tragédie, inacceptable, inconcevable. le voile est levé dès les premières pages sur les impacts de ce féminicide pour les peuples autochtones mais également pour les Canadiens en général. Il est difficile de croire qu'en 2015, l'être humain en soit encore à accepter et à tolérer ce genre de tragédie. Il faut savoir ouvrir nos coeurs et nos têtes pour comprendre un tant soit peu la souffrance vécue par tout un peuple, déjà victimisé à plusieurs reprises. Que notre ignorance et notre inertie nous soient pardonnées.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
M-PiM-Pi   15 avril 2015
On m'a enfin donné les étoiles,
couchée sur les routes de campagne pour les regarder,
dans les caniveaux et les ruelles,
sur les bouts fantomatiques de
sentiers pierreux et oubliés.
Ton immensité
m'avale.
Est-ce que j'entre dans ton champ de vision?
Me vois-tu maintenant, Stephen Harper?

Parce que j'ai l'impression
que tes yeux
font une courbe
autour de moi.
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dede   02 novembre 2016
Entre 1980 et 2012, 1181 femmes autochtones ont disparu ou été assassinées ». Dans sa préface Widia Larivière rappelle que « proportionnellement 1181 femmes autochtones représentent environ 30 000 femmes canadiennes ou 55 000 femmes françaises
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dede   02 novembre 2016
La violence familiale, la violence dans les communautés, la violence de la rue, la violence sexuelle, la violence raciste, toutes les violences sont susceptibles de s’abattre sur elles et de les faire tomber
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dede   02 novembre 2016
Parce que j’ai l’impression
que tes yeux
font une courbe
autour de moi.
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