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ISBN : 2365694187
Éditeur : Editions Les Escales (10/01/2019)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Clemantine Wamariya a six ans quand le conflit rwandais éclate en 1994. Avec sa sœur Claire, quinze ans, elles doivent fuir les massacres et traversent sept pays d’Afrique pour échapper à la violence. Sans nouvelles de leur famille, elles affrontent la faim, la soif, les camps de réfugiés, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis. À Chicago, les deux sœurs empruntent des chemins différents. Tandis que l’aînée, mère célibataire, a du mal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
viou1108
  06 février 2019
Difficile de critiquer un témoignage. Encore plus quand c'est celui d'une jeune Rwandaise qui a dû fuir son pays à l'âge de six ans, au début du génocide. Encore plus quand on sait que, dans cet exil, elle n'était accompagnée que de sa soeur aînée (15 ans), et qu'elles ont dû se déplacer à travers sept pays d'Afrique pendant six ans, de camps de réfugiés en bidonvilles, avant d'avoir l'opportunité d'émigrer aux Etats-Unis. Qui suis-je pour oser juger ce texte?
Clemantine est donc cette survivante, qui nous raconte l'indicible de ces années d'errance, en alternance avec le récit de son adaptation compliquée à sa nouvelle vie américaine. Avec pudeur et sobriété, elle évoque les violences auxquelles elle a assisté, la vie dans les campements, la débrouille, le délabrement moral complet des réfugiés, l'insécurité, surtout pour les femmes/filles isolées, la terreur que sa soeur l'abandonne. Evidemment, à l'époque, à cet âge, les enjeux politiques la dépassent, et la petite fille comprend seulement qu'il faut survivre, s'adapter, et qu'à peine on a pris ses marques dans un endroit, il faut repartir vers un autre qu'on espère moins pire. Elle explique ensuite ses difficultés à appréhender ce rêve américain qui lui tend les bras : tandis que sa soeur s'installe dans un petit appartement avec ses enfants, vivote en faisant des ménages et s'intègre à la communauté africaine locale, Clemantine, encore mineure, est accueillie dans une famille aisée qui met tout en oeuvre pour qu'elle puisse se reconstruire, et qui la mènera jusqu'à l'université de Yale. Mais la jeune fille, brillante, reste hantée par la peur, toujours aux aguets, repérant les issues de secours, et surtout, elle porte en elle une colère qu'elle gère mal. Désemparée parce que personne ne peut même imaginer ce qu'elle a traversé, et parce qu'elle n'arrive pas à en parler avec sa soeur qui refuse la discussion, elle enrage de ne pas arriver à s'exprimer, et croit que si les autres l'aident, c'est uniquement pour se donner bonne conscience. J'espère pour elle que l'écriture de ce livre lui aura été un exutoire...
Difficile, donc, de critiquer ce récit. Sur le fond, même si on ne comprend pas forcément toutes les actions/réactions de Clemantine, on ne peut que se dire qu'il est juste impossible de s'identifier à elle. Sur la forme, le texte est captivant, bouleversant, touchant, dans sa partie « africaine ». J'ai trouvé l'autre partie un peu trop répétitive, académique et cérébrale. Drôle de contraste qui illustre bien la volonté de Clemantine de s'adapter, d'être celle qu'on attend qu'elle soit, la petite réfugiée résiliente, prototype de la réalisation du rêve américain. J'ai aussi trouvé un peu étrange le décalage entre la colère de Clemantine (« personne ne peut me comprendre ») qui suinte tout au long du récit, et les six (!) pages de remerciements en fin d'ouvrage. Quelque chose m'échappe et me laisse avec un léger sentiment de malaise. Voire - sans que j'en comprenne précisément la raison - de culpabilité.
En partenariat avec les éditions Les Escales, via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Jeneen
  10 février 2019
Récit autobiographique, témoignage poignant d'une femme qui fuit le génocide au Rwanda , alors petite fille de milieu assez aisé accompagnée seulement de sa soeur aînée.
Le livre alterne les chapitres sur la fuite à travers l'Afrique, éprouvante et  longue (6ans), et sur la vie aux Etats-Unis, où elles essaient de se reconstruire. Cela permet d'appréhender avec un certain optimisme la vie de ces deux soeurs qui ont bien du mal à trouver leur place et à se construire une vie, malgré de belles réussites pour la narratrice.
Les chapitres sur les Etats-Unis sont plus répétitifs mais l'ensemble reste un témoignage fort sur le sort de ces déracinés qui tentèrent de trouver un monde meilleur à l'autre bout du monde. La narratrice est consciente de l'opportunité et la chance qui lui furent offertes, et des difficultés qui restent à affronter quand on doit construire sa vie loin des siens et de ses racines.
Un témoignage à lire.
Merci aux Editions Les Escales et à NetGalley pour la découverte de ce récit.
#LaFilleAuSourireDePerles #NetGalleyFrance
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angelita.manchado
  09 février 2019
Avis La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil
Ceci est l'autobiographie de Clemantine qui vivait dans une famille assez aisée au Rwanda.
L'histoire alterne les passages de la vie de Clemantine au Rwanda, son arrivée aux Etats-Unis, la fuite avec sa soeur dans de nombreux pays d'Afrique et son évolution en tant qu'adolescente puis adulte aux Etats-Unis.
Clemantine est toute jeune. Elle a une soeur beaucoup plus âgée. Elles partiront toutes les deux chez leur grand-mère. Mais très vite, elles devront prendre la route, diverses routes, pour gagner des pays. Difficile pour Claire de prendre soin de cette petite soeur. Claire a toujours eu à l'esprit qu'elle était l'égale des autres. Elle a toujours su se débrouiller pour tenter d'améliorer, un tant soit peu, son quotidien. Et cela a continué aux Etats-Unis. Même si elle a souffert de toutes les expériences traversées. Claire n'est pas anéantie. Est-elle en colère ? Peut-être contre tous ceux qui ne la considèrent pas comme un être humain. Clemantine perdra de nombreuses choses personnelles, même si elle emmène peu à chaque fois. Et cela lui fera extrêmement mal. A chaque fois qu'elle peut aimer quelqu'un, elle devra vite partir. Est-ce que cela aurait changé quelque chose, son caractère, si sa soeur avait été beaucoup plus proche d'elle ?
Suis-je la seule à qui ce livre laisse une sensation désagréable ? Ce n'est pas dû à cette colère que Clemantine ressent continuellement. Ce n'est pas dû au fait qu'elle ne peut pas faire confiance aux autres. En tous les cas, elle a fait confiance à de nombreuses personnes pour écrire cette autobiographie. de plus, la page des remerciements est extrêmement longue. Je n'ai jamais eu l'impression qu'elle profitait des personnes qu'elle a rencontrées en Amérique, comme Oprah Winfrey, de sa famille d'accueil. Ils l'ont aidé à devenir une jeune fille, une jeune femme instruite. Je conçois tout à fait que Clemantine se cherche car pendant des années, elle n'a été plus rien. Elle a survécu à l'horreur. Est-il possible que Clemantine ne ressente aucun amour pour personne, comme elle l'écrit ? Pas d'amour pour ces neveux avec lesquels elle est restée pratiquement tout le temps. Pas d'amour pour ceux qui ont partagé sa vie. Quand on est arraché à une famille, famille que l'on retrouve des années plus tard et qui a continué à vivre, malgré tout, à avoir des enfants, n'y a-t-il pas un sentiment de jalousie face à ça ? Car Clemantine, même si elle a retrouvé les siens, n'a pas retrouvé sa famille telle qu'elle l'a laissée. Je comprends que Clemantine ne soit pas d'accord avec tous ceux qui pensent que les réfugiés ont tous vécu la même chose. Ils sont déshumanisés en quelque sorte. Elle doit également faire avec une autre façon de vivre, une autre culture, tenter de faire comprendre aux autres toute cette souffrance même si c'est difficile pour elle d'y mettre les mots de façon correcte. Ses réactions peuvent choquer. Livre témoignage mais aussi livre écrit pour que la mémoire ne s'efface pas. Je ne suis pas choquée par les réactions de Clemantine mais pourquoi accepter toutes ces conférences, témoigner autant alors qu'elle connait les réactions des uns et des autres ?
Toutes ces personnes ont souffert et de la plus horrible des façons. Elle a raison quand elle dit que chaque souffrance est différente. Elles ne sont pas comparables, que ce soit ceux qui ont subi l'holocauste ou encore ceux qui ont été victimes de génocides. Certaines lectures lui ont été profitables, car elle a trouvé des réponses à ses questions. On apprend tout de même énormément de choses au niveau de la politique du Rwanda, comment a été colonisé ce pays par la Belgique, ce que ce pays a fait pour séparer les différentes personnes rwandaises.
Je remercie les Editions Les Escales et l'agence Anne & Arnaud pour cette lecture.
Lien : https://livresaprofusion.wor..
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Milie_Baker
  02 février 2019
Clemantine a 6 ans quand elle est obligée de fuir le Rwanda avec sa grande soeur Claire.
Réfugiée dans 7 pays au total, l'enfance de Clemantine se résume à la fuite, la peur, la douleur et la colère.
Dans cette autobiographie, la jeune femme nous raconte ce qu'elle a vécu, sa survie aux côtés de sa soeur qui la tenue en vie.
Lorsqu'elles arrivent en Amérique, les deux jeunes femmes sont brisées, mais elles doivent s'adapter, s'intégrer et aller de l'avant.
Mais comment aller de l'avant quand la peur nous prend au ventre ? Quand on est toujours en alerte, cherchant les sorties de secours ?
Si Clemantine nous raconte sa vie, elle nous montre surtout sa colère. Une haine qui gronde en elle, qui reste ancrée dans son corps et son esprit.
Par force de courage et de détermination, la jeune femme a réussi à survivre, à étudier et à finalement mettre des mots sur son passé.
Une lecture bouleversante, qui prend aux tripes, qui nous chamboule, qui nous hante et qui nous fait regarder plus loin que le bout de notre nez.
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MilleetunepagesLM
  22 janvier 2019
Le commentaire de Cathy :
Ce roman est le témoignage de Clemantine Wamariya, une Rwandaise qui à peine âgée de 6 ans, a dû fuir avec sa soeur, les massacres qui sévissaient. Elle et sa soeur Claire, âgée de 15 ans, ont traversé 7 pays d'Afrique, elles vont devoir affronter la peur, la faim, le danger, les divers camps de réfugiés avant de finalement trouver refuge aux États-Unis. Avec ses mots Clemantine nous raconte son histoire qui m'a touchée au plus profond de mon être. Cette petite fille obligée de prendre la route pour survivre aux massacres, son incompréhension face à ce qui lui arrive, que pouvait, elle comprendre du haut de ses 6 ans ? J'ai beaucoup aimé la construction du roman, les chapitres se suivent entre le passé ou elles traversent l'Afrique et d'autres où elle nous raconte sa vie aux États-Unis. Sa reconstruction n'est pas chose aisée, mais son caractère de battante va la faire réussir. Sa plume est très agréable et très touchante. Je remercie l'agence Anne & Arnaud de m'avoir proposé cette lecture qui m'a fait sortir de ma zone de confort, une lecture qui m'aura permis de comprendre un peu plus les faits qui se sont produits pendant le génocide rwandais.

Lien : http://lesmilleetunlivreslm...
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critiques presse (3)
Actualitte   13 février 2019
Petite fille née au pays des Mille collines et brisée en mille morceaux après avoir fui les massacres de 1994 au Rwanda contre les Tutsis — quelque 800.000 morts selon l’ONU —, jetée dans l’enfer de l’Histoire, Clemantine Wamariya tente de renfiler le collier cassé de son histoire à elle dans un récit douloureux et intense.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   06 février 2019
Clemantine Wamariya livre un témoignage précieux et édifiant sur le conflit au Rwanda. Elle avait six ans.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   05 février 2019
Avec « La fille au sourire de perles », Clemantine Wamariya raconte la folle histoire de sa vie, démolie en avril 1994 par les massacres qui sévirent au Rwanda. Elle avait six ans. Son livre est le récit d’une incroyable reconstruction.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   14 février 2019
Comme de nombreux Rwandais, elle avait choisi ce pays qui avait l’avantage de ressembler à l’Amérique, mais où l’on parlait français. Le Rwanda étant une ancienne colonie belge, cette langue était la seconde que l’on apprenait à l’école. Au cas où elle ne serait pas parvenue à immigrer au Canada, Claire comptait voyager en Europe – partir vivre à tout prix iburayi, l’expression rwandaise passe-partout signifiant « à l’étranger » ou « loin ». La marraine de ma sœur qui vivait à Montréal lui avait envoyé des cadeaux fabuleux : une montre avec un bracelet en argent, une tenue complète de couleur verte pour la pluie, avec un ciré, des bottes et un parapluie assortis.
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rkhettaouirkhettaoui   14 février 2019
D’habitude, la discipline était le domaine de ma mère. Elle était sévère mais pondérée. Quand nous nous conduisions mal, elle nous faisait nous agenouiller au coin, face au mur, parfois avec des pierres sur nos têtes. C’était affreux. Lorsqu’un membre de la famille mentait – en général, c’était moi –, ma mère faisait bouillir de l’eau et nous demandait à tous de nous asseoir autour de la casserole. « Si vous êtes malhonnêtes et que vous mettez votre main là-dedans, vous allez vous brûler. Et si vous n’avez rien fait, vous ne sentirez rien », nous expliquait-elle.
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rkhettaouirkhettaoui   14 février 2019
Les voleurs voulaient simplement prouver qu’ils pouvaient le faire. Ils laissaient des mots où ils exigeaient de l’essence, du sucre ou une télévision. Quand je demandais des explications aux adultes, leurs visages se fermaient et ils me renvoyaient m’occuper de mes affaires. Parfois, des hommes laissaient des grenades, du moins c’est ce que j’avais entendu dire, ne sachant pas vraiment ce que c’était. J’avais seulement compris que cette arme pouvait couper les gens en centaines de morceaux.
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rkhettaouirkhettaoui   14 février 2019
Souvent, l’histoire de ma vie me semble fragmentée, à l’image de perles sans cordon. Lorsque je fais appel à mes souvenirs, ils me paraissent chaque fois légèrement différents, et j’ai peur de me sentir définitivement perdue. Mais ce jour-là, je me suis précipitée sur le plateau tout sourire. L’une des compétences les plus précieuses que j’avais acquises en essayant de survivre en tant que réfugiée, c’était de deviner ce que les gens attendaient de moi.
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rkhettaouirkhettaoui   14 février 2019
Elle ne se maquillait pas, à l’exception d’un soupçon de Vaseline pour donner un peu de brillant à ses lèvres. Elle avait intégré la mentalité postcoloniale bien ancrée chez les catholiques rwandais : chacun devait rester aussi invisible que possible en évitant d’attirer les regards. C’est l’enseignement que j’ai reçu en grandissant. Je devais apprendre à me tenir convenablement, à rester sage et silencieuse. J’étais une élève tout sauf enthousiaste.
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