AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782365694186
312 pages
Éditeur : Editions Les Escales (10/01/2019)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Clemantine Wamariya a six ans quand le conflit rwandais éclate en 1994. Avec sa sœur Claire, quinze ans, elles doivent fuir les massacres et traversent sept pays d’Afrique pour échapper à la violence. Sans nouvelles de leur famille, elles affrontent la faim, la soif, les camps de réfugiés, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis. À Chicago, les deux sœurs empruntent des chemins différents. Tandis que l’aînée, mère célibataire, a du mal... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  06 février 2019
Difficile de critiquer un témoignage. Encore plus quand c'est celui d'une jeune Rwandaise qui a dû fuir son pays à l'âge de six ans, au début du génocide. Encore plus quand on sait que, dans cet exil, elle n'était accompagnée que de sa soeur aînée (15 ans), et qu'elles ont dû se déplacer à travers sept pays d'Afrique pendant six ans, de camps de réfugiés en bidonvilles, avant d'avoir l'opportunité d'émigrer aux Etats-Unis. Qui suis-je pour oser juger ce texte?
Clemantine est donc cette survivante, qui nous raconte l'indicible de ces années d'errance, en alternance avec le récit de son adaptation compliquée à sa nouvelle vie américaine. Avec pudeur et sobriété, elle évoque les violences auxquelles elle a assisté, la vie dans les campements, la débrouille, le délabrement moral complet des réfugiés, l'insécurité, surtout pour les femmes/filles isolées, la terreur que sa soeur l'abandonne. Evidemment, à l'époque, à cet âge, les enjeux politiques la dépassent, et la petite fille comprend seulement qu'il faut survivre, s'adapter, et qu'à peine on a pris ses marques dans un endroit, il faut repartir vers un autre qu'on espère moins pire. Elle explique ensuite ses difficultés à appréhender ce rêve américain qui lui tend les bras : tandis que sa soeur s'installe dans un petit appartement avec ses enfants, vivote en faisant des ménages et s'intègre à la communauté africaine locale, Clemantine, encore mineure, est accueillie dans une famille aisée qui met tout en oeuvre pour qu'elle puisse se reconstruire, et qui la mènera jusqu'à l'université de Yale. Mais la jeune fille, brillante, reste hantée par la peur, toujours aux aguets, repérant les issues de secours, et surtout, elle porte en elle une colère qu'elle gère mal. Désemparée parce que personne ne peut même imaginer ce qu'elle a traversé, et parce qu'elle n'arrive pas à en parler avec sa soeur qui refuse la discussion, elle enrage de ne pas arriver à s'exprimer, et croit que si les autres l'aident, c'est uniquement pour se donner bonne conscience. J'espère pour elle que l'écriture de ce livre lui aura été un exutoire...
Difficile, donc, de critiquer ce récit. Sur le fond, même si on ne comprend pas forcément toutes les actions/réactions de Clemantine, on ne peut que se dire qu'il est juste impossible de s'identifier à elle. Sur la forme, le texte est captivant, bouleversant, touchant, dans sa partie « africaine ». J'ai trouvé l'autre partie un peu trop répétitive, académique et cérébrale. Drôle de contraste qui illustre bien la volonté de Clemantine de s'adapter, d'être celle qu'on attend qu'elle soit, la petite réfugiée résiliente, prototype de la réalisation du rêve américain. J'ai aussi trouvé un peu étrange le décalage entre la colère de Clemantine (« personne ne peut me comprendre ») qui suinte tout au long du récit, et les six (!) pages de remerciements en fin d'ouvrage. Quelque chose m'échappe et me laisse avec un léger sentiment de malaise. Voire - sans que j'en comprenne précisément la raison - de culpabilité.
En partenariat avec les éditions Les Escales, via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          704
Fleitour
  05 juillet 2020
"La Fille au ­sourire de perles" n'est pas le récit de vacances polynésiennes. Ces perles sont amères, et ce titre évoque bien un génocide. Livre témoignage capital, d'une puissance prodigieuse, sur un théâtre qui hante notre mémoire.
Le récit de Clémentine Wamariya est une immersion dans les abîmes de la condition humaine. le génocide des tutsis au Rwanda. Il y a un moment où la dernière limite est franchie, la seconde suivante c'est la chute vertigineuse où tout ce que vous saviez de la vie s'efface. A ce point de non retour, s'il vous reste encore quelques miettes de cet instinct de survie, vous vivrez, sinon c'est la mort.

Ce livre est fabuleux de lucidité, de spontanéité, il met en lumière l'ingéniosité, de 2 filles de 6 et 15 ans, l'attachement viscéral qui les unit, la complicité indéfectible qui à tous moments, par ruse et par flair assurent leur capacités instinctives de se retrouver. Après la disparition des parents devenus introuvables, une autre logique s'imposait.

Plus qu'un manuel de survie, c'est un manuel pour espèces menacées. Elles développent une pratique de l'hygiène, et observent des rites précis pour les pieds et les mains. Extraire des larves sous la peau, conserver des vêtements propres passent avant le reste. le reste ? La confiance zéro, la méfiance maximum, l'anticipation menée comme par des agents secrets.

Traverser autant de pays, c'est possible si vous avez de l'argent. Leur petite entreprise est l'observation du prix de quelques denrées. Acheter et revendre, puis faire disparaître la différence sur soi, toujours sur soi.
Au fil des pages on jubile de voir la débrouillardise gagner en intensité, et se convertir en déplacements obstinés vers le sud, toujours l'Afrique du sud.

Après 4 à 5 années passées à mener cette évasion, méticuleuse, je suis absolument certain que vos capacités intellectuelles seront au beau fixe. Les portes de Yale, oui les portes de la meilleure université est possible, l'intelligence exécutive harcelée est le meilleur carburant pour l'esprit.
Combien a t-elle appris de langues 6 ou 7 , indispensables pour sa survie, mais quel atout dans ce monde si diversifié.
Incroyable, impensable, avec en prime un zeste de réussite de ses neveux et nièces.
Vivre avec ses souvenirs, apprendre à faire confiance, montrer qu'on ne dédaigne pas l'aide des autres, découvrir le plaisir de recevoir, est le chemin douloureux que nos deux héroïnes vont devoir inventer.
Devenir autonome à 6 ans, c'est une réalité qui existe, s'obstiner à grimper dans cet environnement rude à majorité blanche est une autre paire de manche.
Merci Oprah Winfrey et merci à Clemantine Wamariya et à votre soeur Claire, pour ce voyage hallucinant, raconté sans excès de noirceur, en livrant un vibrant hommage à votre communauté brisée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
montmartin
  06 mars 2019
L'émergence de tous ses souvenirs refoulés, Clémantine est une enfant comme les autres, elle vit à Kigali au Rwanda, son surnom est Casette car elle répète tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle entend. Elle a six ans, mais l'âge n'a désormais plus aucun sens. Elle vient de s'enfuir par la porte de derrière pour échapper au génocide. La sauvagerie des massacres et l'usage du viol et de la contamination du sida comme armes de guerre.
« C'était la première fois que je la voyais verser une larme. Ça ne se faisait pas chez les adultes rwandais. Quant aux enfants, ils y étaient autorisés tant qu'ils ne savaient pas parler. Ensuite, ils ne pleuraient plus. Si, après ça, quelqu'un ne pouvait pas s'en empêcher, il devait le faire en chantant, comme un oiseau mélancolique. »
Choléra, dysenterie, mouches et insectes qui pullulent. Les caniveaux répugnants, les décharges d'ordures en plein air. Les enfants en haillons et sans chaussures, le regard vide. Les filles qui se prostituent ouvertement. Six ans passés dans des camps de réfugiés, être loin de chez soi, quelqu'un qui n'a plus de foyer. Elle n'est plus qu'un numéro, un simple numéro, si elle meurt personne ne sera au courant. Elle a perdu son identité. Avec sa soeur, elle va vivre dans sept pays africains différents un parcours déchirant et dramatique avant d'arriver aux États-Unis. le choc de l'abondance après les privations.
« Comment pouvait-il exister quelque part un tel excès de nourriture tandis qu'ailleurs, à quelques heures d'avion, des gens mouraient de faim ? »
Un livre témoignage poignant et émouvant, si bien entendu j'ai été touché par la description de cette errance pour échapper à la barbarie, ce qui m'a le plus intéressé dans ce récit c'est sa lutte pour se reconstruire, recommencer à zéro. Avec une écriture simple sans fioriture, Clemantine Wamariya nous parle de la difficulté de témoigner avec des mots, regrouper les atrocités vécues. L'impossibilité d'oublier que des membres de sa famille ont été massacrés par d'autres membres de sa famille. Ne plus penser au passé, poursuivre sa vie. Ne pas exposer ses blessures aux autres. Ne pas afficher son chagrin, le garder au fond de soi, l'enfouir. L'auteur aborde aussi la responsabilité des colonisateurs, ici les Belges, dans la haine entre Tutsis et Hutus.
Alternant passé et présent ce livre fait partie selon moi des textes forts au même titre que les témoignages sur les atrocités des nazis dans les camps, d'ailleurs la jeune Clemantine Wamariya a été troublée par la lecture de "La nuit" le récit des souvenirs qu'Élie Wiesel conserve de la séparation d'avec sa mère et sa petite soeur qu'il ne reverra plus jamais et du camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures… et la honte de perdre sa dignité d'homme quand il ne répondra pas à son père mourant.
« Nous avons besoin de dire : j'honore ce que tu respectes et j'accorde de l'importance à ce que tu chéris. Je ne suis pas meilleur que toi. Tu n'es pas meilleur que moi. Personne ne vaut plus qu'un autre. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          271
Valmyvoyou_lit
  12 mars 2019
Les massacres font rage au Rwanda. Pour protéger Clemantine et sa soeur, leurs parents les font partir chez leurs grands-parents. Mais là aussi, il faut fuir.

Clemantine a six ans, sa soeur, Claire, en a quinze. Pendant six ans, elles vont aller de camps de réfugiés en camps de réfugiés, avant d'être accueillies aux Etats-Unis.

La fille au sourire de perles est le témoignage de Clemantine. Elle raconte les camps où il s'agit de survivre et non pas de vivre, mais aussi la difficile adaptation aux Etats-Unis. Comment se construire lorsque l'on a vécu l'horreur ?

Comme elle le fait dans sa vie d'adulte, Clemantine essaie de nous tenir à distance. Elle raconte la misère, la faim, la soif, la perte de dignité, la crainte pour sa vie, mais ne veut pas être vue comme une victime. Pourtant, l'enfer qu'elle a vécu ne peut qu'émouvoir et révolter. La description de la vie dans les camps m'a horrifiée. Tous ces hommes, femmes et enfants, obligés de fuir leur pays et qui vivent dans des conditions inhumaines m'ont bouleversée.

J'ai été profondément touchée par la responsabilité sur les épaules De Claire. Leurs vies dépendaient de sa débrouillardise, alors qu'elle était très jeune.

Dans les chapitres se déroulant aux Etats-Unis, Clemantine décrit les difficultés d'adaptation qu'elle a ressenties. Elle n'a pas eu d'enfance, elle n'a pas de repères. Elle ressent que les autres ne peuvent pas comprendre et elle a raison, on ne peut pas se mettre à sa place quand on n'a pas vécu un tel traumatisme. Ce livre montre qu'il est impossible d'imaginer les souffrances qu'elle a endurées, il montre les limites de l'esprit face à de telles souffrances. Elle a raison quand elle dit qu'on ne peut pas s'identifier à elle. Mais on comprend bien les barrières qu'elle a érigées entre elle et les autres.

Un livre va accompagner sa reconstruction. Il s'agit de la nuit d'Elie Wiesel. Elle s'est reconnue dans cet homme, qui est, lui aussi, un survivant. Elle m'a donné envie de lire cet ouvrage.
...
Lien : http://www.valmyvoyoulit.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
Under_the_Moon
  23 octobre 2019
Témoignage d'une femme qui a vécu les horreurs des massacres des Hutu sur les Tutsi au Rwanda en 1994 alors qu'elle n'était qu'une enfant.
On suit donc à travers ses yeux d'enfants sa vie quotidienne d'avant puis la fuite, la peur, les camps de réfugiés, etc
Comme on peut s'y attendre, les événements narrés sont atroces de cruauté.
La qualité littéraire n'a vraiment rien de spécial.
Malheureusement, je pense avoir été bien trop éblouie par le Petit Pays de Gaël Faye pour apprécier ce récit à sa juste valeur. Beaucoup ne seront pas d'accord avec moi, mais le Goncourt lycéen a démontré qu'en variant les registres on peut tout à fait faire ressentir au lecteur toute l'horreur et l'effroi d'un conflit sans pour autant chercher à être exhaustif dans le déroulement chronologique des actions et avec une recherche d'exhaustivité quasi journalistique des évènements. C'est là que réside, à mon sens, l'une des grandes forces de la littérature. Et c'est ce que je recherche et que je n'ai pas trouvé dans cette lecture.

Challenge Globe-trotteurs 2019
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190


critiques presse (4)
LeMonde   13 mai 2019
Il a fallu vingt ans à Clemantine Wamariya, rescapée des massacres et réfugiée aux Etats-Unis, pour pouvoir écrire sur les jours tragiques de 1994 et ceux qui ont suivi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   13 février 2019
Petite fille née au pays des Mille collines et brisée en mille morceaux après avoir fui les massacres de 1994 au Rwanda contre les Tutsis — quelque 800.000 morts selon l’ONU —, jetée dans l’enfer de l’Histoire, Clemantine Wamariya tente de renfiler le collier cassé de son histoire à elle dans un récit douloureux et intense.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   06 février 2019
Clemantine Wamariya livre un témoignage précieux et édifiant sur le conflit au Rwanda. Elle avait six ans.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   05 février 2019
Avec La fille au sourire de perles, Clemantine Wamariya raconte la folle histoire de sa vie, démolie en avril 1994 par les massacres qui sévirent au Rwanda. Elle avait six ans. Son livre est le récit d’une incroyable reconstruction.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   31 janvier 2019
[A Chicago - Clemantine a 12 ans et vient d'arriver d'Afrique, après 6 ans d'errance à travers plusieurs camps de réfugiés]. Au milieu de la première nuit passée chez les Beasley, lorsque je me suis réveillée pour aller aux toilettes, j'ai grimpé les escaliers et ouvert le réfrigérateur. Je n'en avais jamais vu d'aussi énorme […]. J'étais stupéfiée et impressionnée. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à nos voisins, dans notre bidonville en Zambie. A ma place, ils auraient été effarés. Comment pouvait-il exister quelque part un tel excès de nourriture tandis qu'ailleurs, à quelques heures d'avion, des gens mouraient de faim? […] Puis soudain j'ai songé: "C'est ma vie, et en même temps ce n'est pas ma vie. Je mérite tout ça parce que j'ai souffert." Mais une autre petite voix s'est élevée en moi. Est-ce que tous ceux qui possédaient de tels réfrigérateurs avaient souffert, eux aussi?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
montmartinmontmartin   04 mars 2019
Nous avons besoin de dire : j'honore ce que tu respectes et j'accorde de l'importance à ce que tu chéris. Je ne suis pas meilleur que toi. Tu n'est pas meilleur que moi. Personne ne vaut plus qu'un autre.
Commenter  J’apprécie          90
montmartinmontmartin   04 mars 2019
C'était la première fois que je la voyais verser une larme. Ça ne se faisait pas chez les adultes rwandais. Quant aux enfants, ils y étaient autorisés tant qu'ils ne savaient pas parler. Ensuite, ils ne pleuraient plus. Si, après ça, quelqu'un ne pouvait pas s'en empêcher, il devait le faire en chantant, comme un oiseau mélancolique.
Commenter  J’apprécie          20
TheReadingBeeTheReadingBee   18 août 2019
Je veux qu'ils comprennent que vouloir s'enfermer dans de petites cases en fonction de sa classe sociale, de son ethnie, de sa religion - de tout, en réalité - révèle une pauvreté d'esprit, un manque d'imagination. Le monde est cruel et sans intérêt lorsque l'on s'isole.
Commenter  J’apprécie          20
viou1108viou1108   31 janvier 2019
Prendre soin des êtres aimés, dans mon monde, n'était pas fondé sur l'affection, mais sur la peur de les perdre.
Commenter  J’apprécie          60

autres livres classés : rwandaVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2021 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre