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Sibylle Muller (Traducteur)Eveline Pinto (Préfacier, etc.)
EAN : 9782252034095
300 pages
Klincksieck (04/04/2003)
4.33/5   3 notes
Résumé :
Créateur de la Kulturwissenschaftliche Bibliothek de Hambourg dont l'actuel Warburg Institute de l'université de Londres affirme être la continuation, Aby Warburg (1866-1929) est demeuré en France une figure aussi légendaire qu'inconnue. Les Gesammelte Schriften dont il est l'auteur sont cependant des textes de référence faisant autorité auprès de nombreux chercheurs qui s'intéressent aux débuts de la Renaissance à Florence, à l'Allemagne du temps de la Réforme luth... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
nathalie_MarketMarcel
  02 juin 2020
La belle histoire de l'art.
La Naissance de Vénus et le Printemps de Sandro Botticelli. À l'aide d'un vaste matériau documentaire (peintures, gravures, dessins, archives, ouvrages imprimés), Warburg part sur les traces des figures de Botticelli. Les identifier toutes, en retraçant leur iconographie au travers des sources dont disposait le peintre. Tracer le programme de ces deux oeuvres, en identifiant l'intellectuel qui a conseillé l'artiste. Comprendre les ambitions et les contradictions à l'oeuvre. Il s'attache particulièrement à la figure de la nymphe dansante, cheveux et vêtements au vent.
Plusieurs essais s'intéressent à ces très riches familles de Florence, appartenant au cercle des Médicis, marchands et banquiers, dont les affaires les amenaient à la puissante cour de Bourgogne, dans les Flandres et même à Londres, et qui ont commandé leur portrait aux peintres du Nord (Van Eyck, Memling). Il est également question des portraits des peintres florentins. Warburg sort d'une stricte histoire de l'art centrée sur l'artiste ou sur les styles. En introduisant dans son analyse tout une gamme de documents et de considérations diverses (un testament, un jeu de cartes…), il s'intéresse aux interactions qui s'incarnent à un moment donné dans un tableau. Sociologie, psychologie, économie, il restitue tout un monde, l'agitation d'une rue de Florence ou les préoccupations d'un banquier.
Winckelmann a dressé de l'Antiquité une image de sérénité et de dignité, louant le Laocoon pour exprimer la terreur, tout en conservant sa grandeur. Warburg reproche à Winckelmann de ne pas avoir entendu crier Laocoon. Pour lui, les artistes de Florence ont puisé dans l'Antiquité des modèles de personnages pathétiques, dont les mouvements du corps traduisaient l'agitation de l'âme. Il nuance fortement l'image d'une Renaissance en marche vers la raison, armée de sa perspective mathématique, de ses grandes silhouettes sereines, peignant la richesse d'une région et d'un temps assurée de conquérir l'Occident. Sinon, pourquoi un marchand florentin ferait-il figurer des centaures sur son sarcophage ? Comment la figure païenne de la sauvagerie peut avoir sa place dans un imaginaire pleinement chrétien ? La Florence dont il s'agit est celle d'avant Savonarole, celle qui intègre les démons anciens dans un solide christianisme médiéval. Ici l'énergie individuelle permet le compromis entre des polarités qui pourraient être contradictoires.
Plusieurs essais portent sur l'astrologie (notamment sur les fresques du Palazzo di Schifanoia de Ferrare ou les gravures circulant en Allemagne à l'époque de Luther). Ici une érudition très fine permet à Warburg de tracer son chemin parmi les divers almanachs et traités d'astrologie (et de me laisser totalement sur le bord du chemin), afin de retrouver l'origine de représentations qui, pour nous, ont perdu toute signification.
Un essai porte sur la façon dont l'Antiquité est parvenue à Albrecht Dürer et ce qu'il en a retenu, sur la façon dont Dürer a aimé puis rejeté la gestuelle baroque de l'Antiquité (et oui). Il y a aussi un essai qui raconte tout le délire au sujet de la date de naissance de Luther.
L'auteur ne se concentre pas uniquement sur les beaux-arts (fresques, peintures, marbres) et considère qu'il existe une culture de l'image qui inclut les gravures, les tarots, les tapisseries, les bijoux.
C'est de la belle érudition !
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   04 juin 2020
Francesco Sassetti représente ce type de bourgeois intègre et intelligent d’une époque de transition qui, sans pose héroïque, rend justice au nouveau sans pour autant renoncer à l’ancien ; les portraits qui ornent les murs de sa chapelle sont l’expression de son inébranlable volonté d’exister, à laquelle obéit la main de l’artiste, dévoilant aux regards humains le miracle d’un visage humain éphémère, fixé à jamais pour l’amour de lui-même.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   04 juin 2020
Il ne faut pas chercher exclusivement chez l’artiste les forces qui donnent naissance à un art vivant du portrait ; il ne faut pas perdre de vue qu’il y a entre l’homme qui représente et la personne représentée un contact intime, qui à chaque période où se forme un goût supérieur fait apparaître un domaine de relations réciproques, jouant un rôle de frein ou de moteur.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   04 juin 2020
Le sentiment d’émerveillement et d’enthousiasme devant ce phénomène incompréhensible qu’est le génie artistique ne peut que devenir plus intense, si nous reconnaissons que c’est en même temps une grâce et la mise en œuvre consciente d’une énergie critique et constructive.
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Videos de Aby Warburg (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aby Warburg
Marie de Quatrebarbes lit (quelques pages de) Aby à l'occasion de la parution de "Aby" aux éditions P.O.L, à Paris le 1er mars 2022 - "Aby", c'est Aby Warburg - Pages 62 à 65 + pages 43 à 45 - "Kreuzlingen, 1921. En 1921, Aby a peur des métaux, des objets en métal, de l'électricité, de l'empoisonnement, du sublimé dans l'eau du bain. Il a peur que sa nourriture soit souillée par du sang menstruel, du sperme ou de la morve, il a peur des pogroms, de l'hypertrophie de la prostate, de faire l'objet d'une erreur judiciaire,de l'hypertension, du diabète, d'un poêle qui fume, d'une chèvre qui avorte, d'une citerne endommagée, de la lettre de crédit, que ses lettres soient volées, ou ses bagages, que sa famille soit torturée et assassinée. Et par-dessus tout Aby a peur d'être emprisonné, exécuté, que les juifs soient éliminés, que son oeuvre soit mise au pilon et du sang humain ajouté à son médicament. Il traite à Bellevue ses affaires avec le plus grand soin, s'inquiète que ses costumes et ses bottes soient volés ou salis, craint qu'on change ses lacets, que le docteur Embden exécute sa famille, le docteur Otto Binswanger II, le frère de Ludwig, l'empoisonne et la femme de ce dernier soit une espionne."
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>Histoire et géographie des beaux-arts et des arts décoratifs>Arts par période et par style>Art de 500 à 1499 (38)
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