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ISBN : 2714454135
Éditeur : Belfond (07/02/2019)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d’une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l’Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l’amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines.
Jojo n’a que treize ans mais c’est déjà l’homme de la maison. Son grand-père lui a to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  11 avril 2019
Au fin fond du sud délabré, deux enfants métis qui savent intuitivement que leur salut ne peut venir que d'eux, « comme des plantes qui suivent le soleil dans le ciel » se donnent mutuellement de la lumière.
Scandée plus que racontée, une histoire vieille comme le monde où les blancs rejettent les noirs, fussent-ils leurs petits-enfants métis. Une histoire d’amour et de haine, de revenants qui hantent les vivants comme si leurs mauvaises morts étaient ineffaçables.
Pas facile d'entrer dans ce livre, parce qu'il est lent, parce qu'on a une impression de déjà lu, pourtant au fil des pages c'est une histoire puissante et envoûtante que l'on découvre. On s'attache aux personnages. Aux enfants courageux de parents à la dérive, à leurs grands-parents noirs qui tentent de les protéger et de leur montrer le chemin.
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mcd30
  20 février 2019
Tout d'abord je tiens à remercier Babelio et les éditions Belfond pour cette masse critique privilégiée qui m'a permis de découvrir un grand auteur et un livre magnifique.Dès que j'ai vu cette couverture rouge avec un corbeau et ce titre : le chant des revenants, toute la symbolique m'a attirée. de plus le sud des Etats-Unis m'a toujours intéressée même si son histoire est tout sauf glorieuse.
C'est tout à la fois un livre coup de poing et un énorme coup de coeur, un livre qui dérange et qui révolte. Il y a les grands-parents qui ont perdu un fils dans "un accident de chasse", Leonie qui vit avec Mickaël un blanc et ses deux enfants : Jojo et Kayla. Vient ensuite Richie, une âme errante. A travers le récit de Jojo, Leona et Richie nous reconstituons des pans d'histoire d'une famille pauvre du Sud des Etats-Unis avec des thèmes universels : l'absence du père, la défaillance de la mère, l'amour fraternel, le racisme, les croyances et l'univers carcéral.
Un livre qui n'apporte pas de jugement, juste une histoire comme beaucoup d'autres très bouleversante et qui donne à réfléchir. On se rend compte que la guerre de Sécession, Martin Luther king et l'élection de Barrack Obama n'ont rien changé ou très peu dans ces états. C'est Richie qui résume le mieux cette situation quand il dit page 167 : C'est pareil qu'un serpent qui mue. Les écailles changent et l'extérieur est différent, mais à l'intérieur c'est toujours la même chose.
C'est un livre qui donne un éclairage intéressant sur ce mélange de croyances africaines et chrétiennes, cette vision de la vie après la mort.
Je pense que Jesmyn Ward est appelée à devenir un très grand auteur car c'est un grand conteur qui a su m'emporter dans cette histoire et je dois dire que le temps de cette lecture mon coeur a battu au rythme du Chant des revenants et de ces personnages.Un roman sombre, poignant et intense à lire absolument.
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isabelleisapure
  28 février 2019
J'ai eu un immense coup de coeur pour ce magnifique roman.
Qu'il est difficile d'en parler !
Qu'il est difficile de trouver les mots qui sauront convaincre d'ouvrir ce livre et de le savourer comme je l'ai fait, en regrettant de le poser pour faire face aux occupations du quotidien.
Mais, je m'emballe…
Je vais essayer d'en parler justement :
C'est l'histoire d'une famille en perdition en proie à la drogue, l'alcool, la misère dans une Amérique où il est bien difficile pour certains de se faire une place.
Léonie, la mère peine à élever ses enfants, trop jeune, trop immature, souvent perdue dans un monde parallèle que lui procurent la cocaïne et autres substances illicites.
Alors Jojo, 13 ans prend le relais auprès de sa petite soeur qui s'endort dans ses bras et le réclame dès qu'elle ouvre les yeux. Il la change, la nourrit, la berce, la console avec la patience que lui donne l'amour immense qu'elle lui inspire.
Jojo trouve un semblant de tendresse auprès du grand-père qui a eu une vie bien rude et doit maintenant assister aux derniers moments de vie de son épouse atteinte d'un cancer.
Le jour où Léonie apprend que son mari va être libérer du pénitencier de Parchman, elle entraine ses enfants dans un voyage étrange où les fantômes s'invitent pour interpréter auprès des vivants un chant d'amour et de désespoir.
Jesmyn Ward a le talent de tisser les voix des personnages de son histoire, vivants ou morts, comme Richie, ce garçon noir qui fut le compagnon de détention de Papy avant d'être assassiné.
J'ai tout aimé dans ce roman, l'histoire bien sûr, mais aussi l'écriture magistrale au service de personnages détestables pour certains, lumineux pour d'autres.
Magistral !
Je remercie NetGalley et les Editions Belfond pour cette belle découverte.
#LeChantDesRevenants #NetGalleyFrance

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Eve-Yeshe
  25 février 2019
Ce roman nous raconte l'histoire d'une famille où se mêlent des êtres dont la vie n'a pas été (est n'est toujours pas) simple, sur fond de racisme dans ce Sud des USA où il ne fait pas bon être noir.
Jojo a seulement treize ans, mais c'est déjà un adulte qui prend soin de sa petite soeur Kayla (Michaela) car sa mère Léonie est incapable de s'occuper d'eux. Elle a rencontré Michael, son grand amour alors qu'elle n'avait que dix-sept et s'est retrouvée enceinte très vite.
Léonie est Noire, Michael Blanc et bien sûr sa famille a dit « pas de pute noire chez nous ». Et la vie s'est emballée, Leonie se drogue, Michael est en prison, à Parchman, ce même pénitencier où s'est retrouvé jadis le grand-père de Jojo, alors qu'il était enfant et n'avait pas dénoncé son frère, donc complice. A l'époque, être noir était déjà un délit en soi (est-ce que cela a vraiment changé à l'ère du Trumpisme ?), il s'est retrouvé à travailler dans les champs dans des conditions épouvantables. Il y fait la connaissance d'un autre enfant, Richie, douze ans, condamné pour vol de nourriture parce qu'il avait faim…
Il y a beaucoup de drames dans cette famille : le frère de Leonie, Given, faisait partie de l'équipe sportive et croyait être comme les Blancs et lors d'une partie de chasse, il tue un cerf avec un arc, ce qui est inacceptable pour les Blancs, c'est un crime de lèse-majesté alors on le tue et bien-sûr on fait passer ce meurtre pour un accident de chasse (et c'est un cousin de Michael qui a tiré)
« Given a dit qu'il montait au Kill pour faire la fête avec ses coéquipiers blancs, et Papa l'a mis en garde : « quand ils te regardent, ils voient une différence, fils. C'est pas ce que tu vois qui compte. C'est ce qu'eux ils voient » avait dit Papa… »
Leonie décide d'aller chercher Michael à sa sortie de prison ; elle emmène les enfants avec elle ainsi que son amie et bien-sûr, elle n'a pas prévu qu'il fallait emporter de quoi les nourrir alors que la route va être longue, et Kayla malade… Jojo doit trouver des subterfuges pour tenter de la nourrir, de la calmer, la prendre dans ses bras quand elle vomit…
On assiste à un road-movie, qui enchaîne les catastrophes : Jojo est plus adulte que sa mère, c'est vers lui que Kayla se tourne dans la détresse, alors que Leonie ne pense qu'à la défonce, ce qui donne des trips hallucinants : elle « voit » son frère Given, chaque fois qu'elle prend de la drogue ! elle a le QI d'un chou-fleur et la manière dont elle réagit avec ses deux enfants est totalement inadéquate. Elle ne pense qu'à Michael !
Un autre esprit vient hanter ce voyage : Richie, qui veut retrouver le grand-père car son « envol vers le paradis » a été interrompu.
J'ai aimé ces revenants, ces êtres dont la mort est survenue brutalement avant l'heure et qui sont condamnés à errer pour achever leur « parcours », comme ce que l'on peut retrouver dans le Bouddhisme pour expliquer la transmigration…
J'ai beaucoup aimé aussi les grands-parents de Jojo, ce sont eux qui lui apprennent les valeurs que leur fille est incapable de transmettre (elle ne sait pas nourrir dit grand-mère Philomène en parlant de Leonie !). J'ai une tendresse particulière pour River, le grand-père qui tente de raconter l'histoire de la famille à Jojo mais qui n'arrive jamais à aller jusqu'au bout.
Le début est dur avec la « mise à mort » d'un bouc avec un tel luxe de détails que j'ai failli arrêter la lecture, ce qui aurait été une énorme erreur.
Une belle histoire donc, je le répète, qui dénonce le racisme, les ancêtres kidnappés et vendus comme esclaves, les conditions d'enfermement dans le prisonnier d'État dans ce Sud tellement convaincu de la suprématie blanche.
A noter une scène particulièrement violente : le policier qui arrête la voiture de Leonie et qui menotte férocement Jojo car il avait la main dans une poche (comme s'il pouvait être armé à treize ans !).
J'ai beaucoup aimé l'écriture, le style de Jesmin Ward que je ne connaissais pas du tout, et donc envie de m'attaquer à un autre de ses romans.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Belfond qui m'ont permis de découvrir ce roman qui m'a énormément plu.
#LeChantDesRevenants #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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nadiouchka
  17 février 2019

Rien d'étonnant quand on lit que le livre de Jesmyn Ward : « Le Chant des revenants » a été sélectionné par parmi les dix meilleurs romans de l'année 2017. Jesmyn est ainsi devenue la première femme deux fois lauréate du Natonal Book Award.
Dans ce road trip à trois voix : Jojo, Leonie, Richie, l'histoire se passe das le Mississippi.
Leonie, la mère de Jojo et Michaela (surnommée Kayla), apprend que son mari, Michael, en prison depuis trois ans à plusieurs centaines de kilomètres (à Pachman), va être libéré et elle décide d'aller le chercher, en emmenant ses enfants ainsi qu'une amie, Mitsy, pour une folle traversée d'un Sud américain. C'est que Jojo n'a que treize ans et il veille sur la petite Kayla d'une façon extrêmement touchante.
Il faut dire que sa mère n'avait pas l'instinct maternel, ce qu'avait remarqué sa grand-mère : « Je l'ai compris quand tu étais tout petit, un jour où on faisait les courses, elle s'est acheté quelque chose à grignoter et elle l'a mangé devant toi, alors que tu pleurais parce que tu avais faim. C'est là que je l'ai compris. » (p.224)
D'ailleurs, quand Jojo parle de sa mère, il ne l'appelle jamais « maman » mais « Leonie ». Quant à sa petite soeur, il est toujours prêt « à foncer bec en avant. »
Autre précision, Leonie est une femme noire qui a épousé un homme blanc contre l'avis des parents de celui-ci. On suit ce voyage, ce périple de longue haleine, un trajet semé d'incidents, de fantômes – on voit combien Leonie a du mal à faire passer en priorité les besoins de ses enfants, surtout quand elle ressent la nécessité d'une dose de crack, cette drogue qui a tué son frère (un fantôme dans ce récit). Mais un autre fantôme est présent, celui d'un jeune prisonnier (Richie).
Dans la voiture, sur les cinq passagers, trois sont Noirs. Ce qui ressort tout de suite de cette histoire, c'est l'amour inconditionnel de Jojo pour sa petite soeur. Il se demande ce que veut dire « être un homme. » Il a bien sûr des exemples, surtout avec son grand-père noir (River). Mais Michael et ses parents sont blancs. D'ailleurs, le père de Michael, Big Joseph ne veut pas entendre parler de cette petite famille. Il reproche à son fils « d'avoir fait des enfants à une négresse. » Et il y a Given, l'oncle mort alors que Jojo était tout jeune.
C'est aussi l'histoire tragique des Afro-Américains que l'on peut lire.
L'écriture de Jesmyn Ward est très puissante, expressive. La tension est présente, palpable du début à la fin, avec ces parents « paumés », qui semblent incapables de s'occuper de leurs enfants. C'est très poignant de voir le comportement de Jojo qui, avec son grand-père, apprend combien il est important de rendre l'instant présent afin de réussir à chasser les anciens fantômes, ces « revenants » qui s'immiscent dans le récit de cette famille à la dérive, mais c'est aussi le chant des « vivants » avec leur sombre destinée.
Ce roman noir est plus que fort, il prend aux tripes et reste présent à l'esprit une fois la dernière page tournée. On peut dire que ce voyage est plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses...
❤❤❤❤❤
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critiques presse (5)
Actualitte   27 février 2019
Le chant des revenants raconte l’histoire d’une famille, hantée par deux fantômes, partie dans un voyage, un road trip qui n’a rien de ceux de la Beat generation. On traverse un passé écrasant [...] Ambitieux, incontestablement, le récit de cette famille nous frappe depuis son Mississippi lointain.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   22 février 2019
Sur fond de violence mais aussi d’espoir, Jesmyn Ward entrelace les voix des vivants et des morts pour mieux porter le passé comme le présent.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   21 février 2019
On ne les contredira pas. Le Chant des revenants confirme une romancière très douée pour rendre compte de la réalité historique et sociale de son pays, peindre les sentiments et les drames les plus intimes tout en y insufflant la force et l'universalité des grands récits fondateurs.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   14 février 2019
Dans son nouveau roman, l’écrivaine convie Faulkner, Billie Holiday et Sophocle pour traverser le Mississippi – et un siècle de vies afro-américaines hantées par la peur et l’espoir.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   13 février 2019
Si la construction du livre obéit à un schéma classique (les différents protagonistes prennent tour à tour la parole), sa puissance tellurique fait en revanche de ce roman à la beauté âpre, lyrique et suave, un objet unique en son genre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   12 avril 2019
«  La mémoire est une chose vivante, elle aussi en transit.
Mais durant ce moment, tout ce qu’elle contient
se rassemble et vit – le vieux et le jeune,
le passé et le présent, les vivants et les morts. »


(Eudora WELTY, Les Débuts d’un écrivain)
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ILLEILLE   04 avril 2019
Dans cette lumière éclatante ,l'ombre engloutit le garçon:eau tranquille et noire du bayou,teintée de boue_tiède et miroitante.Il bouge et se fond dans l'obscurité.
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ILLEILLE   04 avril 2019
Mais je ne veux pas la lâcher.Je ne veux pas la laisser dans son siège avec Richie à ses pieds,les orteils de Kayla près de sa tête,les petits pieds de Kaymla qui remuent près de sa bouche.Et si le le voit?
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ILLEILLE   04 avril 2019
Kayla chante et la foule de fantômes se penche vers elle en hochant la tête.Ils sourient et ça ressemble à du soulagement,à du souvenir.à de la sérénité.
Commenter  J’apprécie          10
nadiouchkanadiouchka   19 février 2019
Les fantômes bronchent, mais ils ne partent pas. (…) Alors Kayla se met à chanter, une ritournelle de mots dépareillés, à moitié mangés, à laquelle je ne comprends rien. C’est une mélodie, sourde mais pourtant aussi sonore que l’oscillation et le bruissement des arbres, qui interrompt leur chuchotement et en même temps s’y entortille. Les fantômes ouvrent la bouche plus grand, leurs visages se chiffonnent, ils pleureraient s’ils le pouvaient. Kayla chante plus fort. (…) Kayla chante et la foule de fantômes se penche vers elle en hochant la tête. Ils sourient et ça ressemble à du soulagement, à du souvenir, ou à de la sérénité.
P.268
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Videos de Jesmyn Ward (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jesmyn Ward
La grande librairie vous propose un reportage à la rencontre de Jesmyn Ward, à DeLisle, dans le Mississippi. L'auteure américaine a été deux fois lauréate du National Book Award, en 2011 pour son second roman « Bois Sauvage » et en 2017 pour son sixième opus, « le Chant des revenants » (Belfond). Elle évoque et commente les grandes étapes de sa carrière littéraire.
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