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EAN : 9781090648563
Éditeur : Critic (19/05/2016)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Kristin Arroyo découvre dans les affaires de son défunt grand-père des photographies inédites de Marilyn Monroe. Son associé est tué. Dès lors, pourchassée par des inconnus, elle s'efforce de reconstituer les derniers jours de l'actrice pour changer le cours de son propre destin.
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  14 mars 2019
L'auteur a eu l'idée farfelue (ou non) de laisser la vie à Marilyn Monroe. Mais pourquoi, comment , et que se cache t'il là derrière?
C'est piégée et sa vie en danger que la jeune Kristin va plonger la tête la première pour résoudre ce mystère. Elle sera pour cela aidée par pas mal de valeureux chevaliers servants.
J'ai beaucoup apprécié les personnages. Tout d'abord l'héroine principale , qui malgré un fort caractère est emprunte de nombreux doutes, ce qui la rend parfois agaçante ( au début du roman) mais surtout c'est ce qui l'a rend très humaine à mon sens.
Les personnages masculins et amis de Kristin sont aussi très travaillés et on leur donne assez facilement notre amitié.
Le scénario se tient, même si il y a quelques petits détails qui rendent parfois les choses peu crédible. Il faut reconnaître que le suspens se tient et est assez prenant. La curiosité du lecteur est bien titillée et c'est ce qui compte dans ce type de roman.
Le seul bémol que j'émettrais réellement c'est un manque d'homogénéité du récit. Je m'explique : j'ai souvent surfé sur des vagues ascendantes et descendantes en lisant ce roman.. c'est a dire que sur certains passages j'étais comme dans un page turner, a lire avec frénésie et l'envie de savoir et d'avancer dans l'histoire. Et puis a d'autres.. j'étais dans l'attente que cette vague revienne...pour enfin reprendre un certain intérêt au roman. Pour conclure j'ai donc eu un petit soucis de rythme, mais rien qui a dérangé en soi réellement ma lecture.
Je recommande donc avec plaisir ce roman qui se lit bien et qui nous ressuscite une icone.

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saigneurdeguerre
  11 novembre 2018
Supposons un instant, que vous soyez Marilyn Monroe… C'est peut-être difficile pour vous de vous imaginer en Marilyn, mais faites un effort pour vous plonger dans un rêve où vous seriez Marilyn… Voilà ! Vous y êtes ? Supposons qu'après vous avoir larguée pour d'autres conquêtes (et pour calmer Jackye) supposons qu'après avoir chanté le célébrissime Happy Birthday, Mister President, celui-ci vous fixe rendez-vous dans son hôtel, et qu'après que vous l'ayez épuisé par des séances d'amour torride, complètement lessivé, avant de s'endormir, il vous confie sur l'oreiller un secret d'état… Un truc tellement énorme que vous comprenez que quand le Président émergera de ses rêves érotiques, il faudra qu'il vous fasse disparaître… Même s'il aime faire des cabrioles avec vous, vous représentez désormais un danger inacceptable pour lui… Et, plutôt que d'attendre qu'il vous fasse disparaître, vous qui n'êtes pas seulement belle mais aussi très intelligente, vous décidez d'organiser votre disparition… Oh, pas seulement une disparition comme ça du jour au lendemain… Pfff ! Plus de traces ! Non ! Vous êtes bien plus maline que ça…
Kristyn Aroyo, c'est vous ? Vous voilà à New York après avoir servi 10 ans dans les Marines. Vous les avez quittés avec le grade de lieutenant… Et vous n'êtes pas contente ! Pas contente du sort réservé aux vétérans par ceux qui les ont envoyés dans les merdiers d'Irak, d'Afghanistan et d'ailleurs… Pas contente du tout des conditions de vie des invalides de guerre ! Pas contente de l'individualisme de vos concitoyens ! Pas contente de voir que le parti républicain a accouché d'un Tea Party affligeant, composé d'hommes et de femmes intransigeants qui ne pensent qu'à eux-mêmes, se repliant sur leur petite vie, sur leur petite ville et rejetant tout ce qui est pauvre ou étranger, défendant des valeurs à l'opposé de celles dans lesquelles vous croyez ! Ces conservateurs ultra-religieux et racistes qui défendent la suprématie de la race blanche ont rapidement gagné du pouvoir pendant que vous, au loin, risquiez votre peau et votre âme. Décidément, vous n'aimez pas cette Amérique du fric qui multiplie les laissés-pour-compte.
Voilà donc pourquoi vous avez rejoint spontanément le mouvement Occupons Wall Street ! Là, vous êtes repérée par un photographe, Nathan, qui a une galerie et qui vous propose de poser pour lui. Il a une idée géniale, afficher vos photos de manifestante à côté de celles de Marilyn, LA Marilyn Monroe ! Deux époques, deux femmes rebelles ! Or, il se fait que votre grand-père, photographe professionnel éminent vous a légué des photos, dont une série inédite sur Marilyn. Ces photos valent une fortune, mais elles vont aussi vous mettre en danger de mort…

Critique :
Manhattan Marilyn est un roman haletant, où les événements s'enchaînent sans perte de temps. On s'y prend de sympathie pour Kristyn Aroyo, mais aussi pour Marilyn qui fut un jouet entre les mains des hommes, un jouet que d'aucuns n'auraient pas hésité à casser si elle devait compromettre leurs intérêts. Plus étrange, le lecteur va sympathiser avec Michael Pear, un jeune et beau millionnaire qui a tout pour lui… Tout ? Non ! Il a couché avec les plus belles femmes mais ses idylles n'ont jamais dépassé une semaine. Il cherche LE grand amour ! Vous voyez où je veux en venir…
On s'intéresse également au sort de ces soldats revenus des combats meurtris dans leur chair et dans leur esprit et que l'Amérique abandonne dès la cérémonie d'accueil terminée et ses flonflons enterrés. le parcours de Ian Fountain, ancien marine sous les ordres de Kristin Arroyo, jambe arrachée par une mine et qui fait la manche à New York, tout en gardant sa fierté, en est un exemple.
A la fin du récit, deux « incongruités » m'empêchent de décerner 5 étoiles à ce thriller fort bien mené, qui, comme la plupart, offre une fin, certes inattendue, mais pas facilement acceptable pour un esprit analytique ne croyant pas aux miracles. Seul bémol à propos d'un livre qui plaira aux personnes qui aiment l'action.
PS : A la fin du récit, l'auteur laisse entendre qu'il y aura une suite… Je l'attends avec gourmandise.

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sylvaine
  11 décembre 2017
Et si Elle n'était pas morte le 5 août 1962 ……
2014 . Kristin Arroyo a quitté les Marines depuis peu . Elle y est restée 10 ans , a réussi à se faire apprécier et respecter , son grade de Lieutenant en poche elle n'a pas voulu renouveler son contrat . La voici revenue à New-York , sa ville , elle est fière d'en être native , elle a du se battre pour s'imposer malgré ses origines à moitié hispaniques et les modestes revenus de ses parentsI Elle s'est installée à Chelsea , dans l'appartement hérité de son grand-père un célèbre photographe .
Au cours d'une manifestation du mouvement des Occupons Wall Street , elle fait la connaissance de Nathan Stewart, photographe, qui lui propose d' organiser une exposition consacrée à ce mouvement . Très vite une relation de confiance s'instaure , Kristin lui confie des photos et des négatifs retrouvés dans les affaires de son grand-père . Il y a entre autre des clichés inédits de Marilyn Monroe . L'exposition va les mettre an avant ….. Et là tout bascule pour Kristin , son ami photographe , cette exposition dérange à priori beaucoup de monde . Quel secret est à l'origine de ce mouvement de panique . Police, FBI et Plus haut encore , tous sont à la poursuite de Kristin…
Un thriller original, des personnages représentatifs d'une Amérique qui se cherche sans vraiment se trouver. Obama est aux commandes mais la pauvreté est là . Les souterrains de la Pomme grouillent de pauvres; y trouvent refuge beaucoup de Marines rentrés au pays complètement abandonnés par l'armée sans aucun moyen de ressource ; corruption , intimidation ,lobbies ….
Une histoire , une vraie, un thriller, un vrai, et en arrière plan un pays, une ville . Philippe Laguerre, aussi connu sous le nom de Philippe Ward, nous offre un superbe roman où affleure son amour de NY et son admiration pour Marilyn .. Que du plaisir merci à lui pour cette très belle découverte .
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MultiScopeStudio
  28 novembre 2018
« Manhattan Marilyn », un livre de Philippe Laguerre – Ward.
Comme j'aime beaucoup lire et que j'adore partager mes points de vue sur les lectures, je me suis dit qu'il serait sympa de proposer une parenthèse sur le site, un coin lecture, où je publierai les chroniques qu'on me commanderait.
Philippe Laguerre – Ward m'a soumis « Manhattan Marilyn » via SimPlement.pro, première chronique effectuée depuis une version papier (avec en bonus un marque-page sur lequel l'auteur me souhaitait une bonne lecture avant de signer), la puriste que je suis a adoré pouvoir tourner des pages bien réelles avec cette odeur propre aux livres encore neufs !
Reste à savoir ce que j'ai pensé du livre, en voiture Simone Kristin !
Manhattan Marilyn : la présentation officielle.
Ancienne Marine en Irak, Kristin Arroyo découvre dans les affaires de son grand-père décédé – un célèbre portraitiste – des clichés inédits de Marilyn Monroe. Aidée par un photographe, elle décide de monter une exposition.
Malheureusement, rien ne se passe comme prévu : une mystérieuse organisation s'en prend à eux. Pourchassée, traquée, la jeune femme va rapidement comprendre que son destin est lié à celui de Marilyn Monroe et s'efforcer de reconstituer les derniers jours de l'égérie hollywoodienne afin de percer le mystère qui entoure sa disparition.
Ma réaction à la présentation.
Marilyn Monroe
Plus qu'un personnage, une véritable légende, dont l'ombre planerait sur une histoire endiablée à nous tenir hors d'haleine ?
Etant donné mon goût prononcé pour les romans d'enquête, il était évident qu'en me vendant le mariage du thriller avec l'image d'une icône incontestée de l'Histoire, j'allais avoir hâte de le lire.
Encore un jour à être comme une enfant devant les cadeaux de Noël.
Manhattan Marilyn : qu'en penser après la lecture ?
Aïe.
Je crois que j'ai vécu le plus grand ascenseur émotionnel du monde avec ce roman.
C'est à la fois profondément triste et totalement intriguant, en fait ça a remis en question ma vision entière de la littérature pour ne rien vous cacher.
Mais avant de rentrer dans les détails, j'aimerais apporter une précision qui vous permettra de prendre ma critique du livre avec un recul important, celui de mes références en matière de thriller.
Pour moi, il existe 2 grands types de thriller : celui qui colle exactement à la définition du genre (de la première à la dernière page, on a de l'action, du suspens, encore un peu des deux, du flashback bien négocié sur un plan littéraire, bref, de quoi tenir en haleine à vous en faire crever d'une apnée) et celui qui est un poil plus permissif (l'enquête est prenante mais vous avez des moments de répits, un peu comme les polars américains nous le vendent à la télé).
Je suis fan de ces deux types de thrillers et la plupart de mes lectures entrent dans le style permissif, notamment depuis que j'ai lu Fred Vargas (qui enrichit ce style de vérités anthropologiques en médiéviste et archéozoologue qu'elle est) et Minette Walters (pour cette signature caractéristique de ses livres qui débutent toujours pas l'annonciation d'un coupable pour un crime précis qu'un tiers – enquêteur ou journaliste – aidera à dévoiler comme innocent avant de nous amener sur les traces des vrais coupables).
J'ai donc l'habitude suivante : un livre peut attaquer très posément pour graduellement monter en puissance jusqu'à faire éclater des événements – historiques ou non – à la lumière du jour avec de l'action, beaucoup de place pour l'imagination, la volonté de faire chercher au lecteur qui tire les ficelles, qui a encore du jeu à dévoiler, etc.
Et donc avec Manhattan Marilyn… j'ai commencé par un bon bain chaud et douillet avant de prendre une douche froide.
Le prologue de ce livre relève du pure génie !
Après une petite mise en garde de l'auteur qui précise qu'il s'agit bien d'une oeuvre de fiction, même si elle se base sur quelques événements ayant réellement eu lieu, on plonge directement dans l'Amérique de Marilyn Monroe, avec un chapitre éminemment connu de sa vie.
Et la dernière ligne de ce prologue vous crie littéralement « lisez la théorie la plus folle sur une face cachée de l'Histoire de l'Amérique, ne perdez pas une seconde pour ne pas en perdre une miette ».
Tout cela s'inscrit dans une transcendance du temps, Manhattan Marilyn est aussi un splendide voyage entre l'Amérique de l'une des plus célèbres femmes de l'Histoire et notre époque, de quoi ajouter en suspens…
Puis on attaque le roman.
Et sincèrement, je l'ai « attaqué » une vingtaine de fois.
Je n'ai jamais autant eu de mal à lire un livre.
Et pourtant, ce livre est excellemment bien écrit.
Il est articulé en parties et en chapitres (64, sans compter le prologue ni l'épilogue) avec indication des lieux et dates, à la manière dont on tient un journal de bord.
La lecture est aérée, le vocabulaire parfaitement accessible, vraiment ce roman est accessible au grand public sans aucune réserve.
Pourtant j'ai eu beaucoup de mal à le lire et je devais mettre le doigt sur le pourquoi.
Et la cause, c'est un mélange de rythme et de personnages.
D'abord le rythme : à mon goût, le prologue est excellent, le premier chapitre beaucoup trop mou.
Pour vous figurer mon ressenti, imaginez-vous avoir débuté aux côtés de James Bond ou à l'attribution d'une nouvelle « Mission Impossible » et qu'au moment de plonger dans l'action… vous vous retrouviez assis face à Colombo ou l'inspecteur Derrick.
Soit vous êtes fan de James Bond et vous vous dites qu'il devrait prendre sa retraite… soit vous êtes fan de Colombo et vous allez nager en plein bonheur après un prologue qui vous aura peut-être un poil effrayé.
Ensuite, les personnages : trop fades.
Honnêtement, je pense que c'est même ce qui fait qu'on ressent trop le rythme.
Là, c'est totalement subjectif, on est d'accord et peut-être que vous adorerez les personnages et que donc ce livre vous plaira beaucoup.
Moi je ne les ai pas détesté (Philippe Laguerre – Ward écrit clairement trop bien pour que cela puisse arriver) mais ils n'ont pas réussi à attirer ma sympathie.
Et le problème d'une histoire c'est qu'on la vit pleinement que si on peut au moins s'identifier à l'un des personnages.
Finalement, c'est un peu comme la notion d'existence : il y a ceux qui survivent et ceux qui vivent.
Là, clairement, il y a les livres qu'on lit et les livres qu'on vit… et celui-ci je l'ai seulement lu.
J'ai essayé de lire autre chose pour changer d'humeur, d'écouter de la musique, de le lire en étant triste, en colère, joyeuse, neutre… rien n'y a fait, c'est pas ma came.
J'aime… un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ?
Du coup, j'aime… un peu.
Je ne vais pas dire que je n'ai pas aimé du tout parce que l'intrigue et la trame du roman sont vraiment excellentes.
Et même si j'ai beaucoup reposé ce livre, je l'ai repris autant de fois que nécessaire à le terminer, principalement pour savoir où toute cette histoire allait nous conduire.
Mais je reste persuadée que ce roman comporte deux défauts.
L'un majeur : sa catégorisation en thriller et suspens.
Polar, forcément, parce qu'il y a une enquête.
Mais je trouve qu'il ne cultive pas assez l'empressement et l'urgence pour qu'on puisse parler de thriller.
A choisir entre un changement de style et de catégorie, je dirais que mieux vaudrait le changement de catégorie car la narration est subtile et délicate, à l'image d'une fleur rare et – en ce sens – il serait dommage d'envisager de la presser.
Il faudrait surtout que cette fleur retrouve sa place, comme un camélia égaré parmi des fleurs sauvages.
Peut-être que la déclarer en fiction historique aurait été un bon point, parce que c'est ce dont il s'agit ici, évitant ainsi une sensation de « tromperie » quand on est fan d'un autre genre, mal exploité ici.
L'autre problème, mineur, c'est l'affiliation à un personnage.
Même si certains éléments nous font adhérer à (ou rejeter) la cause des personnages (dont le mouvement Occupons Wall Street), c'est à leur cause et non à eux-mêmes que nous devenons fidèles et je pense que c'est l'une des sources du problème.
Encore une fois, cet avis est forcément subjectif dans la mesure où le poids de mes lectures passées influe inéluctablement mon regard sur cet ouvrage qui reste, malgré tout, un petit bijou de littérature.
Remerciements et autres infos utiles
Un énorme merci à Philippe Laguerre-Ward pour cette opportunité, j'espère ne pas trop le décevoir par mon scepticisme.
Je suis toujours triste quand je trouve un livre bon mais pas à mon goût pour autant car je m'interroge sur le fait de devenir trop exigeante (voire vraie chieuse indécrottable) et cela me conduit à repenser mon univers littéraire pour ne pas risquer de laisser place à une subjectivité issue d'un manque de culture littéraire (pas du tout mon domaine d'étude).
Je ne peux que vous engager à lire ce livre, qui a été noté par mes confrères chroniqueurs 4.5 / 5 sur une moyenne de 54 chroniques; sans doute n'est-il pas fait pour moi et vous convaincra davantage 😉
Cette chronique vous laisse curieux ou vous donne matière à penser que ce roman vous plairait ?
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fuji
  30 avril 2021
Vous êtes dans les coulisses du Madison Square Garden le 19 mai 1962, et vous admirez la sensualité de Marilyn susurrant son Happy Birthday Mister President. En lisant ce prologue vous y êtes vraiment, partagé entre l'admiration et la prémonition de vous dire que Marilyn et la famille Kennedy ce n'est pas une belle rencontre.
Le lecteur fait un bond d'un demi-siècle plus tard pour se retrouver au milieu d'une foule de manifestants. Occupons Wall Street envahit le Parc Zucotti, une femme est parmi eux c'est Kristin Arroyo, ancienne marine en Irak, libre pour non-renouvellement de son contrat après dix ans. Pure New Yorkaise malgré ses origines hispaniques, elle se cherche une nouvelle vie, seule, ses parents sont morts dans un accident, elle occupe l'ancien logement de son grand-père, qu'elle n'a pas connu.
Dans cette foule de manifestants, elle est abordée par Nathan Stewart, photographe.
Il lui propose un contrat pour des photos d'elle en manifestante, après quelques hésitations elle accepte.
Nathan veut monter une exposition avec ses photos, il lui demande de passer à la galerie pour en discuter.
En rentrant chez elle, elle se replonge dans la caisse de souvenirs de son grand-père et découvre des clichés qu'elle décide de présenter à Nathan.
Quelle n'est pas sa surprise de découvrir que son grand-père Edward Pyle était un photographe célèbre et respecté. Nathan est subjugué par ces photos représentant Marilyn.
L'idée folle lui vient de modifier son expo en mêlant ces anciens clichés et les clichés des manifestations où Kristin est en vedette.
« Vous vous méprenez complètement ! Et s'il vous plaît, arrêter de vous dénigrer et laissez-moi argumenter. Vous possédez deux personnalités totalement différente… mais qui se rejoignent. Je m'explique : vous êtes deux rebelles qui se battent contre le système. Et aussi, deux amoureuses de New-York. »
Kristin se laisse convaincre et Nathan lui présente Michael un milliardaire (à l'opposé des idées de Kristin) membre éminent de la fondation Marilyn Monroe, prêt à payer très cher ces clichés. Argent qui irait à la cause Occupons Wall Street, ce qui permettrait au mouvement d'avoir les moyens de ses actions.
Mais rien ne se passe comme prévu, l'exposition est une réussite malgré une scène qui ressemble bien à la rebelle Kristin.
Pour tout dire, après l'exposition, l'univers de Kristin explose, elle est pourtant « habituée » à la barbarie, mais là cela dépasse l'entendement, et elle ne sait pas contre quoi elle doit se battre. Mais elle doit sauver sa peau.
Elle qui se cherchait une raison de vivre, elle risque la surdose.
Par la magie de l'écriture Philippe Laguerre a construit son cadre, comme un photographe aguerrit, sachant faire un gros plan sur un visage dans la foule, celui-ci happant le regard mais sans faire oublier pour autant ce qui entoure le gros plan et par contraste va révéler des détails qui ont leur importance.
Ici le gros plan qui happe le lecteur c'est évidemment Kristin, mais se dessine New-York, comme si vous y étiez et c'est totalement bluffant, Nathan et les autres sont mis en lumière tour à tour.
L'auteur a étudié son sujet et échafaude une théorie pas si farfelue que cela ou disons que nous serions prêts à y croire.
J'ai aimé cette sensation de loupe sur des photos pour redessiner les contours d'une histoire, puis scruter encore et encore, pour en découvrir la chair.
Les codes du thriller sont respectés, même si je ne suis pas une spécialiste du genre, car je suis plus attachée à une écriture et une histoire qu'à un classement en catégorie.
Mais si l'on me propose une intrigue, j'aime être embarquée, et pas besoin d'hémoglobine toutes les dix lignes ou autres violences qui pullulent bien assez dans les fictions littéraires, télévisuelles et cinématographiques où souvent j'ai l'impression que la surenchère de violence est là pour me dire que je suis un lecteur à gruger.
Cette chasse à la femme tient ses lecteurs en haleine jusqu'au bout avec un subtil mélange d'élégance et de muscle.
Choisir un tel sujet veut dire prendre un risque celui de ne pas pouvoir aller au bout de sa théorie sans se casser la figure.
Il n'en est rien, l'auteur, tel un funambule sait jouer du balancier.
©Chantal Lafon



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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
Elle ne le voyait pas, mais elle savait que ses yeux étaient posés sur elle. Lui, John Fitzgerald Kennedy, l’homme que vénérait l’Amérique, l’homme qui dirigeait l’Amérique, l’homme qu’elle aimait toujours et qui l’avait rejetée pour une autre.
Plus rien, ni personne, ne pouvait s’interposer entre eux. Surtout pas sa diablesse de femme qui avait décidé de bouder la cérémonie lorsqu’elle avait appris sa présence. Cette nuit, Marilyn se l’était jurée, il serait à elle.
Pour une simple nuit, car elle le savait désormais, elle ne ferait jamais partie de son univers. Son vieux rêve de devenir la première dame était impossible. Elle y avait cru, avant, quand il le lui avait fait miroiter… mais aujourd’hui, la réalité avait repris ses droits.
Elle était une vulgaire actrice ; et lui, le maître du monde libre.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   06 novembre 2018
Elle éprouvait autant de colère face à ces Américains* dont les parents avaient aussi été des émigrés que pour les terroristes irakiens ou afghans.

* Américains du Tea Party, blancs ultra-conservateurs, racistes et très religieux.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   05 novembre 2018
Puis elle apprit l'arabe - une mauvaise idée. Ses supérieurs se servirent d'elle comme interprète lors d'interrogatoires musclés où la dignité humaine n'avait plus cours. Et même si certains prisonniers étaient des terroristes et avaient du sang sur les mains, elle eut de plus en plus de mal à cautionner la torture.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   05 novembre 2018
Les souvenirs de la soirée lui revinrent aussitôt à l'esprit.
Sa prestation avait duré une poignée de minutes, mais celles-ci resteraient dans toutes les mémoires. Personne n'oublierait son passage, les invités comme les millions de téléspectateurs. Les autres artistes, après elle, n'avaient pas existé, simples fantômes apportant leur obole au Président.
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rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
Dans l’armée, les soldats parlaient souvent entre eux du retour au pays et de la façon dont les civils les accueilleraient.
Tous gardaient encore en mémoire le traumatisme des vétérans du Vietnam, laissés à l’abandon, pratiquement considérés comme des pestiférés. Nombreux étaient les soldats à avoir sombré dans l’alcool ou la drogue, ou qui avaient fini par se suicider. L’accueil réservé aux mutilés était souvent terrible, comme si les civils, honteux d’apercevoir à un coin de rue un héros amputé d’un bras ou d’une jambe – voire des deux – d’une guerre qu’ils avaient cautionnée, préféraient désormais les ignorer. Sans parler de la difficulté pour eux de dénicher un travail, même modeste.
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Videos de Philippe Ward (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Ward
Pendant Les Rencontres de l'imaginaire de Sèvres a eu lieu une conférence / rencontre avec Brian Stableford, grand auteur de science fiction. Philippe Ward posait les questions, Thomas Bauduret traduisait les réponses.
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