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EAN : 9782072887505
128 pages
Éditeur : Gallimard (12/03/2020)
Résumé :
Emmanuel de Waresquiel s'attache ici à un auteur qu'il porte dans son coeur depuis trente ans, d'autant qu'il appartient à ses périodes historiques de prédilection, de la Révolution à la Restauration en passant par l'Empire : Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842).
Ce personnage mystérieux, même pour les lecteurs de la Vie de Henry Brulard ou des Souvenirs d'égotisme, E. de Waresquiel l'illumine au soleil de sa campagne où il écrit ce livre au cours d'un été ; ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
  28 juillet 2020
Je débute par deux extraits parmi tant d'autres où Emmanuel de Waresquiel exprime son affection et attachement particulier à Stendhal
« Beyle s'est longtemps débattu entre le besoin d'écrire et l'ambition , puis l'écriture est devenue son ambition. Elle est aussi chez lui une forme de revanche ou si l'on préfère de réassurance sur la vie, comme si elle le délivrait de l'hypocrisie et de la bassesse des hommes. (...) C'est cette invention-là, cette clôture du monde par l'écriture qui la lui rend indispensable et que j'aime par-dessus tout. »(p. 99) ------
« J''aime l'écrivain (Stendhal ) et donc, j'aime l'homme. Ses émotions, la clinique des sentiments, l'échappée belle des illusions, ses hésitations, la distance de l'ironie, ses doutes, ses insuffisances, la façon dont il s'est coltiné avec le monde tout en essayant d'y goûter sans y croire vraiment. Ce n'est pas le talent qui a fait sa vie. C'est sa vie qui a fait son talent. (p. 19)”
Un livre épatant pour qui veut aborder l'oeuvre De Stendhal… ou mieux le connaître, un ouvrage sans prétention, écrit un été entre deux livres plus « costauds » de notre écrivain-historien. Opus qui exprime toutefois avec grand talent et finesse les contradictions et le caractère complexe De Stendhal…entre ambition, hautes responsabilités politiques ou militaires…les guerres, la campagne de Russie, des missions consulaires en Italie et enfin du temps plus exclusif pour l'Ecriture,des exils, l'éloignement des vanités et comédies mondaines, sociales de ses contemporains… !
« Il [stendhal ] m'en apprend évidemment beaucoup sur les époques qu'il a connues et auxquelles je m'intéresse, la Révolution, Napoléon, les monarchies "à deux chambres", comme il le disait lui-même. Sur la société, ses codes, les hommes, l'ambition, la vanité, la réussite, sur l'argent qui vous change.
il m'en dit plus encore parce qu'il est un formidable spécimen de notre humanité, de ceux qui se sont regardés dans la glace et y vont tant de reflets qu'ils se sont tour à tour aimés et détestés, de ceux qui ont osé dire des choses qu'on ose à peine s'avouer. (p. 20)
Un ouvrage qui était dans ma liste d'attente de curiosités et d'envies… j'ai eu la joie de le trouver à ma médiathèque. Je l'ai aussitôt emprunté. Me voilà immergée pour quelques heures dans la vie et l'oeuvre De Stendhal !
Un livre léger , au style magnifique; non pas superficiel ou futile, bien au contraire, Emmanuel de Waresquiel nous offre un texte spontané, vivant, actuel, d'un Stendhal, loin des lectures poussiéreuses scolaires…où j'étais restée !!
J'ai appris moult choses dont l'hostilité incroyable que Mérimée éprouvait envers lui ; au demeurant, Stendhal n'était pas plus tendre envers ses pairs…
Un peu de honte à avouer que je n'ai lu que (et pourtant avec enthousiasme) « le Rouge et le Noir »… ayant en attente, depuis la nuit des temps…dans ma bibliothèque »La vie de Henri Brulard »…
Après cette lecture très tonique, nous rappelant et nous apprenant les jalons essentiels de la vie tumultueuse de Henri Beyle, homme du secret, et misanthrope avéré !... Marqué à vie par la mort prématurée de sa mère adorée, il détestait son père, homme dur, et « dominé » par les prêtres…
J'ai grande envie de découvrir « La vie de Henri Brulard » et « Souvenirs d'égotisme »…écrits plus personnels…

Deuxième livre lu de cet écrivain-historien, après un texte que j'avais adoré, « Entre deux rives ; dix écrivains devant la mort » [dont je vous joins mon billet rédigé en 2014 !!] que je lis avec grand intérêt et plaisir, appréciant à la fois le contenu et le style de l'auteur, limpide, poétique…en un mot,captivant..!
A ne pas manquer !... Pour ma part, cet ouvrage a réveillé ma curiosité de relire et lire avec une meilleure compréhension l'oeuvre Stendhalienne !
« Avec lui, la vie est ailleurs." Je préfère le plaisir d'écrire des folies à celui de porter un habit brodé à 800 francs". Les héros stendhaliens ont en commun d'avoir tous rêvé le monde plutôt que de l'avoir vécu. C'est en cela qu'ils sont un peu révolutionnaires.” (p. 17)
___________________________________________________________________________
Première lecture m'ayant fait découvrir avec enthousiasme cet écrivain-historien :
https://www.babelio.com/livres/Waresquiel-Entre-deux-rives/426564/critiques/518590
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Frederic524
  15 mai 2020
Dans « J'ai tant vu le soleil« , Emmanuel de Waresquiel, immense historien s'il en est, spécialiste de la Restauration et de l'Empire, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, nous parle de Henri Beyle que nous connaissons tous sous son pseudonyme d'écrivain : Stendhal. Ce n'est pas une biographie mais plutôt une esquisse, une ébauche de la vie de l'écrivain, le tout avec le style sublime qui caractérise l'écriture de Waresquiel. Henri Beyle est né à Grenoble en 1783. Il fût très proche de sa mère, modèle d'affection et d'amour, jusqu'à ce que celle-ci ne meurt alors qu'il n'avait que sept ans. La Révolution arrive et le rejet du père se fait viscéral. Un père qui soutient le roi Louis XVI et qui hébergea de nombreux prêtres. Beyle, à l'inverse, se réjouit de la décapitation du roi, soutien la République. Son grand père maternel, épris des Lumières, fût un modèle pour le jeune Beyle. Puis survient l'Empire de Napoléon. Aidé de ses cousins Daru, il entre au ministère de la Guerre et rejoint l'Italie. A Milan, il tombe éperdument et silencieusement amoureux d'une femme magnifique, Angela Pietragrua, maîtresse du commissaire des guerres pour lequel il travaille. Pendant dix ans, il ne pourra l'oublier, lui qui était amoureux de l'amour, un jeune homme éternellement épris. Ils deviendront amants en septembre 1811. Il connut l'expérience douloureuse de la campagne de Russie de Napoléon dont Emmanuel de Waresquiel nous dit qu'elle fût traumatique pour cette génération au même titre que ceux qui connurent au siècle suivant la Grande Guerre. L'Empereur abdique en avril 1814. Henri Beyle rejoint l'Italie qu'il aime tant. Il y rencontre, en mars 1818, Métilde ou Matilde Viscontini Dembowski, son grand amour malheureux. En 1821, des troubles éclatent et il est expulsé d'Italie. Il rejoint Paris. L'historien nous dépeint alors avec délice son essor littéraire. En 1830, il publie « le Rouge et le Noir » son chef d'oeuvre. Il quitte la France après la Révolution de Juillet et rejoint en 1831, Civitavecchia, seul port des États Pontificaux, où Stendhal se plongea à corps perdu dans l'écriture à défaut d'aimer cette bourgade. N'oublions pas, Giulia Rinieri rencontré en 1830 et qu'il aima jusqu'en 1833, date où elle fût obligée de se marier avec un autre faute de pouvoir se marier avec Beyle. de 1836 à 1839, il obtient un congé de trois ans et retrouve la France. En 1839, paraît « La Chartreuse de Parme ». Emmanuel de Waresquiel nous emporte avec ce court récit abordant la vie de Henri Beyle. On y parle des grands amours De Stendhal, de sa passion pour l'Italie, de son oeuvre, le tout entrecroisé d'anecdotes de l'auteur sur ce qui le fait aimer Stendhal. C'est enlevé, savoureux, réjouissant, le trait est vif, vous l'aurez compris j'ai adoré cet essai d'Emmanuel de Waresquiel sur Henri Beyle ou Stendhal. Ce dernier meurt en mars 1842 à Paris, d'un attaque d'apoplexie. Il est est inhumé au cimetière de Montmartre et l'épitaphe porte les mots suivants : « Arrigo Beyle Milanese Scrisse Amò Visse » « Henri Beyle. Milanais. Il écrivit, Il aima, Il vécut ».
Lien : https://thedude524.com/2020/..
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jpryf
  16 mai 2020
« J'ai tant vu le soleil » est un essai que vient de publier Emmanuel de Waresquiel consacré à Stendhal. Cet éminent historien auteur de nombreux ouvrages d'histoire se livre là à ce quelqu'un a appelé « une lecture buissonnière De Stendhal ». Ce livre écrit au cours d'un été nous présente la vie De Stendhal, son caractère. On y apprend qu'il a perdu sa mère très jeune et qu'il ne s'est pas entendu avec son père et qu'il a eu, dés sa prime jeunesse une horreur de la religion et surtout des religieux
« Avec ma mère finit toute la joie de mon enfance » et plus loin : « Je haïssais l'abbé, je haïssais mon père source des pouvoirs de l'abbé, je haïssais encore plus la religion au nom de laquelle ils me tyrannisaient »
Il est ambitieux tout en ayant parfaitement conscience des petitesses de l'ambition et il aura une carrière, militaire et civile, sous l'Empire grâce à la protection de la famille Daru mais s'il a beaucoup aimé le Bonaparte du début il sera assez critique sur les dérives autoritaires de l'Empire.
Mais évidemment ce que l'on a beaucoup retenu de cette vie c'est son amour pour l'Italie, pour Milan, Venise et Rome. Il écrira beaucoup à la fois sur les paysages et sur l'histoire de ce pays qui le ramène à la Renaissance et il terminera sa carrière, un peu en disgrâce, comme Consul à Civitavecchia non loin de Rome.
Stendhal n'était pas beau mais il fut tout sa vie, amoureux, peut être plus amoureux de l'amour que des femmes qu'il fréquenta mais cela le conduisit à écrire les plus beaux romans français : La Chartreuse de Parme et le Rouge et le Noir.
J'ai tant vu le soleil est un petit livre qui , en quelques pages, vous permet de mieux connaître Stendhal au caractère pourtant difficile a cerner.
Voici entretien avec l'auteur
Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   28 juillet 2020
Beyle n'est pas tombé avec l'Empire en 1814. Au contraire, la chute de Napoléon a été sa chance. Napoléon quitte la scène et Stendhal y entre en tapinois. Peut-être n'aurait-il jamais été l'écrivain qu'il a été si Napoléon était mort sur son trône en 1835;
Le 20 juillet 1814, Beyle s'en va, il s'en va tout seul, silencieusement, sans angoisse ni chagrin, comme délivré. Il quitte Paris pour Milan. Il y restera sept ans. Comme Stefan Zweig à Salsbourg, en 1931, il ne veut pas "pactiser avec ces gens". Il ne sera pas un "coquin". [...] Un homme libre. Son exil milanais de sept ans n'en sera pas un. C'est à Paris qu'il se sentait en exil. (p. 92)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 juillet 2020
L'hiver, on lit, l'été on relit ce qu'on a aimé autrefois. Parfois cela tourne court, le plus souvent, le plaisir qu'on a éprouvé à la lecture de certains auteurs est comme décuplé, vingt ou trente ans plus tard. Donc , je relis Stendhal. Pas seulement ses romans, mais ses lettres, son journal, La Vie de Henri Brulard, Les Souvenirs d'égotisme. (...) Il y a du plaisir à reprendre ses vieux livres. On renoue avec des amis d'enfance. (p. 13)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 juillet 2020
Dans l'une de ses lettres à sa soeur Pauline, il raconte une conversation entre jeunes gens, tous heureux, aimables et riches. Quel ennui ! Personne n'ose rien se permettre qui ne soit avoué par les convenances, on joue les sentiments et on finit par ne dire que des choses parfaitement communes. Il n'y a d'intéressant que ce qui est extraordinaire. " En rapprochant la digue de la source du torrent, elle l'empêche de couler." (p. 82)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 juillet 2020
Nota Bene
(...) j'envie les romanciers. Ils n'ont besoin de rien pour voyager. L'historien est à la tortue ce que le poète est au faon. Il porte sa maison sur son dos et n'a pas la démarche légère. Je l'ai donc écrit par surprise, en maraudeur. J'étais animé à ce moment-là de cet "état de grâce" particulier, de cette disposition passagère à la légèreté et au bonheur sans laquelle on ne peut aimer Henri Beyle. Je l'ai écrit parce que je le lis depuis trente ans. (p. 11)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 juillet 2020
Son expérience de la Russie est le point d'orgue d'une longue suite d'hésitations, de désirs contradictoires qui l'ont occupé une bonne partie de sa vie. On cherche le bonheur parmi les hommes et en même temps on éprouve le désir impérieux de vivre sans eux parce que, précisément, on doute que le bonheur puisse jamais exister. On disparaît pour mieux se reconnaître. On s'invente un autre. C'est peut-être ça, la littérature. (p. 77)
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Videos de Emmanuel de Waresquiel (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel de Waresquiel
L'historien Emmanuel de Waresquiel publie "J'ai tant vu le soleil" aux éditions Gallimard.
Cet ouvrage est un essai consacré à Stendhal. Pourquoi faire le portrait de l'auteur du "Rouge et le noir" ? "Le contexte historique dans lequel s'inscrit Stendhal m'intéressait tout autant que lui-même", déclare Emmanuel de Waresquiel à François Busnel. La chute de Napoléon va faire tomber les ambitions sociales De Stendhal, mais le pousser vers la littérature et lui faire prendre conscience de son génie littéraire. "Stendhal réveille en nous des contradictions dont nous ne sommes pas prêts de sortir", affirme l'historien.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-12/1454555-crise-sanitaire-ce-que-nous-apprend-l-histoire.html
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