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Jean-Gérard Chauffeteau (Traducteur)Gilbert Vivier (Traducteur)
ISBN : 2859406603
Éditeur : Phébus (26/05/2000)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Autant en emporte le vent n'aura cessé de faire de l'ombre à L'Esclave libre de R. Penn Warren (1905-1989) - longtemps considéré pourtant comme le grand rival de Faulkner. Une ombre que l'on est en droit de trouver injuste (au lecteur de comparer)... Le romancier évoque avec grandeur - et cruauté - les fastes trompeurs du vieux Sud à la veille de la guerre de Sécession... et ne fait de cadeau à personne. Raoul Walsh tirera du livre un de ses plus grands films (avec ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Malaura
  06 juillet 2011
Amantha Starr, dite Manty, apprend à la mort de son père que, malgré sa peau blanche, elle a du sang noir dans les veines et que sa mère n'était autre qu'une des esclaves de la plantation de son père.
Vendue à un propriétaire terrien puis affranchie, témoin des heures sombres de la guerre de Sécession, Manty, déchirée entre deux mondes, le monde blanc de son enfance et le monde noir auquel elle appartient, passera son existence à essayer de trouver cette liberté à laquelle chacun de nous aspire.

Très beau roman sur l'esclavage et la Guerre de Sécession, analyse subtile de l'Amérique à la fin d'une époque, celle des planteurs du Sud, ce récit est également une réflexion sur la liberté, l'espérance et sur la difficulté pour chacun de nous d'y accéder.
Un texte riche et dense, très imagé, qui allie avec brio les sentiments romanesques, la brutalité du réel, le tourbillon de l'histoire, les intérêts et les idéaux politiques.
Souvent comparé à Faulkner, Pen Warren (1905-1989), universitaire et romancier, fut deux fois prix Pulitzer et reste malheureusement peu connu en France.
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BJFenimore
  31 août 2017
Magnifique roman abordant la question de l'esclavage dans les plantations et la guerre de Sécession à travers le regard et la vie d'Amantha Starr, fille de planteur et...d'esclave. A la mort de son père, sa vie bascule : elle quitte le confort et les certitudes de petite fille riche et libre pour une vie de soumission. Elle va subir les évènements historiques, observatrice des luttes pour un idéal et de ses dérives. Elle-même est tourmentée par son refus d'avoir du sang noir au point de haïr ce Père qui l'a trahie. Elle veut être libre, avoir sa part de bonheur : mais sa liberté ne passe t-elle pas d'abord par l'acceptation de ses origines et le pardon ? Les personnages de Robert Penn Warren sont amers, pleins de désillusion et c'est peut-être pour ca qu'ils sont si réels.
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carnet-de-voyage
  29 avril 2017
"L'Esclave libre" de Robert Penn Warren, n'est pas, je vous rassure un énième roman érotique ou prétendu tel...
Non, l'érotisme y est aussi présent que la compassion humaine dans une Marine....
Inexistante...
Non, "L'Esclave libre" est un très beau livre. Romantique certes...
Il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec le fameux "Autant en emporte le vent", mais il est en bien des points différents....
A la mort de son vieux père, la vie de la petite et jolie Amantha Starr, ravissante poupée à la peau si joliment hâlée, va basculer dans l'autre monde que celui dans lequel elle a grandi....
Elle va apprendre que la couleur de sa peau n'est pas étrangère à ce changement de situation...
Délit de sale gueule ?....
Nous sommes dans le Sud opulent de la grande époque avant la Guerre de Sécession...
Amantha Starr est vendue comme une bête, comme les autres dont la couleur est un peu plus foncée qu'elle, mais qu'importe vu que son sang est "pollué par du sang noir".... Une seule goutte de sang noir qui coule dans vos veines suffit pour vous rendre impur et pour vous basculer en enfer....
Amantha Starr, telle une Scarlett refusera le sort que la vie lui réserve, et se battra pour construire son rêve...
La liberté, elle la trouvera mais sera, malgré tout , à jamais que "L'Esclave libre".....
Robert Penn Warren nous livre une chronique sublime de ce Sud, qui nous, Européens, nous émerveille, mais avons-nous conscience de la souffrance endurée ?
Mais Robert Penn Warren, avec une grande humanité, nous montre à quel point le combat quotidien est difficile lorsque nous sommes "différents" des autres... la lutte pour vivre de façon décente et libre dans un monde où tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits...
Et les femmes ?
Illusions ?
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mguy
  24 septembre 2017
Ce roman relate le parcours d'Amanda Starr, fille d'un riche planteur du Kentuchy, au XIXe siècle. Elle vit une enfance heureuse. À la mort de son père, elle apprend malheureusement qu'elle doit être vendue comme esclave. Elle va appartenir à Hamish Bond, homme très bon avec ses esclaves. Il va traiter Amanda comme une amie.
Il s'agit d'un bon roman, qui traite de l'esclavagisme, de la guerre de Sécession, et des rapports complexes entre Noirs et Blancs. Je ne peux que conseiller ce roman, qui décrit très bien cette époque trouble, même s'il y a quelques longueurs.
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mimidalou
  16 septembre 2012
cool
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   26 mai 2016
Je ne sais si le mérite, l'agrément, les exploits, la vertu, la beauté ont un rapport quelconque avec l'amour. L'objet de notre amour peut nous charmer par tant de différentes, de paradoxales qualité, par sa force ou par sa faiblesse, par sa beauté ou sa laideur, par sa gaieté ou sa tristesse, par sa gentillesse ou son agressivité, par sa bonté ou sa méchanceté, par ce besoin qu'il a de nous ou par son impétueuse indépendance... Et puis, lorsque nous nous interrogeons pour savoir de quelles sources secrètes, en nous-même a jailli cet amour, voilà que notre pauvre cerveau s'étourdit en conjectures, et que nous nous demandons ce que tout cela signifie, ce que tout cela vaut... Est-ce le besoin de compagnie qui nous pousse à aller vers quelqu'un et à souhaiter combler son propre besoin, ou est-ce, au contraire, notre force ? Si nous possédions cette force, de quel côté inclinerait-elle notre cœur ? Donnons-nous de l'amour pour en recevoir et, dans l'extase de la caresse, nous livrons-nous à des calculs que nous ne nous avouons pas, à ces calculs secrets que pratique l'usurier aux lèvres serrées ? Ne suscitons-nous la passion, avec arrogance, que pour nous définir nous-même ? Est-ce simplement que nous avons besoin d'une main, de n'importe quelle main, d'un objet humain à étreindre dans le noir, sur la couverture, quand la peur est tapie derrière toutes choses ? Souhaitons-nous le bonheur, ou est-ce la souffrance (la souffrance, signe de notre réalité) que nous désirons du fond de notre cœur ?
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michelekastnermichelekastner   02 septembre 2015
Ils invoquaient mille raisons, mais toujours, derrière toutes ces raisons il y en avait une, une seule : pendant longtemps on leur avait interdit d'apprendre. Cependant cette raison-là ne se trouvait-elle pas derrière celle que me donna un jeune garçon : "Faut que j'apprenne, dit-il, faut que j'apprenne pour savoir comment ça se fait qu'il y a de la rosée dans l'herbe aux premiers cris des grenouilles."
Et j'essayai de me rappeler tout ce qu'ils m'avaient dit quand se produisirent les événements ultérieurs. Quand ils parcoururent le pays, ces noirs, en chantant, ivres de joie. "Non non, jamais plus travailler", en volant, en mendiant, en attendant qu'on les nourrît, dépourvus de toute envie d'apprendre. Quand les troupes fédérées du Connecticut dépouillèrent les noirs de leurs uniformes dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Quand, à Sheep Island, une canonnière fédérale, la Canonnière Jakson, tira droit sur les troupes noires qu'elle avait été envoyée soutenir.
Quand les nègres cherchèrent à s'emparer du pays, de ce pays qui leur appartenait. Quand les troupes fédérées - dans lesquelles il y avait parfois des noirs - parcoururent la région pour traquer les nègres, pour les enrôler, et que les nègres allèrent se terrer dans les bois, dans les marais et qu'on les fusilla comme des bêtes quand on leur mettait la main dessus. Quand ils rompirent leurs contrats de travail et que les récoltes pourrirent sur pied. Quand les nouveaux maîtres des terres confisquées, des hommes venus pour faire fortune, chassèrent les vieux, les enfants, les malades pour ne pas avoir à les nourrir. Quand arrivèrent les aventuriers qui vendirent aux nègres des bâtons rouges, blancs ou bleus, pour qu'ils marquassent ainsi les champs qu'ils revendiquaient. Quand, finalement, des cavaliers ratissèrent la contrée, la nuit, sous des cagoules blanches.
J'essayai de me le rappeler, car ce que m'avait dit le garçon dépassait la honte et, les événements de cette époque étaient comme une promesse de bonheur.
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michelekastnermichelekastner   02 septembre 2015
Les gens fredonnaient Le Drapeau Bleu et ils allaient en prison. Ils portaient les couleurs confédérées et ils allaient en prison. Ou ils se racontaient en chuchotant les victoires confédérées et ils allaient en prison. Et les troupes bleues défilaient en formation, au pas cadencé, les baïonnettes étincelantes au soleil. Ou elles flânaient devant les troquets, imprégnées de whisky à la strychnine ou de simple rhum. Des nègres en fuite - de la contrebande de guerre, ainsi que l'avait dit Butler quand il était en Virginie - franchissaient les lignes en masse et pénétraient dans la ville, en une sorte de quête tâtonnante. Ils cherchaient quoi ? Personne ne le leur avait dit. Et Butler finit par ordonner aux soldats de ne plus les laisser passer, il en renvoya même quelques uns à leurs maîtres sudistes. Mais les nègres ne cessèrent d'arriver, telle marée. Accroupis dans la boue ou dans la poussière des ruelles, affamés, ils tendaient la main et attendaient.
Pendant ce temps, - aidé par son frère venu, ainsi qu'on le disait, pour "faire des affaires" - Butler s'enrichissait. Il accordait des licences aux établissements de jeu, aux débits de boissons, il achetait à vil prix au représentant du gouvernement central, qui dépendait de lui, le coton confisqué, il l'expédiait dans le Nord et le revendait à des prix prohibitifs, il prélevait sa dîme sur les dettes recouvrées par les débiteurs nordistes, il passait en sous-main des fournitures à l'ennemi.
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michelekastnermichelekastner   02 septembre 2015
Avant ce moment, qui donc avais-je été, moi, Amantha Starr ? J'avais été définie par le monde qui m'entourait - par les grands arbres et l'âtre rougeoyant de Starrwood, par les classes nues et les cantiques d'Oberlin, par les visages amicaux et pleins de sollicitude qui s'étaient penchés sur moi. Les visages de tante Sukie, de Shaddy, de Miss Idell, de Mrs Turpin, de mon père, de Seth Parton. Et maintenant qu'ils étaient loin, fondus dans le désert de l'absence, je n'étais plus rien.
Car en moi-même, par moi-même (du moins était-ce ce qu'il me semblait), je n'avais rien été. Je n'avais rien été que leur création continuelle. Et en conséquence, bien que je me rappelle beaucoup des choses qui se rattachent à cette première période de ma vie, je ne peux savoir qui j'étais.
Ou alors, peut-être n'arrivons-nous jamais à en savoir plus ? Oh, ne sommes-nous donc rien de plus que les événements qui forment notre propre histoire ? Des perles enfilées côte à côte sur un fil ou des petits noeuds de crainte, d'espérance, d'amour, de terreur, de désir, de désespoir, de besoins, de calculs, de sang et de rêve ? Non, je m'exprime mal. Dans cette comparaison, qu'est le fil sinon le moi, ce dont il est justement si difficile de connaître l'existence ?
Et me reviennent en tête ces paroles d'un de mes professeurs d'Oberlin : "Si ce philosophe a réellement démontré que nous ne possédons uniquement qu'un flot de sensations et de souvenirs, alors, qu'est-ce qu'un homme ?... Mais nous devons faire remarquer à ce philosophe que les sensations et les souvenirs supposent l'existence d'une âme." Ces paroles, je les avais consignées dans mon cahier.
Alors, c'était cette âme, semblait-il, qui avait été tuée au bord de la tombe, par la trahison qu'avait commise mon père à mon égard.
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CarosandCarosand   26 mai 2016
Les hommes sont habitués à juger vulgaire ce qui dépasse tout ce qu'ils entreprennent eux-mêmes pour justifier leur existence.
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Bande Annonce "Les Fous du Roi" (2006)
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