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ISBN : 9791090724389
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (19/10/2017)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Années trente, tandis que dans la chaleur moite du Sud, des ennemis manœuvrent pour prendre sa place, Willie Stark, "L'enfant humilié" devenu gouverneur, se découvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin, le boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quête de sens, du fardeau de découvrir la vérité, car dans un monde de corruption "il y a toujours quelque chose à déterrer". Mais déjà le temps agit, et le futur met en place le passé, et tous les homm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
jeinus
  12 octobre 2017
"Pour chaque grand homme de pouvoir, il y a un premier cercle, un choeur de femmes et d'hommes là seulement pour exécuter la volonté du monarque, que ce soit en bien ou en mal."
Dans tout les hommes du roi, nous suivons donc, au travers des yeux de Jack Burden, narrateur peu scrupuleux et membre du premier cercle, l'ascension politique de Willie Stark. Au départ modeste plouc, Stark réussira, grâce à sa capacité à galvaniser les foules, et à servir le petit peuple avec une volonté sans pareille et des moyens pas toujours recommandables, à gravir tout les échelons du pouvoir jusqu'à devenir Gouverneur de la Louisiane.
Jack Burden est un personnage difficile à cerner, polyvalent, à la fois historien, détective, homme de main, maître chanteur, aux côtés de Willie Stark depuis ses débuts, il a vu le politique débutant qu'était auparavant celui qu'il appelle (et que tout le monde appelle) "Le Boss" s'aguerrir de meeting en meeting, de confrontation en confrontation, élection après élection, le temps de se faire les dents et de comprendre tout les rouages de cette mécanique bien huilée que sont les coulisses du Pouvoir.
En véritable homme de confiance de Stark, Jack Burden va se voir confier une mission qui va profondément modifier le cours, pas seulement de sa vie mais de celle de tout les protagonistes du roman.
Robert Penn Warren a reçut aux États Unis le Prix Pulitzer du Roman en 1947 pour "Tout les hommes du Roi" puis le Prix Pulitzer de Poésie en 1957 et 1979. Il est le seul à avoir été récompensé dans ces deux catégories. ça vous classe un bonhomme.
Je dois dire que ce qui m'a marqué dans ce roman, paradoxalement, c'est la relative lenteur avec laquelle est mené le récit. C'est mou me direz-vous? Et bien pas du tout! 640 pages et impossible de décrocher! Alors pourquoi? Et bien parce chez Penn Warren tout est minutieusement décrit, c'est dense, fourni en informations historiques, chaque personnalité est dépeinte de façon poussée, chaque intrigue est ficelée avec adresse jusqu'à son dénouement, rendant le lecteur un peu étourdi mais fier d'avoir su s'accrocher jusqu'au bout car cela en valait la chandelle.
Ajouté à cela toute une trame d'ordre métaphysique qui fait basculer le roman dans des sphères encore plus intéressantes, visez plutôt : "...si toutefois il est possible que quoi que ce soit ait jamais une cause physique. Car le monde matériel, bien qu'il existe et que son existence ne puisse être nié sans blasphème, n'est jamais cause. Il n'est qu'effet, symptôme. Il n'est qu'argile entre les mains du potier..". Voilà voilà. Et comme toujours le livre est magnifique, quelle belle couverture, quel bel objet, quel beau papier, merci à Monsieur Toussaint Louverture !
Ce roman, accès sur le milieu politique et ses affres, s'inspire, d'après ce que j'ai compris de la carrière de Huey Long, véritable Gouverneur de l'État de Louisiane dans les années 30.
Robert Penn Warren s'est donc servi des traits de caractère de celui-ci pour créer ce Willie Stark, et nombre d'Américains ont reconnu Long sous les traits de Stark.
Orateur populaire ovationné par les foules, il avait mis en place un régime où la corruption et le chantage étaient de mise. Cependant, de nombreuses réalisations d'ordre sociales sont à mettre à son actif comme la construction d'hôpitaux ou d'écoles. Tout cela nuance le côté poigne de fer de cet homme aux multiples facettes, lui donnant une vraie valeur morale et humaine, peu d'Hommes politiques peuvent s'en targuer
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clefran45
  06 mars 2019
Premier livre de Robert Penn Warren traduit en français, c'est donc une totale découverte pour moi.
États-Unis des années 30, c'est l'histoire de l'ascension au pouvoir d'un homme sorti de l'univers qu'il nomme lui même "les culs terreux". Journaliste, Jack Burden est le narrateur et assistant (bras droit ? Confident? Ami?) de ce Willie Stark qui compte bien prendre sa revanche sur la vie en accédant au pouvoir. Autour de ce personnage haut en couleur, gravitent différents personnages qui lui sont liés d'une façon ou d'une autre.
Dans cet univers se côtoient la corruption, le chantage, les intérêts divers, les envieux, et bien entendu les histoires et parcours personnels qui font que tous ont de multiples raisons d'agir comme ils le font.
Ce livre est passionnant parce qu'il nous emmène dans une autre époque pas si lointaine qui a sans aucun doute bien des points communs avec la nôtre.
La quête de vérité du narrateur, les coulisses du pouvoir, tout ceci est écrit avec un style littéraire foisonnant et poétique, la tension du récit s'étire tout au long des 600 pages et je ne me suis pas ennuyée un seul instant.
Robert Penn Warren est un grand écrivain qui marque son temps, il est à découvrir.
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jmb33320
  20 février 2019
Retour à Robert Penn Warren après ma lecture dans le cadre d'un opération Masse Critique, il y près d'un an, de Les Rendez-vous de la clairière, qui m'avait réellement impressionné par son écriture et sa puissance romanesque.
J'ai voulu poursuivre par ce qui reste comme son roman le plus célèbre, paru en 1946 et prix Pulitzer 1947. Les «hommes du roi», dont fait partie le narrateur Jack Burden, sont ceux qui entourent le gouverneur Willie Stark, un politicien du sud profond, aux origines paysannes modestes. Ce Willie est redoutablement doué pour galvaniser les foules, essentiellement des laissés pour compte de l'Amérique des années 1920 et 1930.
Jack Burden est un homme d'âge moyen, issu lui de l'élite, mais qui n'a pas fait le choix de se procurer un métier profitable grâce à ses relations, pourtant nombreuses. Il est journaliste, puis rédacteur et confident de Willie Stark. Il est à la fois fasciné et dégouté par celui qu'il ne nomme pas autrement que « le Boss ». Son passé sera à l'origine de bien des drames, Willie Stark n'hésitant pas à se servir de lui pour faire chanter des personnes hors de sa sphère d'influence.
Il y a à la fois du réalisme dans la description des coulisses du pouvoir et pourtant aussi beaucoup d'interrogations sur ce qui peut être regardé comme bon ou mauvais, des zones grises dans lesquelles un mieux être réel peut être obtenu pour le plus grand nombre grâce à des compromissions et de la corruption.
Ce roman m'a impressionné par sa richesse. Formellement, sans être aussi original que « Les Rendez-vous de la clairière », moins Faulknérien si l'on veut, il a pourtant aussi sa part d'obscurité mais associée à une plus grande lisibilité, qui en fait peut être le roman à privilégier pour découvrir l'écriture de Robert Penn Warren.
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unetassedebonheur
  27 mars 2018
Si la densité du récit peut quelquefois amener à en abandonner la lecture, surtout ne lâchez pas. Ce roman est fort par ses personnages, son histoire, et tous les mécanismes qui les relient. Histoire de l'ascension politique de Willie Stark racontée par Jack Burden, narrateur et aussi assistant du Boss. Cette ambiguïté est troublante tout au long du récit mais elle permet d'entrer dans les âmes de ceux dont on ne voit qu'une face.
Willie Stark est ce « plouc » qui ne lâche pas ce qu'il attrape. Il gravit les échelons de la société pour finir comme gouverneur de Louisiane, toujours avec le même objectif : servir le peuple, celui qu'on a oublié, en construisant des écoles et un hôpital. « Pour chaque grand homme de pouvoir, il y a un premier cercle, un choeur de femmes et d'hommes là seulement pour exécuter la volonté du monarque, que ce soit en bien ou en mal. » Jack Burden sera donc son ami, secrétaire, homme de main, enquêteur, maître-chanteur, celui qui est au centre. Il est aussi celui qui raconte l'histoire, et ce détachement nous fait comprendre le mécanisme psychologique de cet homme, lui-même impliqué dans l'histoire, et amené à prendre des décisions qui vont changer sa vie et celle des autres.
L'obsession de la quête de la vérité dont il est investi va révéler à chaque page une rancoeur, une vieille rivalité, une tare de famille, une dette oubliée sur chaque personnage. Comme si inexorablement le mal se trouvait partout chez tout le monde. Les méthodes employées par Jack Burden vont de la corruption au chantage, et la virtuosité verbale de Robert Penn Warren trouve dans le roman une place de choix. Pourtant on s'attache aux personnages, parce que malgré tout, le Boss accomplit des oeuvres sociales. L'auteur s'est d'ailleurs inspiré d'un personnage réel, Huey Pierce Long qui de 1893 à 1935, populiste radical de Louisiane qu'il a eu l'occasion d'observer quand il enseignait à Bâton Rouge.
Le texte ensorcelant est minutieux et la construction dramatique du roman font de ce livre un chef d'oeuvre, à l'image de l'auteur encensé par trois prix Pulitzer.
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topocl
  09 juillet 2018
Que voilà un roman majestueux, virtuose, prolifique! Un roman noir qui emprunte au meilleur du genre, ses politiques véreux mais pathétiques, suant dans leurs costumes  élégants, ses petits malfrat obéissant dans la chaleur humide du Sud, où il ferait si bon boire et fumer sur les vérandas, si seulement la vie décidait d'être douce et simple, si seulement ces personnages crapuleux n'étaient pas aussi des hommes souffrants... Mais non, l'homme est par nature tourmenté, ballotté par la douloureuse splendeur du ballet de ses sentiments, désespéré de trouver un sens à la vie, une réponse aux aspirations de l'enfant qu'il était, de se définir en tant qu'individu cohérent, de dénouer l'inextricable noeud des responsabilités.
Racontée depuis les temps tardifs de l'apaisement, cette tragédie digne des Atrides nourrit un grand roman des illusions perdues, disserte sur le bien et le mal, la pureté impossible et la rédemption interdite.
C'est jack Burden qui raconte, Jack qui est celui qui ne se salit pas les mains, ou y croit, en tout cas.
Tout à la fois journaliste et historien il  va comprendre que la quête de la Vérité ne suffit à sauver le monde :  "L'ignorance, c'est le bonheur".
Oui, mais aussi : "La connaissance c'est le pouvoir", c'est ce qu'a compris Willy Stark, dont il est le bras droit, un "grand couillon naïf" parti de rien et devenu  Gouverneur "intense, inquisiteur, exigeant",  un populiste adulé par les petits, qui sait corrompre, asservir, terroriser.
Ces deux hommes pleins d'estime l'un pour l'autre dans leurs différences,versions pile et face de l'espèce humaine, se répondent en fait comme deux miroirs face à face, et ces miroirs mettent en lumière leurs ambiguïtés. Racontant Willy Stark, Jack Burden se dévoile, solitaire crâneur, homme d'amour et d'amitié, fils orphelin, il  pêche à la fontaine du souvenir , car tout se tient,  "c'est uniquement avec le passé que se forge le futur"
Il y a ce récit tragique aux accents déchirants, ces héros haïssables et qu'on aime pourtant, fasciné, charmé. Il y a aussi l'inventivité, l'acuité, le lyrisme de l'écriture de Robert Penn Warren, tout à la fois sensuelle et vigoureuse, patiente, attentionnée, liquide.  Il y a les pièces du puzzle patiemment accolées, les allers et retours, les chemins transversaux. Il y a les leitmotivs, les réminiscences obsédantes,. il y a les métaphores, leur pertinence, leur sensualité, leur poésie.
Il y a une lectrice comblée.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
ignorethissignignorethissign   09 octobre 2017
La flamme s’était emparée de la plupart des brindilles, elle bondissait, crépitait, crachait de petites étoiles comme des cierges magiques, et la lumière dansait en tons chauds sur la figure inclinée d’Anne, puis sur sa gorge et sa joue, quand, toujours accroupie, elle leva les yeux vers moi tandis que j’approchais – ils scintillaient comme ceux d’un enfant à qui l’on fait une jolie surprise – et se mit soudain à rire, d’un rire profond et vibrant. Le rire des femmes heureuses. Elles ne rient jamais de cette façon pour être polies ou quand on leur raconte une blague. Une femme ne rit comme ça qu’une poignée de fois dans une vie. Elle ne le fait que si quelque chose la touche au plus profond de son être et que la joie jaillit aussi naturellement que l’air qu’on expire, que les premières jonquilles de l’année ou que les ruisseaux des montagnes. Quand une femme rit ainsi, cela te fait toujours quelque chose. Peu importe à quoi ressemble son visage. Tu entends ce rire et tu sens que tu viens de saisir une belle et pure vérité. Et tu ressens ça parce que ce rire est une révélation. Une grande sincérité impersonnelle. C’est comme être aspergé par la rosée d’une fleur issue de la grande tige centrale de l’univers, et le nom ou le statut de la femme n’a foutrement rien à voir là-dedans. C’est pourquoi ce rire ne peut être simulé. Si une femme pouvait apprendre à le feindre, elle ferait ressembler Nell Gwyn et Madame de Pompadour à deux scoutes à lunettes avec chaussures antidérapantes et appareils dentaires. Elle pourrait mener le monde à la baguette. Car, dans le fond, tout ce qu’un homme désire, c’est entendre une femme rire comme ça.
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ignorethissignignorethissign   09 octobre 2017
Il paraît qu’on n’existe réellement que sous le regard des autres. Si les autres n’étaient pas là, toi aussi tu cesserais d’exister puisque tes actions, qui font de toi ce que tu es, n’ont de sens que par rapport aux autres. C’est une pensée très réconfortante quand tu es seul en voiture, la nuit, sous la pluie, car ainsi tu n’es pas toi. N’étant ni toi ni personne, tu peux enfin commencer à te détendre et à goûter un peu de repos. Prendre congé de toi-même. Seul demeure alors, sous ton pied, le ronron du moteur – dont les entrailles d’acier tissent, telle une araignée, la fibre ténue du son, le filament, le fil réticulaire –, ce ronron, lien unique et impalpable entre le toi que tu viens de quitter et celui que tu seras à ton arrivée.
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ignorethissignignorethissign   09 octobre 2017
Ce n’est pas compliqué à comprendre. Quand le fils rentre à la maison, sa famille lui met des fers aux pieds. Le vieux père ou l’épouse, selon les cas, n’a rien à dire au fils. Tout ce qu’il veut, c’est qu’il reste quelques heures assis dans une chaise, puis qu’il aille se coucher sous le même toit. Il ne s’agit pas d’amour. Je ne dis pas que l’amour est absent de tout ceci. Je mets simplement le doigt sur quelque chose qui n’en est pas mais que l’on nomme parfois ainsi. Il se peut que ce soit une chose sans laquelle l’amour n’existerait pas. Mais ce n’en est pas, c’est un truc qu’on a dans le sang. Un genre d’appel du sang qui détermine le sort d’un homme et le distingue de l’animal bienheureux. À ta naissance, tes parents ont perdu une partie d’eux-mêmes – toi – et ils sont prêts à tout pour la récupérer. Ils savent bien qu’ils ne la retrouveront jamais entièrement, mais ils feront leur maximum pour t’en reprendre le plus possible. Et la bonne vieille réunion de famille, avec ses pique-niques à l’ombre des érables, c’est un peu comme plonger dans le bassin des pieuvres d’un aquarium.
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ignorethissignignorethissign   09 octobre 2017
Après avoir essuyé un dur revers ou une crise, une fois le premier choc passé et que tes nerfs arrêtent de hurler et de te tirailler, tu acceptes la nouvelle réalité en ayant l’intuition qu’il n’y a plus de marche arrière possible. Tu t’adaptes, convaincu que ce nouvel équilibre durera toujours. Après la mort du juge Irwin et mon retour en ville, c’était le sentiment que j’avais. Je sentais qu’une histoire s’était terminée, que ce qui avait été amorcé autrefois était aujourd’hui achevé, que le citron avait été pressé jusqu’à la dernière goutte. Mais si on peut être sûr d’une chose, c’est qu’aucune histoire n’est jamais vraiment terminée ; ce que nous prenons pour une ­histoire qui se finit n’est qu’un chapitre d’une histoire qui, elle, ne se terminera pas ; ce n’est pas la fin de la partie, ­seulement une manche. Quand la partie s’arrêtera, ce sera à cause de la nuit. Mais la journée est encore longue.
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jeinusjeinus   13 octobre 2017
Mais il fallait que je sache. Même quand l’idée de repartir sans rien avoir appris avait traversé mon esprit, je savais que je devais connaître la vérité. Car la vérité est une chose redoutable. D’abord, tu trempes un pied dedans, et tu ne ressens pas grand-chose. Alors tu t’aventures un peu plus loin et tu t’aperçois qu’elle t’attire comme le reflux ou un tourbillon. Au début, l’attraction est si lente, régulière et mesurée que tu ne te rends compte de rien, puis elle s’accentue, et c’est un maelström vertigineux qui t’avale dans ses ténèbres. Car la vérité est aussi noirceur. Il est dit dans la Bible que c’est une chose terrible que de tomber dans la grâce de Dieu. Je suis tout disposé à le croire.
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