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Critiques sur Ces instants-là (38)
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tynn
  23 février 2015
Il fallait bien que cela arrive...

J'ai tout lu de Herbjørg Wassmo, de ses cycles romanesques enracinés dans l'histoire de la Norvège à ses derniers livres plus contemporains, plus personnels également. J'ai aimé ses sagas sombres aux destins de femmes dures à l'ouvrage, et voir l'auteur s'autoriser le partage de sa propre histoire familiale dans des fictions de plus en plus autobiographiques. J'ai aimé découvrir le Nordland, son quotidien âpre et rugueux, ses populations industrieuses et opiniâtres, au labeur tourné vers la mer, la lenteur de la narration des destins individuels créant une ambiance très dépaysante. Au fil de ses livres, le thème récurrent de l'enfance meurtrie se décline à travers des personnages attachants, au parcours souvent dramatique.

Aimer lire Herbjørg Wassmo était donc un postulat acquis, jusqu'à Ces instants là.

Mon cerveau a refusé de faire l'effort, en dépit de ma persévérance. le parti pris d'écriture d'une histoire en demi-mots, laissant des questions sans réponse, des personnages juste esquissés, rendus transparents par leur anonymat, des sentiments exprimés de façon trop lyrique. J'ai eu l'impression d'une course de fond où je devais me maintenir à flot pour accompagner le parcours d'une femme, de l'enfance jusqu'à l'accomplissement adulte. Un parcours découpé en instantanés thématiques, se débarrassant de la narration chronologique. Bien sur, l'écriture est souvent très belle, originale, mais l'émotion m'a semblé sacrifiée à l'élégance stylistique.

Un livre introspectif, habité de l'intérieur, qui se démarque dans la bibliographie de H. Wassmo. le livre sans doute le plus personnel de l'auteur, porté une écriture et un style exigeants, une intimité qui se mérite pour le lecteur.

Me concernant, ce fut un peu une corvée.
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Pirouette0001
  04 octobre 2014
Waow ! Quel livre !

Pour ceux qui lisent un peu mes critiques, vous savez que j'aime l'écriture. L'écriture qui pour moi est à la base de la littérature, qui différencie l'oeuvre littéraire du simple compte-rendu d'un fait, qui transforme la réalité pour devenir oeuvre tout court.

J'avais beaucoup aimé 'Comme les amours' de Javer Marias dont les phrases longues à n'en plus finir était comme un indéfectible appel à la valse. Ici, c'est tout le contraire. Les phrases sont tronquées, souvent sans sujet. le ton est rugueux, âpre. Rien ne nous est facilité. Sans doute comme la vie dans le Grand Nord.

Là est l'histoire. Une femme tente de vivre et de vivre pour elle-même, par elle-même aux confins de la Norvège. Elle écrit. Veut s'en sortir. Lutte et dit non, parfois oui. Avec beaucoup de pudeur.

C'est beau. Une découverte.
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motspourmots
  02 février 2015
"Elle glisse en arrière vers ce qu'elle ne sait pas." Dès la première phrase, on sait qu'on entre dans un univers singulier que l'on découvre au fil des pages empreint de sensibilité et de poésie. le style surprend le temps de quelques chapitres avant de s'effacer pour mieux laisser l'émotion affleurer. Par petites touches, comme un peintre, l'auteur dessine une vie, une femme, mais également un pays, une nature incroyablement présente et une atmosphère incomparable de Grand Nord.

Nous sommes au nord de la Norvège, sur la côte où les petits villages vivent au rythme de l'Express Côtier qui les relie les uns aux autres. Elle est une jeune fille solitaire dont on ne connaîtra pas le nom, un être sensible aux sentiments enfouis, à cause d'un secret, peut-être plusieurs sur lesquels rien n'est écrit noir sur blanc mais tout est pressenti. Une mère dévouée mais distante, un père haï. Très jeune, trop jeune pour devenir mère à son tour. Elle laisse son petit garçon derrière elle le temps de ses études. Se cherche, hésite, tâtonne. Ne sait pas à qui faire confiance. Écrit des poèmes. Se réfugie dans la lecture. Tient de longues conversations avec les héros de ses livres, avec leurs auteurs même parfois. Cherche dans la fiction des réponses aux mystères de la vie. Se marie. Non par amour (un concept trop éloigné) mais par conscience des convenances, pour tenter de se conformer à ce que l'on attend d'elle, de toutes les femmes en fait. Devient institutrice après avoir rêvé d'être peintre. Découvre la vie conjugale et par là-même la difficile réalité de la condition féminine. S'émancipe. Reprend ses études. Ose croire en ses chances... Devient un écrivain renommé dans son pays et au-delà. Continue à chercher, à tâtonner. S'autorise enfin à aimer et à être aimée.

Ce n'est pas tant l'histoire, presque universelle dans un sens que la manière de la livrer au lecteur qui suscite l'enthousiasme. Les phrases se frayent un chemin au plus profond des recoins secrets que nous avons tous en nous. Doutes, peurs, incompréhensions face au monde. Qui ne s'est jamais senti "à côté" ? L'auteur décortique les sentiments pour tenter de s'approcher au plus près de ce qui constitue l'essence même d'un être humain. Qui doit se battre pour exister et exprimer sa singularité.

En toile du fond il y a l'histoire de la Norvège, marquée par l'occupation allemande. Mais surtout, à tous les coins de page, une nature superbe, toute puissante qui contribue grandement à forger les caractères des femmes et des hommes qui la côtoient. Les couleurs du ciel flamboient, illuminent tels des feux d'artifice. On nage dans des lacs gelés, on affronte la nuit polaire, les nattes gèlent, ça sent la neige mouillée, les feux crépitent dans les cheminées.

Un magnifique roman, un très beau portrait de femme qui m'a donné envie de rattraper le temps perdu et de découvrir l'oeuvre de cette auteure. La fin est poignante et, bien que pleine d'espoir, mieux vaut prévoir un petit mouchoir au cas où.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Nadael
  31 octobre 2014
On ne connaît pas son nom, ni les traits de son visage, on se dit que sûrement, l'auteure se cache derrière ce « Elle » qui raisonne à chaque page. Qu'elle nous livre ses instants à elle, vécus et assimilés. Qu'elle tisse sa propre histoire, son cheminement de fille, de mère, de femme et d'écrivaine. Qu'elle romance forcément quelquefois, par discrétion et pudeur, pour garder une distance et se préserver.
La narratrice déplie sa vie, pas à pas, image par image, à travers des phrases brèves, percutantes et rugueuses, souvent tronquées. Ne nous dit pas tout, laisse entrevoir. Ses mots, tout aussi durs, rapeux mais non dénués de poésie se fondent dans le paysage qui l'entoure, décor froid, rude mais majestueux. La Norvège.
Des morceaux de vie tantôt en noir et blanc, tantôt en couleur, qui se collent les uns aux autres dans un patchwork mêlant chagrin et joie, doute et surprise, réflexions et décisions, songes et quotidien. Des instants entrecoupés de chutes car elle tombe souvent, littéralement. Evanouissements. le temps est alors suspendu.
D'adolescente à l'aube de ses cinquante ans, on parcourt le chemin qu'elle a pris, on sent les tensions, on comprend ses interrogations, ses efforts, ses difficultés ; un père qu'elle méprise, une petite soeur qu'elle adore, une mère présente mais insondable voire indifférente, sa rencontre avec celui qui sera le père de son fils, un fils qui sera élevé par sa grand-mère, le pensionnat, la distance avec ce fils qu'elle connaît à peine, son métier d'institutrice, son mariage, la naissance de sa fille, l'amour qui se perd, l'envie de prendre son envol, d'étudier à nouveau, et puis surtout le besoin d'écrire, s'évader, se mettre dans une bulle pour mettre en mots des histoires, ses premières publications, le statut de femme écrivain, l'ombre planante et bienveillante de Simone de Beauvoir, ses relations avec les hommes...
Le cheminement d'une femme, ses chemins de traverse, les jalons qu'elle a posés un à un, l'acquisition de sa liberté. Un roman profondément émouvant.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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LiliGalipette
  30 août 2018
« Est-ce habituel d'avoir oublié sa vie quand on a quinze ans ? » (p. 14) Il était une fille qui grandit entre une mère silencieuse et un père qu'elle déteste, à juste titre. « Son père fait toujours obstacle au monde. Aux gens qu'elle rencontre. Aux évènements. Son père est une ombre qu'elle essaie toujours de gommer, mais ça ne marche pas. Il a le pouvoir d'envahir ses rêves tant et si bien qu'elle se retrouve tout à coup debout au milieu de la pièce dans la nuit noire. Il diffuse au travers de toute chose une répulsion fétide. » (p. 22) Pour échapper à sa jeunesse douloureuse, la fille écrit et elle s'évanouit. Et puis elle tombe enceinte et laisse son fils chez ses parents pour continuer le lycée. Plus tard encore, elle se marie, devient institutrice près du cercle polaire. Elle écrit toujours et on la publie, on la récompense. « Il existe une infinité d'histoires. Il suffit de les trouver. Ou qu'elles nous trouvent ? » (p. 63)

Cette fille se réinvente sans cesse : institutrice, chasseuse, mère, autrice, amante. Mais elle a le sentiment que la vie passe sans elle et elle souffre de ce décalage avec elle-même, avec les autres. « La vie a des possibilités insoupçonnées. Il faut juste qu'elle effectue d'abord sa journée de travail. » (p. 144) Cependant, à force de volonté et poussée par la conscience que sa féminité est un pouvoir, elle ne renonce jamais et refuse d'être la victime silencieuse des hommes et des convenances. « Tu fais preuve d'une singulière capacité à tomber sur des hommes minables. [...] / Dois-je soupçonner tous les hommes ? M'abstenir de leur parler ? / Non, mais il faut leur montrer qui tu es dès le premier instant. » (p. 305) Sa puissance et sa détermination, elle la tire des conversations qu'elle a avec des absents, voire avec des personnes disparues, comme un auteur célèbre de sa région natale ou encore Simone de Beauvoir.

Aucun personnage n'est nommé. Les pronoms, les fonctions et les adjectifs suffisent à dessiner les caractères et à révéler les âmes. C'est preuve du très grand talent de cette autrice dont j'ai déjà tellement aimé le livre de Dina.
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MissG
  24 décembre 2014
Elle, c'est la narratrice, sans nom, sans visage mais pas sans personnalité.
Elle se raconte : sa famille, sa mère insaisissable, son père qu'elle hait et qu'elle voudrait oublier : "Son père est une ombre qu'elle essaie toujours de gommer, mais ça ne marche pas.", son fils, né d'une rencontre éphémère avec un électricien.
"Probablement suis-je ainsi faite que je glisse le bonheur dans ma poche quand je mets la main dessus, mais oublie de le ressortir pour le regarder.", ainsi est-elle faite et va sa vie : la honte, les études à la ville loin de son fils, qui lui manque, la rencontre avec cet homme, qu'elle épouse, leur vie commune avec le fils et la fille qui bientôt naîtra, leur vie quotidienne d'instituteurs, et puis sa passion de la lecture, l'écriture, et enfin le succès avec la publication d'un premier roman qui s'attire les critiques les plus élogieuses, puis un deuxième, un troisième, une nouvelle vie qui se reconstruit autour de l'écriture.
Elle est dure avec elle-même, sans doute trop, s'obstine à ne pas voir ce qui ne va pas chez les autres, à commencer par son mari, mais même si au fond elle le sait et le devine, elle continue d'agir comme si de rien n'était, parce que c'est ainsi qu'elle a été élevée, dans ce Grand Nord si majestueux mais si rude.
Mais elle est aussi lucide avec elle-même et sait que les mots ne pourront pas tout faire, jamais : "Elle sait bien ce qu'il y a de pire. Ce ne sont pas les mots qu'elle écrit ni ceux qu'elle n'arrive pas à apprendre par coeur dans un manuel. le pire, ce sont les mots qui ne pourront jamais être dits, et donc jamais écrits. C'est la destruction même. Ce qui jamais ne passe.".

J'ai découvert Herbjørg Wassmo avec le splendide "Livre de Dina", voici que je la retrouve ici sous une autre facette, plus personnelle que celle sous laquelle j'ai pu la découvrir, mais le style est là, inchangé, toujours aussi magnifique et percutant.
Mon coeur a longtemps balancé, et balance toujours, pour savoir la nature exacte de ce livre : à quel point est-il autobiographique ? Et romancé ?
Sans doute autant l'un que l'autre mais le fond y est, la beauté aussi.
Je me suis laissée emportée par le style inimitable de l'auteur, l'art de l'ellipse qu'elle manie fort habilement et toujours à propos, son urgence d'écrire ce qu'elle a à dire, ce qu'elle ne sait pas et qu'elle cherche désespérément : "En écrivant, elle cherche à explorer ce qu'elle ne comprend pas dans la vie; dans la vie, elle se laisse décontenancer et oublie toute référence à la réalité.".
Elle mène dans ce roman une réflexion intéressante sur le processus créatif, sur ce qui pousse un auteur à écrire, les raisons pour lesquelles il le fait et les personnages qui viennent le hanter et deviennent comme une deuxième famille pour lui.
Car ici, Herbjørg Wassmo est habitée littéralement par ses personnages, ils finissent par la guider dans ses choix de vie et j'ai assez aimé ce côté fantasmagorique qui donne une autre dimension un peu surréaliste à l'histoire, à l'image des paysages et de la rude nature de la Norvège qu'elle décrit.
J'ai également été frappée par le peu de concessions qu'elle se fait vis-à-vis d'elle-même, ou de son double romancé, elle ne s'épargne pas à tel point que j'en ai ressenti de la douleur pour elle : "Sa vie a toujours été fiasco et douleur. N'est-elle pas ainsi construite ? N'est-elle pas quelqu'un qui démolit toutes les chances qui pourraient se présenter en pensant et en agissant de façon destructive ?".
J'ai eu la sensation tout au long de ma lecture que ce roman était une mise à nu de Herbjørg Wassmo, mais loin d'être impudique il offre au contraire la vision d'une femme qui a vécu, qui s'est forgée de ses propres mains son destin et qui vit aujourd'hui libérée de toute chaîne, de toute entrave, qui n'a eu de cesse de se battre pour sa liberté et pour vivre comme elle l'entendait, une belle ode à la liberté en somme.

"Ces instants-là" de Herbjørg Wassmo fait partie de ces romans difficilement qualifiables d'un point de vue littéraire mais qui habitent autant l'auteur qui l'a rédigé que le lecteur, un instant de lecture rare qui remue au plus profond de l'âme.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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Cristy
  25 décembre 2014
Je remercie Price Minister pour l'envoie de ce livre que j'ai lu dans le cadre de leur opération « Les Match de la rentrée littéraire ». Je découvre ainsi une nouvelle auteure.

Ce livre nous emmène en voyage en Norvège dans la vie d'une jeune fille qu'on voit devenir femme. Un personnage qui à l'air de se chercher, de ne pas se connaître elle-même, qui essaye de trouver un sens à sa vie, qui se bat. Un personnage qui va utiliser la lecture et l'écriture dans sa vie, ce qui fait qu'on retrouve pas mal de références littéraires. L'une des particularités de ce livre est qu'à aucun moment le nom du personnage n'est cité, tout comme son âge qu'on devine plus ou moins, mais qui n'est jamais précisé.

L'autre particularité de ce livre est le style de l'auteur : des phrases très courtes, sûrement pour donner au récit plus de force, pour peut-être faire ressortir la dureté des évènements et du paysage norvégien, des phrases qui se veulent peut-être poétique. Mais des phrases qui n'ont pas eu l'effet escompté sur moi, ma lecture a été rendu plus difficile, plus hachée par ce style, et ses phrases ont fait que je n'ai pu à aucun moment vraiment rentrer dans cette histoire.

Par contre je dois bien avouer que le titre est très bien trouvé, car nous avons vraiment des instants de vie, des instants qui mit bout à bout, nous raconte l'histoire de cette adolescente, devant une jeune fille, puis une femme.

Pour résumé, je ne peux pas dire que ce livre est une déception puisque je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en l'ouvrant, mais la narration à la troisième personne et ce style si particulier a fait que je ne suis pas entrée dans cette histoire, et que je n'ai pas compris ce personnage. Donc je sors de cette lecture avec un goût amer dans la bouche, puisque je vois son potentiel mais je n'ai pas su l'apprécier. Ce livre n'était pas fait pour moi.
Lien : http://leslecturesdecristy.b..
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Accalia
  25 octobre 2014
Je remercie vivement Babelio et les éditions Gaïa qui m'ont fait parvenir ce livre grâce à un masse critique.


J'ai découvert Herbjørg Wassmo l'année dernière avec son roman Cent ans que j'avais adoré (cela avait même été un coup de coeur! ). En voyant que pour cette rentrée littéraire 2014, elle en sortait un autre, j'ai immédiatement voulu le lire. Et j'ai eu la chance de le gagner au masse critique, j'étais donc vraiment ravie et je me suis plongée dedans.


Tout d'abord, je souhaite dire un mot sur la couverture de l'édition française : je la trouve très bien choisie. Elle est très belle et poétique et elle m'a donné envie de le lire! de plus, une fois le livre lu, je l'ai trouvé très bien choisie par rapport à l'ambiance du récit.


Ce fut sans hésiter une lecture agréable. J'avais envie de savoir la suite et j'ai passé un très bon moment.


Pourtant c'est un livre…compliqué. Est-ce un roman? une autobiographie? Un récit autobiographique romancé?
Je penche plutôt sur ce dernier. On sait qu'Herbjørg Wassmo y raconte sa vie (de son adolescence à ses 50 ans environ) mais à quel point est-ce romancé? Je ne le sais pas.


En ce qui concerne l'écriture, il n'y a pas de véritable rythme, les phrases sont assez courtes et abruptes parfois, ce qui rend la lecture parfois un peu difficile. On pourrait dire que cet ouvrage est essentiellement constitué de « flashs », de morceaux hachés de sa vie. Cela ne plait pas à tout le monde.
Il faut réussir à rentrer dedans et à ne pas se laisser distraire. Mais une fois que c'est fait, il ne faut plus que se laisser aller et lire tranquillement!
Voici le véritable problème, à chaque fois que je reprenais ma lecture, il fallait se remettre dans le bain de cette écriture si particulière.


De plus, on reste très en surface par rapport aux autres personnages : on ne connait aucun nom, surnom…ils sont comme sans identité : ils sont nommés la mère, le père, l'époux, le fils, la fille…c'est assez surprenant!


C'est donc l'histoire de cette femme qui se cherche et essaye d'obtenir ce qu'elle veut : être libre et pouvoir mener sa vie sans culpabilité. Ce qui n'est pas simple à son époque en Norvège : il y a toujours une forme de culpabilité qui la suit : abandonner son fils pour terminer ses études, ne pas être une bonne épouse joviale, ne pas être une bonne mère, ne pas rester à sa place, vouloir évoluer, écrire…


Non seulement veut-elle s'affirmer en tant qu'écrivain, mais il faut aussi le faire en tant que femme écrivaine. Et c'est tout sauf simple, c'est un combat égoïste de tous les jours. Elle doit non seulement se battre contre les autres, qui n'acceptent pas cette différence, mais aussi contre elle-même.


La Norvège n'est pas un pays qui m'attire particulièrement, mais j'aime beaucoup l'entendre en parler. J'aime cette ambiance glaciale, neigeuse.


———————————————-

Je remercie encore une fois Babelio et les éditions Gaïa pour l'envoi de ce livre, j'ai été ravie de le lire et je ne peux que le conseiller! Il est finalement assez difficile de parler de ce roman, j'espère avoir réussi, moi en tout cas, il m'a plu.
Lien : http://writeifyouplease.word..
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livreclem
  14 octobre 2014
Moi qui adore les livres de cette auteure, je suis déçue par cette nouveauté.
De cours chapitres sur la vie d'une femme prise entre l'envie de vivre sa vie d'écrivaine solitaire et la vie familiale "imposée".
Une femme tourmentée. Un livre pesant, sans beaucoup de rythme. Il y a tout de même des passages intéressants et avec beaucoup de mélancolie.
A lirer si vous êtes de bonne humeur :)
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Alicej
  06 décembre 2014

L'écriture de cette auteure norvégienne est incomparable. Comme à chaque fois que je suis en admiration et bouleversée il m'est difficile de parler de ma lecture. Tentons quand même :

"Elle" est l'héroïne de ce roman de 400 pages. Jamais son nom ni sont prénom ne seront écrits. Elle c'est bien plus que cela. Son époux, ses enfants ne seront jamais nommé non plus.

A l'image du personnage du Livre de Dina, le personnage principal est une femme que d'aucuns pourraient croire folle. Elle observe le monde, les êtres qui l'entourent, comme étrangère à sa propre vie. Comme si elle était dotée d'une cosncience hyper aigue.

Elle est une héroïne brute, façonnée par et dans ces paysages et cette région au grand froid hostile là où la lumière et le solel n'éclairent que rarement les vies. Malgré la rudesse et l'échec de sa vie de coupe, elle sera maîtresse de son destin grâce aux études mais aussi à ses talents d'écrivain qui en feront d'elle une auteure reconnue.

La poésie et la souffrance sont omniprésentes : à l'intérieur des corps, des âmes et physiquement palpables dans la nature.

Ses rêves, vécus comme des exutoires, ponctuent chaque chapitre, comme si elle ne pouvait s'autoriser à penser ce qu'elle vit.
Lien : http://www.monblogmonmiroir...
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