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Luce Hinsch (Traducteur)
EAN : 9782847201024
419 pages
Éditeur : Gaïa (07/09/2007)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Dans un village de Lituanie, Dorte, quinze ans, vit avec sa sœur et sa mère. Malgré un quotidien rude, la jeune fille demeure pleine d'espoir quant à l'avenir. Persuadée qu'une vie plus douce l'attend, elle accepte de suivre une amie à Stockholm afin de devenir serveuse, mais tombe aux mains de proxénètes qui gèrent un trafic entre la Suède, la Norvège et les pays baltes.
Ce récit déploie toute sa violence à mesure que Dorte, désormais esclave sexuelle, s'hab... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Titania
  06 février 2015
Si certains regardent la prostitution d'un oeil lointain et la jugent avec un sourire amusé comme éternelle ou inévitable. S'ils considèrent que pénaliser les clients pour tuer les filières mafieuses c'est illusoire, il faut leur conseiller la lecture de ce livre terrible qui évoque à travers un roman, presque mieux qu'un documentaire sur le sujet, la réalité terrible de l'exploitation des êtres humains. Herbjørg Wassmo, raconte le destin de jeunes filles lituaniennes au chômage, à qui l'on a fait miroiter du travail en Suède.
Le piège se referme vite, elles sont battues et violées, pour être brisées. Des hommes sans le moindre scrupule acheminent leur "marchandise", à destination où elles perdent leurs papiers et leur identité. Une vie d'esclave au paradis de la démocratie, c'est ce qui guette Dorte, un commerce déshumanisé, sans le moindre romantisme, où l'on ne gagne que des coups ou le Sida.
C'est un roman d'une violence inouïe, l'auteur ne nous épargne aucune marque sur le corps des jeunes filles, ni la mort ni les coups. La liberté, la vraie est très difficile à gagner, contre des proxénètes ultra violents, qui brassent des fortunes, et sans aide des gens qui balancent entre mépris et indifférence.
C'est un roman militant, dur et efficace, on en sort définitivement convaincu que la prostitution n'a rien de poétique, qu'il faut lutter contre la traite des êtres humains, hommes femmes et enfants partout dans le monde. A faire lire à DSK dans la salle d'attente de son tribunal !
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Aela
  24 décembre 2011
Un livre dont on ne sort pas indemne, une fois lu.. En tout cas il m'a ébranlée profondément. Bien sûr on sait que l'ignoble trafic des femmes existe mais ici, l'auteur norvégienne Herbjorg Wassmo nous fait descendre au fond de l'abîme, au fond du gouffre de l'exploitation de la femme par des bandes organisées redoutables.
Dorte, seize ans, est une jeune fille pauvre qui vit en Lituanie. Son père est mort, sa mère a bien du mal à les faire vivre elle et sa soeur.
Pour aider sa famille, Dorte accepte de s'exiler et fait confiance à un homme du village où elle vit qui lui promet monts et merveilles si elle accepte de travailler dans un café en Suède.
Très vite la malheureuse se retrouve dans le filet que serrent autour d'elles des proxénètes sans scrupules qui organisent un réseau entre la Suède, la Norvège et les Pays Baltes.
Dorte va connaître les pires sévices imaginables, la prostitution forcée, l'enfermement, la séquestration, la grossesse involontaire.
Un tableau bien sombre que nous livre Mme Wassmo..
En fermant le livre, on ne peut que se demander: mais quand ce trafic arrêtera donc?
C'est un livre dur, réaliste à la Zola mais qui a le mérite de poser les vrais problèmes.
J'ai toutefois regretté la fin "en queue de poisson"; on ne sait pas très bien ce que devient la pauvre Dorte à la fin..
Un moment de lecture dur mais nécessaire....
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zorazur
  12 décembre 2011
Herbjorg Wassmö met tout son talent, toute sa violence, toute sa capacité d'indignation pour dénoncer des pratiques innommables où de très jeunes filles se retrouvent à la merci de proxénètes, sans espoir d'échapper un jour au sort monstrueux qui leur est fait. L'héroïne est fraîche, naïve, volontaire aussi - sinon pourquoi quitterait-elle sa vie même si cette vie ne lui apporte pas grand-chose, et son pays, pour partir sans rien en dire à personne au-delà de la mer Baltique, là où on lui fait miroiter un travail sérieux, un revenu honnête, un quotidien meilleur. Naïve, trop naïve et ne connaisant rien du monde.
Alors que le lecteur, lui, comprend dès les premières pages du roman ce qui va se passer et ce qui attend la naïve jeune fille. Alors on a envie de crier à l'héroïne : non, n'y vas pas, n'écoute pas cet homme, reste où tu es, surtout ne pars pas. Mais bien sûr elle part, et ce qui lui arrive est pire que la mort. avec elle le lecteur descend toujours plus bas dans l'horreur et l'abjection, vit la cruauté de journées toutes semblables -tempérées parfois par un éclair d'humanité au fil d'une rencontre, d'un client, d'une autre prostituée par force. C'est peut-être ces éclairs d'humanité qui sont les plus importants, car cette actualité, cette réalité, malheureusement on la connait tous. Quelques regards, quelques paroles qui lui redonneraient presque espoir.
A voir un très beau film sur le même sujet : Lila for ever.
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Pixie-Flore
  16 décembre 2019
Si l'envie vous prend de lire ce livre, accrochez-vous bien parce qu'Herbjørg Wassmo ne fait pas dans la dentelle...
Elle évoque un sujet difficile : la traite des blanches et l'esclavage sexuel des pays de l'est. Et elle le fait dans le détail, même les plus sordides. Elle nous plonge la tête là-dedans et la lecture n'en est que plus ardu. J'ai eu besoin de faire des pauses pour prendre un peu d'air et sortir de tout cette cruauté humaine. Je ne vous cache pas qu'il n'y a pas beaucoup d'issues à la situation de Dorte. D'ailleurs, la fin est très ouverte, ce qui est assez déstabilisant et frustrant tellement l'envie qu'elle sorte de tout ça est forte.
L'auteur évoque une réalité sordide, et elle le fait peut-être avec un peu trop de zèle, me laissant l'impression de faire du voyeurisme malsain. De plus, les passages où Dorte s'enferme dans sa tête avec son père sont assez longs et déstabilisants. Le personnage oscille entre échappatoire et folie. C'est particulier.
Quoi qu'il en soit, on ne sort pas indemne de ce livre.
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christinebeausson
  04 avril 2017
Ce livre est il vraiment un roman, je n'en suis pas vraiment sûre.
L'écriture est si près de la réalité que j'ai l'impression d'être à l'intérieur du récit.
Nous sommes face à un drame auquel nous aussi, bien loin de Trondheim ou d'Oslo, pouvons assister en spectateur impuissant aux abords de nos grandes villes dans des zones de non droit.
L'histoire débute par la description de la vie en Lituanie, dans un pays en proie à la pauvreté.
Je suis surprise de me rappeler de Jan Palach, (un étudiant tchécoslovaque qui s'est immolé par le feu sur une place à Prague le 16 janvier 1969. Par ce suicide public, Palach souhaitait protester contre l'invasion de son pays par les forces du pacte de varsovie, mettant ainsi fin au printemps de Prague et aux réformes dont l'objectif était l'humanisation du système socialiste),
Alors que j'ai aucun souvenir de l'immolation de Romas Kalanta, (le 14 mai 1972, en signe de protestation contre l'oppression de l'occupant russe envers la langue et la culture lituanienne).
Il est sûre que la Tchécoslovaquie est plus prêt de nous que la Lituanie mais je n'aime pas quand ma mémoire me joue des tours.
Nous suivons l'histoire de Dorte avec ses rencontres de bourreaux, de soutiens de passage, au travers de copines de galère, pour toujours nous retrouver confrontés à l'innommable.
Certains passages sont terrifiants,
"Certains hommes ont tellement besoin d'un trou pour réchauffer leur machin qu'ils finissent par utiliser un chien !" (Il est vrai que l'actualité récente nous a parlé d'une poule... )
Le titre du livre aurait pu être comme celui du journal : "marché à la viande".
Le seul souffle d'air apporté par cette lecture est d'accompagner Dorte dans ses rencontres avec son cher père disparu qui lui redonne courage et les simples verres de lait comme une réponse au jamais d'alcool, jamais de drogues.
La règle de survie !
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critiques presse (1)
Telerama   15 octobre 2014
Violent, didactique et nécessaire, le livre d'Herbjørg Wassmo est un cri de rage, plus puissant qu'un document. L'auteur n'enjolive rien, choisit une écriture descriptive et glaçante pour secouer son lecteur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   24 décembre 2011
Le procureur demande cinq ans! Ils pensent qu'il y a d'autres commanditaires, dit-elle en dépliant le journal, qu'elle se mit à traduire en russe:
"Les commanditaires ont le pouvoir absolu. Ils règnent sur le sort des filles par la force, l'abus de pouvoir, les menaces, leur ôtant toute dignité. La peine encourue pour simple trafic de chair humaine, selon l'article 224 est cinq ans de prison.

Les filles vivent une sorte d'esclavage moderne. On abuse d'elles et on les bat. La peur d'être expulsées et la crainte de représailles les empêchent de les dénoncer."
Le titre c'est : "Marché à la viande."
+ Lire la suite
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meknes56meknes56   21 août 2019
Leur père n'avait pas eu les mêmes difficultés que leur mère à communiquer directement avec les gens. Dorte trouvait qu’elle le connaissait bien mieux. Même maintenant qu’il était mort. Ce qu’elle se rappelait le mieux, ce n’était pas son aspect ou ce qu’il faisait, mais ses paroles – assis dans le fauteuil usé aux accoudoirs bordés de franges. Il ne se fâchait pas si elles ne l’écoutaient pas, au contraire, il gardait son calme et continuait à parler. Sa moustache drue se mouvait de haut en bas, comme pour protester contre chaque mot. Mais il était imperturbable. Il était comme un fleuve de mots – rassurant et impossible à arrêter.
+ Lire la suite
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Pixie-FlorePixie-Flore   16 décembre 2019
- [...] Un enfant n'est la possession de personne. On a seulement la chance de lui donner quelques gènes.
- Alors on ne peut pas posséder une putain non plus, même si c'est écrit dans les journaux.
- Non ! C'est une manière d'humilier et de détruire un être humain. Il y en a qui croient qu'on peut vendre quelqu'un à d'autres sans se détruire soi-même.

[p341]
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AelaAela   24 décembre 2011
- Mais t'a besoin d'un travail. Ici on est forcé de prendre ce qui se présente pour un salaire de misère! En Suède on gagne en un mois ce qu'on gagne ici en deux ou trois ans.
- C'est pas vrai! interrompit Dorte.
- Bien sûr que si! C'est un beau pays, et si riche! Là-bas tout le monde est poli et aimable, c'est parce qu'ils ont tous un job. Même les agents de police sont polis en Suède!
- Tu y es allée?
- Oui, une fois. Juste quelques jours.. J'en rêve encore la nuit. Toutes ce boutiques! On peut tout acheter. De si beaux vêtements! A la dernière mode. Un jour j'ouvrirai une boutique de mode à Stockholm!
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AelaAela   24 décembre 2011
Son père avait l'habitude de dire qu'il était important de se pardonner à soi-même, car c'est ainsi qu'on pouvait pardonner aux autres.
Dorte ne savait pas ce que son père avait dû se pardonner à lui-même. Ni à quelqu'un d'autre. Il ne l'avait jamais dit. Quant à elle, c'était tout un écheveau à démêler. Mais pour plus tard.
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