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Erika Abrams (Traducteur)
ISBN : 2264041072
Éditeur : 10-18 (20/01/2005)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 259 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture
1862. Lant Street, Londres. Le rendez-vous des voleurs et des receleurs. Sue Trinder, orpheline, est confiée dès le berceau aux bons soins d'une trafiquante de nourrissons. À la veille de ses dix-huit ans, un élégant, surnommé Gentleman, lui propose d'escroquer une héritière, Maud Lilly. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Sue, en en... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
fabienne2909
13 juin 2015
Trois ans après « Affinités », j'ai retrouvé avec délice Sarah Waters avec « du bout des doigts » (ce n'est pas l'intervalle des publications, mais celle de mes deux lectures !). Je crois bien pouvoir affirmer, même si cela est basé sur seulement deux romans, que tous les ouvrages de cet auteur pourraient s'appeler « Jeux de dupes »… Tout n'étant à chaque fois qu'apparences, personnages se déguisant, pour mener à bien leurs manigances ou parfois sans malice, sous de fausses identités.
Tel est l'enjeu principal de ce « du bout des doigts » : Sue Trinder est une jeune orpheline de 17 ans, vivant dans le Londres du XIXe siècle, parmi une tribu de voleurs entretenue par celle qui fut sa nourrice mais qu'elle considère plutôt comme une mère. D'ailleurs, celle-ci l'a choyée et tenue éloignée des rapines et mauvais coups de ses camarades durant toute sa vie. Jusqu'au jour où l'un des voleurs, que tous surnomment « Gentleman » en raison de ses origines aisées, vient embaucher Sue pour l'assister dans une arnaque : celui-ci souhaite en effet enlever une jeune héritière, Maud Lilly, vivant recluse chez son oncle, et qui ne pourra toucher cet héritage qu'en se mariant. le but de Gentleman est donc de l'épouser, de toucher l'argent, puis d'envoyer la jeune oie dans un hôpital psychiatrique pour se débarrasser d'elle. La mission de Sue est de l'assister en devenant la camériste de Maud Lilly, de la convaincre de l'amour de Gentleman et de la persuader que la fuite est la seule solution.
Mission simple en apparence, n'est-ce pas ? Sauf que bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu, les deux jeunes femmes commençant à nourrir quelques sentiment l'une pour l'autre, ce qui va contrarier leurs projets. « Leurs projets », car Maud Lilly n'est peut-être pas la jeune ignorante que l'on imagine au départ… Qui joue alors sur des faux semblants, une partition qui n'est pas la sienne ? Ou plus clairement : qui arnaque qui au final ?
Sarah Waters livre une nouvelle fois avec « du bout des doigts » un roman parfaitement écrit, de facture classique, aux accents « dickensiens », qui ressemble à s'y méprendre aux romans victoriens qu'il imite (encore un faux semblant !), mais qui s'en démarque au final par une certaine dose de modernité : l'histoire est toujours contée par des femmes fortes, qui souhaitent accéder à une liberté que leur sexe ne leur permet pas toujours à l'époque dans laquelle elles vivent, et qui assument leurs désirs (notamment homosexuels).
J'ai particulièrement apprécié ici que les deux faces d'une même arnaque soient vues en alternance à travers les yeux de Sue Trinder puis de Maud Lilly, ce qui apporte une richesse psychologique indéniable, et pas mal de piquant car les narratrices ne savent pas tout de chaque situation, et de chaque personne. le lecteur les accompagne donc dans leurs cheminements, leurs aventures, pour se rendre compte qu'il a bien été berné lui aussi. Seul petit bémol, un petit essoufflement en milieu de roman, et un dénouement un peu faiblard (voire mièvre), bien que Sarah Waters ait eu la sagesse de ne pas verser dans le happy end complet.
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Torellion
13 octobre 2016
Du bout des doigts m'a été offert par un ami, dont les goûts littéraires sont sûres. Un peu sur la réserve face à ce quatrième de couverture, je me lançais tout de même dans la lecture du roman de Sarah Waters.
Sue Trinder, habitante du quartier de Boroughs à Londres en 1862, est une jeune orpheline élevée au sein d'une famille de voleurs et d'escrocs. Préservée par sa vieille mère d 'adoption, elle désire lui montrer toute sa reconnaissance. le jour où Gentleman, escroc patenté, débarque dans ce petit monde avec une arnaque d'envergure contre une jeune fille de bonne famille, Sue n'hésite qu'un instant et se lance dans une aventure qui bouleversera son existence...
Roman victorien par excellence, ce livre est une sorte de roman policier historique. L'intrigue labyrinthique est menée d'une main de maître. La toile de fond, la bibliophilie érotique, n'est qu'un rajout de perversité au sein de cet univers glauque et interlope. le champ des misères humaines est infini, et rien ne nous sera épargné.
L'alternance des points de vue enrichit l'intrigue et l"ironie des situations n'en est que plus mordantes. Les personnages sont riches psychologiquement et attachants.
Sarah Waters, à la manière d'un Wilkie Collins, suggère plus qu'elle ne décrit et c'est tant mieux.
Complot, trahisons en cascade, enlèvements, amour mais aussi témoignage d'une époque où les femmes étaient réduites à quelques catégories superficielles (hystériques, filles de mauvaises vies ou objet de décoration), le roman de Sarah Waters est tout cela et bien plus encore.
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Luniver
19 juillet 2013
Sue, orpheline, a été élevée par des receleurs de Londres : carrefour principal où se croisent tous les petits malfrats du coin, ils élèvent aussi des enfants abandonnés qu'ils vendent un peu plus tard aux couples stériles ou à d'autres maisons pour qui des jeunes filles sans attache représentent une bonne aubaine. Mais Sue atteint tranquillement ses dix-sept sans que jamais ses parents adoptifs ne manifestent l'intention de se débarrasser d'elle.
L'occasion pour elle de se lancer dans le monde du crime survient enfin : Gentleman, escroc élégant, a repéré une riche héritière perdue dans un petit village de campagne, qui touchera l'héritage une fois mariée. le plan est simple : Sue sera engagée comme dame de compagnie près de la jeune fille, aidera Gentleman à séduire la donzelle, jusqu'à l'emmener en douce à l'église pour la marier et la dépuceler, puis mettre le tuteur devant le fait accompli. le plan se déroule sans accroc, même si Sue commence petit à petit à éprouver quelques sentiments pour la petite oie blanche qu'il lui faut plumer.
Et puis tout bascule : au lieu de faire partie d'une simple intrigue, Sue se retrouve au bout milieu d'un nid de vipère, où les machinations les plus cruelles surviennent de toute part, chacun étant le dupe d'un autre.
Waters a un réel talent pour nous plonger dans l'atmosphère de l'Angleterre victorienne. Je l'avais découverte avec Caresser le velours, j'ai retrouvé le même plaisir à la lecture de ce roman. Les coups de théâtre sont nombreux et sont rudes pour les protagonistes. Une auteure à découvrir sans hésiter, si ce n'est pas encore fait.
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NCJ
04 avril 2015
Une atmosphère délicieusement machiavélique et sombre, passionnante et oppressante sur fond d'érotisme au féminin…
Les profils des deux jeunes femmes, principales protagonistes de cette histoire sont dépeints avec une incroyable précision. Une précision que l'on retrouve également dans les divers environnements dans lesquels escrocs et victimes évoluent. C'est bluffant !
Un large passage m'a permis de faire l'analogie avec le livre de Maggie O'Farrel - "L'étrange disparition d'Esme Lennox" concernant cette époque où les femmes devenues "encombrantes" pouvaient être facilement enfermées dans des asiles d'aliénés et laissées aux bons soins de médecins apprentis sorciers.
Ce roman envoûtant évoque surtout une relation particulière entre Sue et Maud qui oscille entre la méfiance, la perfidie, l'amitié, l'amour et la volupté... Je vous conseille cette lecture pour son originalité, sa sensibilité et son intrigue surprenante.
CHALLENGE ABC 2014-2015
Lien : http://uneautrelecture.blogs..
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Rebus
02 mai 2013
Sue Trinder, orpheline d'une mère meurtrière, a été élevée dans Lant Street, la rue des voleurs et des receleurs dans ce Londres du XIXe siècle. Un jour, Gentleman, surnom donné à un voleur, lui propose de l'aider à arnaquer une riche héritière. L'aventure commence...
De l'autre côté, Maud Lilly, l'héritière, orpheline d'une mère folle, vit chez son oncle qui lui a trouvé un travail très particulier...Un jour, un certain Mr Rivers entre dans ce lugubre manoir, puis une nouvelle femme de chambre...
Le récit se déroule en 3 parties : la première et la dernière sont narrées par Sue, et la seconde par Maud, la jeune héritière.
C'est un roman qui m'a emporté, très bien écrit, les personnages sont tous excellents dans leur rôle, l'atmosphère y est pesante et en même temps suave, voire sensuelle.
L'intrigue est époustouflante, j'avoue avoir écarquillé les yeux et poussé des "OH !" de surprise, tellement l'auteur a su mettre en scène ses coups de théâtre.
Bref, une lecture très plaisante, un roman original que je ne peux que conseiller si vous aimez le Londres du XIXe et les atmosphères mystérieuses.

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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh20 septembre 2015
-Un livre ne dure-t-il pas tout autant ?
-Autant que durent les mots, oui. Mais il y a dans une photographie quelque chose qui dépasse les mots, qui dépasse même les bouches qui les prononcent. Une photographie mettra le feu aux sens d'un Anglais, d'un Français, d'un Hottentot. Elle nous survivra à tous pour allumer le même feu chez nos petits-fils. Elle est un objet transcendant à l'histoire.
-Un objet englué dans l'histoire ! proteste mon oncle. Perverti par l'histoire qui l'offusque comme un écran de fumée ! Cela se voit à la façon dont une mule épouse le pied, à la coupe d'une robe, au style d'une coiffure. Donnez des photographies à votre petit-fils: il y verra une curiosité pittoresque. Votre moustache cirée le fera rire ! Mais les mots, Hawtrey, les mots - hein ? Ils nous séduisent dans le noir, et l'esprit de chacun les revêt de chair et d'habits à sa guise.
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liratouva2liratouva207 juillet 2012
Je connais le monde et ses plaisirs aussi bien que les pires débauchés de l'univers romanesque; pourtant je n'ai pas une seule fois franchi les murs du parc de mon oncle depuis qu'il m'a recueillie. Je sais tout sans rien savoir. Ceci sera essentiel pour la suite. Il ne faudra pas oublier tout ce que je ne sais pas faire, tout ce que je n'ai pas vu. Je ne sais ni monter à cheval ni danser. Je n'ai jamais eu entre les mains de l'argent à dépenser. Je n'ai jamais mis les pieds dans un train ou un théâtre, jamais vu ni la mer ni la montagne;Je n'ai jamais vu Londres mais j'ai l'impression de connaître la ville. Elle m'est familière grâce aux livres de mon oncle.
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JoohJooh19 septembre 2015
S'il y a bien une chose dont l'artiste doit se garder scrupuleusement dans son travail, c'est l'hésitation. L'hésitation mène tout droit à la faiblesse, et la faiblesse a fait échouer de plus grands desseins que les nôtres.
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JoohJooh17 septembre 2015
En général, le murmure ne sied guère à l'organe masculin - la voix de la plupart des hommes se fausse, détonne, résiste mal à l'envie de sonner plus fort - la sienne cependant sait se mettre une sourdine, jouer des mots couverts, tout en conservant sa limpidité, telle une note de musique.
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TorellionTorellion12 octobre 2016
Je finis par comprendre qu j'étais bel et bien chez les fous, dans ce manoir campagnard dont les murs s'étaient ornés autrefois de tableaux et de miroirs, les parquets de tapis. Toute la maison avait été livrée à la folie - dans un sens, elle était elle-même comme une personne belle et intelligente, frappée de démence.
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Videos de Sarah Waters (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sarah Waters
Mademoiselle (film, 2016), réalisé par Park Chan-wook, d'après le roman "Du bout des doigts" (Fingersmith, 2002) de Sarah Waters. Bande Annonce.
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