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Alain Defossé (Traducteur)
EAN : 9782207258149
592 pages
Éditeur : Denoel/presence du fantastique (31/08/2006)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 140 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur:
Dans un Londres écrasé par le feu du Blitz se cache une autre guerre, celle des amours illicites, des trahisons et des espoirs ; brisés. Quel fantôme du passé hante Helen qui subit, désemparée, le lent délitement de sa liaison interdite avec Julia ? Pour quelles raisons Kay erre-t-elle désormais, inconsolable, dans les rues de la ville ? Pourquoi Viv, une jeune femme douce et glamour, ne parvient-elle pas à quitter son amant, un anc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Chaplum
  19 janvier 2014
Au lendemain de la guerre, plusieurs destinées se croisent dans un Londres encore meurtri par les bombardements et les privations. Kay loue une chambre chez un médecin un peu étrange, et mène une vie solitaire. Souvent confondue avec un jeune homme, elle tente de se reconstruire et erre comme une âme en peine. Elle observe les patients de son logeur, dont un homme et son neveu, qui l'intrigue. Ce dernier travaille dans une usine où il retrouve par hasard une vieille connaissance avec qui il a fait de la prison pendant la guerre. D'abord honteux des souvenirs qui reviennent à la surface, il est ensuite heureux de pouvoir se libérer un peu du quotidien.
Vivien et Hélène travaillent dans une agence matrimoniale, commerce en plein essor en cette période d'après-guerre. Vivien vit une romance avec un homme marié tandis que Hélène est en couple avec Julia et vit difficilement le succès de sa compagne qui écrit des romans mais surtout de devoir vivre une relation cachée.
Même si je n'ai pas ressenti le même coup de foudre que pour les deux précédents romans de Sarah Waters que j'ai lus, j'ai à nouveau passé un excellent moment en compagnie de ces personnages qui essaient de mener leur vie au lendemain d'une guerre qui les a blessés émotionnellement. Aucun d'entre eux n'est sorti indemne du conflit pendant lequel ils ont vu et vécu des choses difficiles.
Dans du bout des doigts, la romancière avait basé son roman sur une intrigue et une construction sophistiquées qui ne se retrouvent pas dans ce titre-ci ! Pourtant, Sarah Waters emploie une structure à rebours, simple et classique, mais terriblement efficace qui sert la narration. La première partie met en place les personnages en 1947. le lecteur les découvre et devine que certaines choses leur sont arrivées pendant la guerre mais des non-dits planent et on présage que beaucoup de secrets sont cachés. C'est la partie la moins intéressante, mais elle est nécessaire. En la lisant, j'ai d'ailleurs craint le pire, m'ennuyant même un petit peu, et me demandant où l'auteure voulait en venir avec son roman, tant j'avais l'impression qu'il n'y avait aucune intrigue derrière les faits. Heureusement, l'ambiance fin de guerre et le contexte historique me plaisaient déjà beaucoup.
La deuxième partie ramène le lecteur dans le passé en 1944. Et à partir de là, je me suis réellement plongée dans le coeur du roman, m'attachant aux personnages, vivant avec eux le conflit et assistant, impuissante, à l'enchevêtrement des fils qui ont conduit à leur situation de 1947. Tout s'éclaire petit à petit, on découvre le pourquoi du comment, mais surtout, on s'imprègne de l'ambiance des nuits de bombardement, on vit dans un Londres dévasté où tout le monde risque sa vie à chaque alerte, où il n'est pas rare de voir une mère pleurer son enfant, de croiser des spectacles morbides ou de voir une maison éventrée en quelques secondes. Sarah Waters reste fidèle à sa réputation avec ses personnages d'exclus. Pas de père héroïque ou de mère traditionnelle. Non, ici, ce sont ceux que la société réprouve qu'elle met en scène dans un climat de guerre : les jeunes qui refusent d'aller au casse-pipe, les homosexuels, les lesbiennes, les maîtresses, les femmes déshonorées. Et pourtant, malgré l'opprobre de la société, chacun d'eux se montre courageux et touchant.
Enfin, la dernière partie évoque l'année 1941 et remonte aux origines des connections entre tous les protagonistes.
Encore une fois, Sarah Waters a réussi à me faire voyager, à la fois dans le temps et dans l'espace. Cette romancière a un véritable don pour recréer les atmosphères et nous transporter dans le Londres de la deuxième guerre mondiale et j'ai adoré cette immersion, même si elle était parfois dramatique. Dommage que la première partie soit un peu moins réussie car la suite du roman vaut qu'on s'accroche !

Lien : http://www.chaplum.com/ronde..
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kathel
  17 novembre 2020
Quatre personnages attachants au coeur d'une époque et d'un lieu remarquables, et que j'avais envie de mieux connaître, le Londres d'après-guerre, voici ce que propose le roman de Sarah Waters. Il y a Helen, qui vit avec Julia, un couple interdit voué à la plus grande discrétion, même lorsque l'histoire d'amour se défait peu à peu. Il y a Viv et son amant de longue date qui semble ne pas pouvoir se décider à quitter son épouse. Il y a Duncan, le frère de Viv, à jamais marqué par plusieurs années de prison. Et enfin Kay, la plus mystérieuse, que cherche-t-elle ou que fuit-elle ? Après une mise en place un peu longue, mais jamais ennuyante, qui permet de situer les personnages et leurs relations plus complexes que ma présentation ne le laisse voir, la structure originale du roman apparaît : il est composé de trois parties, d'abord en 1947, puis 1944 et ensuite 1941. Cette construction à rebours éclaire les pans de l'histoire qui demeuraient méconnus à la fin de la première partie, et donne un éclairage différent aux événements.
C'est un roman plutôt original, par bien des aspects, notamment par sa progression temporelle singulière, et aussi par le thème de l'homosexualité à une époque où elle était fortement condamnée. Les nombreux dialogues fluidifient la lecture et donnent un ton assez enjoué malgré les conditions difficiles. L'évolution des personnages, traitée de cette manière, les rend plus attachants encore que si la narration était chronologique. le personnage de Kay, ambulancière de nuit lors des bombardements, donne lieu à des scènes terribles et saisissantes, qui rappellent que la guerre n'est pas seulement un arrière-plan commode à cette histoire, mais une fracture immense dans la vie de chacun des protagonistes.
Un ensemble d'arguments qui m'a assez séduite pour que je projette de continuer à lire Sarah Waters. Avez-vous lu ce roman ou d'autres de sa plume, et lesquels me conseillerez-vous ?
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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GoodBooksGoodFriends
  25 janvier 2019
C'est le seul roman de Sarah Waters que je n'avais pas encore lu et il me tardait de m'y attaquer puisque j'ai aimé tous les autres sans exception…
Le récit est découpé en trois parties en ordre chronologique inversé ; on part de 1947, puis on passe à 1944 et enfin à 1941. le roman suit quatre personnages durant cette période troublée, quatre personnages plus ou moins directement reliés (Viv est la soeur de Duncan par exemple).
Si j'ai eu du mal à me plonger complètement dans ma lecture durant la première partie, j'ai retrouvé le grand plaisir que j'ai déjà eu à lire Sarah Waters à partir de la deuxième partie, et ce plaisir s'est confirmé en fin de lecture.
La période dans laquelle s'ancre le roman est propice à l'effervescence des émotions. de plus, les sentiments éprouvés par les personnages sont pour la plupart des sentiments « interdits », liaisons homosexuelles, adultérines… Tout cela donne une écriture très sensuelle, mais qui n'occulte pas l'horreur de la guerre et du blitz.
Chaque acteur de l'histoire a un secret, un fantôme du passé, que l'on découvre petit à petit en remontant le cours du temps. Je dois avouer que ce petit goût de mystère n'était pas pour me déplaire.
Le procédé narratif permet au lecteur de dérouler sa lecture comme on avance dans un puzzle, pour qu'à la toute fin, l'histoire dans son intégralité se dévoile sous nos yeux.
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Zephyrine
  19 novembre 2018
De cet auteur j'avais bien aimé Derrière les portes. Ici je n'ai pas du tout réussi à entrer dans l'atmosphere décrite par l'auteur. le roman est écrit de façon antéchronologique, une première partie en 1947, une seconde en 1944 et une dernière en 1941. Peut-être que sachant déjà ce qui arrive au personnage, je n'ai pas pu m'y attacher, pas eu envie...Et peut-être que le suspens de la situation de 1947 m'a si peu attirée que je n'ai pas eu un fol engouement pour découvrir leur histoire. Bref une lecture ratée de mon côté.
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Lulu_Off_The_Bridge
  02 juin 2011
À vrai dire, je ne sais que penser de ce roman...
Je commençais à me lasser des intrigues victoriennes, aussi brillantes soient-elles, de Sarah Waters, trouvant que le ressort du roman-feuilleton à la Eugène Sue ne pouvait pas fonctionner indéfiniment. du coup, j'ai vu arriver d'un assez bon oeil ce roman historique, mais pas trop, lesbien mais pas que, qui semble se refuser aux bon gros coups de théâtre qui avaient fait le succès des premiers livres de l'auteur. Si l'action est mise légèrement en retrait ici, au sens où elle ne concentre pas le gros des effets, cela profite à une peinture de personnages tout en douceur, en finesse, en soupirs retenus. Il est frappant de voir à quel point ce roman et ces personnages sont empreints de tristesse, à quel point vivre leur est malcommode.
L'histoire s'étale sur 6 ans, en trois périodes données (1947, 1944, 1941) et à rebours. Je ne suis pas spécialement fan des histoires linéaires, en général, et n'ai aucun mal à suivre des développements alambiqués, mais ce choix-là, pour ce roman précis, m'a déroutée. J'ai eu l'impression de ne pas voir où l'auteur voulait en venir, ni si elle voulait en venir quelque part. Une histoire qui recule, à la base, je trouve l'idée sympathique, mais là... Sais pas... J'en garde une impression en demi-teinte, comme si les couleurs, à un moment, s'étaient diluées. Tout en reconnaissant que les personnages de Ronde de nuit sont sans doute les créatures les plus abouties de l'auteur.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
HermantMHermantM   21 juin 2017
Etait-ce de la folie, se demandait-elle, d'être aussi heureuse de vivre qu'elle l'était à présent, dans un monde plein de bombes atomiques, et de camps de concentrations, et de chambres à gaz ? [....] Etait-ce de la sottise ou de l'égoïsme, de vouloir se laisser charmer par des choses aussi futiles que les éclats sonores de la fanfare de Regent's Park ; la tiédeur du soleil sur son visage, le chatouillis de l'herbe sous les talons, le cheminement de la bière ambrée dans ses veines, la proximité secrète de son amante ? Ou bien ces futilités étaient-elles tout ce que l'on possédait ? Ne devait-on pas justement les préserver, en faire de petites larmes de cristal que l'on gardait, comme des breloques porte-bonheur à son bracelet, pour se défendre du prochain danger qui apparaîtrait ?
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line70line70   29 mars 2011
[...] quand on était en bonne santé, on n'y pensait jamais ; il fallait cesser d'être malade pour, l'espace d'une minute, se rendre compte de ce que c'était. Et être malade faisait de vous un autre, un étranger dans son propre pays. Tout ce qui paraissait simple et ordinaire à tout un chacun devenait hostile. Votre propre corps devenait votre ennemi, avec ses calculs et ses complots, ses pièges tendus...
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beamag87beamag87   17 février 2014
La poussière disparaissait, révélant la peau rose, douce, incroyablement lisse... Kay continua quelques secondes, puis pris dans sa main le visage d'Helen, la paume au coin de sa mâchoire; elle ne voulait plus la quitter soudain, la regardait comme un trésor, une merveille. Sans parvenir à croire qu'une telle fraîcheur, une perfection aussi intacte, avait pu émerger de tout ce chaos.
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kathelkathel   17 novembre 2020
Combien de temps allait-on encore laisser cette guerre tout gâcher ? On avait été tellement patient. À vivre dans l’obscurité. À vivre sans sel, sans parfum. À ne se nourrir que de petites rognures de joie comme des croûtes de fromage… Soudain, elle avait conscience de chaque minute qui passait : elle les ressentait brusquement pour ce qu’elles étaient, des fragments de sa vie, de sa jeunesse, qui s’écoulaient sans retour, comme autant de gouttes qui tombent.
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kathelkathel   17 novembre 2020
Il ouvrit ses yeux et rencontra son propre regard dans le miroir. Ses cheveux bien peignés montraient une raie impeccable, son pyjama était boutonné jusqu’au menton ; mais ce n’était pas un petit garçon. Il n’avait plus dix ans, il n’en avait même plus dix-sept. Il en avait vingt-quatre et il pouvait faire ce que bon lui semblait.
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Videos de Sarah Waters (5) Voir plusAjouter une vidéo
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