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Critiques sur Avant d'aller dormir (556)
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marina53
21 novembre 2013
Chaque matin, Christine se réveille dans une chambre qu'elle ne reconnaît pas et auprès d'un homme qui ne lui rappelle rien. Il lui dit sagement la même chose, chaque matin. Qu'il est son mari, qu'il s'appelle Ben, qu'elle a eu un accident très grave qui lui a fait perdre la mémoire. Elle se regarde dans le miroir de la salle de bain et est étonnée de voir ce visage et ce corps. Où est donc passé sa jeunesse? Pourquoi a-t-elle tant de rides autour des yeux? Pourquoi paraît-elle si vieille? Des photos d'elle et de cet homme sont accrochées autour du miroir. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'elle mais elle ne garde aucun souvenir de la veille et encore moins de toutes ces années qui semblent avoir défilé. Comme chaque matin, son mari lui fait le tour du propriétaire, la calme et la rassure et s'en va travailler. Pour mettre ainsi un peu d'ordre dans sa vie, son psychiatre qui la suit depuis des années l'appelle chaque matin et lui dit qu'elle écrit tous les jours pour tenter de se souvenir de quelques moments fugaces. Il lui dit où elle cache son journal intime et aussitôt le téléphone raccroché, elle s'empresse de lire les premières pages. Jusqu'à cette phrase incompréhensible à ses yeux: «ne pas faire confiance à Ben». Comment cet homme si sage, si gentil, si compréhensif et qui est son mari depuis tant d'années a-t-il pu susciter en elle de tels ressentiments? Christine va devoir replonger dans les méandres de sa mémoire, avec l'aide du Docteur Nash, afin de découvrir toute la vérité sur ce qu'elle a fait et ce qu'elle est devenue...

Watson nous livre ici un roman noir et sombre où l'héroïne cherche dans les tréfonds de sa mémoire ce qui pourrait ressembler à une vie, quelle qu'elle soit. On découvre avec elle les révélations découvertes au fil des jours, les secrets bien cachés qu'elle n'aurait pas dû deviner, les souvenirs bien enfouis qui remonteront gentiment à la surface, quitte à faire mal. Et, chaque matin, tout comme Christine, on remet tout en place, on essaie de reconstruire son puzzle pour ainsi former quelque chose de cohérent qui ait un sens pour elle afin qu'elle puisse un jour se reconstruire. L'histoire est bien ficelée et terriblement prenante et haletante, l'écriture vive et la tension palpable au fil des pages allant crescendo pour terminer sur un final bluffant.

A ne pas lire... Avant d'aller dormir....
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lehane-fan
21 février 2015
La Christine version 2.0 connait de sérieux problèmes de maintenance.
En effet, son disque dur n'imprime plus. Les mises à jour échouent toutes lamentablement. Elle bugge chaque jour que Dieu fait, se réveillant chaque matin avec les souvenirs de ses vingt ans, elle qui en affiche désormais plus de quarante.
Tout comme dans Un Jour Sans Fin, chaque lendemain est un éternel recommencement.
Ben, son mari aimant, sait la rassurer en lui narrant journalièrement par le menu ce que fut sa vie mais rien n'y fait, Christine peine à imprimer, allant même jusqu'à douter de la sincérité de cet homme qu'elle ne connait, finalement, que depuis quelques heures.

En voilà une idée qu'elle est bonne et anxiogène à souhait.
Seulement voilà, si le concept original fascine, la crainte de découvrir un récit qui, à l'instar du hamster dans sa roue, tournerait méchamment en rond, s'impose très rapidement.
Et se confirme d'autant plus vite que les premiers chapitres s'évertuent à débuter sur le même modus operandi.
Réveil - angoisse - questionnement existenciel – reboot en mode sans échec...A deux doigts d'éprouver un brin d'abattement las et décourageant le gars...
Et puis Watson, retors à souhait et convaincu de la puissance de son récit labyrinthique, convainc rapidement en distillant à petites doses homéopathiques des révélations annihilant systématiquement ce que vous preniez pour acquis encore deux pages auparavant.
Il joue avec le lecteur comme avec son héroïne, le manipulant tout du long jusqu'au final mémorable, lui.

Ne faites confiance en rien ni personne, tel pourrait être le slogan de ce récit glaçant qui sera finalement adapté sur grand écran. Un film inconsistant bien loin de la force de persuasion de sa version manuscrite...
♪J'ai la mémoire qui flan-che, j'me sou-viens plus...♫

3.5/5
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gruz
13 mai 2011
Un thriller psychologique d'une rare intelligence, tout en finesse.
Comment redécouvrir sa vie chaque jour, après avoir tout oublié à son réveil, vivre sans souvenirs qui construisent notre identité, nous permettent d'avoir des relations avec les autres et de leur faire confiance. Toutes ces questions sont superbement mises en mots, dans une tension croissante, mais maitrisée du récit.
La 4° de couverture parle d'une construction machiavélique. Je parlerai au contraire d'une construction cohérente, véritable bijou de précision.
Point de violence gratuite, l'auteur se charge de monter son histoire de manière logique et implacable. Pourtant l'histoire est glaçante.
On a l'impression de marcher sur des oeufs avec le personnage, qui se bat pour comprendre sa situation et trouver des moyens d'évoluer. Nous sommes dans l'empathie totale avec elle.
Ce jour sans fin nous fait entrer au plus profond de son être, ses doutes, ses angoisses et ses moments de soulagement sont décrits de manière admirable.
On engloutit ces pages, happé, en totale immersion dans cette histoire qui arrive à se renouveler sans cesse.

Lien : http://gruznamur.wordpress.com
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Dixie39
05 avril 2016
Voilà ! S'il y a une chose à laquelle j'ai du mal à résister, que ce soit à lire ou voir, c'est bien les histoires d'amnésie. C'est un peu comme les Marvel, cela exerce sur moi une attraction irrépressible, et « y'a pas », faut que je lise ou regarde si par hasard, un tel récit pointe le bout de son nez sous le mien ! Alors, forcément, une telle addiction ne peut conduire toujours à une envolée lyrique, et parfois, la chute est sévère. J'ai mémoire de grands moments de solitude, qui ont parfois donné lieu à des fous rires nerveux - de défense, évidemment - devant quelques niaiseries dont je me serais somme toute, bien passée. Mais que voulez-vous, quand le compulsif dicte la raison, il faut s'attendre parfois à de belles déconvenues.

Mais que nenni pour cet opus ! Et pourtant, c'était pas gagné…

Imaginez-vous que notre chère Christine sort de son sommeil tous les matins sans souvenirs de rien : ses vingt ans en tête, mais quarante sept en corps. Collé à elle, au réveil, un homme qu'elle ne (re)connaît pas. Que faire, me direz-vous dans une telle situation ?

Et bien, rassembler ses vêtements, courir à la salle de bains pour se rhabiller illico presto et prendre la poudre d'escampette en se jurant de moins picoler la prochaine fois, pour éviter de se retrouver dans le lit d'un « vieux », au lendemain d'une soirée sûrement un peu trop arrosée. Mais voilà, scotchées de part et d'autre sur les murs, elle découvre des photos d'elle avec cet homme, mariage, anniversaires, soirées, virées and co, avec en face d'elle, dans la glace, ses yeux de quarante sept ans rivés, effarés, sur son moi de femme épanouie, petites rides naissantes et mèches grisonnantes en prime…

En gros, sous les photos, écrit en majuscule : « BEN ». C'est le prénom de cet homme, qui va lui expliquer, pour la énième fois, l'histoire qui disparaît de sa conscience tous les matins au réveil : l'accident, ses quarante sept ans, la mémoire qui ne fixe rien, et ce perpétuel recommencement…

Comme je le disais, ce n'était pas gagné : car nous le vivons, nous aussi, lecteurs, ce replay de tous les jours… matin après matin ! Et cela aurait pu être (peut-être l'est-ce pour quelques lecteurs, d'ailleurs) pesant et décevant. Ce serait oublier le talent de S. J. Watson qui fait que nous ne lâchons rien, page après page, l'angoisse monte, les questions fusent : on mène l'enquête également et on en arrive nous aussi, à ne pas pouvoir dormir, avide de savoir, ce qui a bien pu arriver à notre chère Christine…

"Je me rends compte que le livre que je suis en train d'écrire (...) pourrait être dangereux, aussi bien que nécessaire. Ce n'est pas une fiction. Il pourrait révéler des choses qu'il vaudrait mieux laisser ignorées. Des secrets qui ne doivent pas remonter à la lumière.
Mais mon stylo continue à courir sur la page."

Dans ce récit, ce n'est pas un rythme effréné d'action qui nous captive et nous tient en haleine, mais une montée progressive d'une angoisse, d'un questionnement liés à toutes ces incohérences entre discours et réalité. «Je n'avais encore jamais vu ça : des heures après avoir fini ce livre, j'avais encore les nerfs à vif !» Ce n'est pas moi qu'il dit, c'est Dennis Lehane.

L'idée de départ est originale et a donné lieu à une adaptation ciné avec Nicole Kidman et Colin Firth. Pas si mal, certes, mais j'ai réellement préféré le livre. Ayant beaucoup de mal avec les adaptations, cet avis n'est sûrement pas objectif. A vous de juger !
Lien : http://page39.eklablog.com/a..
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palamede
19 août 2016
Christine se réveille chaque matin sans aucun souvenir. Elle ne sait pas qui elle est, ni ce qu'elle fait dans cette maison avec un homme inconnu qui se prétend son mari. Elle est anxieuse et n'est pas apaisée par les explications et les propos rassurants de celui-ci. Au contraire, quelque chose dans sa sollicitude la pousse à la défiance, une suspicion alimentée par la relecture de son journal, tenu sur les conseils de son nouveau psychiatre.

Un montage diabolique, avec une progression lente mais sûre dans la tension, fait de ce roman un modèle du genre. Avec l'héroïne, on cherche à découvrir son passé, soupçonnant avec angoisse, en même temps qu'elle, la manipulation de son entourage. C'est très bien fait et, contrairement à beaucoup de romans, on n'oublie pas la fin… vraiment tordue.
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bilodoh
15 février 2014
« Car le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux » *.
Cette citation d'Homère représente un peu le destin de Christine, l'héroïne de ce roman qui souffre d'une amnésie nocturne, un trouble qui ne s'explique pas par des lésions neurologiques, mais qui pourrait être d'origine hystérique, pharmacologique ou même hypnotique.

Dans ce suspens psychologique écrit au « je », le lecteur est invité à s'imprégner des angoisses de l'amnésique à la recherche de son passé et de ses relations avec les autres. C'est même une quête de soi, de sa propre identité dont on se rend compte qu'elle s'est construite dans la durée, qu'elle est bâtie sur les souvenirs.

On constate aussi l'extrême vulnérabilité des malades de la mémoire chez qui peut s'installer le doute envers leur entourage et même par rapport à leur propre conjoint. À qui peut-on se fier lorsqu'on a du mal à se reconnaître soi-même?

La psycho-pop conseille de « Vivre au présent ». C'est ce que vit l'amnésique Christine, mais on se rend bien compte que ce n'est pas tout à fait le bonheur! « Vivre au présent » certes, mais sans oublier le passé!

*Homère, Odyssée, sur http://agora.qc.ca/thematiques/mort/
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babounette
15 janvier 2014
257 critiques, que vais-je encore pouvoir dire sur ce livre qui n'a pas été dit?
Et bien, que je l'ai lu chaque soir avant d'aller dormir et que cela n'a pas troublé mon sommeil. Une bonne intrigue, je n'ai compris le fin mot de l'histoire qu'à l'avant-dernier chapitre. Un bon polar, qui a reçu le prix SNCF, cela ne m'étonne pas, c'est un livre à lire dans un train, J'ai passé quelques bonnes heures en sa compagnie.
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1967fleurs
18 mai 2017
La chimie du cerveau, son alchimie, ses méandres, cela m'a toujours questionné…. Parce que l'être humain n'en a pas percé tous les mystères loin de là…surtout quand cela déraille…

Je préfère vous écrire….avant d'aller dormir ….au cas où je ne saurai plus, quoique je ne sais pas si je m'en souviens déjà, je l'ai pas écrit…. …je défraye la chronique !

Qui suis-je ? Où j'habite ? Dans quel état j'erre ?...dessus, en dessous…

C'est « un peu » cela Christine Dumas, elle ne sait plus qui elle est…., se découvre dans un miroir et c'est glaçant…

Ben est un mari exemplaire qui a affiché des mémos dans la cuisine, des photos dans la salle de bains.

Chaque matin, elle ne se souvient de rien et tout est à recommencer…. Imagination, mensonge, affabulation…Christine passe par toutes les conjectures, les déchirures…puis des doutes qui vont se révéler des certitudes…

Avec beaucoup de finesse, de subtilités, l'auteur
S.J. Watson, déroule le fil de sa vie pour lui faire retrouver la mémoire, enfin de ce qu'elle peut en dire, pour comprendre ce qui s'est passé. Il décortique, joue avec le lecteur qui ne sait plus où il en est….tellement imprégné par cette amnésie….c'est méli-mélo pour l'embobiner…

C'est comme l'oeuf et la poule, on ne sait pas par où cela a commencé… et c'est grisaaant….

Méfiez-vous, il y a tempête sous un train….
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moravia
11 septembre 2013
Je suis bien embarrassé pour attribuer des étoiles à ce livre.
Ecrit dans un style minimaliste (sujet-verbe-complément), je me suis même surpris à changer l'ordonnance des mots, trouver un autre adjectif, enfin une chose que je ne fais jamais face à un véritable écrivain. Mais ce défaut là je peux tout aussi bien l'attribuer à la traduction (même si parfois cela faisait beaucoup..). C'est également le premier enfant de ce romancier anglais . Laissons lui le temps de murir...
Malgré cela, j'ai continué ma lecture, curieux de voir comment l'auteur allait faire évoluer son récit. Le challenge était trop fort pour lui me semblait-il.
Pas facile quand l'héroïne s'exprime à la première personne et qu'elle est de surcroit amnésique.
La curiosité de connaitre le coupable a été plus forte que mes réticences, et j'ai même trouvé quelques bons passages sur la fin.
S.J.Watson à regardé (Hypothèse toute théorique sans doute) du coté des meilleurs livres de Boileau-Narcejac sans jamais en atteindre la qualité. Il s'est juste haussé au niveau des meilleurs "Spécial Police", ce qui n'est pas honteux.
Plus du coté des trois étoiles que des quatre .
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Cath36
30 juin 2013
Epoustouflant ! Et par l'histoire, et par la construction du récit, et par l'exploitation du thème, qui est ici celui de l'amnésie. Je n'avais rien lu d'aussi fort depuis "la mort des bois" de Brigitte Aubert construit, lui, sur le thème du handicap. Pour un premier roman, Watson fait très fort.
Une femme doit se rappeler tous les jours qui elle est, suite à un "accident" qui lui a fait perdre la mémoire. Elle n'a pour l'aider, que son mari, un médecin et une amie. Et surtout, surtout, un journal qu'elle écrit quotidiennement, et qui lui permet d'un jour à l'autre d'avancer dans la reconstruction de sa mémoire, et dont les morceaux sont autant de pièces de puzzle que de poupées gigognes qui s'emboîtent les unes dans les autres pour former un tout. Brillantissime réussite que cet exercice de style, où le lecteur se perd dans le temps et dans l'histoire, un peu comme l'héroïne elle-même.
D'autre part Steve Watson analyse admirablement le vécu de l'amnésique et nous rend particulièrement proche et de façon presque troublante de cette femme en détresse. Il n'y aura pas de madeleine trempée dans du thé ("j'ai repoussé le biscuit que le Dr Nash m'avait donné sans que je lui aie demandé."), mais un long processus de réinitialisation, si je puis dire, le cerveau fonctionnant comme un ordinateur, par lequel l'héroïne finira par reprendre possession de son passé -juste à temps.
Hallucinant.
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