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Bertrand Péguillan (Traducteur)
EAN : 9782351785010
162 pages
Gallmeister (30/04/2010)
3.9/5   295 notes
Résumé :
De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper. Ainsi s'ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l'encontre de l'oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté. Le père de David, shérif d'une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, Dav... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
3,9

sur 295 notes

berni_29
  15 mai 2021
Montana 1948 de Larry Watson, je viens à peine de refermer le livre, déjà ce court texte résonne en moi comme une déflagration, un coup au ventre. Nous entrons dans le récit par les mots du jeune David Hayden, dans l'été de ses douze ans. C'est lui le narrateur, qui se souvient longtemps après de ce moment peut-être fondateur pour le reste de son existence.
En 1948, la famille Hayden représente une sorte de dynastie aristocratique sur le territoire. Elle est puissante, fortunée, respectée dans ce comté du Montana. C'est le grand-père, propriétaire d'un ranch qui la tient d'une main de maître. Ces deux enfants ont grandi dans l'orgueil de ce nom. Il y a Franck, le frère ainé, jeune vétéran de la seconde guerre mondiale, revenu médaillé, devenu médecin. Il est pour tout cela la fierté de son père. Et il y a Wesley, son jeune frère devenu shérif de cette petite ville de Mercer County. Chez les Hayden on est shérif de père en fils depuis des générations. La communauté indienne est présente, ce sont des sioux, leur réserve est toute proche, les blancs et les sioux semblent cohabiter en plutôt bonne entente, sauf les mots parfois qui disent encore la faille, les blessures, une ségrégation quotidienne, des rancoeurs presque silencieuses pas prêtes de s'éteindre...
Ainsi tout le monde sait que l'oncle Franck, charismatique et idéalisé autant par sa famille que par les habitants de la ville, a quelques travers, celui d'abuser des patientes de la communauté sioux, on le lui pardonne volontiers,- « après tout ce ne sont que de jeunes femmes sioux »... c'est dire la violence souterraine, la ségrégation, l'horreur à ciel ouvert, qui tirent les ficelles des habitants de ce territoire, drapés parfois sous de si respectables et charitables attentions chrétiennes...
Pourtant, ce n'est pas le cas de Wesley et de sa femme Gail qui emploient une jeune femme sioux Marie Little Soldier à leur service. C'est la nurse de David... Elle fait presque partie de la famille. Alors, quand brusquement une menace sordide vient peser sur elle, sur sa vie, un élan d'empathie se dresse pour prendre soin d'elle, mais voilà, cela ne suffira pas pour la protéger...
Je n'en dirai pas plus, le reste est une histoire familiale, avec des mots qui peuvent parfois semer d'embûches le fleuve tranquille que voudrait être la vie d'une famille respectable du Montana et amener les membres de cette famille à choisir, prendre des décisions qui nous paraissent tellement évidentes, dans ce dédale qui se révèle pour eux indicible : honneur, secret, loyauté, justice, innocence, culpabilité... Car c'est un terrible événement qui va ébranler le socle familial durant cet été 1948...
C'est alors que le texte se déploie à l'image d'un huis clos familial, à l'atmosphère pesante, à la tension palpable à chaque page. Ce texte magistral est une véritable tragédie antique au pays des cow-boys, où la notion du mal vient brusquement déchirer le cercle familial. Les armes sont là qui peuvent parler mais les conflits intérieurs sont encore plus violents... C'est juste grandiose.
L'enfance est parfois la fin des certitudes, des illusions peut-être... Est-ce ainsi que peut se forger une certaine idée de la justice dans la tête d'un enfant dont le père est le shérif de la ville et dont la famille porte l'étoile de shérif de père en fils ?
J'ai été ébloui par ce texte concis, puissant, qui va à l'essentiel.
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Commenter  J’apprécie          5713
latina
  19 août 2013
Si vous voulez vous plonger dans les affres causées par un cas de conscience, si vous acceptez de nager dans les eaux troubles du choix entre la fidélité à la famille et le devoir, alors, n'hésitez pas : « Montana 1948 » vous attirera dans un gouffre de culpabilité, pour votre plus grand plaisir !
Ici, le lecteur se fait voyeur. En entrant dans la conscience du gamin de la famille, il participe, se cache, écoute aux portes et découvre un secret honteux. Non, au jeune David, on ne dit rien. Trop jeune pour entendre une abomination ! Mais il est curieux...
Oh, ce que j'ai aimé habiter le temps de quelques jours dans le Montana ! Que j'ai apprécié être hébergée par cette famille apparemment sans histoire : le père, tranquille shérif d'une petite ville (si tranquille qu'il ne prend jamais son pistolet), la mère, secrétaire au greffe du tribunal juste en face de leur domicile et le fils au caractère peu sociable. Malheureusement (et pour notre plus grand bonheur), l'oncle Franck rue dans les brancards, et ce n'est pas la première fois ; il aime un peu trop les Indiennes ! Enfin, quand je dis « aimer », ce n'est pas le terme adéquat... A vous de juger quand vous lirez ce roman passionnant.
Et son frère le shérif droit et honnête va donc être confronté au cas de conscience dont je parlais plus haut : poursuivre Franck, l'enfant chéri du patriarche autoritaire et vindicatif, le grand frère héros de son enfance, ou ne rien dire et le laisser se vautrer dans ses forfaits ? La mère de David, femme exemplaire et dont le rôle est capital, aidera son mari à dénouer ce dilemme.
Du début calme aux paysages de plaine balayée par un vent omniprésent, on bascule dans la tragédie, qui se gonfle peu à peu, inexorablement, pour arriver au coup de théâtre final.
Tout est somptueux dans ce roman : l'ambiance, la psychologie, la trame. Et pourtant tout est décrit de manière si simple !
Alors, aux amoureux de l'Amérique profonde, de ses décors et de ses gens, aux passionnés de la psychologie, je dis : foncez ! Lisez « Montana 1948 » et comme moi, vous ne pourrez vous détacher de ce microcosme sans une pointe (et même plus !) de regret.
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Crossroads
  01 août 2013
Alors ce Montana 1948 ? Excellent ou excellent ?
A noter que deux indices se sont déjà glissés subtilement dans la question...
Watson , à ne surtout pas confondre avec Watson , fidèle acolyte d'Holmes , ne fait pas dans l'élémentaire mais dans la suspicion et le cas de conscience .
Cook et ses Feuilles Mortes traitait magnifiquement du doute qui rongeait alors un père à l'égard de son fils . Larry Watson met ici en scène deux frangins que tout oppose et plus particulièrement une certaine notion de la morale et de la justice .
L'un , Frank Hayden , ancien combattant respecté et désormais médecin , ne suscite qu'admiration et envie .
L'autre , Wesley , officie comme shérif d'une petite ville du Montana et met un point d'honneur à bien faire ce pour quoi il est payé .
Les rapports ont toujours été plutôt cordiaux jusqu'à ce terrible été de 1948 . le décès d'une jeune femme sioux précédemment auscultée par ce bon doc commencera à soulever pas mal d'interrogations quant à ses pratiques avec la gente féminine indienne .
Alerté par de nombreux témoignages concordants , Wesley ne saurait fermer les yeux sur ces agissements douteux au risque de faire imploser une famille alors irréprochable aux yeux de toute la communauté .
David , son jeune fils de 12 ans , se souvient et raconte...

Très court récit qui se dévore plus qu'il ne se lit .
Le coup du secret de famille honteux n'est pas nouveau nouveau mais la sauce prend facilement et permet de passer un agréable moment .
Le petit David , tout comme son père , va se manger une méchante droite et perdre pas mal de ses illusions à l'égard du monde des adultes en général , de son oncle qu'il idéalisait auparavant en particulier .
Un récit âpre et rugueux sur le doute qui s'immisce et vous dévore un peu plus chaque jour et sur cette notion si personnelle du sens des responsabilités . Quid de l'importance des liens familiaux et des répercussions futures désastreuses en cas de guerre ouverte ?
160 pages . Il n'en faudra pas plus à Watson pour poser le problème , l'analyser et le résoudre avec brio .
D'éblouissants tableaux paysagers supplémentaires et je lui claquais un 5 étoiles ! C'est pas passé loin...Dommage...
Montana 1948 : combien j'vous dois docteur ?
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spleen
  20 mai 2022
Une histoire racontée par David Hayden, 12 Ans, dans le Montana en 1948 et qui va marquer un tournant dans l'enfance du jeune garçon.
Les Hayden sont une famille riche et respectée, le grand-père, véritable patriarche était le shérif de la petite ville . Son fils ainé , le préféré , Franck, vétéran couvert de gloire est devenu médecin , le second et père de David , Wesley a choisi d'être shérif.
Par son regard , nous sommes confrontés à la fin de l'innocence lorsqu'il prend conscience que son oncle bien aimé , est accusé d'agressions sexuelles sur de jeunes indiennes .
Lorsque sa nourrice , Marie, une jeune femme sioux qui vit chez les parents de David tombe gravement malade , Franck est appelé à son chevet , c'est à ce moment là que le garçon comprend que certaines choses lui sont cachées et qu'il va découvrir les noirceurs que taisent certains .
Un vice connu par les habitants de la bourgade, mais comme il ne concerne que les indiennes, la chose est minimisée. Seulement lorsque la mort de Marie devient suspecte, Wesley, dans son rôle de shérif ne peut rester indifférent .
L'opposition entre la protection à tout prix de la respectabilité de la famille au dessus des lois , et la nécessité de la justice est un thème classique mais dans ce roman , présenté par le cheminement et l'éveil de la conscience de David, cela devient passionnant .
L'écriture est juste , simple sans être infantilisée, posant quand il le faut les vraies questions en rajoutant aussi le racisme ancré vis à vis des indiens qui ne sont pas considérés comme les autres alors qu'ils partagent leur vie ...
Une fois de plus , un regard pointu que j'ai beaucoup apprécié sur toutes les ambiguïtés de ce peuple américain !
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Annette55
  29 juillet 2021
Très court commentaire , vu leur nombre élevé je dirai simplement que ce livre de la fin de l'innocence, , des déchirements , à la trame simple , incroyablement maîtrisée , remarquable de justesse : ambiance pesante , montée en puissance inexorable , riche de thèmes universels et intemporels se lit d'une traite ,en retenant son souffle !

Y sont évoqués les préjugés raciaux, les abus sexuels , la justice différente selon ses origines , il ne faisait pas bon être Indien et surtout Indienne en 1948 dans le Montana , la difficulté d'avoir à choisir entre la loyauté à sa famille face à la justice pour le père de David, le dilemme moral, le racisme sordide, la perte des illusions pour David ,le narrateur ,âgé de douze ans , son passage brut à l'âge adulte , le basculement de vies qui se brisent .
Grâce à une plume exigeante, fluide et légère, juste , sensible,riche, phrases simples et honnêtes , ce petit bijou, intense , peut - être trop court , histoire toute simple , brute , mêlant drame familial , chronique sociale, difficultés à choisir , inoubliable , laissera une trace profonde dans mon coeur !
Juste excellent ! Une merveille qui fait réfléchir !
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critiques presse (4)
Actualitte   01 août 2017
Reste de ces cent cinquante pages ciselées à merveille le sentiment d’avoir tenu entre ses mains un huis clos absolument bouleversant et, de fait, un roman culte impérissable !
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDGest   17 mars 2017
Une histoire toute simple sur les abus, ceux qui sont tus en croyant innocemment préserver la paix.
Lire la critique sur le site : BDGest
ActuaBD   09 mars 2017
Avec un scénario habilement mené, mêlant drame familial, intrigue policière et chronique sociale, il illustre une Amérique en transition, qui hésite encore entre ses valeurs héritées de la conquête de l'Ouest.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BoDoi   02 mars 2017
À la profondeur et la force du scénario, Nicolas Pitz oppose des couleurs surannées, dans les tons saumon et bleu, et des personnages presque figés aux grands yeux interloqués, parfois déroutants.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   20 août 2013
On dit que les jeunes sont impatients, mais la plupart du temps ils pourraient en remontrer à leurs aînés, ils ont plus l'habitude d'attendre; le temps s'écoule plus lentement pour eux car ils passent tant d'heures, de jours, de mois et d'années dans l'attente - de leur anniversaire, de Noël, du retour de leur père, de la venue de l'été, des examens, que la pluie tombe, que le pasteur en ait fini de parler, que les filles arrêtent de dire "Pas maintenant, pas encore, attends!". Oui, pour ce qui est de la patience, et sous toutes ses formes, les jeunes en ont la vraie maîtrise.
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mesrivesmesrives   25 août 2016
Comme tous les gosses de mon âge au Montana, j'avais mon petit arsenal: une .22 pour tirer sur les chiens de prairie et les serpents; un .410 calibré pour chasser les faisans, les oies, les canards et les grouses; et aussi un 30-30 pour chasser les cerfs. Mais toutes ces armes n'étaient qu'à un seul coup. Pour mon père il n'y avait rien de pire que les faux tireurs d'élite et les gaspilleurs de munition. Pour lui, posséder un fusil à un coup constituait le meilleur apprentissage au tir utile. Sa théorie était valable, mais on ne pouvait pas me l'appliquer. Médiocre tireur, j'étais en revanche très rapide pour recharger.
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CrazynathCrazynath   10 avril 2014
Il avait les mains enfoncées dans les poches arrières de son pantalon et son gros ventre pointé en avant ressemblait à un sac bourré de grains. Il se tenait les jambes écartées, comme prêt à faire face à la moindre agression. Il portait ses cheveux blancs plus longs que la plupart des gens de son âge - pas dégagés derrière les oreilles et retombant en boucles sur le col de sa chemise. Ses rouflaquettes fournies lui descendaient jusqu'aux bajoues. Quand nous arrivâmes devant lui, le vent souleva ses cheveux, conférant à sa tête un volume plus imposant que jamais.
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JIEMDEJIEMDE   10 janvier 2017
En observant le regard mort de l'oiseau, je me rendais compte que les plus étranges relations auxquelles on ne pense pas - le sexe et la mort, le désir et la violence, l'envie et la déchéance - sont nichées là, oui, bien nichées au cœur même des âmes les plus pures.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 décembre 2015
C'est un lieu commun que de souligner l'étroitesse d'esprit et la mesquinerie qui caractérisent la vie de village. Il me faut pourtant souligner qu'en 1948, à Bentrock, dans le Montana, l'inverse était vrai. Les habitants de notre communauté toléraient toutes sortes de personnages aux comportements les plus excentriques, les plus insolites ou les plus aberrants. [...] Mme Russell, l'épouse du président de la banque, qui était kleptomane-les commerçants repéraient ce qu'elle leur dérobait, et chaque semaine, le mari se déplaçait pour les rembourser [...] Mon oncle, enfin, qui abusait de ses patientes. Combien d'autres secrets recelait notre ville ? p121
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