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Gilles Goullet (Traducteur)
ISBN : 2265087440
Éditeur : Fleuve Editions (09/04/2009)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 72 notes)
Résumé :
La Terre a été prise "en photo" depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire ? Le vaisseau Thésée part en mission. A son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin : une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, une militaire pacifiste et un observateur, Siri Keeton, capable de déchiffrer à la perfection le langage corporel de ses interlocuteurs. Leur commandan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  28 octobre 2012
L'histoire en elle-même est très simple.
Elle est écrite sur le thème du contact ou de la rencontre de 3ième type.
4 hybrides optimisés (par génie génétique, opérations chirurgicales ou autre) ayant plus ou moins dépassé le seuil de la simple humanité et un prédateur éteint (mais ressuscité par une compagnie commerciale) qui a choisi de les commander plutôt que les dévorer vivant, vont à la rencontre, dans un vaisseau propulsé par moteur à télématière (anti-matière et théorie de la téléportation quantique), d'un BDO (Big Dump Objet ou GTS (grand truc stupide) en français, en clair un gigantesque et mystérieux artefact ou entité extra-terrestre).
La condition vampirique du commandant n'est qu'un élément secondaire de l'histoire. On découvre quelques éléments sur le vampires (comme pourquoi ils n'aiment pas les crucifix) mais je dirais qu'on est à mille lieux de la littérature Bit-lit habituelle.
Le véritable héros (humain bien sur, puisque sinon c'est le BDO) c'est Siri Keeton (le seul dont le nom est mentionné dans le quatrième de couv). C'est lui qui raconte l'histoire et on va apprendre à le connaitre également par quelques flasback sur sa vie et sa condition de synesthésiste (ou l'art de faire comprendre aux gens "simples" les idées des gens "compliqués" sans pour autant les comprendre soi-même.
On a donc à faire à un véritable roman de Sf de type Hard-science. Pas de place pour l'imaginaire ou la magie. Une bonne culture de ce type de Sf ou une petite culture scientifique est nécessaire pour pleinement apprécier le livre. (Sinon, on pourra toujours se reporter en fin d'ouvrage aux notes et remarques de l'auteur et aux références (très nombreuses).
Un début un peu lent, "très scientifique", mais rapidement, bien que le vocabulaire soit toujours recherché, il passe au service de l'histoire avec de nombreux dialogues très vivant sur l'histoire de siri, la rencontre et la vie à bord du thésée (le vaisseau), les interactions entre les pesonnages et la visite du BDO.
Conclusion : Pour les amateurs de hard-sf, un bon moment, cérébral, mais un bon moment quand même....
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CardShark
  02 février 2013
Vision aveugle par l'auteur canadien et ancien biologiste marin Peter Watts, nominé aux Hugo est facilement l'un des meilleurs romans de hard-SF écrit au cours des dix dernières années - et je dirais que c'est l'un des meilleurs jamais écrits. C'est un roman sur le thème du premier contact de la meilleure qualité, un Rencontre du Troisième Type ambiance Alien : 65000 sondes extraterrestres prennent une photo instantané de la terre dont le signal se perd aux confin du système solaire. Une dream-team de posthumains, augmentés mentaux, et autres traumatisés à tendances nettement sociopathiques, est assemblée pour armer le vaisseau Thésée, envoyé aux limites de notre système solaire pour enquêter : Une linguiste à personnalités multiples qui croit que la discussion résout tous les maux, un biologiste si augmenté pour gouter les ultrasons et voir les rayons X, que son corps est une carcasse insensible, une militaire pacifiste en plein trip de culpabilité capable de déclencher l'enfer d'une commande mentale, avec le vague espoir qu'elle ne sera pas nécessaire, ou, si c'est le cas, qu'elle fera la moindre différence, et pour les commander un superprédateur à l'intelligence supérieure, humanoïde et anthropophage, ramené de la tombe par le génie génétique et un trop-plein de confiance. Et pour nous narrer leurs aventures au fin fond de l'espace, Siri Keeton, synthétiste de profession, un expert en traitement d'information, amputé d'une moitié de cerveau et bourré de machinerie d'analyse, qui essaie très fort de ne pas être paumé.
Avec des curriculum-vitae pareils, chaque aspect de ce roman traite des questions sur la conscience. Il ne se contente pas de nous faire savourer la découverte progressive de la nature de Rorschach, un terrifiant Big Dumb Object peuplé d'extraterrestres qui sont vraiment extraterrestres (et pourtant rien que ça justifie la lecture du livre). Il tente - avec succès - d'extrapoler ce à quoi des gens qui modifient la structure de leur esprit pour de meilleurs résultats dans un domaine particulier pourraient ressembler. Nous vivons à une époque où notre compréhension du cerveau est en pleine expansion, et les questions que Watts soulève dans ce roman pourrait bientôt être utiles dans notre vie quotidienne. A quoi des gens qui seront volontairement neurologiquement atypiques ressembleront? Comment appréhenderont-ils le monde ? Seront-ils encore, en réalité, humains ?
Vision aveugle plonge dans ces questions sur l'émergence et la valeur de la conscience tout en fournissant une captivante, terriblement plaisante histoire d'exploration spatiale. Si vous aimez la hard-SF pour "les vis et les écrous", et élargir votre horizon scientifique, vous allez vous régaler, les bases scientifiques du livre sont irréprochables, parfaitement comprises et maîtrisées par l'auteur, et agrémentée d'un chapitre de note et références en fin de bouquin accumulant 144 référence tirées des revues Nature, Science, Physical Review Letters, et j'en passe. Watts, à l'origine biologiste marin, a visiblement étudié les neurosciences et les sujets connexes toute sa vie, et il le montre avec talent en utilisant ses connaissance des théories scientifiques modernes à la fois pour informer et inspirer.
Qu'il ne soit pas dit que le livre est une lecture sèche, non plus. Peter Watts manie la prose comme un scalpel, affûté et vicieux, bien plus talentueux que la très grande majorité des auteurs de SF échappés du monde scientifique. Son écriture incisive guide élégamment le lecteur et rend l'histoire délicieusement lisible malgré sa complexité labyrinthique et la densité du propos sous-jacent (au passage, superbe boulot de traduction sur la VF). J'ai lu le roman entier en une seule nuit à couper le souffle, et c'est l'un des livres avec le plus grand potentiel de relecture que j'ai rencontré. Y'a t-il d'horreur dans ce livre? Tout à fait. Y'a t-il de la beauté et de l'émerveillement dans ce livre? Tout à fait.
S'il y'a un défaut à ce livre, c'est qu'il fait son travail très bien : ne lisez pas ce livre quand votre moral est dans les chaussettes (ça peut pas être pire que la fin de Titan ou du premier tome des Univers Multiples de Stephen Baxter, mais c'est pas loin). Il a également été critiqué pour être source de confusion, ce qui est dû en grande partie au fait que le narrateur, à l'état mental déjà pas très net au repos, est poussé dans ses retranchements tout au long de sa découverte cauchemardesque de Rorschach et est loin d'être un témoin fiable. le narrateur souffre, à la fin du livre, d'une crise personnelle provoquée par sa neurophysiologie unique, de sorte que la conclusion est racontée d'un point de vue qui est difficile à appréhender et mérite une ou deux relectures pour capter tous les éléments et les remettre dans le bon ordre.
L'oeuvre est disponible en format papier, certes, mais est surtout disponible (en VO) sous licence Creative Commons sur le site de l'auteur avec tous ses autres ouvrages, sous divers formats électroniques, gratuit, il n'y a vraiment aucune raison de passer à coté, si tant est que l'anglais ne vous rebute pas trop. Peter Watts a un site web avec une grande richesse d'informations de base, quoique qu'un brin bordélique, sur l'univers de Blindsight (ainsi que sur la trilogie Rifters).
Il est à noter que cet ouvrage fait partie des lectures obligatoire du cursus de neurologie de l'université de Miami et apparemment aussi en philosophie. Pas mal, pour un bouquin qui a failli ne jamais être publié.
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finitysend
  11 juin 2012
Une réussite sur un thème difficile à traiter : le super organisme bio-social et incidemment la question de la question de la conscience comme avantage évolutif ...
Si on n'est pas amateur de hard science : Je crois que l'on devra peut-être passer son chemin !?
Je ne dis pas cela pour être prétentieux mais tout simplement car certains lecteurs pourraient être alléchés à tort par des histoires de vampires .
L'auteur réussis superbement à nous plonger dans un univers post humain palpable et nous sommes embarqués dans une expédition spatiale somptueuse .
Au contact d'extraterrestres TRES particuliers et crédibles ( super organisme )
L'espèce en question est singulière et tout est amené de façon habile et ultra crédible .
Au début le style est un peu surchargé ( redondances quelquefois lourdes et pas toujours chargées de sens ).
Je le mentionne car pour parler franchement c'est pas très réussis pendant cette partie du roman !
La narration est sur le mode du " je " toute la première partie du récit le résultat est assez intense et implique fortement le lecteur dans l'intimité et dans l'intimité de cette civilisation du futur et dans l'intimité de certains pot-humains de cet univers .
Ces différents aspect sont aussi concrets que palpables.
Peter Watts est vraiment talentueux pour animer ce type de personnages ( des post-humains ) tout en les rendant accessible et vivants .
Il parvient notamment à ne pas les désincarner et à rendre leur logique impénétrable .
Par la suite dans le roman , les dialogues et descriptions prennent le dessus dans la trame narrative. Ces dialogues sont très bien construits et l'effet est très réussi .
Un roman très prenant et riche de sens pour les amateurs ,pas de doutes .
Un excellent moment de hard science ( de qualité et intéressant ).
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kedrik
  30 janvier 2012
Je vous avais déjà parlé d'un livre de Peter Watts (Starfish) dans lequel un groupe d'humains modifiés et au bord de la psychose était confronté à un mystère scientifique tandis qu'ils essayaient de cohabiter dans un huis-clos qui exacerbait leurs différences. Eh bien Vision aveugle, c'est totalement autre choses puisque ça raconte l'histoire d'un groupe d'humains modifiés et au bord de la psychose qui est confronté à un mystère scientifique tandis qu'ils essayent de cohabiter dans un huis-clos qui exacerbe leurs différences. Rien à voir.
Nous sommes 80 ans dans le futur. La transhumanité est devenue réalité : on peut décider de se réfugier totalement dans des mondes virtuels ou bien transférer sa conscience dans des machines. Seuls les barjos ont encore de vraies relations sexuelles. Et vlan, un beau jour la Terre a la visite de multiples sondes extraterrestres. le premier contact va pouvoir avoir lieu. On repère ce qui semble être une présence et on envoie des experts dans un vaisseau qui serait en théorie capable de se dupliquer morceau par morceau. Et ces experts sont la fine pointe de ce que cette post-humanité a produit : un jargonaute hémiplégique, une femme hébergeant des personnalités multiples, un vampire, un type capable de s'incarner dans ses drones… Cet équipage hétéroclite va être confronté à des choses déconcertantes qui vont remettre en question plusieurs de leurs certitudes… ce qui ne sera pas sans impact sur la dynamique sociale du groupe.
Peter Watts utilise donc le prétexte de la rencontre extraterrestre pour aborder des tonnes de notions très intéressantes. Centré sur Cygnus, qualifié de zombie depuis qu'il a subi l'ablation d'un hémisphère cérébral suite à une maladie, la récit met en lumière le travail de ce type privé d'empathie qui est en permanence conscient du fait qu'il est en permanence conscient. Il analyse tous les signes, extrait du sens d'une multitude de faits apparemment sans lien, décode sans nécessairement comprendre. Et surtout, il ne s'implique pas. Sauf que les interactions avec l'entité extraterrestre et les expériences que vivront l'équipage ébranleront les certitudes bien arrêtés de ce petit monde. le langage, la perception, la conscience… tout cela est très relatif. le câblage humain, la programmation comportementale, l'évolution, la mécanique linguistique… c'est le festival des idées intéressantes. On en prend plein les mirettes tellement Watts pose les bonnes questions via ses personnages.
Sauf que.
C'est ardu. Certains concepts centraux sont à peine évoqués, d'autres sont inaccessibles à un imbécile comme moi. L'auteur le sait et y va d'un long chapitre explicatif à la toute fin du livre afin de donner au lecteur des réponses qui n'ont pas eu leur place dans le récit. Et c'est là le signe que le livre est en partie raté : quand tu as besoin d'aller lire plusieurs articles sur Wikipédia pour décoder un roman, c'est que le travail de passeur de l'auteur n'est pas fait correctement. Oui aux idées intelligentes, mais merci de le rendre digérables pour l'employé de bureau. Je ne parle pas de tout décortiquer, mais de vulgariser au maximum. Car il y a beaucoup d'intelligence dans ce livre, mais elle est sous clé. Et puis certaines idées sont mal exploités. le coup du vampire recréé génétiquement tel un dinosaure de Jurassik Park, c'est bien mais ça apporte au final pas grand-chose à l'histoire. Idem pour les personnalités multiples : beaucoup de bruit pour rien. Heureusement, Cygnus est lui parfaitement rendu et exploité ce qui donne à ce roman une accroche forte qui permet d'aller au-delà du scénario habituel de la rencontre du troisième type qui vire au cauchemar dans un environnement hostile.
Au contraire de Cygnus, je n'ai pas toujours pu extraire du sens de tout ça. Pour être honnête, je n'ai même pas vraiment compris la conclusion de cette mission. Je ne sais même pas si je suis le public visé par Peter Watts. Peut-être n'écrit-il pas pour l'homme de la rue (et ça serait son droit). Il a toutefois ouvert des portes sur des concepts cognitifs très riches qui me fascinent. La chimie corporelle des sentiments. L'utilisation mécanique du langage. le rôle de l'efficacité énergétique dans l'évolution. La conscience en tant que frein au développement. C'est passionnant.
En résumé, la SF c'est comme un épisode de House M.D. : y'a des passages où tu entraves que dalle parce que tu n'as pas fait les études pour, mais tu comprends globalement ce que ça sous-tend.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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Lutin82
  15 janvier 2016
«La Terre a été prise en photo depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire? le vaisseau Thésée par en mission. A son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin : une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, un observateur, Siri Keeton (...). Leur commandant est lui aussi un homme étrange : un homo vampiris.»



Ainsi se présente le quatrième de couverture.


La Terre a été prise en photo. Toute sa surface. Un instantané. Une fois le signal détecté et la source d'émission localisée, les terriens envoient une mission spatiale pour prendre un premier contact avec cette espèce extra-terrestre. L'équipage - composé d'un vampire commandant de bord, d'humains technologiquement modifiés et d'un observateur - a toutes les compétences pour remplir sa mission : identifier ami ou ennemi, puis suivant le cas prendre l'initiative du contact ou les mesures nécessaires.


La première partie du roman s'attache à décrire les circonstances de leur voyage au sein du système solaire, à travers le «récit» de l'observateur, un homme dénoué d'empathie mais qui est un expert de la synthèse et du compte rendu. Cette particularité acquise suite à un accident (lésion cérébrale) lui donne la faculté de pouvoir interpréter n'importe quelle situation.


Ensuite, l'action se concentre sur la découverte de l'artefact et de son exploration, plutôt périlleuse, par l'équipage provenant de la Terre, mais également celle plus subtile des aliens. Bien entendu, la rencontre «s'emballe»



Jusqu'alors, je n'avais jamais lu une ligne de Peter Watts, mais
 un vampire dans un vaisseaux spatial.... Comment y résister?


Le premier contact a été... épineux, ardu, une épreuve en soi. 
Le style était différent, avec de nombreux flash-backs, et durant les premières pages, je ne savais pas si j'aimais réellement ce bouquin ou si j'allais le laisser tomber tant la lecture était inhabituelle. Puis, on finit par se familiariser avec l'auteur et son histoire.


D'ailleurs, elle est assez classique au niveau de sa construction : après la première phase d' exposition des différents personnages, l'auteur nous délivre le «choc culturel» attendu entre les «humains» et les ET à un rythme enlevé; avec la question que l'on se pose d'un bout à l'autre : arriveront-ils à communiquer?



«Les individus dotés d'une « vision aveugle », due à une lésion cérébrale, déduisent correctement les caractéristiques visuelles d'objets qu'ils ne peuvent pas voir consciemment. Cette « vision intuitive » est parfois plus performante que la vision normale.» Dixit le dico.



La compréhension dans son sens large - de soi, de l'autre ou de son environnement - est l'essence de ce roman. Finalement, c'est à travers «l'épreuve initiatique» de Sirri Keaton que nous découvrons le point de vue que nous propose Peter Watts. Cet observateur - dénoué d'empathie - va devoir faire face aux difficultés, et trouver des ressources autres que sa froide intelligence pour finalement comprendre la nature des aliens, ce que seront incapable d'effectuer d'autres membres de l'équipage. Mais, chut, le reste, il vaut largement mieux le découvrir avec les mots de l'auteur qu'avec une plume quelconque. 
Vision Aveugle est un roman sombre, ambitieux et qui ne prend pas le lecteur pour un imbécile.

 Bref, j'ai vraiment adoré, mais je comprends que l'on puisse être rebuté devant une difficulté initiale.
Lien : http://lmauget.wix.com/albed..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MyrtleMyrtle   16 juillet 2011
Imaginez que vous êtes une machine Oui, je sais. Mais imaginez que vous êtes une machine d’un genre différent, en plastique et en métal, conçue non au petit bonheur la chance par la sélection naturelle, mais par des ingénieurs et des astrophysiciens aux yeux fixés sur des buts bien précis. Imaginez que vous n’ayez pas pour but de vous reproduire, ni même de survivre, mais de rassembler des renseignements. J’arrive facilement à imaginer cela. En fait, c’est un rôle bien plus simple que ceux du genre qu’il me faut jouer d’habitude. Je vogue au milieu du néant dans la partie la plus froide de l’orbite de Neptune. La plupart du temps, je n’existe que comme absence, pour un observateur du spectre visible : une silhouette asymétrique en mouvement qui masque les étoiles. Si vous me surpreniez dans ces moments-là, vous pourriez en tirer des conclusions sur ma véritable nature : une créature segmentée à la surface argentée, hérissée de soudure, de paraboles et d’antennes maigrichonnes. Ici et là, un bruissement de gel accumulé s’accroche à une jointure ou une soudure, un soupçon gelé de gaz croisé par exemples aux alentours de Jupiter. Ailleurs, j’emporte les cadavres microscopiques de bactéries terriennes qui se développaient avec abondance et insouciance sur la peau des stations spatiales ou la clémente surface lunaire, mais sont devenus cristaux à seulement la moitié de ma distance actuelle au soleil. Désormais, à un souffle du zéro absolu, un photon suffirait à les briser.
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CardSharkCardShark   22 septembre 2016
"Que...." Votre voix se limite à un murmure rauque. "... s'est-il p..."
Szpindel actionne sa mâchoire. L'os émet un craquement distinct.
"...sss'est fait baiser", siffle-t-il.
Vous n'avez même pas encore rencontré les extraterrestres qu'ils vous surclassent déjà.
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RoicarotteRoicarotte   19 août 2018
Autrefois, il existait trois tribus.
Les Optimistes, qui avaient pour saints patrons Drake et Sagan, croyaient à un univers grouillant d’intelligence aimable… à une confrérie spirituelle plus vaste et plus éclairée que nous, une grande famille galactique dans les rangs de laquelle nous nous élèverions un jour. Voyage spatial implique certainement esprit éclairé, soutenaient les Optimistes, car il faut pour y arriver maîtriser de grandes énergies destructrices. Une espèce incapable de transcender ses propres instincts brutaux s’autodétruira bien avant d’apprendre à combler le fossé interstellaire.
À l’opposé des Optimistes, il y avait les Pessimistes, qui se prosternaient devant saint Fermi et une foule de poids légers de moindre importance. Les Pessimistes voyaient l’univers solitaire, rempli de cailloux morts et de dépôt procaryote. Les chances sont trop minces, affirmaient-ils. Trop d’isolement, trop de radiations, trop d’excentricité dans de trop nombreuses orbites. C’est un miracle sans égal qu’une Terre existe, espérer qu’il en existe beaucoup revient à abdiquer toute rationalité pour sombrer dans la manie religieuse. Après tout, l’univers a plus de quatorze milliards d’années : si de la vie intelligente existe dans la galaxie, n’en aurions-nous pas déjà fait la connaissance ?
À mi-chemin entre ces deux tribus, on trouvait les Historiens. Ils n’avaient pas d’opinion bien arrêtée sur la probabilité qu’il existe des extraterrestres intelligents et capables de voyager dans l’espace, mais s’il en existe, disaient-ils, ils ne vont pas juste être intelligents. Ils vont être méchants.
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Charybde2Charybde2   28 octobre 2015
Imaginez que vous êtes Siri Keeton.
Vous vous réveillez dans une résurrection atrocement douloureuse, cherchant votre souffle après une apnée du sommeil record de cent quarante jours. Vous sentez votre sang, épaissi par la dobutamine et la leu-enképhaline, se frayer un chemin dans des artères racornies par des mois d’inactivité. Le corps enfle en incréments douloureux : les vaisseaux sanguins se dilatent, la chair se détache de la chair, les côtes craquent dans vos oreilles à cause d’une soudaine et inhabituelle flexion. Vos articulations se sont grippées à force de ne pas servir. Vous êtes un homme-bâton, figé en une perverse rigor vitae.
Vous hurleriez, si vous aviez assez de souffle.
Vous vous souvenez que les vampires faisaient tout le temps cela. C’était normal pour eux, c’était leur manière à eux, et rien qu’à eux, de préserver les ressources. Ils auraient pu enseigner deux ou trois trucs sur le contrôle aux gens de votre espèce, si cette absurde aversion pour les angles droits ne les avait pas anéantis à l’aube de la civilisation. Peut-être le peuvent-ils encore. Après tout, ils sont de retour, sortis de la tombe par le vaudou de la paléogénétique, réassemblés à partir de gènes poubelles et de moelle fossile marinés dans le sang de sociopathes et d’autistes de haut niveau. L’un d’eux commande même cette mission. Une poignée de ses gènes vit dans votre propre corps afin qu’il puisse lui aussi revenir d’entre les morts, ici, à la frontière de l’espace interstellaire. Personne ne dépasse Jupiter sans devenir en partie vampire.
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SivojSivoj   03 février 2016
Vous faites toujours grand cas de ce truc. De votre foutue empathie. Et je suis peut-être bien une espèce d'imposteur, mais la plupart des gens jureraient que je les connais jusqu'au tréfonds de leur âme. Je n'ai pas besoin de cette merde, il n'est pas nécessaire de ressentir les motifs pour les déduire, c'est mieux si on ne peut pas, ça permet de rester...
– Objectif et sans passion ? a glissé Cunningham avec un petit sourire.
– Votre empathie pourrait n'être qu'un mensonge confortable, tu y as déjà pensé ? Vous croyez peut-être savoir ce que ressent l'autre, mais vous ne sentez que vous-mêmes, vous êtes peut-être encore pires que moi. Ou si ça se trouve, on ne fait tous que deviner et la seule différence est que je ne me voile pas la face à ce sujet.
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Vidéo de Peter Watts
Interview de Peter Watts par Actusf aux Utopiales 2010.
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