AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Georges Belmont (Traducteur)
ISBN : 2221103831
Éditeur : Robert Laffont (01/03/2005)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Invité à Brideshead, la magnifique demeure familiale de son ami Sebastian, le jeune Charles Ryder, étudiant à Oxford, découvre les mœurs et l'art de vivre de l'aristocratie anglaise. C'est au travers de cette grande fresque, se déroulant durant les " années folles " et enluminée de personnages plus excentriques les uns que les autres, que le grand Evelyn Waugh s'est juré de " suivre les cheminements de la volonté divine au sein d'un monde païen ".
Humour, cy... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Ys
  20 février 2017
Alors que s'est déjà éteint son bref engouement pour la chose militaire, les hasards de la guerre ramènent un jour le capitaine Charles Ryder à Brideshead. Ce paysage, il le connaît encore par coeur : une vallée enchantée, trois lacs, un château, la plus belle demeure qu'il ait jamais connue - et avec lui, mille souvenirs d'un temps désormais révolu. C'était il y a plus de vingt ans, la première année à Oxford, les portes de la vie qui s'ouvrent enfin en grand, les amitiés studieuses qui cèdent le pas aux amitiés de plaisir, le temps où l'on apprend à boire et à aimer. C'était Sébastien Flyte, ce garçon délicieux, un peu puéril, dont il était devenu le compagnon inséparable et qui l'avait amené là, à la demeure de ses ancêtres. C'étaient les Années Folles, l'alcool qui coule à flots, la fête qui trébuche, les dysfonctionnements qui percent, la mélancolie qui s'installe et grignote, grignote irréparablement les belles promesses dont on se grisait tantôt.
Un sentiment de profonde tristesse domine à la lecture de ce roman - roman de la jeunesse perdue, de l'amour gâché, des illusions enfuies. Pas de pathos, pourtant, juste un ton de mélancolie sourde, d'amertume lucide, un peu désemparée, qui n'exclut ni l'humour pince-sans-rire ni la satire sociale. On a d'ailleurs soupçonné des personnalités bien réelles derrière certains personnages : Lord Beauchamp et son fils, Hugh Lygon, pour Lord Marchmain et Sebastian, un peu du peintre William Ranken pour Charles Ryder... de toute évidence, l'auteur peint un milieu qu'il connaît de près, la haute société de l'entre deux guerre, où se côtoient artistes et aristocrates, esthètes flamboyants et mondaines bon ton, avec ses extravagances, ses excès, ses folies, ses scandales, ses faille secrètes et ses traditions irréductibles. le tableau en est passionnant, un peu grinçant parfois, plein de charme, de vie, de couleurs, autour d'un petit noyau de personnages assez inoubliables. J'avoue un faible particulier pour Anthony Blanche, homosexuel flamboyant qui gère l'hostilité de ses camarades avec un panache admirable et restera, malgré ses fables et ses mises en scènes, l'un des caractères les plus francs et les plus forts du roman. Pour Cordélia aussi, la petite soeur dont la piété n'a d'égale que l'impertinence. Et puis, évidemment, Sebastian, qui ne saura que chuter en perdant son enfance, se heurter aux siens comme un animal captif aux barreaux de sa cage, Sebastian que tout le monde adore et qui se déteste lui-même avec une violence désolante - de ces personnages qui me touchent trop pour ne pas me séduire malgré l'envie latente qui me prend de leur botter l'arrière-train.
Difficile, pourtant, de saisir avec précision les ressorts intimes du personnage, de comprendre exactement ce qui le ronge, ce qui détruit de l'intérieur cette famille. Une part de mystère est voulue, sans aucun doute, le narrateur lui-même, longtemps, reste perplexe devant le drame qui se joue, d'autant plus impuissant et désarmé. Puis avec lui, on commence à saisir certaines choses, mais évoquées toujours de manière très allusive - et je ne suis pas certaine d'avoir toujours bien saisi ce qui était impliqué, notamment dans les dessous des rapports familiaux, le rôle de la religion dans tout cela, à la fois essentiel et très ambigu, destructeur et consolateur. Je serais assez tentée, à vrai dire, de voir dans la figure de Lady Marchmain un symbole autant qu'un personnage. Aimée et respectée de tous, sauf de ceux qui comptent réellement pour elle, objet d'un engouement passionné mais vite éteint de la part de son époux, qui depuis lors la fuit comme la peste pour vivre une existence lointaine, libre et plus ou moins scandaleuse, vouée à détruire tous ceux qu'elle cherche à retenir avec les meilleures intentions du monde, et tout particulièrement son fils cadet, implicitement homosexuel, qui n'assume pas de la haïr, elle reste assez mystérieuse en tant qu'individu mais prend pleinement son sens si on voit en elle, femme fatale et sainte, une incarnation de la tradition religieuse de la famille. Religion catholique, en l'occurrence, qui donne aux Flyte une place un peu à part dans l'aristocratie britannique, qu'ils cherchent à peu près tous à fuir mais à laquelle ils finissent toujours par revenir, presque malgré eux, pour le meilleur ou pour le pire.
Il méritera au moins une seconde lecture, ce roman - une lecture plus posée, moins avide de savoir comment tout cela va (mal) tourner, plus sensible aux indices, aux sous-entendus, enrichie peut-être d'autres romans de cet auteur que je connais assez mal. Je me procurerai en revanche une autre traduction que celle utilisée par l'édition 10/18, vieille, souvent maladroite, qui ne rend certainement pas justice au style de l'auteur.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
identifiantidentifiant
  20 mai 2013
C'est mon premier Evelyn Waugh et j'avoue que je ne m'attendais pas à ça. On m'avait parlé de littérature légère et drôle et finalement le livre est plutôt triste. C'est certes, du pur style d'écriture anglais mais je pensais que tout le roman serait léger. La première partie est la découverte pour l'auteur de l'université et de l'aristocratie anglaise. Cette partie est vraiment géniale, on lit le quotidien des jeunes anglais aisés avec leurs préoccupations farfelues et pas très sérieuses. Mais la seconde partie du roman parle de l'auteur dans la famille de Sébastien, la déchéance de celui-ci… On ne comprend pas pourquoi Sébastien se gâche la vie ainsi mais chaque histoire de famille transforme différemment les enfants, certains restent solides et d'autres sont trop affectés par les dérives familiales et ne finissent pas très bien. En bref, ce livre est assez triste. Je vais continuer mon exploration d'Evelyn Waugh pour essayer de retrouver la comédie légère à laquelle je m'attendais dans une autre de ses oeuvres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
LecturesdeVoyage
  16 avril 2019
Cette vie universitaire qui semble immuable, on la retrouve dans la première partie de « Retour à Brideshead (Brideshead Revisited), un des romans les plus célèbres d'Evelyn Waugh. C'est à Oxford, dans l'entre-deux guerres, que le narrateur Charles Ryder fait la connaissance et se lie d'amitié avec Lord Sebastian Flyte, le fils d'une lignée aristocratique catholique. Charles est invité dans le somptueux domaine de Brideshead où il est introduit au reste de cette famille extravagante. Sebastian se perd dans l'alcool sans que Charles ne parvienne à l'en empêcher et se retrouve, loin de tous, pitoyable, en Afrique du Nord. Plusieurs années plus tard, Charles retrouve Julia, la soeur de Sebastian, sur un transatlantique les ramenant de New York. Tous deux sont mariés de leur côté, mais ils tombent amoureux, divorcent de leurs conjoints et prévoient de se marier. le retour à Brideshead de Lord Marchmain, le père de Sebastian et Julia qui avait mené jusque-là une vie dissolue en Italie avec sa maîtresse, interrompt ce projet. le père de famille, à l'article de la mort, renoue in extremis avec sa foi catholique, ramenant sans le savoir sa fille dans « le droit chemin ». Un très beau roman sur l'amitié, l'amour et la rédemption. Des thèmes qui peuvent sembler un rien surannés, comme les collèges d'Oxford, mais qui néanmoins gardent leur force d'émotion grâce à l'écriture d'Evelyn Waugh (et l'interprétation de Jeremy Irons dans la version livre audio en anglais que j'ai écoutée). le livre a connu deux adaptations que je prévois de voir, d'abord pour la télévision et ensuite pour le cinéma.
Lien : http://www.lecturesdevoyage...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Nono19
  10 novembre 2017
Pendant la deuxième guerre mondiale, Charles Ryder se retrouve à Brideshead qui est utilisé comme caserne militaire. Plein de souvenirs refont surface car Charles connaît ce domaine par coeur. Tout a commencé lors de sa rencontre avec lord Sebastian Flyte, un jeune étudiant d'Oxford tout comme lui à l'époque, merveilleusement beau mais aussi merveilleusement perturbé. Puis il y aura la rencontre avec la famille de Sebastian dont chaque membre semble habité de démon intérieurs.
Charles tentera de nager dans ces eaux troubles... à ses risques et périls!
Bon, j'avoue que le bilan de ma lecture est mitigée. C'est certes très bien écrit mais il y eut des moments que j'ai trouvé trop longs, d'autres que j'ai trouvé bien déprimants.
On ne peut pas dire que ce roman respire la joie de vivre.
Charles a toujours l'air désabusé, assez fataliste tandis que la famille Brideshead donnerait des migraines à un psychiatre.
D'ailleurs, le destin de Julia, Sebastian, "Bridey", Cordelia ne sont vraiment pas enviables. On les sent perdu, portant une lourde pression, n'arrivant pas à vivre leur vie complètement.
La religion est omniprésente dans ce roman. La famille de Sebastian est catholique (ils sont une minorité en Angleterre où la majorité des Anglais sont protestants) et ne semble pas parvenir à vivre en paix avec.
Je me suis aussi demandée s'il n'y avait pas d'autres raisons, un passé lourd qui expliquerait pourquoi tous les Flyte sont à ce point... particuliers.
Un livre qui dégage une certaine tristesse, de la désillusion, une recherche de sens aussi mais j'avoue que je n'y ai pas trouvé l'humour promis par la quatrième de couverture (la gravité et le cynisme oui).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
stcyr04
  11 octobre 2017
Alors qu'il est capitaine d'infanterie durant la Seconde Guerre mondiale, Charles Ryder se retrouve sur les lieux d'une demeure seigneuriale dont il a bien connu les occupants, vingt ans auparavant; ce retour est l'occasion d'évoquer ses souvenirs qui ont marqué sa mémoire d'homme.
Evelyn Waugh décrit le chant du cygne d'une époque, d'un monde ancien, d'un autre temps, à travers le destin d'une lignée promise à l'extinction. Ryder fait la connaissance durant ses études à Oxford, d'un excentrique ami, lord Sebastian Flyte, fils cadet du Marquis de Marchmain, dont il devient l'ami et le confident. Ce dernier développe un goût immodéré pour l'alcool, entraînant un lent mais sûr repli sur soi, un déclin inexorable. Renvoyé d'Oxford, faussant compagnie à ses chaperons pour s'adonner à son vice, plongeant dans la déchéance avec des amis de rencontre, il fait le désespoir de sa famille. L'aîné de la fratrie est un nobliaux gauche et oisif qui se mariera avec une femme désargentée et bourgeoise. La soeur aînée se mésallie dans un mariage stérile avec un aventurier et un arriviste, et la plus jeune des filles deviendra un être banal et sans relief. Lady Brideshead est une femme gravement malade et rigoriste dans sa foi catholique, Lord Marchmain, son époux, à quitté le foyer conjugal pour vivre à l'étranger avec sa maîtresse.
Retour à Brideshead est une oeuvre singulière dans la production d'Evelyn Waugh, fort éloignée de l'humour satirique et suranné de la plupart de ses romans. Cet opus est parcouru de la thématique de la foi catholique auquel l'auteur s'est converti en 1930. Considéré comme son chef-d'oeuvre, Retour à Brideshead, écrit dans une langue raffinée, est peut être, des écrits d'Evelyn Waugh, celui où l'auteur s'est le plus dévoilé. le présent roman a été adapté en série à la télévision britannique dans les années quatre-vingt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
RebusRebus   05 septembre 2016
- Lieu rêvé pour y enfouir la cruche d'or des contes de fées, dit Sebastian. J'aimerais enterrer un objet précieux dans chaque lieu où j'ai connu un instant de bonheur ; et puis, devenu vieux, laid et misérable, je reviendrais déterrer l'objet et réveiller le souvenir.
Commenter  J’apprécie          150
Nono19Nono19   08 novembre 2017
Nous nous laissons porter et perdre dans la foule sans résister, jusqu'au moment où, ayant la chance de rester en arrière inaperçus, ou d'enfiler une petite rue, nous nous donnons le temps de respirer librement et de voir où nous en sommes ou encore de prendre au contraire la tête de la colonne, de distancer nos ombres, de leur mener un train d'enfer, si bien que, lorsqu'elles parviennent enfin à nous rattraper, elles se regardent de travers entre elles, assurées cette fois qu'il est en nous un secret que nous n'entendons partager avec personne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
UnCahierBleuUnCahierBleu   10 février 2013
J’étais encore très incertain en me rendant à cette invitation, car je foulais une terre étrangère et, résonnant à mes oreilles, j’entendais une voix ténue mais pleine de suffisance et qui, empruntant ses accents à Collins, me criait gare et me conseillait prudemment de m’abstenir. Mais j’avais soif d’affection dans ce temps-là, et je partis plein de curiosité, plein aussi de la faible et vague conscience que j’allais trouver enfin cette porte basse dans le mur que d’autres, je le savais, avaient déjà trouvée, et qui donnait sur un jardin fermé et enchanté, jardin qui se tenait quelque part où il n’y avait pas de fenêtres d’où on pût le voir, au cœur même de cette ville de grisailles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
UnCahierBleuUnCahierBleu   10 février 2013
Je connaissais Sebastian de vue bien avant de le rencontrer. C’était inévitable car, dès la première semaine de son séjour, il apparut comme l’homme le plus remarquable de son année, en raison de sa beauté, qui saisissait, et des excentricités de sa conduite qui semblaient sans limites. Je l’aperçus pour la première fois sur le seuil de Germer ; ce jour-là, je fus frappé non tant par sa mine que par le fait qu’il portait un énorme ours en peluche.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Sodapop_CurtisSodapop_Curtis   09 septembre 2010
Dear Charles,

I found a box of this paper at the back of a bureau so I must write to you as I am mourning for my lost innocence. It never looked like living. The doctors despaired of it from the start.
Soon I am off to Venice to stay with my papa in his palace of sin. I wish you were coming. I wish you were here.
I am never quite alone. Members of my family keep turning up and collecting luggage and going away again, but the white raspberries are ripe.
I have a good mind not to take Aloysius to Venice. I don't want him to meet a lot of horrid Italian bears and pick up bad habits.

Love or what you will.

Sebastian
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Evelyn Waugh (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Evelyn Waugh
Bande annonce de la mini-série Decline and fall (2017), adaptation du roman d'Evelyn Waugh, publie en france sous le titre Grandeur et décadence.
autres livres classés : oxfordVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
653 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre
.. ..