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Georges Belmont (Traducteur)
EAN : 9782221103838
616 pages
Éditeur : Robert Laffont (01/03/2005)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Invité à Brideshead, la magnifique demeure familiale de son ami Sebastian, le jeune Charles Ryder, étudiant à Oxford, découvre les mœurs et l'art de vivre de l'aristocratie anglaise. C'est au travers de cette grande fresque, se déroulant durant les " années folles " et enluminée de personnages plus excentriques les uns que les autres, que le grand Evelyn Waugh s'est juré de " suivre les cheminements de la volonté divine au sein d'un monde païen ".
Humour, cy... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  07 mai 2020
Retour à Brideshead' laisse un étrange goût d'amertume, d'inachevé. J'en ai oublié bien des détails, mais je n'oublie pas ce sentiment.

Un jeune homme d'origine moyenne, de nature plutôt timide, part faire ses études à Oxford. Plutôt discret, il s'intègre peu à la vie de l'école, y mène une vie discrète d'élève studieux – de « polar », comme on dit dans l'infect argot des écoles d'ingénieurs. le hasard fait qu'il devient ami avec le « lion » de l'école – le jeune homme le plus élégant, le plus recherché et le plus riche de l'école, Lord Sebastian Flyte. Il séjourne chez lui pendant les congés, découvre sa famille, notamment son élégante soeur Julia. Les mois défilent, les années d'école passent peu à peu, et il doit se rendre à l'évidence : lentement, volontairement, avec entêtement même, le charmant Sebastian est en train de sombrer dans l'alcoolisme…

Des années plus tard. le narrateur est un homme marié, Sébastian un homme ruiné errant quelque part. Par hasard, il recroise Julia. Pour elle, il divorcera… Mais ne l'épousera jamais. La guerre viendra achever de disloquer les restes de sa jeunesse.

Pourquoi le charmant Sebastian met-il tant d'efforts à ruiner consciemment et lucidement sa vie ? Y a-t-il vraiment de l'amour entre Charles et Julia, ou une simple complicité, un désir de rassembler la nostalgie qu'ils partagent pour une époque perdue ? On ne le saura jamais vraiment…

Je ne me rappelle plus de beaucoup de choses de ce livre, qu'il faudrait que je relise. Mais je me rappelle ce sentiment de mélancolie, cette incompréhension douloureuse et impuissante du narrateur devant son meilleur ami délibérément lancé dans une course à l'abime, ces amours et ces amitiés qui jamais de débouchent sur rien, le temps se chargeant de tout effacer.
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Mimeko
  21 mars 2020
En 1944, le capitaine Charles Ryder et son régiment sont cantonnés dans une vaste demeure, Bridesmaid, un domaine qu'il connaît déjà pour y avoir souvent séjourné dans les années 20 quand il avait été invité par un de ses amis. Rapidement les souvenirs ressurgissent...
Au sortir de la première guerre mondiale, c'est d'abord avec Sébastien que Charles fait connaissance, quand tous deux sont étudiants à Oxford. Sebastian, un peu dandy, un peu poète, se cherche dans l'alcool et l'humour désespéré, méprisant la bourgeoisie mais dépendant de l'argent que lui accorde sa mère. Lors d'un weekend à Bridesmaid, il fait la connaissance de Julia, la sœur, archétype du chic anglais, grande, élancée, maniant l'autodérision autant que la conscience d'appartenir à une classe privilégiée qu'il convient de pérenniser, il y a Cordélia, la petite dernière, vive et curieuse qui observe tout ce petit monde avec recul. La fratrie comprend également le frère aîné, héritier désigné du domaine, Bridley, conformiste, assez falot et dévot catholique.
Le roman évoque vingt ans de la vie du domaine dans les souvenirs d'un témoin extérieur mais extrêmement impliqué avec les membres de la famille et c'est la peinture d'une société en déliquescence, une famille aristocrate qui ne réussit pas à s'adapter aux changements de mentalité, de société, d'époque, qui tente de sauvegarder l'art de vivre britannique mais qui s'effrite; Sébastien rejette l'appartenance à ce monde, Julia se coule dans un mariage de convenance avec un homme mi aventurier, mi politique qui cherche la députation et le frère aîné se laisse séduire par une veuve intéressée...
C'est un roman qui dépeint magnifiquement des personnages englués dans des changements de société qu'ils subissent plutôt que les maîtriser, écrit avec un style magnifique et très littéraire que j'ai apprécié et même s'il y en a quelques longueurs, elles étaient vite oubliées par la beauté de la plume d'Evelyn Waugh.
Un roman prenant par l'auteur d'Officiers et gentlemen.
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Ys
  20 février 2017
Alors que s'est déjà éteint son bref engouement pour la chose militaire, les hasards de la guerre ramènent un jour le capitaine Charles Ryder à Brideshead. Ce paysage, il le connaît encore par coeur : une vallée enchantée, trois lacs, un château, la plus belle demeure qu'il ait jamais connue - et avec lui, mille souvenirs d'un temps désormais révolu. C'était il y a plus de vingt ans, la première année à Oxford, les portes de la vie qui s'ouvrent enfin en grand, les amitiés studieuses qui cèdent le pas aux amitiés de plaisir, le temps où l'on apprend à boire et à aimer. C'était Sébastien Flyte, ce garçon délicieux, un peu puéril, dont il était devenu le compagnon inséparable et qui l'avait amené là, à la demeure de ses ancêtres. C'étaient les Années Folles, l'alcool qui coule à flots, la fête qui trébuche, les dysfonctionnements qui percent, la mélancolie qui s'installe et grignote, grignote irréparablement les belles promesses dont on se grisait tantôt.
Un sentiment de profonde tristesse domine à la lecture de ce roman - roman de la jeunesse perdue, de l'amour gâché, des illusions enfuies. Pas de pathos, pourtant, juste un ton de mélancolie sourde, d'amertume lucide, un peu désemparée, qui n'exclut ni l'humour pince-sans-rire ni la satire sociale. On a d'ailleurs soupçonné des personnalités bien réelles derrière certains personnages : Lord Beauchamp et son fils, Hugh Lygon, pour Lord Marchmain et Sebastian, un peu du peintre William Ranken pour Charles Ryder... de toute évidence, l'auteur peint un milieu qu'il connaît de près, la haute société de l'entre deux guerre, où se côtoient artistes et aristocrates, esthètes flamboyants et mondaines bon ton, avec ses extravagances, ses excès, ses folies, ses scandales, ses faille secrètes et ses traditions irréductibles. le tableau en est passionnant, un peu grinçant parfois, plein de charme, de vie, de couleurs, autour d'un petit noyau de personnages assez inoubliables. J'avoue un faible particulier pour Anthony Blanche, homosexuel flamboyant qui gère l'hostilité de ses camarades avec un panache admirable et restera, malgré ses fables et ses mises en scènes, l'un des caractères les plus francs et les plus forts du roman. Pour Cordélia aussi, la petite soeur dont la piété n'a d'égale que l'impertinence. Et puis, évidemment, Sebastian, qui ne saura que chuter en perdant son enfance, se heurter aux siens comme un animal captif aux barreaux de sa cage, Sebastian que tout le monde adore et qui se déteste lui-même avec une violence désolante - de ces personnages qui me touchent trop pour ne pas me séduire malgré l'envie latente qui me prend de leur botter l'arrière-train.
Difficile, pourtant, de saisir avec précision les ressorts intimes du personnage, de comprendre exactement ce qui le ronge, ce qui détruit de l'intérieur cette famille. Une part de mystère est voulue, sans aucun doute, le narrateur lui-même, longtemps, reste perplexe devant le drame qui se joue, d'autant plus impuissant et désarmé. Puis avec lui, on commence à saisir certaines choses, mais évoquées toujours de manière très allusive - et je ne suis pas certaine d'avoir toujours bien saisi ce qui était impliqué, notamment dans les dessous des rapports familiaux, le rôle de la religion dans tout cela, à la fois essentiel et très ambigu, destructeur et consolateur. Je serais assez tentée, à vrai dire, de voir dans la figure de Lady Marchmain un symbole autant qu'un personnage. Aimée et respectée de tous, sauf de ceux qui comptent réellement pour elle, objet d'un engouement passionné mais vite éteint de la part de son époux, qui depuis lors la fuit comme la peste pour vivre une existence lointaine, libre et plus ou moins scandaleuse, vouée à détruire tous ceux qu'elle cherche à retenir avec les meilleures intentions du monde, et tout particulièrement son fils cadet, implicitement homosexuel, qui n'assume pas de la haïr, elle reste assez mystérieuse en tant qu'individu mais prend pleinement son sens si on voit en elle, femme fatale et sainte, une incarnation de la tradition religieuse de la famille. Religion catholique, en l'occurrence, qui donne aux Flyte une place un peu à part dans l'aristocratie britannique, qu'ils cherchent à peu près tous à fuir mais à laquelle ils finissent toujours par revenir, presque malgré eux, pour le meilleur ou pour le pire.
Il méritera au moins une seconde lecture, ce roman - une lecture plus posée, moins avide de savoir comment tout cela va (mal) tourner, plus sensible aux indices, aux sous-entendus, enrichie peut-être d'autres romans de cet auteur que je connais assez mal. Je me procurerai en revanche une autre traduction que celle utilisée par l'édition 10/18, vieille, souvent maladroite, qui ne rend certainement pas justice au style de l'auteur.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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identifiantidentifiant
  20 mai 2013
C'est mon premier Evelyn Waugh et j'avoue que je ne m'attendais pas à ça. On m'avait parlé de littérature légère et drôle et finalement le livre est plutôt triste. C'est certes, du pur style d'écriture anglais mais je pensais que tout le roman serait léger. La première partie est la découverte pour l'auteur de l'université et de l'aristocratie anglaise. Cette partie est vraiment géniale, on lit le quotidien des jeunes anglais aisés avec leurs préoccupations farfelues et pas très sérieuses. Mais la seconde partie du roman parle de l'auteur dans la famille de Sébastien, la déchéance de celui-ci… On ne comprend pas pourquoi Sébastien se gâche la vie ainsi mais chaque histoire de famille transforme différemment les enfants, certains restent solides et d'autres sont trop affectés par les dérives familiales et ne finissent pas très bien. En bref, ce livre est assez triste. Je vais continuer mon exploration d'Evelyn Waugh pour essayer de retrouver la comédie légère à laquelle je m'attendais dans une autre de ses oeuvres.
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Nono19
  10 novembre 2017
Pendant la deuxième guerre mondiale, Charles Ryder se retrouve à Brideshead qui est utilisé comme caserne militaire. Plein de souvenirs refont surface car Charles connaît ce domaine par coeur. Tout a commencé lors de sa rencontre avec lord Sebastian Flyte, un jeune étudiant d'Oxford tout comme lui à l'époque, merveilleusement beau mais aussi merveilleusement perturbé. Puis il y aura la rencontre avec la famille de Sebastian dont chaque membre semble habité de démon intérieurs.
Charles tentera de nager dans ces eaux troubles... à ses risques et périls!
Bon, j'avoue que le bilan de ma lecture est mitigée. C'est certes très bien écrit mais il y eut des moments que j'ai trouvé trop longs, d'autres que j'ai trouvé bien déprimants.
On ne peut pas dire que ce roman respire la joie de vivre.
Charles a toujours l'air désabusé, assez fataliste tandis que la famille Brideshead donnerait des migraines à un psychiatre.
D'ailleurs, le destin de Julia, Sebastian, "Bridey", Cordelia ne sont vraiment pas enviables. On les sent perdu, portant une lourde pression, n'arrivant pas à vivre leur vie complètement.
La religion est omniprésente dans ce roman. La famille de Sebastian est catholique (ils sont une minorité en Angleterre où la majorité des Anglais sont protestants) et ne semble pas parvenir à vivre en paix avec.
Je me suis aussi demandée s'il n'y avait pas d'autres raisons, un passé lourd qui expliquerait pourquoi tous les Flyte sont à ce point... particuliers.
Un livre qui dégage une certaine tristesse, de la désillusion, une recherche de sens aussi mais j'avoue que je n'y ai pas trouvé l'humour promis par la quatrième de couverture (la gravité et le cynisme oui).
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Sophie_Sophie_   02 août 2020
(...) il n'est rien dont la possession nous soit assurée, hormis le passé (...)
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MimekoMimeko   21 mars 2020
Ce fut ainsi que, au soleil couchant, je pris officiellement possession d'elle, et devins son amant. Le temps n'était pas encore venu, des délices et de la volupté; ce temps viendrait avec les hirondelles et les tilleuls en fleur. Dans les circonstances présentes, sur la mer encore mauvaise, tandis que je quittais ses hanches étroites et que, semblait-il sur le moment, en assouvissant cet appétit sauvage, je me libérais d'un fardeau sous lequel j'avais ployé toute ma vie comme sous un harnais, sans jamais en percer la vraie nature, en de telles circonstances donc, tandis que les vagues se brisaient toujours en tonnant sur la proue, cet acte de possession prenait la valeur d'un symbole, d'un rite antique et solennel.
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RebusRebus   05 septembre 2016
- Lieu rêvé pour y enfouir la cruche d'or des contes de fées, dit Sebastian. J'aimerais enterrer un objet précieux dans chaque lieu où j'ai connu un instant de bonheur ; et puis, devenu vieux, laid et misérable, je reviendrais déterrer l'objet et réveiller le souvenir.
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MimekoMimeko   20 mars 2020
- J'ai toujours détesté la chasse, me dit-elle, pour la goujaterie particulièrement grossière qu'elle réveille chez les gens les mieux élevés. Je ne sais à quoi cela tient, mais il suffit qu'ils s'habillent et montent à cheval pour devenir pareils à une bande de Prussiens. Et que d'exploits, à les entendre au retour. Quand je pense aux soirées que j'ai passées, à dîner, horrifiée par le spectacle d'hommes et de femmes que je connaissais bien, et que je voyais transformés en brutes à demi-conscientes, pleines de soi, en véritables monomaniaques.
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MimekoMimeko   21 mars 2020
- Je les croyais énormément riches.
- Bien sûr, riches comme le sont les gens qui se bornent à laisser dormir leur capital. Les familles de cette espèce sont plus pauvres qu'en 1914 et les Flyte n'ont pas l'air de s'en rendre compte. Je pense que les avoués qui gèrent leurs intérêts trouvent plus commode de leur donner tout l'argent liquide qu'ils peuvent demander; pour les avoués, c'est un sûr moyen d'avoir la paix.
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Video de Evelyn Waugh (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Evelyn Waugh

EVELYN WAUGH - Benoît le Roux
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=11562 EVELYN WAUGH Benoît le Roux Évelyn Waugh aurait cent ans en cette année 2003. Il pourrait paraître lointain,...
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