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ISBN : 2841161773
Éditeur : Cheyne (01/03/2012)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 14 notes)
Résumé :
"Un texte dur avec des mots doux", dit de ce livre Antoine Wauters. On ne saurait mieux exprimer le trouble qui saisit le lecteur à mesure qu'il avance dans ce conte cruel. Césarine et Fabien sont deux jumeaux, issus d'une famille paysanne, que leurs parents abandonnent. Ce n'est pas tant leur périple d'enfants perdus, fuyards tôt "repris en main", trainés d'institution en asile, qui nous retient : c'est la violence de la traque et des traitements qu'on leur inflige... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
MarianneL
  25 mars 2014
«La nuit point. Césarine ouvre l'oeil. Où elle dort à demi et touche quelques objets : chaque pierre petite, piétinée par oubli, un peu de sève, un minuscule chardon. Dans le cru, la crudité de l'aube, la lumière blanche qui la tient au plus près, sa voix lève laines, lins rêveurs, souvenirs muets. Césarine de nuit, soeur coeur du tendrement laissé, de l'assis rendant l'âme, de Fabien l'aigrelet.»
«Césarine de nuit» nous plonge dans l'atmosphère inquiétante d'un conte sombre pour enfants, où Césarine, petite Cendrillon vivace comme un lutin quand elle trotte et bondit dans la campagne avec son frère, devient petit Poucet lorsque ses parents l'abandonnent un jour avec Fabien, ce jumeau aussi singulier qu'elle.
Cet abandon, à moins que ce ne soit uniquement leur différence, fera de Césarine et de Fabien des êtres inadaptés, vivant dans la rue et la crasse sous un toit de tôle, Fabien aimant Césarine et lisant Césaire et Artaud, avant d'être tous deux successivement capturés, enfermés dans une cellule d'hôpital ou d'asile, loin des yeux d'une société qui rejette tous ceux qui sont hors du moule.
«Après le vent, la cage. Et Fabien des barreaux. Après la valse des neiges et les rêves en joues libres, Césarine des loques, des ourlets, et des balades en ville gentiment promenée. Mords-toi les doigts. Mords-toi les dents, la queue, le têtard à douze membres, rogne-toi les ongles, polis. Après la berge, les fouets d'un vent rouge. Mort de Fabien léger. Naissance de Fabien cuit. du jumeau écroué.»
Ce récit poétique à la chronologie chamboulée n'a ni la linéarité ni la fin heureuse du conte. Les blocs de texte qui le constituent, histoires d'une dizaine de lignes, sont durs et enfermant comme des cellules, d'où s'échappent parfois des bulles douces ou crues de rêves ou de souvenirs, issues de leur enfance au plus près de la terre, si loin des quatre murs.
«On les découvre dans leur premier mouvement, la primesautière enfance, sauvageons de toujours, longs d'haleine et de jeu. Césarine et Fabien, comme chienne et chien, comme enfants des ravines trotteurs et bien crottés, fuyant la suffocante fermette des petits parents pingres, dans les box, occupés à gaver les oies, nourrir les porcs et se vautrer et se pourlécher de longues heures vraiment, dans le crottin et la paille, la plupart du temps en gloussant.»
De l'innocence du lait à la violence du rejet et de l'enfermement. Magnifique.
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Lison67
  16 avril 2016
L'objet-livre édité par Cheyne est une petite merveille de couleur, de reliefs cartonnés et de choix typographiques. Une dizaine de lignes forment à chaque page du récit un micro-poème en prose. le tout forme un magnifique roman en trois temps retraçant la vie de deux enfants, deux jumeaux, Césarine et Fabien, qui grandiront dans un monde qui visiblement ne veut pas d'eux dès la naissance et pour le reste de leur vie.
Césarine de nuit est très déroutant. Antoine Wauters manie une écriture extrêmement douce et poétique pour signifier la violence inconcevable de la vie de rue, la prostitution, l'asile psychiatrique, la torture, imposés à de jeunes enfants, devenus adolescents et adultes. le flou est de mise. Si les raisons de cette déchéance sociale sont rapidement ébauchées, l'injustice croissante frappant leur amour fraternel ne souffre aucune justification. le lecteur, jusqu'à la dernière page, reste spectateur sonné par le paradoxe du ton adopté et du sujet désespéré.
Lien : https://synchroniciteetseren..
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adtraviata
  19 avril 2016
J'avais beaucoup aimé Nos mères, et je me réjouissais de retrouver Antoine Wauters pour cette lecture commune de Césarine de nuit, mais la magie n'a absolument pas fonctionné ici. Mon billet sera court, à l'instar de mon ressenti…
Si je n'avais pas lu la quatrième de couverture, je ne suis pas sûre que j'aurais tout compris du sujet : maltraitance, abandon, formatage de Césarine et Fabien par l'institution, dépersonnalisation… Déjà j'aurais dû me méfier parce que ces sujets me font peur en littérature, on en entend déjà assez sur la maltraitance d'enfants dans la réalité, qui dépasse souvent la fiction. Mais ici, je ne comprends pas l'association entre un thème aussi dur et la forme de prose poétique qu'a choisie Antoine Wauters : le travail sur la forme, sur l'écriture est évident, très recherché (puisque voulu par l'auteur), mais je ne l'ai ni goûtée ni comprise, pas plus que ces petites digressions constantes pour le plaisir des associations de mots et d'idées. Il y a aussi des références à Artaud et Césaire, annoncées en quatrième de couv', que je n'ai pas saisies par manque de culture.
Je sais qu'Antoine Wauters est avant tout poète, alors je suis sans doute ignare, insensible, ou ce n'était pas le bon moment : bref, je suis restée totalement hermétique à ce texte ! (Désolée pour ce billet lapidaire…)
Lien : http://desmotsetdesnotes.wor..
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jeandesplechin
  05 janvier 2013
Césarine et Fabien, jumeaux orphelins, n'ont rien de ce qui peut les rendre acceptables au monde qui les entourent. Ils seront séparés. Elle sera « placée », lui « enfermé ». Car cet autre différent, rieur, enjoué, amoral car inéduqué, n'a de place qu'à part. Derrière les grilles où l'époque expurge la différence, peut-être par crainte d'y apercevoir ce qui peut saper ses propres fondements.
Privé des mots, qu'on ne lui a jamais appris, ne reste à l'inadéquat que l'écart, la retraite ou la violence pour s'exprimer.
Elle a mordu, frappé, cogné à vide en laissant dire à sa colère tout ce qu'elle, fille de rien, ne peut dire.
Le dire, c'est le rôle du poète. Et Antoine Wauters s'y emploie sublimement. Convoquant Césaire, Artaud, il parvient à saisir ce scandale de l'enfermement auquel on réduit le « fou ». Qui ne l'est (non, le paraît) que parce qu'il est autre. Un autre que l'on cherche à normer, à aliéner, quitte à le briser.
Assis non, couchés non, debout oui, marchant non, courant oui, rêvant non, dormant non, courant oui. Et lavant pour les filles, ponçant pour les garçons. Et ponçant pour les filles, cousant pour les garçons. Il sont camisolés de fleurs qui sont des ferrailles et des murs bien plaqués.
Et les mots, dont parfois les plus doux d'entre eux, sont enserrés dans des paragraphes étroits, carrés, formant cellules. Comme ces autres que l'on enferme.
Antoine Wauters, Césarine de nuit, 2012, Cheyne.
Lien : http://www.librairie-ptyx.be..
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jeandesplechin
  05 janvier 2013
Césarine et Fabien, jumeaux orphelins, n'ont rien de ce qui peut les rendre acceptables au monde qui les entourent. Ils seront séparés. Elle sera « placée », lui « enfermé ». Car cet autre différent, rieur, enjoué, amoral car inéduqué, n'a de place qu'à part. Derrière les grilles où l'époque expurge la différence, peut-être par crainte d'y apercevoir ce qui peut saper ses propres fondements.
Privé des mots, qu'on ne lui a jamais appris, ne reste à l'inadéquat que l'écart, la retraite ou la violence pour s'exprimer.
Elle a mordu, frappé, cogné à vide en laissant dire à sa colère tout ce qu'elle, fille de rien, ne peut dire.
Le dire, c'est le rôle du poète. Et Antoine Wauters s'y emploie sublimement. Convoquant Césaire, Artaud, il parvient à saisir ce scandale de l'enfermement auquel on réduit le « fou ». Qui ne l'est (non, le paraît) que parce qu'il est autre. Un autre que l'on cherche à normer, à aliéner, quitte à le briser.
Assis non, couchés non, debout oui, marchant non, courant oui, rêvant non, dormant non, courant oui. Et lavant pour les filles, ponçant pour les garçons. Et ponçant pour les filles, cousant pour les garçons. Il sont camisolés de fleurs qui sont des ferrailles et des murs bien plaqués.
Et les mots, dont parfois les plus doux d'entre eux, sont enserrés dans des paragraphes étroits, carrés, formant cellules. Comme ces autres que l'on enferme.
Antoine Wauters, Césarine de nuit, 2012, Cheyne.
Lien : http://www.librairie-ptyx.be..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MarianneLMarianneL   25 mars 2014
Elle voit les arbres du parc fleurir, puis se charger de fruits et se défeuiller, elle voit la lumière crue d’hiver et celle braisée des fins d’automne, elle respire à pleine bouche les branches de lierre tombées sous le vent fort, selon les mois, le cours du sang, l’avancée de ses rêves et l’état de sa folie, elle entend le bruit de nos pas dans les couloirs ou de sa respiration parmi les bêtes, au bois de son enfance. Au bois chéri.
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Lison67Lison67   16 avril 2016
Elle veille assise à la fenêtre, non
loin de voir, par là, couler le fleuve
en la grande ville. Césarine bleue de
nuit, petit ventre ronflant, petit corps
encrassé qu’on garde sous nos yeux,
très tendre en son empire. Ne sait
rien des douleurs à venir, de Fabien
ventre à terre et de ses os brisés. Il
lui faudra faire chemin d’abandon,
de renonce. Fendre la joie, le fil
aimant, sa vie au bois comme l’eau
vive. Elle partira vide.
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MarcLemaireMarcLemaire   03 janvier 2013
"Or je veux de l’amour. Et qu’on me le donne frais avec une grande pincée de sel et un petit pain noir que je peux mordre, je peux lécher, je veux vivre à présent dans une maison de rêve". (Césarine de nuit, Antoine Wauters).
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jeandesplechinjeandesplechin   05 janvier 2013
On a le cordeau, la chaînette, et des cartouches de rouge à lèvres dont on lui lave les dents, les cris et la colère. On vient à elle avec des lattes, nos petites verges délicates et l’envie de la consoler. L’entendre. La voir sourire.
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nathavhnathavh   24 avril 2016
Césarine bleue de peur. Si tout à coup
elle court, car elle court tout à coup,
c'est pour échapper à l'emprise des
fusées, aux bolides en cagoule de la
ville aux abois, mordre au cou, aux
chevilles, échapper aux orvets du tra-
vail et du temps, boucs filant mauvaise
mine et maladies de mort. On brûlera
Césarine. On l'attrape un matin. Il y
a longtemps. Il n'y a plus rien.
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Videos de Antoine Wauters (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Wauters
Le vendredi 16 novembre 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr ) avait la joie d'accueillir Antoine Wauters à l'occasion de la publication de ses deux derniers textes en date aux éditions Verdier, "Pense aux pierres sous tes pas" et "Moi, Marthe et les autres".
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