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ISBN : 2246194733
Éditeur : Grasset (14/03/2008)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Préface de L'édition Livre de poche 1955 :
Jacques de Lacretelle



Sarn est le nom d'un étang, d'une ferme, d'une famille, dans une province reculée de l'Angleterre où les superstitions ancestrales, la sorcellerie ont plus de présence que la réalité des guerres napoléoniennes.

A travers l'histoire de Gédéon Sarn, ambitieux et cupide, et de sa sœur, la douce Prue que défigure un bec-de-lièvre, ce roman plein de brui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  21 décembre 2007
Precious Bane
Traduction : Jacques de Lacretelle et M. T. Guéritte.
Situé bien évidemment dans le Shropshire, "Sarn" est le roman dont l'héroïne, Prudence, dite Prue, Sarn, affligée d'un bec-de-lièvre, tenait probablement le plus au coeur de Mary Webb. L'histoire, certes, se termine bien mais le chemin qui mène à cette fin heureuse (et morale) est jonché de cadavres.
Nous ne sommes pourtant pas dans un roman policier. L'intrigue débute alors que Gedeon, le frère de Prue, entraîne sa soeur et leur amie, Jancis Beguildy, la fille du rebouteux et sorcier local, à "sécher" le prêche du dimanche. le danger encouru est grand car, tous les quatrièmes dimanches du mois (le pasteur ne se déplace dans la paroisse que ces dimanches-là), le père Sarn a l'habitude de les interroger sur ce qu'ils ont entendu à l'église. A la moindre erreur, il cogne. Et dur !
L'inévitable se produit. Tentant de recoller entre eux les bribes du sermon que lui a rapporté Tivvy, la fille du sacristain, qu'il avait chargée d'écouter à leur place, Gedeon s'embrouille tant et si bien que le père court chercher la houssine. Mais sa colère est si grande qu'avant même d'avoir porté le premier coup, il tombe raide mort, d'une apoplexie.
A l'enterrement, ainsi qu'il est d'usage dans cette contrée rurale, le prêtre demande s'il y a un "mangeur de péchés" pour le mort. A l'époque - nous sommes en pleine guerre franco-anglaise, avant la Restauration de Louis XVIII en France - un pauvre ou un mendiant acceptait d'absorber le pain et le vin déposés au pied du cercueil et, ce faisant, de se charger ainsi des péchés du défunt afin que celui-ci pût se présenter le coeur en paix devant Dieu. On lui donnait en sus un peu d'argent pour sa peine.
Mais Gedeon, déjà hanté par le désir d'amasser un maximum d'argent pour se sortir de la condition où l'a placé sa naissance, n'a pas requis l'assistance du "mangeur de péchés." Comme il ne croit ni en Dieu ni en Diable - même s'il ne le dit pas - il s'est décidé à remplir lui-même ce rôle pour son père. Il en profite pour arracher à sa pauvre mère la promesse publique de lui céder l'intégralité du domaine familial s'il accomplit l'indispensable rituel. L'assistance est choquée car tout le monde voit, dans cet entêtement, un signe de grands malheurs.
Ce qui n'empêche en rien Gedeon de "manger" les péchés de son père. Sarn est à lui ...
Je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas encore lu ce roman où abondent les descriptions aussi poétiques et minutieuses de la campagne anglaise. A lire certains passages, on reconnaît sans peine dans l'écriture de Mary Webb l'âme d'une écologiste avant la lettre mais une écologiste consciente à la fois des beautés et des perversités que recèle la nature.
Même si son héroïne est profondément imprégnée des versets et chapitres de la Bible (surtout les plus poétiques, les plus littéraires), Mary Webb fait cependant de Prue une femme qui cherche à se libérer dans l'apprentissage de la lecture, puis de l'écriture. En certaines occasions, Prue révèle également des qualités traditionnellement masculines - comme la détermination dont elle fait preuve pour sauver l'homme qu'elle aime de la morsure d'un chien féroce. Autant Gedeon, dont le caractère, lui aussi, est puissamment affirmé, nous paraît en fait bien faible tout au fond de lui, autant sa soeur est le vrai, l'authentique "pilier" de la famille.
Mais la malformation congénitale dont elle a souffert, et qui incite les paysans trop frustes à voir en elle une fille du Diable allant danser au sabbat sur les collines, la rend en même temps timide et elle accepte trop facilement de se sacrifier, de s'effacer. L'empreinte de la religion et de la superstition est telle que, si intelligente qu'elle soit, Prue se pose souvent la question elle-même : pourquoi le lièvre a-t-il croisé le chemin de sa mère alors que celle-ci l'attendait ?
Tel qu'il est, c'est-à-dire moins achevé que "Gone to earth" ("La Renarde"), "Precious Bane" (que l'on peut traduire littéralement par "Le Fléau Précieux") et que les traducteurs français ont choisi avec sagesse de transposer en "Sarn", le nom du domaine où se situe l'essentiel de l'action, est un roman envoûtant, plein de brumes et de murmures, de violences et de beautés, et qui, par bien des côtés, n'est pas sans rappeler la froide et pure beauté des tragédies grecques. ;o)
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Missbouquin
  22 mars 2012
Ne connaissant pas du tout cet auteur et cette oeuvre, qui est apparemment sa meilleure, je suis donc rentrée sans a priori dans ce texte, où j'ai retrouvé avec délice l'écriture du XIXe que j'apprécie énormément.
Mary Webb se fait le chantre d'un après-romantisme, dans ce texte lyrique où la nature est un personnage à part entière, qui peut aussi bien donner généreusement que punir. Extrait pour vous donner la preuve de la beauté de ce texte :
“Je n'ai jamais compris, et ne comprends pas encore pourquoi , par les nuits d'été, les blés brillent ainsi d'une clarté lunaire, même en l'absence de lune. Mais ce spectacle est merveilleux, quand le grand silence du plein été et de la nuit profonde enveloppe la terre au point que le tremble même, si bavard, n'ose plus rien dire et retient son souffle, comme s'il attendait la venue du Seigneur.”
Pleine d'espoir, de douceur de vivre et de gentillesse, on s'attache rapidement à cette jeune fille à qui l'on a rapidement fait comprendre que son infirmité, signe du diable, l'éloignera toujours des hommes et du bonheur : “J'étais comme la jeune fille qui, le premier jour de mai, se tient à la croisée des chemins pour offrir un bouquet au cavalier qui va passer. Et voilà que ce cavalier m'avait renversée et abandonnée avec mes fleurs dans la boue !”.
Et pourtant elle continue à se battre, sans rancoeur ni aigreur face à ce destin injuste. Et elle laissera parler son coeur, même après avoir tout perdu. “Il y a des catastrophes qui vous font bondir et courir pour sauver votre vie; mais il y en a d'autres qui sont bien pires car elles ne vous laissent plus rien à faire. Alors tombe sur votre âme une immobilité semblable à celle du lapin quand l'hermine le couve du regard et qu'il se sent perdu.”
On se laisse donc littéralement emporter, entre les descriptions magnifiques de cette nature sauvage et dangereuse, et la compagnie des hommes, qui l'est tout autant, à travers le récit de la sensible Prue. Une très belle expérience littéraire, d'une force poétique rare, loin de la mièvrerie amoureuse que peut nous laisser attendre la quatrième de couverture …
Un livre à avoir chez soi.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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deslivresetdesfilms
  27 avril 2016
« Sarn », c'est le nom d'un lac, c'est aussi le nom d'un village anglais, mais c'est surtout le nom d'une famille… Ainsi, l'histoire de ce livre se passe au début du XIXe siècle en pleine campagne anglaise. Il y a le père, la mère et les deux enfants qui très vite deviendront adultes après le malheureux décès du chef de famille…
Dans ce livre extrêmement poétique malgré le monde rural très rude dans lequel se situe l'histoire, il est question de désir. Ainsi, dans ce roman il va être question de deux désirs qui s'opposent : celui de l'amour et celui de la fortune. La fille Sarn voudra combler son coeur tandis que le fils Sarn voudra combler sa déraison. Lequel de ces deux personnages aura-t-il suffisamment de force de caractère afin d'éviter tous les pièges qui se dresseront sur leur route, dans ce monde impitoyable, afin d'atteindre le but qu'ils se sont fixé ?
Gédéon, le fils aura le désir de la réussite sociale, il voudra gagner de l'argent pour de s'éloigner de ce pays qu'il déteste… Afin, d'atteindre son but, Gédéon se donnera tous les moyens et même les plus extrêmes, ces actes qui ne permettent aucun retour en arrière… Ce fils autrefois aimant se fera dur comme la pierre, afin d'arriver à ses fins, Gédéon ira jusqu'à renier ses sentiments et même à refuser l'amour qui lui tend les bras. Déjà pas simple, le parcours de Gédéon (semé d'embûches) ressemble à une partie de plaisir par rapport à celui de sa soeur.
« En vérité, comment eût-il pu deviner que mon coeur saignait à cause de Mlle Dorabella et des vieux de l'auberge ? Il s'était mis en colère parce que c'était pour lui une honte qu'on parlât de bec-de-lièvre, et de sorcières par-dessus le marché, au sujet d'un membre de sa famille ; mais il ne pensait pas plus à moi que si j'avais été l'un de ses nouveaux boeufs qu'on eût aiguillonné au passage. »
Effectivement, Prudence rêve d'amour alors qu'elle porte la marque du diable sur son visage, c'est ainsi que certains des voisins de la fille Sarn appellent son bec-de-lièvre. Il n'est pas simple, même pour une bonne âme au coeur tendre, de trouver l'amour avec un tel handicap physique, car le coeur de Prudence est pur… Pourtant, rien ne sera épargné à cette femme amoureuse et qui malgré tous les coups reçus continuera inlassablement à faire face et à se relever. C'est à croire que la soeur de Gédéon connaît le proverbe japonais : « sept fois à terre, huit fois debout », car cette dernière ne cessera de se relever… Dans son village, Prudence finira presque par oublier son handicap, car ses plus proches voisins se moquent d'elle que lorsque cette dernière a le dos tourné, il en va de même sur les ragots qui courent à son compte. Pourtant, un jour en se rendant à la ville d'à côté, le handicap de Prudence lui sera renvoyé à la figure de manière violente et cruelle… Toujours est-il, que cette femme naïve au coeur immense continuera d'espérer trouver l'amour. L'histoire finit-elle bien ? Et bien il vous faudra lire ce livre pour le savoir…
« Sarn » est un roman sur la vie et ses déceptions, mais aussi et surtout un roman sur l'amour et les peines que ce sentiment peut provoquer… Il y a de la dureté dans ce livre, mais le style de l'auteur est envoûtant. Les phrases sont belles et enchanteresses…
Qui a déjà lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensé ? Qui aime les livres dans lesquels les personnages principaux sont des âmes en peine ?

Lien : https://deslivresetdesfilms...
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Cathy74
  13 septembre 2016
De nombreuses et belles critiques ont déjà été faites, aussi, je souhaite simplement partager ce que j'ai aimé dans cette oeuvre. Roman de la terre et des paysans, roman des idéaux et des traditions, roman d'amour et de jalousie, roman de compassion pour la nature humaine et les bêtes ; ce texte d'un grand et beau romantisme est porté par une femme disgraciée de naissance, qui a connu le rejet et les difficultés pour trouver le bonheur, pour trouver quelqu'un qui voit, au-delà de l'enveloppe corporelle, la beauté du coeur et de l'esprit. Quelqu'un qui lui offre une vie à la hauteur de sa sensibilité.
Sarn (Précious Bane) n'est pas une autobiographie, mais Prue est nourrie du vécu de Mary Webb. Peu de biographies sur cette auteure décédée sans enfant. Regretta-t-elle de ne pas être mère ? Prue Sarn nous donne un indice, qui rêve d'un "bébé beau et grave dans un berceau de roseau vert".
Mary Webb est, comme on le dit aujourd'hui, une belle personne, retrouvons-la dans ses écrits.
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fanfan50
  27 décembre 2016
Je viens de relire ce vieux roman couronné en 1926 par le comité anglais du Prix Femina-Vie heureuse. C'est dire qu'il était à mettre entre toutes les mains. Il y a pourtant des crimes qui restent impunis par la société mais qui n'échappent pas à la justice divine. Il a un petit charme suranné. J'ai la version de poche imprimée en 1957 trouvée dans une brocante et la préface de Jacques Lacretelle est très bien faite.
J'en cite une petite partie :
"Ce livre n'est pas au goût du jour. Il peint des paysages et des moeurs qui sont de tous les temps, mais que nous avons un peu perdus de vue à une époque où la contemplation et le recueillement n'occupent plus guère de place dans notre vie. Les tableaux de la campagne, l'histoire du paysan, constituent aujourd'hui, dans notre littérature, comme une branche du roman exotique." et c'est toujours ainsi de nos jours.
Cependant ce roman est très riche de sensations, de mystères, de sentiments, de religiosité, de tragique, plus que ceux d'aujourd'hui et c'est ce qui fait son charme intemporel.
L'histoire de Prue affligée d'un bec-de-lièvre à sa naissance est belle. Elle tombe amoureuse du tisserand Kester Woodseaves, et se juge indigne d'être aimée en retour à cause de son visage disgracieux. L'histoire lui prouvera le contraire. L'histoire malheureuse de son frère vient en contrepoint.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
jcfvcjcfvc   28 octobre 2009
Quelques passages de Sarn, illustrant l'utilisation d'une langue populaire, régionale, dans Sarn, ce qui fait le charme de l'écriture et constitue, à mon avis, l'intérêt principal du roman. Les passages donnés sont accompagnés de réflexions sur la manière dont, à mon avis, il conviendrait de traduire pour rendre cet ancrage régionaliste de la langue empoloyée ar la narratrice :

A propos du "mere" le lac ou "étendue d'eau" du roman, tout à la fin du premier chapitre, il y a ce passage magnifique. Je ne sais ce que ça donne à la traduction, mais en anglais, c'est splendide. Pas trop d'archaïsme patoisants .dans ce passage, mais cependant quelques termes ("glass darkly" au lieu de "dark glass", "saving" au lieu de except, "times" au lieu de "at times", d'où ma traduction "des fois" au lieu du plus soutenu "parfois", utilisation des modaux et des temps) rappellant que la langue de la narratrice est "contaminée" par les parlers locaux, est celle d'une autodidacte :

"I call to mind the thick, blotting woods of Sarn, and the crying of the mere when the ice was on it, and the way the water would come into the cupboard under the stairs when it rose at the time of the snow melting. There was but little sky to see there, saving that which was reflected in the mere; but the sky that is in the mere is not the proper heavens. You see it in a glass darkly, and the long shadows of rushes go thin and sharp across the sliding stars, and even the sun and moon might be put out down there, for, times, the moon would get lost in lily leaves, and, times, a heron might stand before the sun.
La traduction :
"Il n'y avait pas beaucoup de ciel à voir là-bas, à part celui qui se reflète dans l'eau. Mais le ciel qui est (que lon voit ?) dans l'eau, c'est pas celui du vrai paradis. On le voit trouble, comme à travers du verre, et les ombres longues des roseaux deviennent minces et pointues quand elles croisent l'image des étoiles glissant à la surface, et même le soleil et la lune peuvent s'éteindre là-dedans, parce que, des fois, la lune se perdait dans les feuilles de lis, et d'autres fois un héron se tenait en face du soleil (faisait de l'ombre au soleil ?..... )

Un prof de fac me sanctionnerait sans doute pour la suggestion que je fais entre parenthèses (faisait de l'ombre au soleil), car s'éloignant du texte, mais moi je l'aime bien ......

Quant au premier petit passage ("the crying of the mere when the ice was on it") c'est vraiment splendide. Elle fait allusion, bien sûr, aux cris des oiseaux dans un paysage d'hiver, sur un lac glacé, mais ici, c'est comme si c'était le lac lui-même qui crie (ou qui pleure, l'anglais ayant ces deux sens..), qui crie parce que la vie secrète, aquatique est prise par les glaces, prisonnière, ne peut s'exprimer totalement en cette saison ?
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jcfvcjcfvc   28 octobre 2009
A propos de la traduction, comme d'habitude, le titre est traduit n'importe comment. The precious Bane, c'est le fléau précieux, ce terme désigne aussi la peste. Le fléau de Prue, son bec de lièvre, est précieux car il lui permet, par sa laideur, d'accéder au "véritable amour", celui du coeur.
En plus, traduire par Sarn c'est occulter l'allusion contenue dans le tire, justement au fameux poème de Milton (écrivain sous Cromwell), archi connu en Angleterre, un classique étudié par tous les écoliers et lycéens.... Pour Milton, dieu envoie aux hommes des fléaux, incompréhensibles pour l'esprit humain, mais qui nous aide à nous élever vers lui.. Le livre et le titre sont très "bibliques", comme l'est la littérature anglo-saxonne en général. Le champ sémantique de Bane est assez large. L'essentiel est, je crois, de rendre l'oxymore du titre, tout en ne perdant pas de vue que la malédiction donnée par dieu à la narratrice est en fait une manière de mettre à l'épreuve les "élus" Il ne faut pas oublier que nous sommes en territoire puritain, siège de la prédestination.......
Bon, on pense ce qu'on veut de la prédestination mais en impassant cela dans le titre, on perd beaucoup de choses je pense....
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jcfvcjcfvc   28 octobre 2009
Il y aurait pleins de choses à dire sur le réalisme fantastique qui s'installe progressivement dans la narration, sur la poésie des descriptions (magnifiques de naïveté, rendue par les expressions paysannes et enfantines employées..)
Je me contenterai de relever la manière dont la narratrice remarque que les petits bruits usuels de la maison disparaissent au moment de la colère du père, et reviennent peu à peu lorsqu'il meurt........ Excellent !

Voici un passage admirable, illustrant le fait qu'elle tire du sublime d'une existence somme toute banale :

"And if it seems strange that so young a child should remember the past so clearly, you must call to mind that Time engraves his pictures on our memory like a boy cutting letters with his knife, and the fewer the letters the deeper he cuts. So few things ever happened to us at Sarn that we could never forget them. Mother's voice clings to my heart like trails of bedstraw that catch you in the lanes.."
Ma traduction :
"Et s'il semble étrange qu'un enfant se souvienne si distinctement du passé,on doit se souvenir que le temps grave ses images dans notre mémoire comme le fait un garçon qui écrit dans le bois avec son couteau. Moins il creuse de lettres et plus profonds sont les sillons. Si peu de choses nous arrivaient à Sarn que nous ne pouvions les oublier. La voix de ma mère s'accroche à mon coeur comme le font les brins de paille des chemins."
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JoohJooh   15 septembre 2018
Je n'ai jamais compris et ne comprends pas encore pourquoi, par les nuits d'été, les blés brillent ainsi d'une clarté lunaire, même en l'absence de la lune. Mais ce spectacle est merveilleux, quand le grand silence du plein été et de la nuit profonde enveloppe la terre au point que le tremble même, si bavard, n'ose plus rien dire et retient son souffle, comme s'il attendait la venue du Seigneur.
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JoohJooh   10 septembre 2018
Car ce n'est pas par le nombre des paroles dites, mais par le sens de ces paroles qu'on connaît un être ; de même que ce qui nous tient chaud ne dépend pas de ce qu'on ajoute à la longueur ou à la largeur de la robe, mais de la qualité de l'étoffe.
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