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EAN : 9782960210408
64 pages
Anspach (22/03/2018)
3.82/5   36 notes
Résumé :
En 1958, Kathleen Van Overstraeten, une jeune hôtesse belge, se trouve mêlée à des événements qui menacent le bon déroulement de l'Exposition Universelle de Bruxelles : vol au pavillon du Vatican, sabotage au pavillon de l'URSS...
Dépassée par ces péripéties, elle est au coeur d'une lutte entre espions, en pleine guerre froide, pour faire échouer des négociations pour la paix.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Quoi de plus naïf qu'une hôtesse ?
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Ce tome est le premier de la série consacrée à Kathleen van Overstraeten, en termes d'ordre de parution, mais le deuxième, à ce jour, par ordre chronologique de sa vie, après Bruxelles 43 (2020). Il a été réalisé par Patrick Weber pour le scénario, Baudouin Deville pour les dessins, l'encrage et la mise en couleurs, Bérengère Marquebreucq pour la mise en lumière uniquement de la couverture, c'est-à-dire la même équipe que celle des quatre autres albums de la série : Bruxelles 43 (paru en 2020), Léopoldville 60 (paru en 2019), Berlin 61 (paru en 2023), Innovation 67 (paru en 2021). Ce tome comporte cinquante-deux pages de bande dessinée. Il se termine avec un dossier de huit pages, agrémenté de photographies, intitulé Souvenirs d'Expo, découpé en plusieurs articles : Derrière l'Expo d'autres expos, Un monde meilleur grâce à l'Expo ?, L'Expo invente le pays du sourire, L'Atomium star de l'Expo, Les pavillons les plus courus de l'Expo, L'Expo consacre le style Atome, À l'Expo cette drôle De Belgique joyeuse, Après l'Expo une autre Belgique ?, et une interview d'une page de Jacqueline Mens de Fernig, la fille du baron Georges Moens de Fernig (1899-1978). Viennent enfin deux pages sur lesquelles sont listées les centaines de personnes ayant contribué à la campagne de financement participatif.

Bruxelles, 1957, chantier de l'Atomium. Deux ouvriers discutent en se rendant dans la cabane de chantier pour prendre leurs affaires. Pol de Mesmaeker récrimine contre le rythme qui leur est imposé, sans compter que ce bazar à boules ne tiendra jamais debout. Son collègue verra bien qu'ils finiront par avoir des accidents sur ce chantier de fous. L'autre le chambre en lui rétorquant qu'il se demande si son collègue ne serait pas en train de virer rouge. Si ça ne lui plaît pas, il n'a qu'à postuler au pavillon de l'U.R.S.S. Ayant revêtu leur bleu de travail, ils ressortent, mais le téléphone sonne. Mesmaeker retourne dans la cabane de chantier. Il est poignardé et l'assassin s'empare de son laisser-passer.

Quatre mois plus tard, des dizaines de jeunes femmes se présentent pour s'inscrire et passer les tests d'hôtesse. Parmi elles, se trouvent Kathleen Overstraeten et son amie Monique. Tout le groupe est reçu par madame Jacqueline Devriendt, responsable du recrutement des hôtesses. Elle prend à parti une d'entre elles et lui demande si elle veut devenir une hôtesse de l'exposition universelle. La réponse étant positive, elle lui demande ensuite si elle connaît la définition du mot Sourire. Et elle hausse le ton pour lui demander de la mettre en pratique. Elle désigne ensuite Kathleen pour la prendre comme exemple : elle est le parfait exemple de ce qui est attendu, un sourire offert au monde, le sourire 58 ! Elle emmène ensuite les postulantes retenues pour aller voir l'Atomium en construction. Puis pendant quatre mois, les futures hôtesses sont astreintes à une formation accélérée. Elles assistent à des conférences données par des journalistes, des professeurs d'université et des architectes de jardins. La culture générale passe aussi par des visites d'usines et de musées.

Premier tome de la série, le lecteur en découvre les caractéristiques : reconstitution historique, belgitude, intrigue d'aventure (ici espionnage), féminisme sous-jacent. Les auteurs ont choisi un événement historique dans l'histoire de la Belgique : une exposition universelle qui a fait date, à la fois pour son monument passé à la postérité, l'Atomium à Laecken sur le plateau du Heysel, à la fois pour le style Atome reconnu par les historiens de l'art et du stylisme. Il est immédiatement évident que les auteurs ont procédé à de solides recherches pour bâtir leur projet. La lecture du récit s'avère fluide, tout en intégrant de nombreuses références historiques. Les caractéristiques de l'Expo : la présence de André Waterkeyn (1917-2005) ingénieur et concepteur de l'Atomium, Lucien de Roeck (1915-2002) graphiste et créateur du logotype de l'exposition universelle de 1958. L'héroïne croise d'autres personnages historiques comme Daniel Gélin (1921-2002), Romy Schneider (1938-1982), Lilli Palmer (1914-1986), Sidney Bechet (1897-1959) et son orchestre, et même Herbert Hoover (1874-1964) le trente-et-unième président des États-Unis. le lecteur se rend compte que le scénariste dispose même de trop d'éléments et qu'il ne peut pas tout développer, en particulier quand Monique évoque le fait que le pavillon du Congo est un lieu sensible, certains voulant faire fermer le village des indigènes (authentique).

Dès la première page, le lecteur peut mesurer la qualité de la minutie de la reconstitution historique sur le plan visuel avec cette représentation de l'Atomium en cours de construction et les véhicules d'époque. Tout au long de ces cinquante-deux pages, l'artiste s'investit sans compter pour représenter cette époque, ces lieux, cet événement. le lecteur ouvre grand les yeux pour ne pas en perdre une miette : les dernières traces de chantier, l'Atomium presque achevé (plus qu'une seule sphère de ce cristal de fer à finir de construire), les étoiles de De Roeck décorant les allées sur des mâts, le pavillon des États-Unis, le pavillon du Vatican, celui de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (U.R.S.S.), un plan de masse de l'exposition, le pavillon du Congo, le téléphérique de l'exposition, la grande allée, les mâts de signalétiques, etc. L'artiste se montre tout aussi précis et exact dans les représentations de Bruxelles à cette époque : une très belle brasserie, la grand-place de Bruxelles, sans oublier une magnifique vue du pavillon d'accueil de l'exposition, avec une vue générale de la place de Brouckère et la fontaine Anspach, les tramways, l'hôtel Continental avec son enseigne pour une célèbre marque de soda, l'hôtel Metropol, etc. le lecteur ne perd pas non plus une seule représentation de voiture, et même du tricycle motorisé pour parcourir les allées de l'exposition, ou encore un side-car dans la scène de poursuite finale. L'attention prêtée au détail ne présente aucun défaut, jusqu'à l'emballage des barres chocolatées Dessert 58 de Côte d'Or. Les auteurs se sont également, à l'évidence concerté, pour parsemer des éléments culturels belges comme la visite d'Annie Cordy (1928-2020), les fraises de Wépion ou encore un cornet de frites ou deux.

Les caractéristiques des dessins relèvent de la ligne claire, dans une veine réaliste et descriptive, très agréable à la lecture. le lecteur éprouve la sensation d'évoluer aux côtés des personnages, pouvant porter son intérêt sur les lieux, sur les tenues vestimentaires, sur leur comportement, leurs gestes. le dessinateur conserve son haut degré d'investissement pour toutes les pages, toutes les cases, les arrière-plans comprenant de nombreuses informations visuelles. Les discussions bénéficient de plans de prise de vue dynamique, montrant l'environnement dans lesquelles elles se déroulent, les actions des interlocuteurs, les individus qui passent à proximité. L'avant-dernière séquence correspond à une course-poursuite avec prise d'otage, le lecteur ressentant le mouvement des déplacements, ainsi que la tension du fugitif et de son otage. En effet, cette bande dessinée raconte bien une histoire, une aventure de type Espionnage, en relation organique avec le contexte historique de l'époque et la tenue de l'exposition universelle en pleine Guerre froide, à quelques semaines de la crise de Berlin avec l'ultimatum de Nikita Khrouchtchev sommant les occidentaux de trouver une solution au statut de cette ville. La pauvre Kathleen Overstraeten se retrouve donc prise dans les intrigues de plusieurs individus aux enjeux secrets : Jean-Marc Spruyt (belge, ressemblant à Cary Grant), Ronald Amber (responsable du protocole du pavillon des États-Unis), Fra Matteo (journaliste de l'Ossvervatore Romano, le journal du Vatican) et Nicolas Soukine (officiel du pavillon soviétique).

Bien vite, Kathleen Ovesrtraeten est dépassée par les événements : le vol de sa sacoche pendant une visite guidée, les avances insistantes de Spruyt, le vol de l'oeuvre d'art le Christ décalé de l'artiste Svoboda dans le pavillon du Vatican, un globe terrestre qui se décroche et tombe avec fracas dans le pavillon de l'U.R.S.S., et la police qui s'intéresse de près à cette jeune femme qui était présente sur les lieux à chaque incident. le lecteur se sent tout aussi perdu que l'héroïne et l'admire pour sa capacité à encaisser et à essayer de prendre des initiatives, bien que son emploi d'hôtesse soit en jeu. de ce point de vue, elle incarne à la fois une obligation de conformisme pour être belle et sourire afin de se montrer compétente dans son emploi, à la fois une forme d'émancipation car elle rit au nez de sa mère qui se demande si sa fille sera bonne à marier et elle ne se cantonne pas au rôle de victime que les événements semblent vouloir lui imposer. Par l'exemple, elle incarne une émancipation sous-jacente, une femme indépendante, un signe avant-coureur du féminisme.

Le dossier en fin d'ouvrage s'avère fort intéressant, venant développer certains points, comme le fait que l'Expo inventa même un nouveau métier, celui d'hôtesse au sol. le lecteur ressort enchanté de cette bande dessinée : une immersion touristique et historique dans l'exposition universelle de Bruxelles en 1958, une aventure d'espionnage bien ficelée, un personnage principal attachant et crédible, avec une réelle personnalité déstabilisant les espions mâles ne voyant en elle qu'une belle plante. Formidable.
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L'Atomium est à la Belgique, ce que la tour Eiffel est à la France.

Bon, je m'explique…

🍫 Bienvenue dans la découverte de « sourire 58 », une bande-dessinée très bien réalisé par Patrick Weber. On va suivre une jeune femme, nommée Kathleen, qui, à travers une histoire d'espionnage en pleine guerre froide va se faire recruter comme hôtesse lors de l'Expo 58 à Bruxelles. Elle va faire connaissance avec l'intransigeante responsable, Madame Devriendt. Celle-ci exige le fameux « sourire 58 » et quiconque mettra un pied de travers, se verra mis à la porte. Kathleen sera fière de porter le bel uniforme d'hôtesse à savoir une veste rouge garance, un chemisier blanc, une longue jupe et un tricorne bleu marine. Fière aussi d'être en première ligne lorsque le roi Baudouin 1er prononce un discours historique. Elle va également assister à l'arrivée de diverses célébrités dont Annie Cordy … Elle lui explique que l'attraction principale de l'exposition est une représentation d'un cristal élémentaire de fer agrandi 165 milliards de fois nommé l'Atomium. Malheureusement, le rêve de Kathleen tombe brusquement lorsque Madame Devriendt la prend en grippe et qu'elle se retrouve mêlée à une affaire d'espionnage.

🍫 Je qualifierai cette BD de divertissante et instructive.
A la fin de la BD, nous découvrons un petit dossier historique de quelques pages sur l'Expo 58. J'ai trouvé cela très intéressant. Photographies d'époque et informations y sont regroupées. On apprend par exemple que l'Expo invente un nouveau métier, celui d'hôtesse au sol. Ces jeunes femmes engagées avec une discipline de fer contribueront au succès de cette expo de par leur sourire légendaire et leur uniforme impeccable.

🍫 Aussi, très important pour tous les amateurs de chocolat : Saviez-vous que Côte d'Or (le fameux chocolat belge) a lancé un « Dessert 58 » au praliné, qui j'avoue est vraiment très bon ! Je salive déjà… Et oui, ce chocolat existe toujours… Encore aujourd'hui d'ailleurs, on peut le trouver dans les magasins, c'est devenu une légende !

🍫 Pour conclure, j'ai trouvé cette BD fort intéressante et très divertissante, on se retrouve plongé au coeur des festivités de l'Expo 58. On ne s'ennuie pas un instant car il va arriver toute une série d'évènements à notre héroïne, Kathleen. On se diverti tout en découvrant cette époque, je conseille cette lecture à tous.

Mély 🍫
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Dans le vidéoclip du titre « Headhunter » du groupe belge Front 242, les membres du groupe déambulent dans Bruxelles, notamment à proximité du Berlaymont et de l'Atomium. Comme Anton Corbijn, le réalisateur du clip, avait mal compris le titre du vidéoclip et en place de « Headhunter » avait entendu « Egg Hunter », les oeufs ont la part belle dans le vidéoclip.

Il n'est pas question d'oeufs dans Sourire 58 mais bien de l'Atomium, la star de l'exposition universelle de 1958, ou Expo 58, pendant laquelle se déroule l'action. À l'époque, l'exposition avait été placée sous le thème ambitieux de « Bilan du monde pour un monde plus humain ».

On suit les aventures de Kahtleen van Overstaeten, une jeune bruxelloise sélectionnée pour être l'une des 280 hôtesses au sol - métier inventé pour l'occasion - de l'exposition universelle et qui se démène entre son rôle d'hôtesse - les jeunes filles devaient respecter des règles très strictes et arboraient le fameux « Sourire 58 » afin de donner une bonne image de la Belgique, l'image d'une « Belgique joyeuse » - et un nid d'espions qui tente de saboter l'exposition universelle afin d'« enflammer la guerre froide » (p. 53).

L'histoire agréable - l'historien belge, Patrick Weber, a écrit le scénario - et bien dessinée - les dessins et couleurs sont de Baudouin Deville - est agrémentée d'un dossier historique sur l'exposition universelle en fin de volume et une interview avec la fille du baron Georges Moens de Fernig, chargé à l'époque de la mise en oeuvre du chantier. le tout est à lire en mangeant du chocolat comme le Dessert 58 spécialement conçu pour l'occasion par Côte d'or.
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L'intérêt de cette série réside dans le graphisme clair et documenté aux meilleures sources de l'histoire de la Belgique.
J'ai été immergé dans l'expo 58, ébloui par le génie déployé à l'époque pour rapprocher les peuples autour du beau et du progrès. Une vue en plongée donne un aperçu des pavillons rivalisant d'audace et de l'envergure incroyable d'un parterre éblouissant dont on n'aurait jamais cru capable un si petit pays, co-fondateur, tout de même, de la future Union européenne.
Oubliez le scénario et regardez attentivement chaque planche, composée avec un remarquable souci du détail.
Je me souviens vaguement de l'entrée de l'exposition universelle, visitée à l'approche de mes quatre ans.
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J'ai commencé la "série" des éditions anspach consacrée à de grands événements belges par Bruxelles 43. Je poursuis chronologiquement par Sourire 58, même si les tomes ont été publiés dans un autre ordre.

On retrouve Kathleen à la recherche d'un job. Elle suit la formation d'hôtesse pour l'expo universelle qui se tiendra à Bruxelles en 1958. Avec Monique, une amie, elles sont embauchées et on a droit à un florilège de scènes et décors superbement bien rendu de l'Expo 58. Toujours avec le "Sourire 58" aux lèvres, bien sûr.

Le souci du détail est toujours bien présent. On a les tenues, les habitudes, les objets du quotidien... comme la tranche napolitaine (ici vanille-fraise entre deux gaufrettes), ou le chocolat Dessert 58, fourré praliné, qui reste une valeur sûre. J'adore ces petits détails qui mettent dans l'ambiance.

Cela dit, côté scénario, c'est bien plus poussif que pour Bruxelles 43. L'Expo 58 va être le théâtre d'un complot d'espionnage afin de déstabiliser le monde occidental. La Guerre froide bat son plein et on retrouve gravitant autour de Kathleen, un Américain, un jésuite du Vatican, un Russe et un Belge de la Sûreté de l'Etat (enfin, c'est ce qu'il prétend). Cela fait un peu blague de fin de soirée, il y a un Russe, un Américain, un Jésuite et Saint-Nicolas... bref, passons.

Tout concourt à pointer Kathleen comme responsable des troubles qui se produisent sur le site de l'Expo 58. Sabotages, disparitions, vols, etc. Elle est partout où se produisent des couacs. La police belge s'intéresse donc beaucoup à elle. le commissaire Skieve (mot bruxellois signifiant "tordu, de travers") et l'inspecteur Stout (bière brune par excellence) ne vont pas chercher une coupable trop loin. Les auteurs essaient une sorte de ping-pong comico-tragique avec une alternance de sérieux et de comédie. Mais cela ne fonctionne pas trop et on s'enlise avec le sentiment de revivire plusieurs fois les mêmes scènes. Kathleen se fait admonester par sa patronne, virée, puis réintégrée et revirée et re-réintégrée. Elle s'amourache du Belge de la Sûreté de l'Etat, sosie de Cary Grant (plutôt bien dessiné). D'ailleurs d'autres caricatures sont produites et en général, elles sont de bonne qualité. Mais cela ne sauve pas le côté brouillon et chaotique du scénatio. le ressort "espionnage et guerre froide" en prélude au Mur de Berlin ne fonctionne pas trop.
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critiques presse (2)
Auracan
19 avril 2018
Le lecteur se met à rêver de retrouver la jeune Kathleen dans de nouvelles aventures… dans les colonies belges et dans les airs ?...
Lire la critique sur le site : Auracan
Sceneario
09 avril 2018
Ne passez pas à côté de cet album qui passe malheureusement trop inaperçu dans les différentes librairies et c'est bien dommage, car vous passeriez à côté d'une histoire très efficace et donc d'un bon moment de lecture !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Depuis l’Exposition Universelle de Londres en 1851, la fièvre des expos s’est propagée à travers le continent. Le succès est tel qu’il suscite des convoitises. Toutes les nations rivalisent d’audace et de faste pour impressionner les visiteurs. Les expositions deviennent de formidables moyens de propagande politique, des accélérateurs de recherches scientifiques et même des lieux de rencontres diplomatiques. La jeune Belgique n’échappe pas à la règle et en organise plusieurs, plus ou moins ambitieuses : Anvers en 1885 et en 1894, Bruxelles en 1897, Liège en 1905 ou encore Gand en 1913. Mais la plus spectaculaire reste celle de 1935 sur le site du Heysel qui est notamment à l’origine du célèbre Palais 5 aux accents Arts Déco. Elle accueille vingt millions de visiteurs et jette les derniers feux de la Belgique libre avant la période sombre de la Deuxième Guerre Mondiale. Le conflit met la tradition entre parenthèses et l’Exposition Universelle de Rome qu’avait rêvée Mussolini pour 1942 ne sera jamais concrétisée, même si elle a laissé son nom et de nombreux bâtiments à l’EUR (pour Espozione Universale Roma) un quartier moderne de la capitale italienne. Dès le lendemain de la guerre, le gouvernement belge manifeste sa volonté d’organiser une nouvelle et ambitieuse exposition. En 1951, Baudouin devient le jeune roi des Belges et la Belgique peut officiellement lancer les bases de sa future Expo qui devra ouvrir ses portes en 1955, à l’occasion des 125 ans du royaume.
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L’Expo invente le pays du sourire – pour la Belgique, l’Exposition constitue une chance unique de se présenter sous son meilleur jour au monde entier. Il faut donc transformer le pays en royaume du sourire. Le baron François Vaxelaire, directeur de l’accueil et du protocole, est au cœur de cette vaste opération de relations publiques. L’Expo invente même un nouveau métier, celui d’hôtesse au sol. Il faut recruter des jeunes femmes qui incarneront l’Expo, deviendront des ambassadrices de leur pays et arboreront ce qui entrera dans la légende comme le fameux Sourire 58. On compte pas moins de 3.000 candidatures pour seulement 280 heureuses élues. Du site de l’Expo aux aéroports, aux gares ou aux bureaux de promotion, ces femmes deviendront le symbole de l’Exposition et aucun écart de conduite ne sera toléré. Une discipline de fer, un tricorne, un uniforme garance et un sourire en béton qui contribueront en grande partie au succès de l’Expo.
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364 mètres de circonférences, 116 mètres de diamètre et 30 mètres de haut. Des dimensions comparables au Colisée de Rome. Le pavillon des USA reflète l’arrogance d’une nation qui prétend gouverner le monde. Les Américains exposent les merveilles de leur société : urbanisme, moyens de communication, utilisation pacifique de l’énergie atomique. Sans oublier, un cinéma révolutionnaire de 360 degrés. Je vous ai réunis pour vous tenir informés de l’avancement de nos affaires. Notre plan se déroule exactement comme prévu et je suis heureux de vous confirmer que nous serons prêts pour le jour J. Mais il est essentiel que chacun d’entre vous conserve sa place et son rôle. Il en va de la réussite de notre entreprise et de l’avenir du monde. N’oubliez jamais que l’expo est au cœur du monde.
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Pendant quatre mois, nous fûmes astreintes à une formation accélérée. Nous avons assisté à des conférences données par des journalistes, des professeurs d’université et des architectes de jardins. La culture générale passait aussi par des visites d’usines et de musées. Notre formation concerna bien sûr notre apparence. Des esthéticiennes vinrent nous prodiguer de précieux conseils de maquillage et de coiffure. Nous suivîmes aussi des cours de maintien, afin de nous apprendre à marcher avec élégance. Sur 3.000 candidatures, 280 hôtesses furent finalement retenues. Par chance, Monique et moi en faisions partie. Avec l’honneur de porter les uniformes, veste rouge garance, chemisier blanc, jupe et tricorne bleu marine. Frappés de la prestigieuse étoile de l’expo.
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L’Expo 58, c’est aussi un look. Une identité qui n’appartient qu’à elle et qui surprend encore aujourd’hui par son extrême cohérence. Dès le lancement du projet, de nombreux graphistes se prennent au jeu. Richez, Mafur, De Roeck ou D’Hooge rivalisent de créativité pour incarner la manifestation. C’est Lucien de Roeck qui remporte le concours en concevant la célèbre étoile à cinq branches qui incarne les cinq continents et s’orne en son cœur de l’hôtel de ville de Bruxelles. Un ancrage dans la modernité universelle qui ne renie pas le passé national, c’est tout l’esprit de cette Expo dont le style s’est imposé comme le plus emblématique de l’époque. L’élégance règne en maîtresse absolue et les designers conçoivent des formes audacieuses. Les aspirateurs prennent des airs de voitures qui sont carénées comme de véritables vaisseaux spatiaux. Grace Kelly incarne parfaitement le style au féminin et l’Atomium s’impose au cœur de cette révolution des formes Côte d’Or va jusqu’à lancer un Dessert 58 au praliné irrésistible qui entre dans la légende ! Aujourd’hui, les historiens de l’art et du stylisme n’hésitent plus à parler de Style Atome en référence au mythique monument.
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