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ISBN : 2021218805
Éditeur : Seuil (12/03/2015)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Le passé s'étend devant nous comme un étrange et lointain territoire. Anne Weber entreprend un voyage au pays de ses pères, dans le monde de son arrière-grand-père "Sanderling" - le philosophe Florens Christian Rang - et de ses amis Walter Benjamin et Martin Buber, dans la Prusse d'avant la Première Guerre mondiale et jusque dans un village près de Pozna? où il fut pasteur quelques années durant. Mais, sur le chemin qui la mène vers cet homme passionné et tourmenté,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ATOS
  15 mars 2016
« Entre les générations passées et la nôtre existe un rendez-vous mystérieux : le passé réclame une rédemption, il exige que nous répondions à cette attente »..Walter Benjamin.
Vaterland, entre ces mots des pas, des visages, des écrits, des trains, des silences et des noms.
C'est écrit, ...était ce déjà écrit ? Écrit quelque part, écrit dans une image, une phrase, comme il serait écrit dans les gènes ? Anne Weber va à la rencontre d'un passé. Un pont plus loin. Un pont avant.
Un pont plus loin , au « village » d'avant la seconde, avant la nuit et le brouillard .
Elle s'interroge, interroge les lieux, interroge ses liens. Être allemande. Quelle identité peut on porter, peut on accepter, quelque responsabilité doit on assumer , de quelle culpabilité se voit on chercher ? Quel patrimoine, quel héritage ? Entre culture, identité, nationalité, communauté, individualité, et liberté quelles sont les lignes et courbes qui dessinent le visage d'un peuple ?
Un peuple, une nation, une patrie, une langue, une culture, un nom, une famille. Comment se définir, comme définir l'autre ? Être allemand, être européen, comment trouver sa place ?
Récit au message d'espoir que celui d'Anne Weber qui refuse le fatalisme de l'histoire.
Non cela n'était pas écrit, non on ne naît monstre, on ne naît pas saint. Il n'y a pas de peuple
maudit, il n'y a pas de peuple de vainqueurs . Ni par naissance, ni pas essence.
Il n' y a que l'homme et sa conscience , l' homme et son libre arbitre, l'homme et son choix. C'est dans la difficulté de cette liberté que réside notre éthique. Si l'hérédité est parfois génétique, l'éthique, elle, concerne l'individu. le lieu de sa conscience. Voilà peut être la seule terre envisageable, vivable pour les humains. Sa conscience , son enfer, son paradis, son jardin aussi.
Un récit qui n'est pas direct, qui est à l'image du cheminant qu'à du opérer l'auteure pour rejoindre la rive. A contre courant, remonter les flots troubles et violents de l'histoire, un pont plus loin, un pont avant. Avant qu'un chaînon de l'histoire ne vienne briser l'alliance du monde.
Un récit nécessaire dans une Europe qui semble ne plus vouloir retenir les leçons de son histoire. Alors qu'elle le peut.
Un peuple qui oublie son histoire est un peuple condamné à la revivre éternellement écrivait celui que l'on nommait K Marx, ou Churchill, ou Gandhi , peu importe son nom, cela fut dit, voilà ce qui importe, un pont avant. En conscience, cela fut dit pour nous rappeler que cela n'est jamais écrit.
Une identité....un droit, un devoir ? Cela devrait être un choix. Une conscience avant tout. Une éthique. L'idée d'un pays naît dans un esprit. Une loi, cela s'écrit, cela s'efface un homme se définit par ce qu'il vit, c'est ce qu'il vit qui le fait être. Un homme ça ne s'efface pas, quelque soit l'histoire, c'est une vie, alors elle écrit. L'espace d'une vie, cela dépasse l'imagination de n'importe quel pays.
Astrid Shriqui Garain
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topocl
  03 novembre 2015
Je dois dire d'abord que beaucoup de choses m'ont échappé dans ce livre, je n'ai pas tout compris sur la philosophie de l'histoire et de la germanitude. Cela n'empêche pas cependant que je l'ai trouvé vraiment intéressant (et prenant, ), soulevant des questionnements très forts, irrésolus même si on n'est pas allemand. D'autant plus que la réponse d'Anne Weber, ou en tout cas sa tentative de réponse, est toujours dans la nuance, dans le doute, dans la remise en question. Elle y mêle une subjectivité qui l'implique totalement en tant qu'elle-même, mais qu'elle arrive toujours à chasser d'un coup de raison.
Anna Weber est née enfant naturelle, et pour cela, ses aïeux ne se sont jamais intéressés à elle. Ceci a longtemps expliqué, croyait-t-elle, qu'elle-même ne s'intéresse pas à eux, particulièrement à cet arrière-grand-père pasteur et philosophe, Florens Christian Rang, ami de Buber et Walter Benjamin.
Tardivement, alors que son père dans son grand âge verbalise enfin son questionnement sur l'histoire du troisième Reich et la culpabilité qu'il en porte sur les épaules, Anne Weber se met à porter son intérêt sur cet aïeul, voire sa sympathie. Elle découvre alors que ce qui l'empêchait de se porter vers lui était peut-être, aussi, une appréhension à fouiller dans les « grands monts » constitués des cadavres des victimes du nazisme, qui sont encore tout chaud, et, par ce biais, à découvrir que son grand-père (fils de Florens Christian.) était un nazi, un vrai.
Le rapport avec ce grand père nazi, émerge peu à peu au fil des découvertes, alors même qu'elle fait tout ce qu'elle peut pour le « sauver », lui trouver des excuses, lui prêter une tiédeur, qu'il n'avait pas, cacher/ne pas cacher le résultat de ses recherches à son père vieillissant (son père à elle, le fils du nazi). Elle se demande de quel droit elle le « dénonce ». Évidemment ressort le questionnement infini de la responsabilité des fils, cette espèce de damnation du peuple allemand sur mille générations.
Quand elle revient à l'arrière-grand-père, elle se méfie de la distorsion qu'apporte son oeil contemporain dans l'interprétation de l'histoire, d'une part du fait de l'évolution des moeurs et des mentalités, mais aussi du fait de connaître les événements historiques qui ont suivi. L'interprétation des faits et gestes de la génération d'avant est forcément pervertie par le savoir du génocide : préparé ? annoncé ? Les pères eux aussi ont sans doute une responsabilité là-dedans.
L'un de ses objectifs est de rechercher d'où est venu le nazisme, ce que le génocide implique pour les Allemands des générations suivantes, sur la façon dont on les regarde. Anne Weber est traductrice, elle écrit ses livres en allemand et les traduit en français. Elle connaît le poids des mots, elle sait ce qu'on peut leur faire dire si on les manipule. Elle les utilise avec une grande prudence, et, tout en mettant une belle empathie dans son récit, elle n'en oublie jamais la rigueur.
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jtriaud
  11 septembre 2016
Vaterland est un livre admirable de justesse et d'interrogations. On peut le lire de différentes manières : comme une réflexion épistémologique sur l'histoire, comme une recherche de la faille intergénérationnelle, comme une espèce de règlement de comptes avec un grand-père nazi, voire un père trop silencieux, comme la recherche de l'idée qui mène au désastre de l'holocauste...
Partie à la recherche de son arrière grand-père qu'elle nomme Sanderling, l'auteure rencontre une Allemagne vindicative mais aussi un être complexe - ce fameux arrière grand-père ami de Walter Benjamin - qui finira par donner une grande leçon d'humanisme..
Ce livre je le conseille à tous les étudiant(e)s en histoire : il livre une véritable pensée de l'épistémologie de l'histoire.
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critiques presse (1)
Telerama   15 avril 2015
Un superbe livre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
jtriaudjtriaud   11 septembre 2016
Nous ne savons du passé que notre passé ; nous ne comprenons de ce qui fut que ce qui nous concerne aujourd'hui ; nous ne comprenons ce qui fut que selon notre manière d'être ; nous le comprenons comme notre chemin. Cela signifie, autrement dit, que le passé n'est pas quelque chose d'achevé, mais qu'il est en devenir.
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lageymelageyme   11 mai 2015
Qu'est-ce qu'être allemand aujourd'hui ? Comment retrouver ses souvenirs, les images les plus chères de sa famille, lorsque se dresse la Shoah en travers de notre histoire personnelle ?
Un récit aussi puissant que bienvenu !
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Video de Anne Weber (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anne Weber
Les Matins - La réforme du collège en question (2ème partie) .http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-l%E2%80%99invitee-politique-de-la-semaine-la-reforme-du-college-en-question-2015-05-13 Anne Weber Écrivaine allemande Traductrice Vient de publier au Seuil : Vaterland
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