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Critiques sur Ostende 1936 - Un été avec Stefan Zweig (12)
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kielosa
  21 avril 2017
A part les capitales nationales comme Paris évidemment, II y a trois villes dont le nom figure dans le titre de plusieurs livres : Istanbul, Odessa et bizarrement Ostende. Bizarrement parce que comparée à Istanbul avec ses 15 millions d'habitants, à cheval entre l'Europe et l'Asie et à Odessa en Ukraine avec plus d'un million d'Odessites, point de départ pour une nouvelle existence, surtout de beaucoup de juifs, vers l'Amérique et Israel et ville natale de célébrités comme Anna Akhmatova, isaac Babel et Vladimir Ze'ev Jabotinsky, Ostende avec ses 70.600 habitants ne fait guère le poids. Et pourtant son nom est écrit en toutes lettres dans le titre d'ouvrages de Colette Cambier, Benoît Damon, Cyrille Deroulneau, Magali Duru, Patrick Devaux, Jacqueline Harpman, Arthur Loustalot, Paule Noyart, Erich-Emmanuel Schmitt et Volker Weidermann, qui ont trouvé leur place dans la bibliothèque de Babelio. Peut-être en ai-je même oublié quelques-uns?
Ce nombre est d'autant plus invraisemblable que 'la reine des plages' , surnom donné lors de la Belle Époque et du temps du roi Leopold II, est actuellement loin de sa gloire d'antan.
Une des raisons qui explique, en partie du moins, cette étrange réalité, est très probablement liée à la présence de tout un groupe d'artistes dans cette ville balnéaire dans les années 30 du siècle dernier. En effet, après la prise de pouvoir de Hitler en Allemagne, son annexion de l'Autriche et son occupation de la République Tchèque, Ostende a accuelli des réfugiés dont les noms sont immortels, tels Stefan Zweig, Joseph Roth, Egon Erwin Kisch, Herman Kesten, Irmgard Keun...et le peintre Felix Nussbaum. Tous étaient juifs, à la seule exception d'Irmgard Keun, qui était populaire mais dont les livres furent proscrits, qualifiés de trop légers par ces messieurs très sérieux de la Chambre de Littérature du Reich ('Reichsschrifttumskammer')!
L'intérêt de l'ouvrage réside avant tout dans la description de l'interaction entre ces artistes, réduits à l'exode, face à des problèmes d'argent (excepté Zweig qui aidait financièrement Roth et quelques autres), ayant des difficultés à trouver un éditeur, logeant dans des hôtels choisis en fonction de leur bourse, traînant dans des cafés et sur des terasses pour écrire ou simplement tuer le temps et inquiets pour leur famille et amis restés derrière. Sans mentionner leur angoisse de ce qu'allait apporter demain. Il va de soi que ce climat particulier suscitait aussi des relations et attitudes particulières : fausses joies, rivalités, beuveries, remarques désobligeantes, suspicions etc. Tout n'etait donc pas amitié, comme le titre original de l'ouvrage de Weidermann laisse supposer. Bien que, comme dans les romans, il y avait aussi de la place pour l'amour, notamment entre Keun et Roth.
Un livre qui couvre exactement le même sujet, mais qui n'est malheureusement pas encore traduit en français, est celui d' Els Snick, qui traduit librement donnerait :"Ou cela me fait mal c'est dans ma patrie" (en néerlandais 'Waar het me slecht gaat is mijn vaderland'). L'auteur est professeur à l'Université de Gand en littérature allemande et fondatrice-présidente de l'Association Joseph Roth de Belgique et des Pays-Bas. A en juger par cet ouvrage et d'autres écrits d'elle, je crois que très peu de la vie et de l'oeuvre de Joseph Roth lui soit inconnu. Un ouvrage que je recommande vivement sur ce grand maître de la littérature germanophone, en pleine redécouverte d'ailleurs, dès sa parution en France
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Junie
  26 juillet 2015
Le titre pourrait être "Avant l'apocalypse" ou quelque chose de plus évocateur que le nom d'une cité balnéaire démodée.
Un groupe d'écrivains et d'intellectuels se rassemble pendant quelques mois, fuyant l'orage qui menace à l'est, les gros nuages noirs du nazisme et de l'antisémitisme, du totalitarisme qui va faire bientôt des millions de morts dans les populations civiles d'Europe et causer d' effroyables destructions, pilonnant des km2 de territoire, préparant secrètement le feu nucléaire qui sera finalement utilisé par les Américains.
En 1936, la menace est déjà très visible, en Allemagne, en Italie, en Espagne, les persécutions, les arrestations et les meurtres terrorisent les opposants aux régimes fascistes. Il faut fuir à l'étranger, se cacher, ou résister. Mais pour beaucoup, l'exil est une souffrance, et les écrivains ne sont pas des guerriers.
Les années 30 voient l'éclosion d'un fort réseau international d'intellectuels pacifistes et progressistes, mais leur échec devant la montée des dictatures est cuisant. Ils n'ont pu endiguer cette marée noire, mais nous pouvons aujourd'hui lire leurs oeuvres, celles de Koestler, de Zweig, de Roth, de Rilke, de Schnitzler, qui ont échappé aux flammes des autodafés.
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Delphine-Olympe
  31 mai 2015
Ostende, une ville à laquelle j'accorde un intérêt un peu particulier : une ville quasi mythique dans la famille de mon cher-et-tendre. Pour moi, que les souvenirs d'enfance ramènent davantage vers la garrigue provençale et qui n'aime rien tant que la chaleur et la lumière dorée des fins d'après-midi méditerranéennes, l'attrait pour cette station balnéaire ayant subi de lourds dommages durant la Seconde Guerre mondiale reste un peu difficile à appréhender... Aussi ce titre m'a-t-il aussitôt attirée. Allais-je enfin entrer dans cette Ostende que l'on m'a décrite, la patrie des peintres Ensor et Spilliaert, le rendez-vous à la mode des artistes et des intellectuels de la première partie du XXe siècle ?

En cet été 1936, Stefan Zweig choisit de rejoindre la célèbre station balnéaire belge qu'il connaît déjà et qui reste pour lui synonyme de bonheur. Il y retrouve son ami Joseph Roth, qui, contrairement à lui, est financièrement démuni. L'admiration qu'ils se vouent mutuellement est le ciment de cette amitié qui ne manque pas de surprendre, tant les deux hommes sont à l'opposé l'un de l'autre.
Alors que la peste brune s'impose en Allemagne, de nombreux intellectuels voient leurs oeuvres interdites de publication et fuient leur pays. En cette période estivale, ils se retrouvent dans les cafés où règne encore une certaine douceur de vivre, essayant de renouer avec la légèreté, de croire que le pire ne va pas advenir. Ils établissent des contacts pour être publiés à l'étranger, en Amérique notamment. Ils s'efforcent de continuer à vivre et à créer, sachant pertinemment que l'Europe court à sa perte.

Volker Weidermann dépeint l'atmosphère délétère des années d'avant-guerre. Il montre l'inquiétude grandissante face à la tyrannie que les artistes sont les premiers à subir par l'interdiction, voire la destruction de leurs créations.
Quant à la ville d'Ostende, on en perçoit un peu de la splendeur passée. Mais le chapitre final vient nous rappeler ce qu'elle est aujourd'hui devenue, une ville qui a perdu les traces de son histoire, à l'aspect un peu fantomatique, sur laquelle plane encore cependant la mémoire de l'étonnant James Ensor.

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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ivredelivres
  21 juin 2015
Dommage que l'édition française de ce livre n'ait pas gardé le sous titre de l'édition allemande : l'été de l'amitié. Un sous-titre qui dit tout pour les protagonistes de cet été là.
On pourrait aussi l'intituler : Portrait de groupe, car en exil dans la station belge d'Ostende on retrouve là des écrivains chassés d'Allemagne et d'Autriche par le régime nazi.
Stefan Zweig bien sûr qui a espéré longtemps pouvoir être encore édité en Autriche, qui va devoir se résoudre au départ et au divorce, il faut dire qu'à Ostende ce n'est pas sa femme mais c'est Lotte Altmann qui est à ses côtés.
Joseph Roth que les abus d'alcool n'empêchent pas d'être le plus lucide sur la situation de l'Allemagne.
Mais dans cette station balnéaire ils ne sont pas seuls et viennent s'ajouter des noms comme celui d'Arthur Koestler qui ne va pas tarder à « virer sa cuti » communiste, et des artistes et écrivains qui sont aussi dans le collimateur nazi : Irmgard Keun, Hermann Kesten.
C'est un petit livre tout à fait intéressant sur cette période, on y voit l'amitié mais aussi les heurts entre Zweig et Roth, l'atmosphère de déliquescence qui règne et qui présage d'une fin difficile pour certains d'entre eux.
C'est un récit empreint de tristesse bien sûr mais aussi d'éclat de rire, de fêtes au champagne, tant il est bon de lutter contre la mort à venir et l'extinction des voix qui furent celles d'une Europe cosmopolite et si riche. Il y est question de perte, de poésie, de politique et c'est tout à fait captivant.
Cette ville refuge est à la fois idyllique et terrible, la fin d'un monde s'inscrit déjà dans le sable de la plage.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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JeanPierreV
  26 décembre 2016
Rencontres fictives ou réelles ? .....qu'importe. Volker Weiderman, met en scène des exilés fuyant le nazisme, se retrouvant à Ostende, le temps d'un été. Ils sont tous de bonnes raisons : leurs livres sont brulès sur la place publique en Allemagne, parce qu'ils ne sont pas conforme aux doctrines nazies ou parce que les auteurs sont juifs. D'autres ont fui pour des raisons politiques dès l'avènement d'Hitler au pouvoir, ou sont communistes....Parmi eux, Stefan Zweig, auteur riche et reconnu accompagné de sa secrétaire Lotte Almann, Joseph Roth, auteur alcoolique, sans le sou accompagné de sa maitresse Irmgard Keun , Arthur Koestler, Egon Erwin Kisch ...
Stefan Zweig connait cette station belge flamande de bord de mer où il séjourna au cours de la première guerre mondiale et se lia d'amitié avec Emile Verhaeren.
Volker Weiderman s'appuie sur des correspondances réelles entre ces hommes et femmes pour imaginer ces rencontres, ces conversations autour d'une table de bar, et ainsi nous faire mieux connaitre l'engagement littéraire ou politique de ces exilés, les soutiens littéraires ou financiers qu'ils s'apportaient, l'amitié qui les unissait, leurs divergences.
La tempête qui allait bousculer l'Europe et le monde et qui déjà leur coupait la parole dans leur pays de naissance, s'annonçait. Déjà elle tentait de détruire leur culture.
Une occasion pour le lecteur d'appréhender L Histoire sous un aspect particulier, de mieux connaître chacun de ces hommes et femmes, de s'intéresser à leurs écrits.
Et qui sait d'en parler dans une prochaine chronique...

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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thisou08
  24 juin 2019
Je suis déçue, car je n'ai pas trouvé ce que je cherchais dans ce livre, c'est-à-dire "un été avec Stefan Zweig".
Il y est beaucoup question de personnages que je ne connais pas ce qui m'a découragée.
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Nadael
  17 août 2015
C'est l'été à Ostende, petite ville balnéaire sur la côte belge. La population, à l'image de la station est élégante. Nous sommes en 1936. le soleil est très haut dans un ciel bleu azur, la mer est calme, les estivants se prélassent sur la plage pendant que leurs enfants s'amusent à construire des châteaux de sable, l'atmosphère est légère, les vêtements clairs flottent au vent, les terrasses des cafés sont pleines, on entend monter des éclats de rire et pourtant...
Non loin d'ici grossit la menace, insidieuse. Elle plane depuis quelques temps déjà mais n'a jamais été aussi proche. Un grondement qui, tous le savent, va bientôt traverser la frontière. Deux mots circulent, prononcés du bout des lèvres ; antisémitisme, nazisme.
Au café Flore, des hommes et des femmes sont assis. Des intellectuels : des écrivains, des reporters. Ils se sont retrouvés ici avant l'exil. La publication de leurs livres a cessé en Allemagne. Ils sont devenus indésirables. Parmi eux, Stephan Zweig, célèbre et riche écrivain né à Vienne (La confusion des sentiments, Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme), son ami Joseph Roth, écrivain et journaliste, pauvre et alcoolique (La marche de Radetzky), Egon Erwin Kisch, écrivain et reporter né à Prague, Irmgard keun, écrivaine allemande, qui trouvera en Roth un alter ego ( Gilgi, Ferdinand et Isabelle), Arthur Koestler, romancier hongrois (Le zéro et l'infini)...
En fuite, ils redoutent la déferlante nazie, la monstrueuse vague qui va engloutir l'Europe entière. Les discussions sont pleines de leurs angoisses sur le terrible avenir qui se profile mais malgré cela, des sourires sont esquissées, les regards se posent sur la mer si tranquille et sur les vacanciers à l'air jovial.
Ce livre est le récit d'un été pas comme les autres, une parenthèse avant les abominations de la Seconde guerre mondiale. L'auteur, en s'appuyant sur des archives et des correspondances, met en scène ces intellectuels, leurs pensées et leurs attitudes. Un tableau en clair-obsur. Un décor lumineux dans un cadre sombre. Sous le glacis, le spectre de l'horreur.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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Gilles92
  31 janvier 2016
J'aime Ostende, j'apprécie les romans de Stephan Zweig. C'est avec ses sentiments que j'ai commencé le livre de Volker Weidermann.

Il nous raconte une bel tranche de vie de tous ces intellectuels prient dans la tourmente de l'avant seconde guerre mondiale.
Cette période au bord de la grande plage d'Ostende est pour ces écrivains bannis par le régime nazi, une période de réflexion sur leur avenir et celle de l'Europe. Parce qu'ils sont juifs, communistes ou humanistes, ils vont devoir faire un choix. Résister ou fuir, avec le déchirement de quitter leur pays, leurs amis, leur idéal.
En tout cas, cet été 36, leur permet de se retrouver et encore rêver à un monde meilleur.

Roman agréable au milieu de nombreux intellectuels et penseurs de cette époque.
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PLUMAGILE
  22 août 2015
Un petit roman doux-amer sur un temps d'entre-deux, où les artistes réalisent qu'ils vivent la fin d'une période, avec l'interdiction de publication pour certains, la suspicion sur ceux qui ne sont pas interdits, une atmosphère délétère. A Ostende, ils sont tout un groupe à profiter des derniers moments de calme avant la tourmente, avant que leurs chemins se séparent. Chacun vivra la période à venir à sa façon : exil, fuite, abus de tous ordres, résistance à l'ennemi... Il y a comme un voile gris sur ce groupe dans cette ville balnéaire, une tristesse qui plombe les moments de fête.

Ce livre est pour moi une petite déception. J'aime beaucoup les écrits de Stefan Zweig et j'attendais qu'il soit mis en scène avec davantage de panache, de détails. Or c'est Joseph Roth qui a la part belle dans le texte. J'ai lu un objet littéraire qui n'est, pour moi, ni tout à fait un roman, ni tout à fait une biographie. Quelques soucis de style, au début notamment, dûs à la traduction ? Bref, lecture pas tout à fait concluante pour ma part...

Lien : http://la-clef-des-mots.e-mo..
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Clamencenage
  06 février 2016
Et alors Einstein dit : "Mais cela manque de sel, non ?". A priori pas fascinant mais, si c'est Einstein qui le dit alors...
Bref cette critique est un billet d'humeur dont la partialité est assumée. Il y a une mode consistant, au lieu de créer des personnages littéraires denses et intéressants, à s"accaparer des noms pouvant faire rêver, ayant une symbolique forte pour, selon moi, tenter de susciter un intérêt que ni la plume de l'auteur ni l'intérêt du sujet ne méritent.
Plus dérangeant encore est le fait, au lieu de tenter de grandir le lecteur vers le talent d'hommes exceptionnels, de créer une fausse proximité avec eux en nous décrivant leurs supposées petites manies voire la couleur de leurs caleçons. Je peine à voir l'intérêt et y vois parfois un appel à la médiocrité.

Ici les personnages sont caricaturaux, manquent de profondeur, la plume est médiocre, l'histoire sans grand intérêt réel. Alors que dire de positif pour "sauver" cet ouvrage qui a par ailleurs un certain succès ? Il y a un travail documentaire réel indéniable. Par ailleurs cela oriente d'après mon libraire des lecteurs vers les écrits de Joseph Roth... Oui, pourquoi pas... Si, comme Monsieur B, je me trouvais enfermé des jours avec un esprit tournant à vide pas impossible que je me résigne à le relire... mais combien je préférerais alors disposer d'un manuel d'échecs !
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