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EAN : 9782213015613
254 pages
Fayard (10/01/1985)
4.36/5   33 notes
Résumé :
Ce livre nous apprend le vrai sens de l’illumination qui a fait passer Simone Weil d’un agnosticisme anticlérical à une recherche religieuse qui n’a plus cessé jusqu’à sa mort.
Il apporte aussi la réponse à des questions qu’un public de plus en plus étendu, et de tous les pays, n’a cessé de se poser en lisant les différentes publications posthumes qui se sont succédées de façon désordonnée durant ces quinze dernières années.
Le titre Attente de Dieu dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
mercutio
  04 août 2017
Cet ensemble de textes a été publié par le Père JM Perrin, à titre posthume mais à la demande anticipée de Simone Weil avant qu'elle ne quitte la France en 1942.
Elle avait pour lui une profonde amitié empreinte d'une gratitude alimentée par l'écoute et l'aide que celui-ci manifestait à propos de sa réflexion métaphysique.

Agnostique par éducation pourrait-on dire puis, dans un premier mouvement de pensée, par une sorte de droiture intellectuelle, Weil fut littéralement envahie par l'amour de Dieu et du Christ lors de quelques jours passés à l'abbaye bénédictine de Solesmes. Peut-on dire qu'elle était une intellectuelle prédisposée à la foi?
Dans les quelques lettres de l'ouvrage, elle explique en particulier qu'étant qui elle était, la religion catholique lui apparut comme la plus à même de lui laisser vivre cet amour dont elle était remplie, du fait de la personne du Christ. L'Église catholique pourtant la rebutait : "Ce qui me fait peur, c'est l'Église en tant que chose sociale", "J'ai peur de patriotisme de l'Église qui existe dans les milieux catholiques" et "Il en résulte que le social est irréductiblement le domaine du diable". Pour cette raison, et malgré un questionnement quasi permanent, elle ne voulut jamais être baptisée.
Dans le texte intitulé "Autobiographie spirituelle", elle présente son itinéraire de foi, avec sincérité et clarté; elle raconte notamment l'évènement de Solesmes; on comprend que, certes ponctuel, il vient à son heure dans une trajectoire déjà étonnamment orientée.
Au fil des autres textes : "Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l'Amour de Dieu", "l'Amour de Dieu et le malheur", "Formes de l'Amour implicite de Dieu", de sa voix limpide, bien posée, "inspirée", tonique, exempte d'animosité ou de mépris, Weil dévoile ce qu'est pour elle cette "attente de Dieu", faite d'une extrême attention, de l'esprit d'obéissance et d'un amour incommensurable. Son humilité quelquefois paraît de principe, voire excessive, pourtant certainement non feinte.
Sans en avoir, semble-t-il, l'intention, ses propos, manifestement vécus, sur Dieu, l'Eucharistie, la prière, le salut,….. dynamitent de fait l'enseignement traditionnel de l'Église catholique en ce qu'ils se démarquent largement du discours officiel transmis au vulgum pecus. Ils sont plutôt révolutionnaires et lumineux, qu'on y adhère ou qu'on ne fasse que s'y intéresser pour leur caractère spéculatif.
Dans "A propos du Pater", Weil nous explique sa compréhension du "Pater Noster". On ne peut qu'apprécier la cohérence avec tout ce qu'elle a dit auparavant.
Dans "Les trois fils de Noé et l'histoire de la civilisation méditerranéenne", se faisant paléontologue, elle reconstruit à partir de quelques chapitres de la Bible et en quelques pages, l'histoire des principaux peuples sémites et indo-européens. C'est curieux, du genre dessert salé: même non convaincu, on peut en apprécier l'audace et la fulgurance.
L'ouvrage est donc divers mais le thème central, Dieu e(s)t Amour, est traité de façon consistante, sur un mode personnel, à vocation universelle.
Il offre parallèlement un point de vue incontestable -puisque le sien- sur la personne Weil: à côté de sa profession de foi fondée sur une synthèse du stoïcisme grec et du christianisme, on découvre sa conception de la charité et de l'amitié, son amour quasiment romantique des penseurs grecs opposé à sa piètre opinion de la civilisation romaine (dont on trouve une argumentation approfondie dans "L'Enracinement"), et, omniprésente, la séduction de sa pensée.
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Fx1
  19 juillet 2014
Lorsqu'un esprit tel que celui de mme Weil traite de religion , l'on ne peut que préter attention à son texte , et cela méme si l'on est non-croyant . Pourquoi ? Simplement parceque l'on sait qu'on va découvrir des idées avec lesquelles on pourra étre en désaccord , mais il y aura une profondeur assurée. Et tel est bien le cas . Ce texte n'ayons pas peur des mots , est magnifique . On y trouve la vision d'une personne issue des millieux populaires , qui à un vécu , et qui par là méme mérite que l'on lise ces mots qui sont ceux d'une personne "ordinaire" . Aprés , il est de la liberté de chacun d'étre proche ou pas de sa vision de la religion . Mais en l'état il s'agit d'un trés grand livre . Parole d'athée qui vous invite à le lire au plus tot .
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BJFenimore
  03 septembre 2020
Un voyage très difficile tant la pensée de Simone Weil est complexe. Toutefois quelques passages plus limpides (le chapitre sur l' amour du prochain par exemple) offrent une ouverture pour la réflexion.
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VACHARDTUAPIED
  15 avril 2013
Quelles belles lettres !!!!
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giraudet
  29 septembre 2014
Commenter  J’apprécie          21

Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
DubsjpDubsjp   04 janvier 2022
Car dès ici-bas nous recevons la capacité d’aimer Dieu et de nous le représenter en toute certitude comme ayant pour substance la joie réelle, éternelle, parfaite et infinie. A travers les voiles de la chair nous recevons d’en haut les pressentiments d’éternité suffisants pour effacer à ce sujet tous les doutes.
(page 71)
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DubsjpDubsjp   03 janvier 2022
Pourtant des obstacles restent. Tout bien considéré, je crois qu’ils se ramènent à ceci. Ce qui me fait peur, c’est l’Église en tant que chose sociale... J’ai peur de ce patriotisme de l’Église qui existe dans les milieux catholiques. J’entends patriotisme au sens du sentiment qu’on accorde à une patrie terrestre. J’en ai peur parce que j’ai peur de le contracter par contagion.
(pages 23-24)
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DubsjpDubsjp   03 janvier 2022
Le désir d’aimer dans un être humain la beauté du monde est essentiellement le désir de l’Incarnation. C’est par erreur qu’il croit être autre chose. L’Incarnation seule peut le satisfaire. Aussi est-ce bien à tort qu’on reproche parfois aux mystiques d’employer le langage amoureux. C’est eux qui en sont les légitimes propriétaires.
(page 163)
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DubsjpDubsjp   03 janvier 2022
Je ne puis m’empêcher de continuer à me demander si, dans ces temps où une si grande partie de l’humanité est submergé de matérialisme, Dieu ne veut pas qu’il y ait des hommes et des femmes qui se soient donnés à lui et au Christ et qui pourtant demeurent hors de l’Église.
(page 19)
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   15 avril 2013
Je vous dois la vérité, au risque de vous heurter, et bien qu'il me
soit extrêmement pénible de vous heurter. J'aime Dieu, le Christ et la
foi catholique autant qu'il appartient à un être aussi misérablement
insuffisant de les aimer. J'aime les saints à travers leurs écrits et les
récits concernant leur vie - à part quelques-uns qu'il m'est impossible
d'aimer pleinement ni de regarder comme des saints. J'aime les six ou
sept catholiques d'une spiritualité authentique que le hasard m'a fait
rencontrer au cours de ma vie. J'aime la liturgie, les chants, l'architecture, les rites et les cérémonies catholiques. Mais je n'ai à aucun degré
l'amour de l'Église à proprement parler, en dehors de son rapport à
toutes ces choses que j'aime. je suis capable de sympathiser avec ceux
qui ont cet amour, mais moi je ne l'éprouve pas. je sais bien que tous
les saints l'ont éprouvé. Mais aussi étaient-ils presque tous nés et élevés dans l'Église. Quoi qu'il en soit, on ne se donne pas un amour par
sa volonté propre. Tout ce que je peux dire, c'est que si cet amour
constitue une condition du progrès spirituel, ce que j'ignore, ou s'il fait
partie de ma vocation, je désire qu'il me soit un jour accordé.
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Videos de Simone Weil (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone Weil
Simone Weil, une Juive antisémite ? : éteindre les polémiques Robert Chenavier Éditions Gallimard Collection Hors série connaissance
Exploration d'une polémique associée à la mémoire de S. Weil, relative à son antisémitisme présumé. Au fil de son rapprochement spirituel avec le christianisme, la philosophe a tenu des propos durs vis-à-vis du judaïsme, développant l'idée de purger la religion chrétienne de son empreinte juive au profit de sa composante grecque. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/simone-weil-juive-antisemite-eteindre-polemiques-robert-chenavier/9782072951985.html
Dans la catégorie : DieuVoir plus
>Religion>Christianisme, Théologie chrétienne>Dieu (37)
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