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ISBN : 2851972634
Éditeur : L'Herne (22/01/2014)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Fin 1933, durant quelques jours, Simone Weil hébergera chez ses parents Léon Trotski (avec femme, enfant et gardes du corps): longues et véhémentes discussions sur la révolution, sur le rôle du Parti communiste allemand dans le déclenchement de celle-ci…

Trotski : « Si vous pensez ainsi, pourquoi nous recevez-vous ? Êtes-vous l’Armée du Salut ? » ; commentaire de Nathalie Sédov, l’épouse de Trotski : « Cette enfant qui tient tête à Trotski ! ». Ils fi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Lavieestunlongfleuvetranquille
  25 février 2014
« Je n'ai que mépris pour le mortel qui se réchauffe avec des espérances creuses » SOPHOCLE
Simone WEIL avait compris qu'il fallait douter pour comprendre. N'est-ce pas la base de la philosophie ? Sa rencontre avec Léon TROTSKI en décembre 1933 fut l'occasion d'un échange passionné entre les deux idéalistes.
Ce magnifique ouvrage, dans sa conception que souligne notamment un travail soigné dans le choix de la couleur des caractères, mais également – et surtout ! – par son contenu est articulé en cinq chapitres/notes reprenant les questions que Simone WEIL se pose sur les effets de la montée du national socialisme en Allemagne et les conséquences de la Révolution d'Octobre en Russie, quinze années plus tard.
Elle s'interroge sur l'efficacité du socialisme, mais demeure sans concession devant la montée – inéluctable à cause de la passivité du communisme – du mouvement fasciste.
« Devant cette situation tragique, ceux qui ont coutume de parler au nom des ouvriers allemands ferment les yeux ».
La bureaucratie reste par dessus-tout la source d'une impasse, par sa permanence, son irresponsabilité, son origine et sa puissance. C'est assurément un nouveau système d'oppression.
« Trotski persiste à dire qu'il s'agit d'une dictature du prolétariat, d'un Etat ouvrier bien qu'à déformation bureaucratique, et que, concernant la nécessité, pour un tel régime, de s'étendre ou de périr, Lénine et lui ne se sont trompés que sur les délais ».
Sur les imperfections du stalinisme, elle reste philosophe.
« Descartes disait qu'une horloge détraquée n'est pas une exception aux lois de l'horloge mais un mécanisme différent obéissant à ses lois propres ; de même il faut considérer le régime stalinien, non comme un Etat ouvrier détraqué, mais comme un mécanisme social différent ».
Mais demeure sans concession sur l'altération de l'individualisme du travailleur qui doit impérativement conserver son pouvoir de compréhension global.
« N'oublions pas que nous voulons faire de l'individu et non de la collectivité la suprême valeur. Nous voulons faire des hommes complets en supprimant cette spécialisation qui nous mutile tous. Nous voulons donner au travail manuel la dignité à laquelle il a droit, en donnant à l'ouvrier la pleine intelligence de la technique au lieu d'un simple dressage ».
Pour réussir ce combat du socialisme, il faut réaliser l'union du travail manuel et du travail intellectuel. C'est exactement ce quelle fera en quittant son poste d'enseignant pour intégrer une usine par la suite.
Ce combat sera difficile, pense t'elle, car « si nous devons périr, faisons en sorte que ne nous ne périssions pas sans avoir existé. Les forces redoutables que nous avons à combattre s'apprêtent à nous écraser ; mais il est un domaine ou elles sont impuissantes, elles ne peuvent nous empêcher de travailler à concevoir clairement l'objet de nos efforts ».
Le dernier chapitre est pour moi une véritable perle. « L'examen critique des idées de révolution et de progrès » résume à lui seul l'esprit de cet ouvrage passionnant. Je vous laisse le découvrir au travers de ce passage éloquent…
« Si on prenait un à un tous ceux à qui il est arrivé de prononcer avec espoir le mot de révolution, si on cherchait les mobiles réels qui ont orienté chacun d'eux dans ce sens, les changements précis, d'ordre général ou personnel, auxquels il aspire réellement, on verrait quelle extraordinaire diversité d'idées et de sentiments peuvent recouvrir un même mot ».
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everhard
  06 mars 2014
Trotski et sa famille furent reçus en 1933 par les parents de Simone Weil à Paris.
Bien que sensible à Trotski, Simone Weil reste plus critique que lui sur les suites d'Octobre 1917 et les limites du parti communiste russe. La bureaucratie y a écrasé le monde ouvrier. Pour elle seule la commune de paris peut avoir l'espace d'un temps très cours essayé de donne vie à l'idéal d'un état ouvrier. le fascisme se rapproche du nouveau régime russe par le fait suivant : "un parti au pouvoir et tous les autres en prison" ( Tomski). Un des problèmes étant la puissance de la bureaucratie et le non partage de la possibilité de penser par soi même.Et le fait que chacun compte que d'autres feront la révolution à leur place!
Comme toujours avec les éditions de l'Herne, nous avons la un livre soigné et original par ses caractères d'écriture d'un beau bleu. Un petit livre très intéressant avec de nombreuses réflexions somme tout très actuelles. Reçu dans le cadre de "masse critique" de la part des éditions de l'Herne.
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mikekol
  15 février 2014
Dans ce livre on voit la vision politique de Trotski, qui veut lutter contre la montée du fascisme en Allemagne et on va parler de bureaucratie stalinienne.

Après la Première Guerre mondiale, l'Allemagne est humiliée, elle perd beaucoup, les crises économiques bombardent la population qui n'est plus en sécurité, car les agents de force de l'ordre manquent cruellement. Une guerre civile éclate, on va parle de révolution allemande. Mais ou est le rapport entre cette révolution et la montée en puissance du fascisme? Bien dans le chapitre "Révolution allemande " on n'y apprend beaucoup, sur ce parti social-démocrate qui n'a pas eu ou sut contrecarré la montée du fascisme. Une grosse partie parle de la bureaucratie stalinienne qui a conduit le pouvoir soviétique à la ruine et la conduit a une dictature. La bureaucratie a joué un rôle très réactionnaire en URSS et dans d'autres pays en transformant le mouvement communiste en partis staliniens. Trotski a vraiment combattu cette évolution, on le ressent dans les écrits, car on voit avec quelle détermination il veut montrer l'effet néfaste de la bureaucratie.
On voit dans ce livre les deux principaux combats de Trotski durant sa vie.
Bien sur, ce livre reste complexe, c'est pour quoi ne ne rentre pas dans les détails, au risque de me mélanger les pinceaux, mais l'écriture est compréhensible, l'auteur ne rentre par dans un langage jargonneux. Il faut connaitre un minimum la politique, surtout de l'URSS et de l'Allemagne à cette époque. Mais sans cela on arriver a comprendre et nous montre et nous apprend beaucoup sur la situation politique de l'Allemagne, qui nous a conduits à une seconde Guerre mondiale
L'objet livre est agréable et pratique. J'adore l'écriture bleue des caractères.
Ce livre se destin a une majorité cibler.
Lien : http://mikechronikol.blogspo..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LevLev   27 avril 2014
L'ouvrier qui, à l'usine, contraint à une obéissance passive, a un travail morne et monotone, "trouve le temps long", ou qui ne se croit pas fait pour le travail manuel, ou qui est persécuté par un chef, ou qui souffre, à la sortie, de ne pouvoir se procurer tel ou tel plaisir offert aux consommateurs bien munis d'argent, songe à la révolution. Le petit commerçant malheureux, le rentier ruiné tournent les yeux vers la révolution. L'adolescent bourgeois en rébellion contre le milieu familial et la contrainte scolaire, l'intellectuel en mal d'aventures et qui s'ennuie, rêvent de révolution. L'ingénieur heurté à la fois dans sa raison et dans son amour-propre par la prédominance des considérations financières sur les considérations techniques, et qui voudrait voir la technique régir l'univers, aspire à la révolution. La plupart de ceux qui ont vivement à cœur la liberté, l'égalité, le bien-être général, qui souffrent de voir des misères et des injustices, attendent une révolution.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   25 février 2014
« Si on prenait un à un tous ceux à qui il est arrivé de prononcer avec espoir le mot de révolution, si on cherchait les mobiles réels qui ont orienté chacun d’eux dans ce sens, les changements précis, d’ordre général ou personnel, auxquels il aspire réellement, on verrait quelle extraordinaire diversité d’idées et de sentiments peuvent recouvrir un même mot ».
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   25 février 2014
Descartes disait qu’une horloge détraquée n’est pas une exception aux lois de l’horloge mais un mécanisme différent obéissant à ses lois propres ; de même il faut considérer le régime stalinien, non comme un Etat ouvrier détraqué, mais comme un mécanisme social différent
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Videos de Simone Weil (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone Weil
Il y a dix ans, Aimé Césaire nous quittait. La Grande Librairie rend hommage au poète disparu en compagnie de Christiane Taubira, sa plus illustre admiratrice. L?ancienne garde des Sceaux évoque sa passion des livres et des auteurs, d?Aimé Césaire à René Char en passant par Simone Weil. Après son manifeste « Murmures à la jeunesse », en 2016, elle publie « Baroque sarabande », aux éditions Philippe Rey, une véritable ode à la littérature. Elle est rejointe par l'écrivain Gaël Faye.
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