AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070404421
150 pages
Éditeur : Gallimard (03/02/1998)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 24 notes)
Résumé :
" La période présente est de celles où tout ce qui semble normalement constituer une raison de vivre s'évanouit, où l'on doit, sous peine de sombrer dans le désarroi ou l'inconscience, tout remettre en question. Que le triomphe des mouvements autoritaires et nationalistes ruine un peu partout l'espoir que de braves gens avaient mis dans la démocratie et dans le pacifisme, ce n'est qu'une partie du mal dont nous souffrons ; il est bien plus profond et bien plus étend... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Tiephaine
  23 février 2017
Un ouvrage typique des années 1930 françaises, parfait reflet de la vanité et de la vacuité de la philosophie de notre pays encore aujourd'hui.
Avec une entrée en matière aussi rude, il faut pouvoir se justifier. Commençons donc par le commencement: le livre lui-même.
D'environ 150 pages, ce livre se compose de 4 grandes parties: "Critique du Marxisme", "Analyse de l'Oppression", "Tableau Théorique d'une Société Libre", "Esquisse de la Vie Sociale Contemporaine", auxquelles s'ajoutent une très courte introduction et une courte conclusion. Rien que dans sa forme, on perçoit immédiatement l'exercice scolaire dans toute sa splendeur (un comble quand on s'intéresse à la Liberté...), mais admettons que cette longue rédaction écolière soit plus qu'un simple exercice de style.
Le contenu même de l'ouvrage n'est qu'une succession de pensées sans réellement la moindre pertinence ni le moindre fil. La critique du marxisme, par exemple, sert de prétexte à une critique du capitalisme (par ailleurs jamais décrit autrement que sous sa définition marxiste, c'est à dire synonyme d'esclavagisme) et du progrès. Oui, le progrès. Selon Simone Weil, en effet, il devait exister une limite au-delà de laquelle le progrès cesserait d'être désirable parce que ses apports coûteraient trop cher à la société. Outre que le fait de lire la description de ce qui semble être un pur rapport coût/profit dans ce qui constitue une critique du capitalisme a tendance à me faire tiquer, l'Histoire démontre depuis la domestication du Feu que ce genre de réflexion est stupide, sans fondement. Mourir de vieillesse à 80 ans dans un environnement pollué me semble toujours préférable à mourir à 25 ans d'une simple grippe dans un environnement "sain et naturel", mais passons sur ce qui n'est qu'un faux-argument néo-luddite avant l'heure.
Simone Weil a tout de même pour elle d'avoir critiqué de façon pertinente la société soviétique et de voir les limites que le marxisme sous-tendait en ce qui concerne les libertés humaines, gommant l'individu au profit de la communauté et opprimant de ce fait celui-ci au nom d'un productivisme aveugle (critique qu'elle adresse également à l'encontre du capitalisme, où la communauté est remplacée par l'entreprise).
Très franchement, je n'ai absolument pas apprécié ce livre pour la simple et bonne raison que celui-ci ne s'appuie en fait sur rien. le seul auteur vaguement mentionné est Marx, et aucun autre. Les déclarations sur l'Histoire sont totalement fausses (comme sur l'Empire romain sensé avoir maintenu ses frontières uniquement grâce à l'esclavage et avoir détourné le progrès technique au profit de l'oppression de ses conquêtes), au point de me faire penser qu'elle n'a jamais ouvert un seul livre d'histoire, même de l'époque. Ses considérations sur l'économie et en particulier la Production ou le Crédit sont incroyablement délirantes (et fausses), ce qui n'est guère étonnant si elle s'est contentée comme je le soupçonne de ne (mal) lire que Marx. Certaines de ses idées me semblent piquées chez Rousseau (en particulier dans son "Discours sur l'Inégalité") mais je pense que c'est par ricochet, glanées chez un autre auteur ou dans ses notes de cours (Weil est présentée comme une "disciple" d'Alain, ce qui en dit long).
Il m'est assez frustrant de critiquer ainsi le travail d'une femme morte depuis si longtemps (dans des conditions et pour des raisons stupides), d'autant plus que son travail témoigne malgré tout d'un potentiel réel. Si elle s'était basée sur des faits concrets et sur le savoir de son époque au lieu de se contenter de ses notes de cours et de Marx, elle aurait probablement été un vrai grand nom de la Philosophie Politique.
Finalement, Simone Weil m'apparaît à travers cet ouvrage comme le tragique exemple même de ce qu'elle voulait dénoncer et exposer. Broyée par une formation philosophique creuse et idiote dans un contexte pseudo-académique donnant des apparences de légitimité, Simone Weil n'a pas su voir à quel point toute sa vie illustre à quel point elle-même a été opprimée par un système de pseudo-pensée scolaire sensé libérer l'esprit mais ne faisant que lui donner des chaines de plus en plus lourdes. Elle n'a jamais pu échapper à l'oppression sociale qui l'a amenée, en tant que petite bourgeoise, à embrasser la cause des ouvriers au nom de principes marxistes mais pas en son nom propre. Bien que critique face au système au sein duquel elle vivait, elle n'a pas réussi à le contrer et à s'en libérer. Elle illustre, finalement, assez bien ce mal dont est atteinte notre société française depuis le 19e siècle: beaucoup de blabla, beaucoup de principes, mais rien ne change, et l'oppression s'alourdit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
CraboBonn
  28 décembre 2012
Une philosophe et penseur peu connue du début du siècle. Une courte vie (1909-1943) mais une vision de la société d'une grande acuité. Je n'ai encore lu que ce texte de cette auteur, mais c'est un texte d'une très grande intelligence qui surtout m'a frappe par son intemporalité. Les discussion offertes (dont une critique du Capital de Marx) peuvent être transposées telles quelles dans notre société actuelle. A découvrir absolument pour ceux que notre monde interroge. Accessible aux non spécialistes (que je suis !).
Commenter  J’apprécie          70
Fx1
  20 juillet 2014
La différence principale entre mme Weil et les philosophes de salon , c'est que mme Weil à toujours voulue que son oeuvre , que sa pensée soit accessible à chacun , quelque soit sa condition . Dans ce texte , elle aborde frontalement l'aliéation du travail qui est devenu un supplice pour les ouvriers , alors qu'il fut pendant longtemps une fierté . Elle a connue , à la différence de nombres de penseurs , les conditions de vie des travailleurs , la perte de la liberté de pensée de ceux ci , écrasés par la machine patronnale. Mme Weil c'est un vécu qu'elle transmet , une vie qu'elle à souhaitée proche de ceux qui la vivent avec le olus de difficultés . Cela elle le retranscrit sans misérabilisme , sans populisme , sans démagogie . Sa perception de l'opression sociale qui enferme l'humain dans une boite , c'est une vision trés réaliste et pertinente . Son oeuvre à était dans son intégralité tournée vers un aspect humain que tel mme Arendt elle n'a jamais perdue . Il est important de lire ces textes qui sont hélas si actuels .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ouechTonton
  15 septembre 2010
...Donc j'avais affaire à un livre des années trente plébiscité par Alain, le maître de notre Simone. Un bouquin qui faisait tout naturellement suite à ma lecture du manifeste du parti communiste de K. Marx et Engel...
Lien : http://wizzz.telerama.fr/oue..
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
bebzbebz   26 décembre 2017
et il est vain d'espérer que le progrès technique puisse, par une diminution progressive et continue de l'effort de la production, alléger, jusqu'à le faire presque disparaître,le double poids sur l'homme de la nature et de la société.Le problème est donc bien clair; il s'agit de savoir si l'on peut concevoir une organisation de la production qui, bien qu'impuissante à éliminer les nécessités naturelles et la contrainte sociale qui en résulte, leur permettrait du moins de s'exercer sans écraser sous l'oppression les esprits et les corps.A une époque comme la nôtre, avoir saisi clairement ce problème est peut-être une condition pour vivre en paix avec soi.Si l'on arrive à concevoir concrètement les conditions de cette organisation libératrice, il ne reste qu'à exercer,pour se diriger vers elle, toute la puissance d'action, petite ou grande, dont on dispose; et si l'on comprend clairement que la possibilité d'un tel mode de production n'est pas même concevable,on y gagne du moins de pouvoir légitimement se résigner à l'oppression, et cesser de s'en croire complice du fait qu'on ne fait rien d'efficace pour l'empêcher.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Jean-DanielJean-Daniel   15 mai 2020
Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n'a aucun contenu.
Commenter  J’apprécie          120
MaliseMalise   08 février 2017
Pendant des siècles, des âmes généreuses ont considéré la puissance des oppresseurs comme constituant une usurpation pure et simple, à laquelle il fallait tenter de s'opposer soit par la simple expression d'une réprobation radicale, soit par la force armée mise au service de la justice. Des deux manières, l'échec a toujours été complet; et jamais il n'était plus significatif que quand il prenait un moment l'apparence de la victoire, comme ce fut le cas pour la Révolution française, et qu'après avoir effectivement réussi à faire disparaître une certaine forme d'oppression, on assistait , impuissant, à l'installation immédiate d'une oppression nouvelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
TandaricaTandarica   12 avril 2015
La civilisation actuelle, dont nos descendants recueilleront sans doute tout au moins des fragments en héritage, contient, nous ne le sentons que trop, de quoi écraser l'homme ; mais elle contient aussi, du moins en germe, de quoi le libérer.
Commenter  J’apprécie          30
JacopoJacopo   11 décembre 2017
Le progrès dû à la coordination des efforts dans le temps est sans doute le
facteur le plus important du progrès technique ; il est aussi le plus difficile à analyser.
Commenter  J’apprécie          10

Dans la catégorie : FranceVoir plus
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie occidentale moderne>France (324)
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
328 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre