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EAN : 9782862608822
135 pages
Éditeur : Autrement (17/02/2000)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

1934. Le gouvernement soviétique décide de créer de toutes pièces une région autonome juive et de l'implanter au Birobidjan, territoire extrême-oriental presque désert à près de 5000 kilomètres de Moscou. Désormais "patrie nationale des juifs", le Birobidjan représente l'une des réponses du Kremlin à l'irrésistible montée de l'émigration vers la Palestine. Pourquoi une te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  24 juillet 2017

Pour résoudre une fois pour toutes le faux problème juif, le petit père des peuples de toutes les Russies, le très efficace Joseph Staline, croyait, dans les années 1930, avoir trouvé une formule magique : créer sur ses vastes terres une petite république spécialement pour les juifs. Qu'il s'agissait d'une (autre) idée fumeuse de ce grand bienfaiteur de l'humanité, n'étonnera personne ! Déjà rien que l'emplacement de ce 'Zion' communiste aurait condamné tout projet de la sorte, même bien intentionné et sérieux. Les quelques 200 km2 de l'oblast (province) autonome juif de Birobidjan - tel était le nom donné à ce petit paradis - se trouve à 6.014 km de Moscou, un peu au nord de Vladivostok et donc plus proche de cet autre paradis terrestre qu'est la Corée du Nord. Les 75.000 qui y habitaient ne devraient guère souffrir de canicule, puisque la température moyenne en janvier par exemple est (officiellement) de moins 24,1 degrés. Quant aux ressources naturelles et du sous-sol, il ne vaut mieux pas aborder le sujet !
L'oeuvre de Robert Edward Weinberg : "Mémoires, Birobidjan, 1928-1996" est d'une lecture fascinante, ce en quoi l'auteur de la présentation du livre a bien raison. Il l'a beaucoup moins lorsqu'il affirme que cette création, en 1934, était avec "l'accord des intéressés", les juifs donc ! Comme si le tsar rouge avait besoin de l'accord de quique ce soit et comme antisémite notoire sûrement pas de ce peuple maudit ! Si certains juifs ont marqué leur assentiment (personne n'en connaît leur nombre, bien sûr, mais ils ne devaient pas être très abondant), cela a dû être grâce aux nombreuses garanties et promesses pour la plupart non respecté d'ailleurs. Certes le yiddish a été déclaré langue officielle et l'université crée, fût baptisé Sholem Aleichem, en hommage à l'humoriste juif, né Rabinovich (1859-1916), auteur du superbe et célèbre "Un violon sur le toit". Prétendre que ces pauvres juifs ont accueilli le Plan-Staline dans la joie et anticipaient leur grand voyage sans retour avec un enthousiasme délirant, relève de la pure fiction. Ça aurait plutôt été pour eux dans le sens de la fameuse boutade de Sholem Aleichem : "Quelles que soient les mauvaises nouvelles, vous devez continuer de vivre, même si cela vous tue." L'alternative pour les récalcitrants aurait, de toute façon, signifié un envoi individuel ou en famille dans le Goulag du Prix Nobel Alexandre Soljenitsyne ou de l'historienne Anne Appelbaum, aussi ad 'vitam aeternum' ou jusqu'à la fin des temps.
Cette expérience grandiose et calamiteuse a fait l'objet de plusieurs ouvrages. Celui qui m'a personnellement fait le plus impression est celui de Masha Gessen, connue pour son autre excellent livre : "Poutine: L'homme sans visage" de 2012. Malheureusement son oeuvre : "Where the Jews Aren't: The Sad and Absurd Story of Birobidzhan, Russia's Jewish Autonomous Region" n'existe pas en français. Par contre, le beau roman de Marek Halter l'est et son : "L'inconnue de Birobidjan" a reçu sur notre site préféré 32 critiques positives, mais ne nous offre pas une image globale de cette réalité historique.
Il en va, dans une moindre mesure, de même pour le livre d'Anne Nivat : "La République juive de Staline" de 2013. J'ai énormément d'admiration pour ce grand reporter de guerre, qui à très juste titre a gagné le Prix Albert Londres en 2000 et qui a couvert des points artificiellement chauds comme la Tchétchénie, l' Afghanistan et l' l'Irak. Avec ses 16 ans de voyages et reportages ainsi qu'avec son exceptionnellement intéressant ouvrage : " Chienne de guerre" de 2001, elle se classe, avec Janine di Giovanni, à l'absolu top féminin de sa profession. Ce que je reproche un peu à son livre de Birobidjan, c'est qu'il est plus un compte rendu, pour le reste, très réussi de ses propres pérégrinations dans ce coin du globe qu'un approfondissement de ce qu'a été cette fausse utopie.
Pour toutes celles et ceux intéressés par cette expérimentation scandaleuse qui a coûté la vie à un nombre inconnu de victimes, après des années de vie sans espoir dans un cadre et des conditions de flagrante injustice et misère, et à ce titre tout à fait impardonnable, je peux recommander cet ouvrage de Robert Edward Weinberg.
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mustango
  11 février 2008
C'est lhistoire d'une ville de Russie, à 5000 km de Moscou, qui devient en 1934 Région autonome juive (RAJ), La RAJ est uen réponse au problème du peuplement de cette zone quasi désertique et au "problème juif". La langue officielle y est le yiddish. Par contre il n'est pas autorisé de pratquer la religion juive : pas de synagogue, ... le projet du Birobidjan est un échec, la populaiton juive n'a jamais représenté plus de 10 %de la population totale de la région. Livre instructif.
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