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EAN : 9782845975293
334 pages
Textuel (02/09/2015)
3.63/5   12 notes
Résumé :
Nul n'ignore le nom d'Alfred Dreyfus, cet officier juif accusé à tort en 1894 de haute trahison, dégradé et déporté en Guyane. Mais qui connaît Lucie Dreyfus, sa femme? Son rôle pourtant, fut vital. Sans elle, Dreyfus serait sans doute mort trop tôt, avant que Zola accuse et que les intellectuels aient pu faire triompher la justice républicaine. Car Lucie le somme de vivre, le tient au fil de la plume, tout en oeuvrant à la révision de son procès aux côtés de son be... >Voir plus
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Elisabeth Weissman s'intéresse, dans cet ouvrage, à Lucie Dreyfus, la femme du non moins célèbre capitaine Dreyfus, qui rappelons-le, fut accusé d'avoir livré à l'Empire allemand des documents secrets militaires et condamné en 1894 au bagne à perpétuité pour trahison puis déporté sur l'île du Diable. A cette époque, sa femme, Lucie, n'avait que 25 ans, la vie devant elle et deux enfants en bas âge. Elle ne doutera jamais de l'innocence de son mari. Pour preuve, le véritable coupable fut démasqué et pourtant acquitté.

Durant toutes ces années de procès, de bagne, de prison et d'exil, elle résistera et se battra à ses côtés, chacun puisant la force dans l'autre, l'empêchant finalement de commettre l'irréparable. Femme au fort caractère et d'une volonté farouche, elle ne cessera de correspondre avec Alfred et ce, malgré les lettres interceptées voire censurées, et de le maintenir ancré dans la vie et dans son propre quotidien.

Elisabeth Weissman a tenu à mettre en avant le rôle de Lucie dans cette affaire, rôle encore méconnu aujourd'hui, dans ce livre-document extrêmement fouillé et documenté. L'on a ainsi droit à des extraits de lettres échangées et des photos de ce couple plus que jamais uni dans l'adversité et très amoureux. L'on ressent évidemment beaucoup d'admiration de la part de l'auteur pour cette femme qui subit de plein fouet cette Affaire qui marquera à jamais l'histoire de la IIIème république.

Un documentaire très intéressant et instructif...

L'on regrettera peut-être toutes ces notes de bas de pages (plus de 600) qui morcellent la lecture.

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L'Affaire Dreyfus, à la fin du 19ème siècle, a secoué la IIIème République. Pour rappel, Alfred Dreyfus, officier juif alsacien, est condamné, accusé d'avoir révélé des éléments militaires secrets aux Allemands. Bien que le réel « coupable » soit rapidement identifié par un officier du contre-espionnage, l'affaire prendra son A majuscule de par l'importance qu'elle prend dans la société, la divisant politiquement et socialement.

Au coeur de la mobilisation dreyfusarde, des officiers, des hommes politiques, des intellectuels – dont Zola et son J'accuse – mais surtout deux personnes de la famille de Dreyfus que sont son frère Mathieu et sa femme Lucie Dreyfus.

Ce livre retrace le déroulement de l'Affaire, en y apportant des éléments antérieurs notamment, en s'intéressant au parcours de Lucie Dreyfus, l'épouse d'Alfred Dreyfus et la mère de ses deux enfants. Durant l'absence de son époux, déporté ou incarcéré, elle s'occupera des enfants et parviendra à les préserver de tous les bouleversements.

Elisabeth WEISSMAN présente une femme au caractère particulièrement solide lui permettant de garder une confiance inébranlable en son époux malgré l'humiliation et le déshonneur subis. Les échanges épistolaires entre les époux témoignent des liens qui les unissent, de l'importance du soutien apporté par Lucie Dreyfus.

Par ailleurs, on découvre également son implication franche et courageuse dans les démarches liées au procès, tout en gardant sa position de femme dans un milieu d'hommes.

Ce livre est intéressant car il apporte une chronologie, des détails et une façon de vivre en famille avec une affaire telle que l'affaire Dreyfus en l'abordant sous un angle original, celui de sa femme et surtout des correspondances de celle-ci avec son époux et ses amis. le travail de recherche parallèle permet de situer le contexte et de combler les informations manquantes ou les éléments abordés implicitement et qui pourraient perdre le lecteur.

Petit bémol, le portrait de Lucie Dreyfus est quelque peu fort appuyé et redondant : on ne sait finalement pas grand-chose de sa personnalité, de son ressenti et de son vécu intime ? Ses lettres sont quelque chose de peu intimes… Probablement la pudeur de l'époque. Ce sont, de plus, des données très subjectives et donc difficiles à recueillir mais qui m'auraient fortement intéressées !

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Pourquoi Lucie ? Elisabeth Weismann s'en explique dans un préambule de treize pages difficile à résumer en quelques mots, mais qui contient tout ce qu'elle va par la suite détailler : l'affaire Dreyfus, bien sûr (« Rappelons les faits : octobre 1894, un jeune officier juif alsacien, Alfred Dreyfus, est condamné, accusé d'avoir vendu à l'Allemagne des secrets militaires, subit le déshonneur suprême d'être dégradé, est déporté en Guyane dans des conditions qui en toute logique auraient dû « l'enterrer vivant ». Et ce au terme d'un procès bâclé, à charge, mené à huis clos par un conseil de guerre sur la base de fausses preuves, de ragots et de préjugés antisémites, bafouant les droits les plus élémentaires de la défense et de la justice. ») – mais aussi qui était la femme du capitaine, Lucie, vingt-cinq ans au moment de cette arrestation.

Vingt-cinq ans seulement, et déjà, immédiatement, « elle pense et elle pense juste »; elle obtient d'Alfred qu'il consente à un pacte, il s'engage à rester vivant et elle s'engage à tout faire pour récupérer son (leur) honneur. Elle le portera littéralement à bout de plume avec une correspondance intense, tout en étant une actrice acharnée de sa réhabilitation, et elle s'éteindra en décembre 1945, dix ans après Alfred.

Mais leurs vies ne se résumaient pas à l'Affaire avec un grand A, et ce document s'intéresse de près à cette époque, le début du XX° siècle, le climat social, la place de la femme, le poids d'une éducation, la judéité et sa perception – troublantes résonances un siècle plus tard.

Il est indéniable que le fond est passionnant, absolument précis et très documenté, mais l'énergie de la plume d'Elisabeth Weismann ne m'a pas permis de trouver ma place dans son texte, son avis à elle est partout, j'ai eu l'impression de lire quelqu'un de très énervé et petit à petit je me suis éloignée, sautant un passage ici, une page là, finalement soulagée d'en avoir fini.

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Ce livre document, extrêmement bien détaillé, nous parle de "L'affaire Dreyfus" à travers sa femme, Lucie. Il débute par des photos de famille et la diverse correspondance de Lucie.

Alfred Dreyfus est accusé en 1895 de haute trahison envers son pays.Il aurait transmis des documents aux allemands. A partir de là le monde, leur monde s'écroule. L'antisémitisme de l'époque ne joue pas en la faveur du capitaine, il est juif . Il est jugé et déporté sur l'île du diable en Guyane.

sa femme n'aura de cesse, avec sa famille, et ensuite les "dreyfusards" de mener le combat qui le réhabilitera aux yeux de tous.

C'est peu dire que Lucie était une femme forte et déterminée. Très amoureuse aussi. Elle a soutenu son mari coûte que coûte en lui écrivant sans relâche.Elle n'a jamais renoncé malgré les embûches, et les comportements révoltants de tous ceux qui étaient complices de cette machination d'état .

Ce récit est effroyable, et si tout le monde a entendu parlé de "l'affaire Dreyfus" c'est autre chose d'en lire tous les détails les plus sordides.

Cet homme a survécu au pire, et en lisant ces pages on sait que c'est grâce au soutien de chaque instant de sa femme, Lucie.

Ce n'était pas pour moi un bon moment de lecture, tellement ce que ces lignes révèlent m'a démontré la bassesse, l'ignominie de certains, et pire de ceux qui ne savaient rien mais hurlaient avec les loups.

L'homme est capable du pire, et on le voit aussi quand l'auteure nous parle de la guerre de 14/18 et de celle de 39/45. Lucie a traversé toutes ces horreurs puisqu'elle est morte en décembre 1945.

Un long documentaire, parfois lassant par de longues répétitions de faits. Mais d'une grande qualité historique.

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De Lucie Dreyfus, je ne connaissais rien avant ce livre d'Elisabeth Weissman. et pourtant quelle vie extra-ordinaire, que celle de Lucie! Elevée dans et préparée pour une vie de grande bourgeoise, rien ne la préparait au cataclysme qui s'abat sur sa toute jeune vie d'épouse et de mère lorsque le Capitaine Dreyfus est incarcéré pour crime de haute trahison. Rien ne lui sera épargné non plus : L'angoisse, le déshonneur, la séparation, le harcèlement des militaires, leurs intimidations, les attaques virulentes des antidreyfusards, le mensonge institutionnalisé et bien sûr l'antisémitisme à la base de tout ce scandale militaro politique. Ce sont des hommes qui défendront le capitaine publiquement, mais sans Lucie, son amour inconditionnel, sans son indéfectible soutien, y aurait-il eu une Affaire Dreyfus? Aurait-il pu tenir, survivre ,aux effroyables s conditions de détention de l'ïle du Diable, sans les centaines de lettres qu'elle lui écrivit?

L'approche d'Elisabeth Weissman est très intéressante dans le sens où elle éclaire l'Affaire vue et vécue par Lucie. Pour Alfred, elle ne peut que lui communiquer son courage; ses tourments c'est à son amie Hélène Naville qu'elle les confie. On y sent une jeune femme d'une force de caractère peu commune. Il lui en faudra encore beaucoup pour supporter l'angoisse et la solitude où la laisse de la guerre de 1914 où seront envoyés son mari et son fils Pierre. Puis de nouveau à l'heure où le drapeau nazi flotte sur Paris, tout quitter pour la zone libre, se cacher sous un nom d'emprunt, perdre sa petite fille Madeleine déportée à Aushcwitz et revenir s'éteindre à Paris en 1945., dans l'anonymat le plus complet.

Grandeurs, bassesses, barbarie, Lucie les a affrontées avec courage et abnégation. Sa vie de femme se confond avec l'histoire avec un grand H, parce qu ' elle était française mais aussi parce qu'elle était juive et qu'elle aura traversé tous les drames et la folie d'un monde basculant dans le XX ème siècle et ses deux guerres mondiales.

Qu'un livre lui rende hommage ce n'est que justice, pour elle mais aussi pour toutes ces femmes qui se battent dans l'ombre et que l'histoire oublie.

Pour moi Lucie fur une découverte et elle ne me quitte plus.

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Citations et extraits (4) Ajouter une citation

"La victoire sur soi-même est de toutes les victoires la première et la plus glorieuse", dit Platon.

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aux hommes à moustaches, à favoris, à bouc, à barbe, barbiche et barbichette la conduite des affaires politiques, la tactique, la diplomatie.

A Lucie la gestion des affaires intimes, l'âme du déporté à soigner, son coeur à faire battre, son courage à soutenir, son intendance à assurer.

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La dignité a besoin de garder les yeux secs.

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Lucie n'est pas une héroïne. Elle ne s'expose pas au danger que suppose l'accomplissement d'un acte extraordinaire. Plus juste serait de parler à son propos de cette autre forme d’héroïsme, sans orgueil ni coup d'éclat, celle du quotidien. Qui consiste à gérer jour après jour, les yeux bien ouverts, en toute conscience et toute lucidité, l'adversité à laquelle les évènements l'exposent.

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