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ISBN : 236740660X
Éditeur : Scrineo (14/03/2019)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Mers et océans ont disparu. L'eau s'est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines..., arrachent l'âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l'humanité, peuvent les détruire.
Oural est l'un d'eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu'il protège depuis la catastrophe. Jusqu'au jour où Bengale, un capit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  17 avril 2019
Merci Babelio, merci Masse Critique, Merci Scrinéo ! Dans "Mers Mortes" d'Aurélie Wellenstein la civilisation humaine n'est plus… La doxa de la croissance infinie, la religion du consumérisme et le cancer productiviste ont logiquement conduit à son autodestruction quand les océans ont fini par s'assécher, ne laissant que des terres désolées, polluées et surchauffées, et quand les nations submergées par des centaines de millions de réfugiés. Mais ce n'était que le début du cauchemar… Car les mers sont revenues, sous la formes de marées fantômes porteuses de millions de spectres vengeurs. L'humanité en voie d'extinction ne doit ses dernières heures qu'à des mutants psioniques capable d'émettre un champ protecteur tenant à distance les spectres vengeurs : on les appelle exorcistes, Oural avec sa delphine fantôme est l'un d'entre eux, et sa vie bascule quand Bengale le Nécromancien, capitaine du navire pirate Naglfar, met sa communauté à feu et à sang pour s'emparer de lui… C'est parti pour une odyssée post-apo aux allures de catabase, un voyage fantastique à travers des mers et océans fantômes peuplées de démons et de merveilles, et tout est prétexte à raconter l'histoire du Capitaine Bengale qui collecte les grandes âmes pour les offrir au Léviathan qui dort et rêve sous les reliquats de la banquise arctique (Lovecraft Power !) : c'est celle de la fin du monde, mais aussi celle de sa potentielle rédemption ou de son éternelle damnation...
Première remarque cela ressemble initialement beaucoup au film "Final Fantasy : les créatures de l'esprit", dans lequel une humanité réfugiée dans des îlots bunkerisés affrontait sans le savoir les fantômes de tout un monde alien (visuellement cela m'a aussi fait penser à un chouette concept utilisé par la mangaka française VanRah dans son "Strag Dog", où des créatures marines fantômes hantent les rues d'une métropole moderne construite sur les ruines d'une cité engloutie)... Deuxième remarque c'est la forte présence des éléments horrifique : les créatures marines fantômes tuent les survivants humaines en volant leur âme, mais en volant une partie de leur âme seulement ils les transforment en zombies, en les volant petit à petit ils officient comme des vampires, et s'ils possèdent les humains ils les transforment en monstres hybrides dignes du "Devilman" de Go Nagai… Troisième remarque, post-apo oblige il y a pas mal de scènes qui ne dépareilleraient pas dans un opus de la saga "Mad Max", mais nous sommes à la fois dans la science-fiction car Bengale officie comme comme émule du Capitaine Nemo, mais aussi dans le fantastique car Bengale officie comme émule du Hollandais Volant. Il y a donc une démarche vernienne complètement assumée avec ce voyage de la France vers le Groënland dans lequel Bengale le Nécromancien qui a voyagé dans le monde entier montre à Oural l'Exorciste qui n'a jamais quitté sa communauté les horreurs des mers mortes de la même manière que la Capitaine Nemo expliquait au Professeur Pierre Aronnax les merveilles des océans vivants. Mais il y a sans doute plus encore une démarche moorcockienne avec l'antihéros maudit, les références au romantisme noir, le mélange entre théâtre élisabéthain et philosophie existentialiste sur fond de péripéties pulpiennes (remember la naissance de la fantasy française avec Fabrice Colin et Mathieu Gaborit), et une multitude d'éléments que les fins connaisseurs se feront une grande joie de lister par le menu (ainsi si le Naglfar est dans la mythologie viking le vaisseau de la fin des temps, il ressemble ici très fortement au vaisseau de la terre et de la mer présent dans le premier opus de la saga d'"Elric le Nécromancien"). Quatrième remarque, tout cela nous amène tout naturellement vers une dimension psychologique : Bengale, le Nafgar et tout son équipage lié par le désespoir vivant par procuration le rêve de leur capitaine, sont quasiment un détournement grimdark donc post TINA d'"Albator" / "Harlock", de l'Arcadia et de tout son équipage lié par l'espoir qui vivant par procuration le rêve de leur capitaine. Oural apprend à connaître Amazone et Congo, Nil et Arctique, Rio Grande et Oued Medjerbah, Escaut et Tamise, et à travers eux il apprend à connaître Bengale avant de rallier son rêve qui pourrait bien tourner au cauchemar (et si Léviathan l'avait recruté pour hâter la fin de l'humanité au lieu de tenter de la sauver ?). Jusqu'où peut-on aller par amour ? Jusqu'où peut-on aller par ambition ? La relation Oural / Bengale emprunte à la relation Guts / Griffith du "Berserk" de Kentaro Miura à un point parfois confondant ! (qui elle-même emprunte à la relation Isht van / Guin racontée par Kaoru Kurimoto dans sa saga fleuve qui voulait associer/opposer les héros solaires de R.E. Howard aux héros lunaires de Michael Moorcock : c'est Tristan et Yseult version homoérotique, et nous sommes aux frontières des romances lgbt !). Jusqu'à la qu'à la dernière page j'ai craint une nouvelle Eclipse / une nouvelle Occultation (ceux qui savent sont déjà dans leur bunker avec un arsenal et une capsule de cyanure), mais au final la fin est ouverte et chacun se l'appropria comme il l'entendra...
L'auteure est également ce qu'on pourrait appeler une écologiste radicale, et c'est très crûment et souvent vues de l'intérieur qu'elle dépeint les horreurs que les homines crevarices infligent aux gens et à l'environnement en sachant pertinemment que le mal se tapit dans le coeur de chaque homme. Personnellement je n'ai pas envie de mettre dans le même panier ceux qui les moyens de changer les choses mais qui le font pas parce qu'ils s'en foutent (suivez mon regard vers celui qui prétend parler et agir écologie mais qui dans le même temps relancent les industries les plus polluantes qui soient dans les zones naturelles de Guyane), et ceux qui essayent de changer les choses mais dont l'impact est si faible qu'il en devient décourageant (genre à la moindre sécheresse on demande aux gens de faire des efforts, mais même si on se laissait tous mourir de soif cela ne ferait que 10% d'économie alors que dans le même temps on ne demande strictement aucun effort à l'agriculture et l'industrie qui dépensent sans compter les 90% restants).
Au final beaucoup d'ingrédients bigrement intéressants pour un résultat qui n'est pas si éloigné de "Merfer". Mais si China Miéville péchait par un excès de littéralité au point d'oublier ses personnages et son histoire, Aurélie Wellenstein pécherait plutôt elle par un manque de littéralité : le ton résolument Young Adult n'est pas à la hauteur du propos, et il y a beaucoup de familiarités et de facilités dans les dialogues qui tirent carrément l'ensemble vers le bas… On a fait le choix d'un stand alone et d'un roman court, tant mieux ou tant pis, mais si on avait trouvé le bon ton et le bon style, le bon format, la bonne longueur et le bon rythme pour conter cette nouvelle Odyssée, on aurait eu tout simplement un chef d'oeuvre ! Pour tout le reste les éditions Scrinéo ont fait du bon boulot avec une mise en page aérée qui se lit facilement, rapidement et agréablement (ça fait du bien un éditeur qui pense aux lecteurs avant de rogner sur le papier pour augmenter la marge bénéficiaire), et la chouette illustration de couverture du désormais bien connu Aurélien Police...
Lien : http://www.portesdumultivers..
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gouelan
  07 mars 2019
Mers mortes est un roman de science-fiction post-apocalyptique.

« le réchauffement climatique, en réduisant l'oxygénation des océans, avait entraîné leur acidification. Les rejets d'engrais, d'hydrocarbures et de déchets dans les estuaires avaient pollué les eaux claires et les avaient changées en écume sale et huileuse. Les récifs coralliens étaient morts les premiers. Puis la banquise s'était amenuisée sans espoir de retour. le krill à la base de la chaîne alimentaire marine avait disparu, poursuivant parmi les espèces aquatiques la désastreuse réaction en chaîne qui les avait amenés jusqu'ici : dans un cimetière. »
Ces mers mortes produisent des marées fantômes qui se déversent sur les réfugiés climatiques en spectres de poissons, baleines, requins… venues se venger de leur agonie.
Oural est un exorciste, il peut émettre un bouclier et désintégrer les spectres vengeurs. Bengale est un pirate, mi- sauvage et déterminé. À bord de son vaisseau fantôme, avançant au gré de ces marées étranges, la mission de cet équipage insolite se dessine. Le temps est compté, l'air se raréfie et bientôt la vie disparaîtra de la surface de la planète.
Un roman fascinant dans un futur cauchemardesque où les hommes ont laissé faire le génocide des océans, fabriquant eux-mêmes leur propre perte. Il reste un infime espoir de sauver la vie sous la forme d'une quête, d'un pardon, d'un lien à renouer avec la nature.
Je remercie Babelio et les Éditions Scrineo pour ce récit écologique. Il nous met face à nos erreurs, notre manque de réaction, notre insouciance, notre bêtise et notre violence envers les êtres vivants. La couverture est magnifique, couleur d'essence de vie mêlée au spectre de l'océan. Au bord du gouffre, subsiste malgré tout l'élan dessiné par la dauphine Trellia, son lien d'amitié avec l'homme.
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thedoc
  18 mars 2019
Dans un futur, proche ou lointain. La fin du monde n'a pas eu lieu. Mais les mers et les océans ont totalement disparu, emportant avec eux les animaux marins qui les peuplaient. Tous ont péri. Déserts de sable arides, chaleur suffocante, terre rocailleuse et craquelée, c'est le paysage qu'Oural l'exorciste, 21 ans, voit tous les jours du haut de son bastion. Là, à l'abri d'une citadelle, quelques êtres humains survivent, placé sous la protection du jeune homme. Lui seul a le pouvoir de repousser les hordes spectrales d'animaux marins qui viennent se venger des hommes lors des marées fantômes. Avides de vengeance, ils dévorent les âmes de ces humains responsables de leur disparition. Oural, vénéré comme un jeune dieu, n'a connu que cette vie. Jusqu'au jour où une bande de pirates, dirigée par Bengale, attaque le bastion et le capture. Oural, contraint et forcé, va partir pour un long voyage au bout duquel le mystérieux Bengale lui promet le salut. Fou ou prophète ? Oural trouvera peut-être le sens de sa propre destinée à l'orée de son périple.
Il ne faut jamais se fier à sa première impression. N'étant pas forcément une adepte de la littérature fantasy, j'ai parcouru la quatrième de couverture de manière assez sceptique. Des poissons aux allures de morts vivants qui se mettent à dévorer les âmes des hommes lors de marées fantômes... cela faisait beaucoup de choses à imaginer pour mon pauvre cerveau. Puis finalement, le talent de conteuse d'Aurélie Wellenstein, très souvent récompensé pour ses romans, a opéré.
Il y a tout d'abord un thème majeur dans ce roman d'anticipation glaçant, qui , par les temps qui courent, ne peut que nous interpeller : l'écologie. La surpêche, le réchauffement climatique, la pollution des mers, la disparition progressive des espèces aquatiques, tout est abordé. C'est dans un style sans détour que l'auteur nous décrit la souffrance des animaux, éprouvante pour le lecteur, traqués par les pêcheurs ou suffocant lors d'une marée noire. Les visions du jeune Oural sont terrifiantes, tout comme les paysages et personnages qui peuplent ce monde post-apocalyptique. Car les hommes subissent ce qu'ils ont engendré et leur vie est en sursis. Si les animaux ont disparu, eux ne tarderont pas à les rejoindre. Aujourd'hui survivants, ils ont connu le sort des réfugiés climatiques, vivant dans des camps où la loi de plus fort régnait. La violence, très présente dans le roman, n'épargne pas le lecteur. A coup de Kalachnikov ou d'âmes arrachées, l'hémoglobine coule à flot et certaines scènes sont vraiment glauques. Les personnages ne nous sont pas ainsi rendus forcément très attachants : en proie à leur angoisse et à leur désespoir, nous ne souhaitons pas les accompagner dans leur mission. Nous sommes un peu comme Oural, contraints et forcés. le seul rai de lumière apparaît sous la forme de Trellia, une jeune dauphine fantôme, gaie et courageuse, qui accompagne Oural dans ses combats.
Si l'auteur a voulu frapper fort avec ce roman qui plaira aux adeptes du genre, elle a réussi. Le rythme est haletant du début à la fin, réservant des rebondissements à chaque nouvelle marée haute. Glaçant, désespéré, inhospitalier, le monde d'Oural est un cauchemar que l'on ne souhaiterait pour rien au monde connaître, où les sacrifices seront nombreux pour tenter un sauvetage des mers. C'est un message écologique choc : si nous ne faisons rien pour arrêter ce mouvement destructeur, notre monde ressemblera-t-il un jour à celui du jeune héros ? Terrifiant !
Merci aux éditions Scrinéo et à Babelio pour l'envoi de ce roman.
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Saiwhisper
  13 mars 2019
Quelle claque ! Ce roman envoûtant m'a tenue en haleine toute la nuit ! (Merci l'insomnie qui me permet parfois d'y voir du positif !) L'ayant lu d'une traite, je n'ai pas senti de longueurs, de répétitions ou d'ennui : tout s'est enchaîné rapidement dès les premières pages, ne laissant aucun temps mort à Oural, un jeune exorciste qui va être enlevé par des pirates. J'ai presque tout apprécié : l'ambiance, les protagonistes, la plume de l'auteure ainsi que le message écologique derrière la fiction.
L'univers post-apocalyptique est l'un des éléments qui m'a le plus conquise. de façon générale, j'apprécie les récits où la survie est l'une des principales occupations des personnages. Ces derniers ont un fonctionnement qui leur est propre et tentent toujours de faire face aux éléments, mais aussi aux Hommes qui sont parfois aussi dangereux que le reste… Ici, les premières pages se déroulent aux côtés d'Oural, de sa garde du corps Sélène et d'un groupe de rescapés. Avec eux, on découvrir notre monde ravagé par la sécheresse et le sable. L'eau est devenue une denrée rare, voire quasiment absente sur tout le globe. le quotidien des survivants est malheureusement bouleversé par le cycle des marées hautes où des fantômes marins, avides de vengeance, attaquent les derniers bastions. Pour contrer ces flots démoniaques, il existe les exorcistes : des mages ayant des dons psychiques. Oural est l'un d'eux. Il est donc très précieux, car sans lui, la ville aurait été anéantie depuis bien longtemps… J'ai réellement apprécié l'idée de magie, de mers déchaînées et de Terre dévastée. Aurélie Wellenstein a su imaginer un ensemble captivant, dangereux et incroyable ! Jamais la nature et les animaux marins n'ont été aussi impressionnants… D'ailleurs, moi qui n'apprécie pas plus que ça les dauphins, ai été charmée par Trellia, un dauphin fantôme qui s'est pris d'affection pour Oural depuis son enfance.
Très vite, grâce à l'arrivée du capitaine Bengale et de son équipage, l'atmosphère du récit va basculer sur un mélange de piraterie et de roman d'Aventure. J'ai aimé ce cocktail, savourant ainsi chaque attaque navale, les razzias sur des camps de rescapés, les eaux remplies d'animaux en tous genres, … Et que dire de Bengale, ce personnage qui m'a fascinée ?! Au départ, son attitude m'a rappelé Negan (The Walking Dead) et Barbossa (Pirates des Caraïbes). Son sourire félin, son cynisme, sa puissance, sa franchise, sa façon de jouer avec le héros et son caractère ont rapidement su éveiller ma curiosité. La personnalité qu'il a ensuite développée au contact d'Oural m'a également beaucoup plu, si bien que je guettais avec impatience un dialogue entre les deux rivaux. Bengale est l'une des forces de cette histoire, balayant même la majorité de son équipage, pourtant intéressant ! C'est d'ailleurs l'un des petits regrets que j'ai eu : j'aurais adoré en savoir un peu plus ou voir davantage certains matelots qui ne font malheureusement pas le poids face au tandem principal !
L'intrigue apportera parfois son lot de révélations inattendues, notamment en ce qui concerne le secret du capitaine ou le but de ce dernier… Mais ce qui m'a le plus agréablement surprise est le dénouement. Ayant lu deux titres de l'auteure, je me doutais que l'on ne serait pas sur du happy-end et que certaines têtes tomberaient… ce qui me plaît ! Non pas que je sois sadique néanmoins, je trouve que cela ajoute de la crédibilité et de la noirceur à l'oeuvre. Aurélie Wellenstein m'a habituée à des conclusions « coup de poing » et a su me satisfaire une fois encore ! Honnêtement, je n'étais pas loin du coup de coeur. Pour l'atteindre, j'aurais souhaité un peu plus de pages (trop dur de quitter ces personnages), une concrétisation de certaines relations ainsi que le développement plus important des personnages secondaires. En tout cas, c'est l'une des oeuvres que je préfère de cette auteure talentueuse ! Si vous cherchez un roman post-apo' avec de la magie, de la piraterie ainsi que des messages écologiques pointant du doigt l'irresponsabilité et la cruauté des hommes, celui-ci saura vous emporter. Alors, qu'attendez-vous pour hisser les voiles ?
Lien : https://lespagesquitournent...
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Ichirin-No-Hana
  01 avril 2019
Mers mortes d'Aurélie Wellenstein est un roman particulier et immersif. Assez dénonciateur, l'auteure nous porte dans un univers où les mers et les océans ont totalement disparu. L'eau n'est plus et les animaux sont morts et nous hantent, nous les êtres humains, coupable de ne pas avoir pris soin de ce que la terre nous avait offerts. Les années qui suivent le désastre sont catastrophiques car les mers reviennent sous la forme de catastrophes naturelles où des hordes de poissons et autres animaux marins fantômes se déchaînent et tuent tous sur son passage. Oural est un jeune garçon qui a des pouvoirs d'exorcistes. Ses pouvoirs, très convoités, qui lui permettent de protéger son village va attirer le regard d'un pirate...

Mers Mortes est un roman assez singulier au premier abord. L'univers, très original, peut demander un certain effort pour le comprendre. Mais une fois pris dans ce tourbillon, il est impossible de lâcher le roman. On veut comprendre et, comme Oural, on est totalement subjugué par la quête de Bengale, ce capitaine de navire pirate à la personnalité sombre et mystérieuse. Tout est secret dans cet univers et l'auteure nous tient en haleine tout le long du récit avec des révélations surprenantes et des rebondissements souvent tragiques. Aurélie Wellenstein, toujours égale à elle-même, nous charme par sa plume très travaillée et poétique.

Mers mortes est finalement plus qu'un simple roman pour adolescents. Ce fut, pour moi, une véritable expérience de lecture. Je remercie Babelio et les éditions Scrineo pour l'envoi de cette pépite dans le cadre d'une opération Masse Critique.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   25 février 2019
Au final, le récit est rapide, sans temps morts. Le mélange des genres déstabilise un peu, peut également paraître maladroit mais le roman remplit son but de (sombre) conte et de fable étrange avec pour morale de prêter un peu plus attention à ce qui se passe au niveau écologique et surtout, dans les océans.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MariloupMariloup   07 avril 2019
_ Je veux rester avec toi, dit Oural.
_ Non.
_ Je trouverai un moyen d'exorciser la marée noire.
_ C'est trop dangereux.
_ Tu ne peux pas affronter ça tout seul.
_ Comment ça? Tu veux dire sans toi? De nous tous, j'étais celui qui respirait le mieux. J'ai mon requin. On a bien vu que les spectres fuyaient cette mer sans oxygène eux aussi. Et puis, merde, pour qui tu te prends? J'avais une vie avant toi, je te rappelle.
_ Bengale...
Le capitaine l'interrompit d'un claquement de doigts _ toujours cette sale manie _ et lui indiqua le groupe de ses camarades.
_ Stop. Ne discute pas. Va leur prêter main forte, c'est un ordre.
Oural hésita, déchiré, puis enfin rejoignit les autres.
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thedocthedoc   14 mars 2019
Les camps où l'on parquait les réfugiés climatiques étaient de vastes prisons à ciel ouvert qui s'étendaient sur des kilomètres, jonchées de boue séchée, de détritus et de cadavres d'humains et d'animaux. Les migrants construisaient eux-mêmes leurs abris de fortune, des tentes, des appentis, des cabanes surmontées de toile cirée ou de tôles ondulées pour les plus "riches". Les faisceaux des miradors balayaient nuit et jour ces baraquements insalubres. Ils vivaient tous pieds nus sur la terre craquelée par la chaleur, couverts de poussière, vêtus de chiffons. Aidé par son talent de cuisinier, Congo évoqua avec une redoutable efficacité les remugles du camp : fumée, charbon, de bois, pisse et merde exacerbés par la canicule. Et là-dedans, chaque jour les viols, chaque jour les passage à tabac et les meurtres.
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thedocthedoc   12 mars 2019
On lui avait enseigné la spirale infernale qui les avait conduits à la catastrophe et la surpêche n'en était qu'une cause parmi d'autres. Le réchauffement climatique, en réduisant l'oxygénation des océans, avait entraîné leur acidification. Les rejets d'engrais, d'hydrocarbures et de déchets dans les estuaires avaient pollué les eaux claires et les avaient changées en écume sale et huileuse. Les récifs coralliens étaient morts les premiers. Puis la banquise s'était amenuisée sans espoir de retour. Le krill à la base de la chaîne alimentaire marine avait disparu, poursuivant parmi les espèces aquatiques la désastreuse réaction en chaîne qui les avait amenés jusqu'ici : dans un cimetière.
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gouelangouelan   05 mars 2019
Oural était si proche qu'il voyait la splendeur de la mer et ses millions d'âmes qui flottaient dans la luminescence bleutée. Même dépourvue de voix, il percevait très bien sa fureur, sa douleur, sa haine et sa démence. Sauvagement assassinés, les mers et les océans charriaient au creux de leurs vagues monstrueuses le souvenir de leur supplice, et à chaque dégorgement d'écume dans le monde des humains, ils paraissaient hurler « vengeance ! ».
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gouelangouelan   07 mars 2019
- On aurait pu sauver le monde, reprit-il d'une voix mauvaise. Mais non. On était trop paresseux, trop égoïstes. Dix milliards d'êtres humains qui dévorent les océans. Aucune limite à la croissance de l'humanité qui dépouille des millions d'espèces dans une expansion surréaliste. Et ne va pas croire qu'on ne savait pas ce qu'on faisait ! Il y a quarante ans déjà, les projections annonçaient l'effondrement des pêcheries en 2048. Crois-tu que ça les ait arrêtés ?
[...]

p.80
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Avis sur Mers mortes à 0:56
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