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Henry D. Davray (Traducteur)
ISBN : 2070401782
Éditeur : Gallimard (09/01/1997)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 575 notes)
Résumé :
Il me revint en tête - par quel procédé mental inconscient -, une phrase qui fit retourner ma mémoire de dix ans en arrière.
Elle flotta imprécise en mon esprit pendant un moment, puis je revis un titre en lettres rouges: Le Docteur Moreau, sur la couverture chamois d'une brochure révélant des expériences qui vous donnaient, à les lire, la chair de poule. Ensuite mes souvenirs se précisèrent, et cette brochure depuis longtemps oubliée me revint en mémoire, av... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  06 septembre 2016
Edward Prendick « échoue » sur l'île du Docteur Moreau. Très rapidement, il se rend compte qu'elle est peuplée de créatures issues de l'expérimentation du docteur. Mi-bête mi-homme, ou des bêtes qui se prennent pour des hommes.
Absence réelle d'intrigue, suspense très limité, format court mais presque déjà trop long.
Manque de visuel, pas horrifié, à peine interloqué, peut être horrible et visionnaire en 1896, mais moi je le lis en 2016 et j'ai déjà lu beaucoup plus violent, plus puissant plus prenant. Bref, un récit sans réel relief et sans réel attrait. Le côté, c'est bien, parce que c'était original et prémonitoire à l'époque me laisse froid. Je lis avec mes critères du vingt et unième siècle et le résultat est sans appel. Mou et sans intérêt pour le côté divertissement et même réflexion. Le côté histoire de l'art et de l'écriture, ma foi, je ne suis pas qualifié pour juger et surtout pas intéressé.
La réflexion sur l'humanité et sur l'expérimentation animale est à peine esquissée, il ne reste pas grand-chose à ce livre.
Bref, à ne lire, que parce que c'est un livre célèbre qu'il « faut » avoir lu. (si on est intéressé par ce genre de lecture. Pour les autres, je vous épargne une presque douloureuse expérience).
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NathalC
  14 mars 2017
Lecture rapide, juste des évènements, des faits, énoncés par cet homme qui se retrouve sur une île sans pouvoir s'en sortir. Découverte des expériences, découverte des chimères.
J'ai lu ce livre rapidement, j'ai découvert l'enfer de cet homme. Comme lui, on ne réfléchit pas, on accepte cette réalité (pas le choix, il est coincé sur cette île qui est loin d'être paradisiaque).
La réflexion vient dans les dernières pages de l'histoire.
Lecture qui fait forcément réfléchir à la part d'humanité et à la part sauvage qui est en chacun de nous.
Le héros de cette histoire, enfin sorti de cet enfer monstrueux, de ce huis-clos, ne peut que s'interroger sur l'humanité et la vie sociale de son époque (mais la question se pose aussi pour notre époque, le XXIème siècle !).
La solution semble être une certaine solitude et une vie simple...
Un classique à lire par curiosité.
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PiertyM
  14 mai 2018
L'Île du docteur Moreau est l'un des livres de la genèse sur la folie des sciences ou de l'intelligence humaine. Devenir maitre et possesseur de la nature fait de l'homme un créateur plus fou que le premier créateur, son intelligence va à l’extrême des choses, dénaturer ce qui parait comme une harmonie toute naturelle. Il veut voir les animaux devenir des hommes, et pourquoi pas voir des hommes devenir des animaux quand bien même ils le sont déjà en partie. Folie, pure folie. C'est dans cette folie que nous plonge H.G. Wells, avec les aventures de son personnage Edward Prendick qui échoue sur l’ile du Docteur Moreau où il va vivre des pires remontrances. C'est vrai que c'est vieux. Les tensions auraient pu aller plus loin mais n’empêche que le livre se lit très bien!
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dourvach
  31 juillet 2018
1896 : "The Island of Doctor Moreau" fut un immense choc pour ses lecteurs et la critique anglophone, on le conçoit ! A la fois chef d'oeuvre d'empathie et oeuvre incroyablement dure et "cruelle"...
Grand-petit théâtre de la cruauté (hélas bien humaine et pérenne).
Car les créatures de ce médecin dévoyé "subissent" leur morne existence, tout comme la créature "de bric et de broc" imaginée par la douce Mary W. Shelley, subissant - du fait de sa simple mise au monde - les fantaisies scientifiques de son géniteur, ce fichu Baron Victor Frankenstein ("Frankenstein ou le Prométhée moderne", 1818)...
Ici un récit implacable. Trois êtres humains : le "bon docteur" Moreau, cet ivrogne de Montgomery et leur naufragé accidentellement "recueilli" (Edward Prendick)...
Autour d'eux, en parfaite liberté ou soigneusement isolés dans un enclos (le temps d'un charcutage chirurgical sans nulle anesthésie : ce ne sont "que" des bêtes, n'est-ce pas ?), "cheptel" de créatures hybrides, sinistre descendance - inlassablement générée - du Vivisecteur et de son assistant...
Imaginez des "Hommes-Porcs" mais aussi des "Hommes-Singes" ou cet "Homme-Hyène" ou cet autre "Homme-Léopard" (avant "Leopard Man", film clôturant la trilogie célèbre de Jacques Tourneur qui - dans les années 1940 - rendit "La Féline" ["Cat People"] et "I walked with a Zombie" aussi insurpassables qu'inoubliables)...
Tragédie du trait d'union.
Noir-et-blanc aux contrastes atroces.
"Une île au large de l'espoir...", comme la chantait Jacques Brel, anticipant l'Hiva Oa enchantée de ses chères "Marquises". Sauf que le contexte est ici absolument contraire, hélas, aux rêves de fraternité du grand artiste bruxellois disparu en 1978...
Certes : unité de temps, de temps.
"L'enfer c'est les autres." : ce fameux "Huis clos" de Jean-Paul Sartre. Avec la sinistre "éternité" de tout enfer qui se respecte...
Tout cela est fort bien dit (et subi) mais reste cette pragmatique question pour l'infortuné Prendick : "Comment s'en sortir ? "...
Stratégie du survivant célébrée dans le magnifique film "Seul au monde" de Robert Zemeckis (2000, solidement interprété par Tom Hanks) et qui se révélera ici la seule opérationnelle - soit un "éloge de la fuite" selon Henri Laborit.
Mais il y aura le sang, les crocs, la douleur et la mort avant d'atteindre la supposée "échappée belle"...
- A lui, la maison de souffrance.
- A lui, la main qui crée.
- A lui, la main qui blesse.
- A lui, la main qui guérit.
[...]
- A lui, l'éclair qui tue.
- A lui, la mer profonde [...].
Enoncé de "la Loi" par ses fidèles hommes-animaux, craignant atrocement la main-toute-puissante de leur pauvre "dieu" créateur...
Roman construit en quatorze chapitres denses, jusqu'à "L'homme seul" qui sonne le glas : comme un retour à notre simple condition humaine, sans aucune possibilité d'échapper à notre Destin (fatalement tragique).
Wells fut vraiment un INVENTEUR - et (croyez-moi) il en est peu, capables de hanter si durablement le Monde des Lettres de tous leurs cauchemars fécondants...
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Neneve
  29 mars 2019
Ce livre m'a beaucoup plus. D'une part parce qu'il est captivant, de par le style. J'ai retrouvé la plume de Wells qui me plait, parce qu'elle est simple, directe, sans fioritures, sans flaflas... Elle va droit au but. Et d'autre part, parce que ce livre soulève beaucoup de questions... Jusqu'où peut aller la science ? Quelle est la part juste entre le bien et le mal ? Quelle est la ligne qui sépare l'homme de l'animal ? Jusqu'à quel point peut-on dénaturé le naturel ? Toutes autant de questions que se posera le personnage principal au-travers l'enfer de la visite de l'île du docteur Moreau... C'est un peu vieillot, certes, mais j'y ai trouvé tout de même beaucoup d'actualité... C'est glaçant, et ça fait réfléchir. Un classique à lire !
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   02 août 2016
Je vis maintenant près de la grande place déserte sous le ciel que balaie le vent. Quand je vivais à Londres, je ne pouvais échapper aux hommes ; leurs voies entraient par les fenêtres, et les portes closes n'étaient qu'une insuffisante sauvegarde, je sortais par les rues pour lutter avec mon illusion et des femmes qui rôdaient miaulaient après moi, des hommes faméliques et furtifs me jetaient des regards envieux, des ouvriers pâles et exténués passaient auprès de moi en toussant, les yeux las et l'allure pressée comme des bêtes blessées perdant leur sang ; de vieilles gens courbés et mornes cheminaient en marmottant, indifférents à la marmaille loqueteuse qui les raillait. Mais les figures mornes t sans expression des gens rencontrés dans les trains et les omnibus m'étaient particulièrement nauséeuses. Ils ne paraissaient pas plus être mes semblables que l'eussent été des cadavres, si bien que je n'osai plus voyager à moins d'être assuré de rester seul.
Je me suis éloigné de la confusion des cités et des multitudes, et je passe mes jours entouré de sages livres, claires fenêtres sur cette vie que nous vivons, reflétant les âmes lumineuses des hommes. Je ne vois que peu d'étrangers et n'ai qu'un train de maison fort restreint. Je consacre mon temps à la lecture et à des expériences de chimie, et je passe la plupart des nuits, quand l'atmosphère est pure, à étudier l'astronomie. Car, bien que je ne sache ni comment ni pourquoi, il me vient des scintillantes multitudes des cieux le sentiment d'une protection et d'une paix infinies. C'est là, je le crois, dans les éternelles et vastes lois de la matière, et non dans les soucis, les crimes et les tourments quotidiens des hommes, que ce qu'il y a de plus qu'animal en nous doit trouver sa consolation et son espoir.
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andreas50andreas50   06 mai 2018
Cela se passait dans la morte-saison des nouvelles, et un habile directeur de journal, cousin du faux aide de laboratoire, en appela à la conscience de la nation tout entière. Ce ne fut pas la première fois que la conscience se tourna contre la méthode expérimentale; on poussa de tels hurlements que le docteur dut simplement quitter le pays. Il est possible qu'il ait mérité cette réprobation, mais je m'obstine à considérer comme une véritable honte le chancelant appui que le malheureux savant trouva de ses confrères et la façon indigne dont il fit lâché par les hommes de science.
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gillgill   17 juillet 2012
D'autres admirent davantage "L'île du docteur Moreau". Outre qu'à leur avis le récit est échafaudé, composé, développé selon une architecture simple et légère, ils assurent que Wells a réussi là un tour de force, une critique de la création d'autant plus redoutable qu'elle ne la désapprouve pas, qu'elle n'incrimine pas, qu'elle ne s'indigne pas.
La résolution insensée du docteur Moreau de façonner des êtres à l'image de l'homme suggère irrésistiblement de rapprocher de ce thaumaturge présomptueux les dieux de toute espèce qui se sont proposé de créer l'homme à leur image.
Que leur oeuvre soit aussi imparfaite que celle de Moreau, Wells l'indique par des moyens aussi simples qu'impressionnants.
A ses hommes-animaux, le maniaque chirurgien fait inculquer une loi qui symbolise les statuts sociaux, les règles conventionnelles, les injonctions morales ; mais en vain : dès qu'ils ne redoutent pas d'être punis ils enfreignent la loi.
L'analogie va plus loin, sans que rien la souligne ; il semble même que l'auteur prenne soin d'éviter toute allusion directe, et de ne rien dire, pas même d'insinuer, qui dépasse ses personnages humains et leurs faits et gestes.
Aucun artifice ne peut mettre le lecteur sur la voie, aucun subterfuge ne peut non plus le fourvoyer : Moreau est bien Moreau et sa retraite du Pacifique est bien un ^lot désert sous les tropiques, voilà tout.
A part cela, vous pouvez y voir tout ce que vous voulez, et surtout vous serez empoigné dès la première page, et vous continuerez, haletant, votre lecture jusqu'à la fin.
(extrait de la préface de "Pages choisies de H.G. Wells", signée Henry D Davray, et insérée en début de l'édition parue chez "Albin Michel" en 1931)
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fanfan50fanfan50   06 septembre 2017
"Et maintenant, Prendick, je m'explique, dit le docteur Moreau, aussitôt que nous eûmes mangé et bu. Je dois avouer que vous êtes bien l'hôte le plus exigeant que j'aie jamais traité et je vous avertis que c'est la dernière chose que je fais pour vous obliger. Vous pouvez, à votre aise, menacer de vous suicider ; je ne bougerai pas, même si je devais en avoir quelque ennui."
Il s'assit dans le fauteuil pliant, un cigare entre ses doigts pâles et souples. La clarté d'une lampe suspendue tombait sur ses cheveux blancs ; son regard errait dans les étoiles par la petite fenêtre sans vitres. J'étais assis aussi loin de lui que possible, la table entre nous et les revolvers à portée de la main. Montgomery n'était pas là. Je ne me souciais pas encore d'être avec eux dans une si petite pièce.
"Vous admettez que l'être humain vivisecté, comme vous l'appeliez, n'est, après tout, qu'un puma ? " dit Moreau.
Il m'avait mené dans l'intérieur de l'enclos pour que je pusse m'assurer de la chose.
"C'est le puma, répondis-je, le puma encore vivant, mais taillé et mutilé de telle façon que je souhaite ne plus voir jamais de semblable chair vivante. De tous les abjects...
- Peu importe ! interrompit Moreau. Du moins, épargnez-moi ces généreux sentiments. Montgomery était absolument de même. Vous admettez que c'est le puma. Maintenant, tenez-vous en repos pendant que je vais vous débiter ma conférence de physiologie."
Aussitôt, sur le ton d'un homme souverainement ennuyé, mais s'échauffant peu à peu, il commença à m'expliquer ses travaux. Il s'exprimait d'une façon très simple et convaincante. De temps à autre, je remarquai dans son ton un accent sarcastique, et bientôt je me sentis rouge de honte à nos positions respectives.
Les créatures que j'avais vues n'étaient pas des hommes, n'avaient jamais été des hommes. C'étaient des animaux - animaux humanisés - triomphe de la vivisection.
"Vous oubliez tout ce qu'un habile vivisecteur peut faire avec des êtres vivants, disait Moreau. Pour ma part, je me demande encore pourquoi les choses que j'ai essayées ici n'ont pas encore été faites.
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RadiganRadigan   09 septembre 2016
Je demeurai affalé sur l’un des bancs de rameurs du petit canot pendant je ne sais combien de temps, songeant que, si j’en avais seulement la force, je boirais de l’eau de mer pour devenir fou et mourir plus vite. Tandis que j’étais ainsi étendu, je vis, sans y attacher plus d’intérêt qu’à une image quelconque, une voile venir vers moi du bord de la ligne d’horizon. Mon esprit devait, sans doute, battre la campagne, et cependant je me rappelle fort distinctement tout ce qui arriva. Je me souviens du balancement infernal des flots, qui me donnait le vertige, et de la danse continuelle de la voile à l’horizon ; j’avais aussi la conviction absolue d’être déjà mort, et je pensais, avec une amère ironie, à l’inutilité de ce secours qui arrivait trop tard – et de si peu – pour 5 me trouver encore vivant. Pendant un espace de temps qui me parut interminable, je restais sur ce banc, la tête contre le bordage, à regarder s’approcher la goélette secouée et balancée. C’était un petit bâtiment, gréé de voiles latines, qui courait de larges bordées, car il allait en plein contre le vent. Il ne me vint pas un instant l’idée d’essayer d’attirer son attention, et, depuis le moment où j’aperçus distinctement son flanc et celui où je me retrouvai dans une cabine d’arrière, je n’ai que des souvenirs confus. Je garde encore une vague impression d’avoir été soulevé jusqu’au passavant, d’avoir vu une grosse figure rubiconde, pleine de taches de rousseur et entourée d’une chevelure et d’une barbe rouges, qui me regardait du haut de la passerelle …
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Pierre Hillard (préfacier) et les éditions du Rubicon présentent la traduction française du Nouvel Ordre Mondial (1940)
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