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ISBN : 287858614X
Éditeur : Viviane Hamy (15/10/2015)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Sur les conseils d'un ami, Léon Werth quitte Paris le 11 juin 1940 pour se rendre dans le Jura. Ce voyage, qu'il espérait ne devoir durer que quelques heures, lui prendra en fait 33 jours. L'auteur se rend compte alors que la situation est bien plus préoccupante qu'il n'a bien voulu l'admettre tout d'abord. 33 jours est donc un récit d'exode en même temps qu'un témoignage historique et humain, se refusant à toute vision manichéenne. C'est une leçon contre la haine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
GabySensei
  26 octobre 2015
Connaissez-vous Léon Werth ? Il y a de grandes chances que vous le connaissiez sans le savoir. Si vous ouvrez le Petit Prince de Saint-Exupéry, vous vous apercevrez que le livre lui est dédicacé. Les deux auteurs étaient de grands amis et avaient une admiration réciproque pour leurs oeuvres.
Et, à la lecture de ce court récit qu'est 33 jours, je suis moi-même admiratif de cet auteur. le livre raconte la débâcle française de juin 1940 de l'intérieur. Alors que les Allemand approchent de Paris, l'auteur décide de quitter la ville avec sa femme et son fils pour se mettre à l'abri dans leur maison de campagne près de Mâcon. le trajet qu'ils font d'habitude en neuf heures leur prendra 33 jours !
Léon Werth nous plonge dans ce chaos indescriptible qui a jeté des millions de français sur la route. Voitures, chevaux, bicyclette, vélos, personnes à pied... la panique a donné lieu à des scènes incroyables où le pire et le meilleur de la nature humaine se sont côtoyé. "Au reste, ici je ne prétends pas expliquer, je conte" nous dit Léon Werth. En témoin privilégié, il prend des notes à chaud et rédigera très vite ce témoignage incroyable. On y découvre l'incrédulité devant ce cataclysme de la défaite si rapide de la France, qui était inimaginable à l'époque. L'indigence des politiques et la désorganisation de l'armée font froid dans le dos. Léon Werth assiste aux premières scènes de collaboration avec l'ennemi, mais aussi à une grande solidarité entre de nombreux français qui ne se connaissaient pas.
Ce qui est étonnant avec ce livre, en dehors de la qualité remarquable de son écriture, c'est l'équilibre très juste entre des évènements racontés à chaud et le recul de l'auteur sur ces faits. Léon Werth était un homme mûr à l'époque et il n'était pas dupe des évènements qu'il vivait. Il a une hauteur de vue et une profondeur d'analyse sur les gens qu'il rencontre et leur psychologie, qui donne au livre une densité très riche.
Il est à noter également que les Éditions Viviane Hamy republient ce texte avec une préface inédite de Saint-Exupéry, qui s'était perdue et qui a miraculeusement été retrouvée par un éditeur américain dans une bibliothèque canadienne.

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petch
  13 février 2013
Après avoir donné un témoignage saisissant sur la première guerre mondiale (« Clavel Soldat »), Léon Werth décrit ici l'exode de 1940 : 33 jours de pérégrinations sur les routes de France, entre Paris et Saint-Amour dans le Jura.
Manuscrit récupéré par Saint-Exupéry pendant la guerre, il ne fut redécouvert et publié de manière posthume qu'en 1992. Pour l'anecdote, il y fera référence dans « Pilote de guerre » (« Un de mes amis, Léon Werth, a entendu sur une route un mot immense, qu'il racontera dans un grand livre »).
Ce grand livre, c'est 33 jours. On se laisse prendre par ce récit épique, antimilitariste et cocasse, mais résolument engagé contre l'envahisseur. L'arrogance des vainqueurs, la faiblesse et la honte des vaincus, les petits arrangements, les grandes désillusions, Léon Werth décrit les relations humaines en cette période noire avec une précision et un sens du détail qui donnent une force extrême à ce récit. Un grand témoignage à découvrir.
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coincescheznous
  10 février 2016
Ce qu'il y a de bien avec les bibliothèques municipales, c'est qu'on peut presque tout essayer, sans mettre son budget lecture en danger. On découvre un auteur, on lit, parfois à la page 50 on le rapporte, pas grave. On prend un autre livre, on lit, et on y passe la nuit, on ne peut pas le lâcher.
C'est ce qui vient de se produire avec ce récit, 33 jours, d'un auteur, Léon Werth, dont je n'avais même pas croisé le nom au fil des étagères de librairie ou des comptes-rendus de la presse en ligne ou en pages.
Ce livre m'a fait le coup des ouvrages que rencontre le lecteur dans Si par hasard un voyageur, cultissime livre oulipien d'Italo Calvino. Il s'est installé dans ma pile. A la maison, au moment de faire le choix de celui qui allait inaugurer ma semaine de lecture, il s'est imposé. Il m'a fait le coup de « moi d'abord ». Il avait raison.
C'est l'histoire d'un périple qui aurait dû durer quelques heures, une petite journée. Mais qui s'est étiré sur 33 jours, de Paris à Saint Amour, au début de l'exode le 10 juin 1940. Au fil des heures, la Bugatti de l'auteur prend sa place dans un interminable convoi de voitures, camions, charrettes, tombereaux, chevaux, vélos, marcheurs, avançant comme au hasard le long d'un itinéraire improbable et imprévu, dans un paysage « vaste, chétif et pitoyablement macabre ». Les nuits de fortune, la faim, la soif, les mitraillages, la peur, les pingres, les généreux, les déserteurs, tout est là.
C'est un livre calme. On a du mal à se l'imaginer, dans des jours si douloureux et agités. Il n'y a pas d'effet, pas de pathos, juste un récit qu'on lit comme on regarde les images d'archives de l'époque. Pas de jugement, de bien ou de mal, il faut avancer, passer la Loire, traverser un pays de fuyards pour retrouver Saint Amour, avec ou sans Bugatti. Mai avec un livre, Terre des Hommes de Saint Exupéry. Et il le raconte avec des phrases superbes de calme, tant que les allemands n'ont pas passé la Seine… tant qu'ils ne sont pas arrivés sur la Loire…
Saint Exupéry. Il en a écrit la préface. Mais ce livre écrit en 1940 n'a été publié qu'en 1992 pour la première édition, et en 2015 pour celle que j'ai dans les mains. Saint Ex' était un ami de Léon Werth. Ce dernier lui avait remis ce manuscrit avant que Saint Ex' ne parte aux Etats Unis, où il aurait dû, normalement le faire éditer. Mais Saint Ex' était plongé dans l'écriture du Petit Prince, et puis… un jour son avion s'est écrasé pour de bon. Heureusement, ce livre est là, et il est arrivé entre mes mains.
C'est un ouvrage qui rappelle souvent la magnifique simplicité de la Route des Flandres, de Claude Simon.
C'est un livre dont Saint Exupéry avait dit « Un de mes amis, Léon Werth, a entendu sur une route un mot immense, qu'il racontera dans un grand livre ».
C'est une histoire d'exode et de réfugiés, qui résonne terriblement aujourd'hui.

Mesmotspassants


Lien : http://coincescheznous.unblo..
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frandj
  03 avril 2017
Léon Werth (1878-1955) était un homme remarquable, à multiples facettes. On peut notamment signaler que son ami A. de Saint-Exupéry lui a fait la dédicace de son immortel "Petit Prince".
Comme beaucoup d'autres Français, Léon Werth a participé à "l'exode" en Juin 1940. Mais, au lieu de suivre le mouvement comme un mouton, il a vécu cette épreuve en ouvrant grand son coeur et son intelligence. Son témoignage sur ces 33 jours a été rédigé rapidement, mais le texte en a été longtemps perdu. Jusqu'à ce qu'on le redécouvre et qu'on le publie en 1992.
Dans ce bref récit, il y a en gros trois temps. La première partie, qui est la plus spectaculaire, décrit les embouteillages sur les routes, les hauts faits et les méfaits observés pendant le Blitzkrieg allemand, les attaques sur des civils désarmés; je n'ai rien appris sur ce sujet. La deuxième partie se déroule dans un maison isolée où la famille de l'auteur a trouvé refuge; son hôtesse mesquine et germanophone est très loin d'être mécontente de l'omniprésence des soldats allemands, elle fait en quelque sorte partie de la "cinquième colonne". Dans la troisième partie, la famille Werth trouve un meilleur environnement: elle est hébergée par un homme de la campagne très sage et très aimable. Finalement, l'écrivain et sa femme parviennent à leur but.
L'auteur nous donne une image nuancée du peuple français, capable du meilleur et/ou du pire. "33 jours" est un récit précis et sincère sur l'épopée lamentable de 1940.
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pgremaud
  11 février 2016
« A Léon Werth, quand il était petit garçon » : des millions de lecteurs ont lu cette dédicace de St-Exupéry qui admirait énormément cet écrivain. Mais si St-Ex est maintenant une célébrité mondiale, Léon Werth est beaucoup moins connu.
" 33 jours", c'est le temps qu'il a fallu à Léon Werth et à son épouse pour aller de Paris dans le Jura entre le 11 juin et le 13 juillet 1940 avec des détours, des arrêts et beaucoup d'attente. Dans la pagaille de la débâcle, ou dans la "pagaye" comme il l'écrit, les civils et les militaires se mélangent, les caractères se révèlent. Certaines personnes ouvrent leur maison aux réfugiés, d'autres pactisent avec les Allemands ; d'autres deviennent violentes, mais même des soldats sont capables de fraternité.
Dans ce spectacle de la comédie humaine, Léon Werth est parfois spectateur, parfois acteur, mais surtout un fin observateur. de temps en temps, il nous parle aussi de son amitié avec St-Ex.
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Les critiques presse (1)
Telerama   14 octobre 2015
Admirable récit de jours d'exil sur les routes de France en 1940.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   09 février 2013
Les deux Allemands se penchèrent en même temps vers le bébé des Aufresne et l'un d'eux le prit dans ses bras. J'ai toujours vu, depuis, les soldats allemands manifester devant les enfants une vocation de nurse et le plus vif attendrissement.[...]
Je n'ai jamais vu un Allemand, avant de saisir un enfant dans ses bras, s'inquiéter de savoir si cela était ou non agréable aux parents. On croirait que l'enfant leur appartient par droit de conquête.
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pgremaudpgremaud   07 février 2016
Nous traversons un sous-bois : le soleil passe entre les branches et le sol est pourpre. Le monde un instant peut se réduire à la contemplation de ce sous-bois. Je me souviens qu'en 1915, dans une tranchée, comme je pelais une orange, le fruit m'apparut comme s'il avait été par son écorce préservé de la guerre, de la souillure de la guerre, comme s'il était sur la terre la seule chose pure, la seule que la guerre n'eût pas touchée.
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GabySenseiGabySensei   21 octobre 2015
Ce que nous nommons l'histoire ne serait-il pas la plus vaine illusion des hommes ? Ce que nous concédons à l'histoire, aux guerres comme aux puissances du temps de paix, ne serait-ce pas le signe de notre insuffisance ? Nous faisons de l'histoire, comme un malade fait une maladie. Nous sommes responsables de l'histoire, comme les fous sont responsables de la création des asiles.

(P79)
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pgremaudpgremaud   06 février 2016
J'ai lu, quand j'étais enfant, de beaux récits sur l'hospitalité. L'hôte est sacré pour le patriarche biblique, pour le Grec de "L'Iliade" et pour le Bédoin dans sa tente. Abel, Monsieur Abel, comme souvent on vous appelle à Chapelon, je n'ai, grâce à vous, rien à regretter de l'antiquité... L'hospitalité existe dans les temps modernes, et elle y est plus belle encore. Car elle n'est pas un rite, mais un don.
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BacCom1GBacCom1G   30 novembre 2015
La France a toujours assimilé des nourritures étrangers. Cette assimilation, c'est toute son histoire depuis le XVIe siècle au moins. Mais, depuis 1930, tantôt par admiration, tantôt par épouvante, une partie de la France est en état d'hypnose devant l'Europe brutalisée.
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