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Maud Sinet (Traducteur)
ISBN : 2743622431
Éditeur : Payot et Rivages (08/06/2011)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Et dire que John Dortmunder en est réduit à faire du porte à porte pour vendre des encyclopédies (ou plus exactement faire semblant de les vendre) ! Du gagne-petit pour un cambrioleur habitué aux gros coups. Heureusement, Victor, ancien agent du FBI et neveu d’Andy Kelp a eu une idée géniale : un vol de banque. Attention, pas un braquage avec des menaces, des cris, des coups de feu et toutes ces choses désagréables. Non, l’idée c’est vraiment d’embarquer la banque p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  17 mai 2018
Quand un certain Dortmunder s'ennuie à mourir en vendant des encyclopédies, lui un ancien cambrioleur professionnel ayant connu trop de déboires, il finit par trouver un coup fumant pour sortir de sa léthargie, avec son oncle Kelp qui lui suggère l'idée de voler une banque ce qui va renflouer les caisses.
Cela donne « Comment voler une banque » et c'est Donald Westlake, l'un des plus grands noms américains du roman policier (décédé en 2008), qui, avec son humour cynique et ô combien loufoque, va nous expliquer la procédure imaginée par les malfrats parmi lesquels on compte donc : John Dortmuntder, Andy Kelp, Stan Murch, Victor (entre autres car d'autres « spécialistes » du genre vont se joindre à eux).
Mais il faut d'abord choisir LA banque et finalement, lors d'un repérage, ils tombent sur un écriteau : « Il remarqua la banderole, tendue sur la façade :
« CENTRE PROVISOIRE
Crédit des Capitalistes et des Immigrants
Regardez-nous GRANDIR !
- Pu.ain, mais qu'est-ce que c'est que ce machin ? Demanda Dortmunder.
- Une caravane, répondit Kelp. Ce qu'on appelle un mobile home. Tu n'en as jamais vu ?
- Mais qu'est-ce que celui-là fout ici ?
- C'est la banque, répondit Kelp.
- Ils sont en train de démolir l'ancien bâtiment, monsieur Dortmunder, expliqua Victor en souriant, avant de reconstruire la nouvelle banque au même endroit. Et, entre-temps, ils l'ont transférée là dans ce mobile home. » (page 40).
Et la remarque suivante :
« - C'est pas beau, ça ? Jubila Kelp. On ne cambriole pas la banque, on l'emporte avec nous. On l'accroche à un camion et on part avec ». (page 44).
Donc, une bonne chose de faite. Et puis c'est tellement banal cette caravane bleue et blanche. Mais l'ennui c'est que celle-ci est sans roues donc quasiment impossible à déplacer.
Mais justement, « impossible » n'est pas pour eux car leurs esprits fourmillent d'idées : ils ne vont pas seulement voler une banque mais tout simplement la déplacer, l'emmener ailleurs afin de pouvoir "tranquillement" vider le coffre-fort.
Par contre, quelques problèmes se présentent : d'abord la couleur de la caravane est trop facilement repérable : no problem, on va la repeindre – il n'y a pas de roues : qu'à cela ne tienne on va en trouver – bon, d'accord, mais il faudrait la tracter et elle est bien trop grande : un hélicoptère ? Non, trop lourde. Eh bien on va trouver un camion c'est tout. Il y a chaque fois une réponse et l'affaire paraît dans la sac. Donc : « y a plus qu'à ».
Chacun s'y attelle pour trouver et faire fi des moindres inquiétudes. Et puis pour ce qui est de l'imagination, il y en a à revendre.
Ces premières indications données, ce que je peux dire c'est que les rebondissements vont s'enchaîner à fond la caisse, les incidents cocasses, les mauvaises surprises, la traque de la police…. Ah, tout de même, je vais vous indiquer que le mobile home se cache dans un camping de caravanes et que par malchance, il se met à pleuvoir des cordes. Et que se passe-t-il quand on a été assez idiot pour choisir une peinture lavable ? Eh oui, la couleur s'en va et l'originale revient… Et je me retiens de raconter d'autres événements inattendus, tous plus cocasses les uns que les autres, qui démontrent bien que cette bande de voleurs à la petite semaine, sont plutôt des amateurs, eux qui se croyaient plus forts que les autres et qui, malgré leur imagination débordante, rencontrent bien des imprévus et leur « affaire ne marche pas comme sur des roulettes ».
Avec Donald Westlake et son héros récurrent Dortmunder, c'est encore un récit irrésistible d'humour – on a du mal à croire que c'est un polar ! -
La fin de l'histoire connaît un dénouement plus que drôle avec une course éperdue et la tentative « tombe à l'eau », au sens propre du terme.
Pour une fois, pendant ma lecture des 282 pages, j'ai pour ainsi dire ri tout le temps car tout se déroule de façon insensée et ce fut un bon moment. Au moins, ici, pas de meurtres, juste une enquête, juste une illusion et j'ai également pensé à ces quelques paroles d'une chanson de Jean-Louis Aubert :
♫♫♫♫♫♫
« C'est juste une illusion
A peine une sensation
Qui dirige tes pas
Et te montre du doigt
Où tu vas, où tu vas
Juste une illusion
Comme une bulle de savon
Qui s'approche de toi
Que tu touches du doigt
Puis qui s'en va, qui n'est plus là ».
♫♫♫♫♫♫
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encoredunoir
  24 octobre 2012
« Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l'entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l'impression de vivre là toute l'histoire de sa vie. Sa chance n'était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d'un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement ».
On ne peut mieux dire à propos de Dortmunder. Toujours assez fort et chanceux pour réussir ses coups, y compris lorsqu'il est pourtant plus que réticent à les monter – c'est-à-dire quasiment à chaque fois – il n'a jamais assez de chance pour pouvoir profiter paisiblement du fruit de son labeur. Et on se doute bien que ce deuxième épisode de la série ne dérogera pas à cette règle bien établie depuis le premier volume des aventures de Dortmunder qui l'a vu réussir à plusieurs reprise à réaliser un braquage exemplaire avant de devoir recommencer à cause d'un grain de sable venu se loger dans ses plans pourtant bien huilés.
Ici, donc, Dortmunder et ses comparses habituels décident non pas de braquer une banque mais bien de voler une banque. En entier. Tout le bâtiment puisque, les locaux habituels étant en travaux, l'établissement a été transféré dans un mobil-home. Mauvais présage, c'est un neveu de Kelp qui amène le coup. Un neveu ex-agent du FBI renvoyé pour avoir voulu instaurer une poignée de main secrète entre les agents.
Comme dans le précédent épisode des aventures de Dortmunder, Westlake prend explicitement pour modèle Parker (les références au héros de Richard Stark continuent de parsemer le roman) afin de mieux le détourner de façon burlesque. Comme chez le braqueur froid et sans pitié, l'amateur qui amène le coup représente une menace. La différence étant que, pour Dortmunder, le nouveau venu n'est pas la seule épine à se planter dans son pied, sa malchance légendaire se chargeant d'aggraver considérablement les choses.
Certes, le lecteur voit arriver les problèmes longtemps à l'avance et n'est pas surpris lorsqu'ils s'abattent sur l'équipe de braqueurs. Mais là n'est pas l'essentiel. On sait que cela se passera. Ce que l'on ne sait pas – et c'est là que Westlake joue de son talent pour nous prendre par surprise – c'est quand cela se passera et, surtout, quelle solution loufoque trouveront Dortmunder et son équipe pour s'en tirer malgré tout.
Millimétré, ne laissant aucune place aux digressions inutiles, Comment voler une banque apparaît incontestablement comme l'un des meilleurs romans de la série. Westlake s'en donne à coeur joie et son plaisir se révèle d'autant plus communicatif que la nouvelle traduction proposée par Rivages lui rend amplement justice.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Paojito
  20 mars 2017
C'est exactement ce dont j'avais besoin. Un livre qui se lit en un aller-retour de train, pas trop complexe pour éviter de se faire distraire par les conversations du wagon et assez intense pour ne pas avoir envie de se lever pendant le trajet. On suit Dortmunder et sa clique de professionnels malchanceux, prêts à faire un nouveau coup. Il ne s'agit pas de voler la banque, mais de voler UNE banque.
C'est rapide, efficace, simple et burlesque à la fois.
RDV au prochain trajet en train Westlake.
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Scara
  08 juin 2012
J'ouvre un Westlake comme un gourmand ouvre le placard aux chocolats : avec un brin de culpabilité et l'anticipation d'un plaisir promis.
Pourquoi la culpabilité me direz-vous?
Pas de honte à le lire, surtout pas. Donald Westlake a peut-être été considéré comme un auteur de seconde zone, il n'en reste pas moins extrêmement talentueux.
Parce que je suis une mordue de Westlake, j'entends ma conscience sous forme de petit ange s'écrier "Encore?!" lorsque je tends la main vers un nouveau tome, eh oui, c'est irrésistible, je suis une mordue de l'humour Dortmunderien, et je n'ose pas penser, pas même une seconde, au jour où j'achèverai la lecture du dernier roman inconnu.
Par bonheur, le regretté Donald a généreusement pourvu les rayons de nos librairies ...
Voilà, alors je n'ai pas encore commencé cette lecture et je lui attribue déjà les 5 étoiles de la perfection.
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motspourmots
  31 janvier 2015
Un petit bijou d'humour de la part de Donald Westlake que je percevais comme beaucoup plus noir, peut-être à tort. En tout cas, j'ai passé un excellent moment avec cette bande de Pieds Nickelés totalement impayables. Chaudement recommandé pour les longues soirées d'hiver !
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   27 juillet 2018
- On ne peut pas monter à cinq là-de-dans.
- C’est pourtant ce qu’on va faire, répliqua Dortmunder.
- Mais le levier de vitesse est au plancher !
- Ne t’en fais pas pour ça, dit Kelp. (…)
Le véritable problème survenait lorsqu’il voulait passer la quatrième ; chaque fois qu’il essayait de pousser le levier dans cette direction, c’était comme six ou sept genoux s’y trouvaient déjà. (…) Un chœur de grognements et de grommellements s’élevait alors de la masse assise à côté de lui, tandis qu’elle rétractait ses multiples genoux, lui laissant juste assez de place pour passer sa vitesse. P.141
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nadiouchkanadiouchka   17 mai 2018
Il pointait le doigt vers ses pieds. May se pencha en avant au risque de se mouiller les cheveux et regarda le sol près de la caravane : il était vert pâle.
- Oh, nom de Dieu ! s’exclama-t-elle en regardant à droite et à gauche : la banque était redevenue bleue et blanche. Oh, nom de Dieu, répéta-t-elle.
P.236
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mamansand72mamansand72   07 août 2015
- Dortmunder, je suis sur un coup énorme, tu peux me croire. Cette fois, c’est du tout cuit. Et avec un tel pactole, tu pourras te retirer pendant au moins trois ans. Peut-être même quatre.
- La dernière fois que tu es venu me proposer un coup, on a dû s’y reprendre à cinq fois, et au bout du compte je me suis retrouvé les mains vides.
Dortmunder marchait toujours.
- Est-ce que c’est ma faute ? On n’a pas eu de chance, c’est tout. Mais l’idée était géniale, tu dois le reconnaître. Pour l’amour du ciel, tu veux bien t’arrêter ?
Dortmunder ne s’arrêta pas. Kelp se plaça devant lui au pas de course, puis se mit à trottiner à reculons.
- Tout ce que je te demande, c’est de m’écouter e d’y réfléchir. Tu sais que je me fie à ton jugement. Si tu me dis que ça ne tient pas la route, je ne discuterai pas une seconde.
- Tu vas trébucher sur ce pékinois, dit Dortmunder.
Kelp cessa de trottiner à reculons, se retourna, fusilla du regard la propriétaire du pékinois et se remit à marcher normalement à gauche de Dortmunder.
- On est amis depuis assez longtemps pour que je te demande comme un service personnel de simplement m’écouter et de réfléchir à cette affaire.
Dortmunder s’immobilisa sur le trottoir et décocha à Kelp un regard lourd de sens.
- On est amis depuis assez longtemps pour que je sache que tous les coups que tu me proposes finissent systématiquement par foirer.
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nadiouchkanadiouchka   18 mai 2018
- Euh… résonna la radio. Répartiteur ?
- Voiture 9 ?
- Affirmatif. Il n’y a rien.
(…) Il consulta sa liste dactylographiée pour constater que le numéro 52 correspondait effectivement à la banque provisoire. (…)
- Je le sais que c’était là, je l’ai vue il y a cinq minutes. Mais maintenant, il n’y a plus rien.
P.162
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encoredunoirencoredunoir   24 octobre 2012
Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l’entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l’impression de vivre là toute l’histoire de sa vie. Sa chance n’était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d’un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement.
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