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Mona de Pracontal (Traducteur)
EAN : 9782743607111
332 pages
Éditeur : Payot et Rivages (21/10/2000)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 374 notes)
Résumé :
ll n'est pas un seul PDG qui n'ait commenté publiquement la vague de compressions de personnel qui balaie l'Amérique sans l'expliquer par une variation sur la même idée: "la fin justifie les moyens."
Burke Devore, cadre supérieur au chômage, décide d'appliquer la méthode dans son propre intérêt. Déterminé à retrouver son statut social et à recréer des liens familiaux qui se désagrègent, il bascule dans la logique absurde de la loi du plus fort. Il est prêt à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  28 mars 2018
Il s'appelle Burke Devore, 51 ans, au chômage depuis près de deux ans, sans aucun manquement professionnel de sa part. Archétype de l'américain moyen, cadre dans l'industrie du papier durant 25 ans, une jolie maison assortie à sa jolie femme, deux enfants, Burke désespère de trouver un nouveau travail et s'interroge : Pourquoi ce type au sourire mou, aux oreilles énormes, à la coupe de cheveux ringarde a-t-il été embauché à sa place sur un poste correspondant pile-poil à ses compétences et à son expérience ? Qu'a fait ou dit ce type ? Qu'y a-t-il dans son cv qui n'est pas dans celui de Burke ? Pourquoi son entreprise florissante, tout en versant des dividendes records à ses actionnaires qui n'ont jamais mis les mains dans le cambouis ni vu un boulon, invente-t-elle des compressions ou réductions de personnel, des vagues de départs volontaires, des plans sociaux, des charrettes, tous ces euphémismes nuls pour masquer des licenciements ? Est-il exorbitant de penser que le capitalisme s'engraisse sur le dos des salariés ? Puisque tout le monde autour de lui a une logique, l'économie, le marché, les actionnaires, les patrons, Burke met la sienne au point.  Puisque la guerre économique, avec son cortège de sacrifices demandés aux combattus, a été déclarée contre ce pacifiste jovial, il va se défendre.

Le couperet est l'histoire d'un homme qui se rebelle contre un système qui ne lui donne aucune chance, contre un monde dans lequel si l'on n'est pas le premier, l'on est le dernier, puisqu'il n'y a pas de second. Acculé par la violence de ces pratiques meurtrières, Burke invente une méthode radicale pour retrouver du boulot : il élimine, les uns après les autres, tous les concurrents dont le cv pourrait faire de l'ombre au sien et c'est ainsi qu'un ex-travailleur sérieux et respecté, amoureux de sa femme et bon père de famille se transforme en serial killer.

Dans un style sec dépourvu d'affects, avec un humour noir glacial sans aucune distanciation, Donald Westlake, délaissant les polars-pur-jus, se livre à une analyse sociétale cinglante, démontre implacablement l'absurdité du capitalisme, et réalise le tour de force de rendre son tueur froid et méthodique, très sympathique, en poussant le lecteur à s'identifier à sa détresse, à lui donner raison. Allez, j'ose le dire : Burke venge par procuration tous ceux, fort nombreux, qui ont vécu, vivent ou vivront, plus qu'hier et moins que demain, dans l'incompréhension et l'impuissance totales, l'injustice d'un licenciement boursier.

Le couperet est un roman politiquement incorrect, immoral, inconvenant, subversif, grinçant, corrosif, mais follement réjouissant et brillant, basé sur une idée économiquement de plus en plus répandue : « La fin justifie les moyens, et que le meilleur gagne ! »
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kateginger63
  22 juillet 2019
Un chômeur tueur malgré lui
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Choisi par @des_livres_et_des_mousses dans le cadre du challenge Pioche dans ma PAL de juillet.
*
Louons déjà la chance que ce roman soit classé dans la section des "classiques" de Flammarion. Un bon point !
L'auteur est un des chefs de file du genre littéraire né dans les années 30 aux USA, le roman noir. Lié au contexte social de l'époque, celui de la violence urbaine.
Ici, le récit est fortement ancré dans le réel. Un roman engagé de par sa prise de position politique et économique. Un regard lucide et pessimiste sur le monde du travail entraperçu à travers notre héros, Burke, devenu chômeur suite au dégraissage massif de son entreprise.
Avec une féroce et brillante analyse, Burke considère les conséquences du chômage comme une fatalité qu'il va devoir renverser par des actes immoraux : éliminer ses potentiels concurrents. Comment? Les tuer pardi !
*
Burke devient un monstre sanguinaire. Dr Jekyll devient Mr Hyde. Une véritable métamorphose passe sous nos yeux ébahis. Au fur et à mesure de ses crimes de plus en plus violents, il éprouvera de moins en moins de remords. Presque comme si sa propre folie était un dédoublement de personnalité. (avec quelques rares moments de lucidité où il se rend bien compte de l'absurdité de la situation). Mais en tant que chef de famille, il est OBLIGE de récupérer ce poste de cadre.
*
A travers son personnage, l'auteur veut dénoncer la société actuelle (les années 90 ici) qui repose sur un nouveau "code moral", selon lequel la fin justifie les moyens".
*
Jubilatoire dans l'intrigue (voir comment Burke procède), immoral au possible (notre héros finira par gagner puisqu'il aura le poste tant convoité).
J'ai attendu longtemps que le couperet tombe sur ce meurtrier. Je vous avoue d'une petite voix que j'ai été tentée par éprouver de l'empathie pour lui mais finalement ces scènes de sauvagerie ont eu raison de mon dégout. Ouf! Mais il m'a invité à m'interroger sur cette société brutale qui écrase tout sur son passage. Les plus forts gagnent...
IL est clair que le lecteur se doit de réagir, c'est trop amoral!
*
Au ton corrosif et cynique mais également hypnotique, je me suis laissée prendre dans les filets du "politiquement incorrect". Laissez-vous embarquer dans ce thriller original
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greg320i
  02 octobre 2015
Tout d'abord, de prime à bord, je salue les éditions Rivages/Noir ,, non pour m'avoir offert le livre ou quoi que ce soit dans ce genre de cadeau (hélas!) mais pour la grande originalité de (re)publier le couperet sous une forme papier en Pocket aussi agréable à regarder, qu'à toucher, caresser, palper :
la douceur de couverture me poussant presque à ne pas l'ouvrir pour ne point le froisser ni en garder une moindre trace d'ouverture.

Je sais, cela est dur de lire à travers , il faudra donc contrer ma volonté et mon envie subite de saisir la hache subtilement dessiné en avant jusqu'au dos dans l'espoir d'une vengeance contre ma soif de lecture débordante.
L'ouverture d'esprit n'étant pas une fracture du crane, je survivrai. .
Seconde particularité d'édition et non des moindres ( Rivages/Noir champion ! )
Les belles tranches du livre (toutes ! )sont entièrement de la couleur rouge, une pointe d'exotisme et de bel enthousiasme d'originalité qui donne vraiment envie à la collectionnite aigüe .Fichtre, j'en suis fourbu, déjà tatoué et certainement atteint . Un objet d'art déco en surplus de son contenant . Surprenant!

On l'aura déjà compris , l'ouvrage est superbe, mais le contenu ?
Donald Westlake à l' accueil , un auteur guilleret (avec un prénom comme cela..) qui s'y connais , mais qui ne s'adonne hélas pas tout le temps à l'humour . Chose pourtant déplorable ici alors que le sujet digne la série Dexter aurait pu splendidement passer sous l'effet du rire ,même de seconde zone.
Une ozone que j'ai bien évidemment recherché en premier lieu, croyant à tord que le tord boyau verrai son noyau situé entre le macabre absurde et le joyeux hachage de victimes.
Une subtilité en moins qui me peine. Reste heureusement l'horreur..
( à défaut de mourir de rire, la mort reste dans son simple appareil )
Et là encore une demi tare supputable ,quoi que supportable à l'auteur : Pas de gore vraiment réjouissant; le tranchant se veut propre, tout comme le style correct , l'écriture perfect,.

Oui mais alors ? Pas de réel problème, mais des petits points que j'aime relever : descriptions un poil un peu longue sur les bords uniquement, certains passages à peine en trop pour arriver aux moyens diablement malin de se faire l'embauche sans embuche
A ce propos, je ne vous est pas raconté la dernière ? Révolutionnaire d'efficacité pour se faire recruter : liquider vos concurrents tout simplement !
Un processus dont le couperet nous procure la recette et les différentes facettes usités et utilisés :
-La triche perfide du C.V en moins pour une place en plus .
- le propre truc du recrutement factice pour avoir l'adresse et les noms des personnes qui pourront postuler éventuellement à votre place .
- Comment tromper son monde, sa femme, ses enfants en racontant boniments et petits mensonges .
Pour ce dernier point d'ailleurs , il s'agit de l'aspect qui m'a le plus gêné; quoi que le mot est un peu fort .
Mais quand même ,, je constate et réalise que le couperet aurai gagné en estime sans une ou deux futilités ,voir réellement génial divisé de sa moitié des pages en n'en gardant que l'image de la farce macabre; du potentiel sérial demandeur de job qui arrive à ses fins par les moyens les plus direct .
Au final de cette conclusion, si l'obtention d'une note que j'équivaut à quatre mais passe à cinq se veut intermédiaire, il en reste que le tout se veut férocement caustique, horriblement pratique, et d'une simplicité effarante que la morale ne peut en être différente :
Passe ton tour, je prend le tien .
le couperet : le nouveau jeu de société qui demande savoir-vivre et savoir éliminer en beauté .
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popie21
  22 février 2018
Estomaquée, groggy, sonnée, tel est mon état à la dernière page de le couperet. Il y a des livres comme ça, dès qu'on lit les premières pages, on sait que l'on va aimer, on plonge tout de suite dans l'ambiance, dans l'histoire, le livre nous apprivoise. Comment faire passer mon sentiment sans rien en révéler, difficile ! Disons simplement que l'écriture de Donald Westlake est tout simplement magistrale, sans détour, sans faux semblant, limpide. Il m'a embarquée dans cette horrible histoire et s'est totalement joué de moi. Je me suis surprise à trembler, non pas pour "les C.V." de Burke, mais pour Burke lui-même, me prenant à espérer qu'il conduise à bien sa mission, puis m'arrêtant, interdite "euh non là ça va pas, tu ne peux pas penser ça". C'est que notre morale est bien élastique parfois et c'est là la grande démonstration de ce livre. Encore une fois l'instinct de survie guide l'homme dans les tréfonds et lui justifie tout.
Fabuleux. Ce pourrait être un thriller, le meilleur que j'aie jamais lu, fabuleusement cruel, fabuleusement vrai, hypnotique. En le lisant je suis devenue la conductrice qui passe devant l'accident mortel, le lapin dans les phares, scotchée !
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CorinneCo
  27 avril 2014
Burke Devore entre en guérilla. Licencié, pris dans le feu du chômage qui s'éternise, rongeant lentement son statut social, sa vie de famille, son couple, insinuant dans son cerveau le germe du "Tué avant d'être tué". Burke Devore ne veut pas être tué par le système, par le dérèglement financier et industriel, par la déchéance de celles et ceux qui glissent lentement dans les eaux glaciales de la précarité sociale. Devore veut toujours tenir la barre de son destin. Cadre supérieur spécialisé, arc-bouté sur son métier, son savoir, son expérience, ce qui lui tient lieu d'identité, il veut sauver "sa peau". Il prend donc la décision d'éliminer ses concurrents. Comme on rédigerait une procédure technique, il élabore ses meurtres. Organisation, entrainement, repérage, exécution.
Livre caustique, cynique, amoral, sans parti-pris, radiographie d'une époque, d'un cerveau humain. Westlake ne demande pas que l'on s'apitoie sur Burke Devore, ni qu'on le comprenne. Il expose des faits, un état d'esprit, sa belle écriture nous prend par la main et nous entraîne dans le périple "fou" de cet homme qui sonne l'hallali. c'est lui le chasseur, lui qui a été chassé. Ses "ennemis" sont en somme des hommes comme lui. Ses doubles. "Il ne peut y en avoir qu'un" et ce sera lui Burke Devore a ce poste de dirigeant chez Arcadia (cette entreprise qui a un nom de pays imaginaire). Il supprime ses concurrents potentiels et en final l'homme qui est à "son poste". Cet emploi qui lui revient de droit. Car ici, c'est bien de droit qu'il s'agit. le droit de vivre, le droit d'exister, le droit de se défendre, le droit de prendre son dû de quelque façon que ce soit. Devore s'estime dans "son droit". Même si la culpabilité l'effleure, si la difficulté l'épouvante, si les regrets le tenaillent. En bon professionnel qu'il est, il s'est fixé des objectifs et il les tient tous. Tant pis pour les dommages collatéraux. L'humain, cette "variable" sur le baromètre du monde du travail, devient un bras exterminateur dans le livre de Westlake. Cette histoire d'une "réaction extrême" cristallise l'ombre de l'inconscient. Qui est Burke Devore ?
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
hobolocohoboloco   24 juillet 2020
Mais tout est technologie transitoire, c'est ce que je commence à comprendre. C'est peut-être ça qui rend la vie impossible parfois. Il y a deux cents ans, les gens savaient avec certitude qu'ils mourraient dans le même monde que celui où ils étaient nés, et il en avait toujours été ainsi. Mais plus maintenant. Le monde ne se contente pas de changer, de nos jours, il est en bouleversement constant. Nous sommes comme des puces vivant sur le dos d'un Dr. Jekyll qui serait en permanence au milieu de sa transformation en Mr. Hyde.
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namelessnameless   24 mars 2018
Je crois que pour la plupart, quand nous nous faisons virer, nous voyons notre chômage à venir comme de simples vacances imprévues, et nous présumons que nous allons retravailler dans une autre société presque immédiatement. Mais ce n'est pas comme ça que ça se passe, maintenant. Les licenciements sont trop importants, ils touchent absolument tous les secteurs de l'industrie, et le nombre des entreprises qui dégraissent est beaucoup plus grand que celui des entreprises qui embauchent.
p. 25
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popie21popie21   21 février 2018
"[...]
- Elle travaillait à l'hôpital. Technicienne en radiologie. Ça faisait onze ans qu'elle y était.
- Ah.
- Ils se sont fait racheter par une grosse compagnie médicale de l'Ohio, et il y a des compressions. Avec tous les problèmes du coût de la santé, vous savez ?"
Marrant, je ne pense pas aux hôpitaux comme étant des institutions commerciales, qu'on achète et qu'on vend, qui appartiennent à des sociétés. Pourtant c'est le cas, bien sûr. Je pense à eux comme à des églises ou des casernes de pompiers, mais ce ne sont que des magasins, en fin de compte.
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gillgill   14 juin 2012
"Certes, la vieille superstition selon laquelle les romans sont "pernicieux" a disparu d'Angleterre, mais il en demeure quelques traces dans un certain regard oblique dirigé vers toute histoire refusant d'admettre qu'elle n'est plus ou moins qu'une plaisanterie.
Le roman même le plus facétieux sent plus ou moins peser la réprobation dirigée jadis contre la frivolité littéraire : la facétie ne réussit pas toujours à passer pour de l'orthodoxie.
Tout en ayant honte de le dire, les lecteurs attendent toujours d'une œuvre - qui, après tout, n'est que du "feindre", qu'elle soit à quelque degré apologétique, renonçant ainsi à l'ambitieux désir de reproduire vraiment la vie....
(extrait d'un texte signé Henry James et inséré, en guise d'introduction, en début de l'édition parue à "Rivages/Noir" en 2000)
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blandine5674blandine5674   03 février 2018
Chaque époque et chaque nation ont leur propre morale, leur propre code de valeurs, en fonction de ce que les gens estiment être important. Il y a eu des époques et des lieux où l’honneur était considéré comme la qualité le plus sacrée, et d'autres qui ne se préoccupaient que de la beauté. Le Siècle des Lumières célébrait la raison comme la plus élevée des valeurs, et certains peuples - les Italiens, les Irlandais - ont toujours trouvé que la sensibilité, l'émotion, les sentiments, étaient ce qui comptait le plus. Aux premiers temps de l'Amérique, l'exaltation du travail était notre plus grande expression de moralité, puis il y eut une période où les valeurs à la propriété furent estimées au-delà de tout. Mais un autre changement s'est produit récemment. Aujourd'hui, notre code moral repose sur l'idée que la fin justifie les moyens.
Il fut une époque où c'était considéré comme malhonnête, l'idée que la fin justifie les moyens. Mais cette époque est révolue. Nous seulement nous y croyons, mais nous le disons. Nos chefs de gouvernement justifient toujours leurs actions en invoquant leurs buts.
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