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Mona de Pracontal (Traducteur)
ISBN : 2743607114
Éditeur : Payot et Rivages (21/10/2000)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 276 notes)
Résumé :
ll n'est pas un seul PDG qui n'ait commenté publiquement la vague de compressions de personnel qui balaie l'Amérique sans l'expliquer par une variation sur la même idée: "la fin justifie les moyens."
Burke Devore, cadre supérieur au chômage, décide d'appliquer la méthode dans son propre intérêt. Déterminé à retrouver son statut social et à recréer des liens familiaux qui se désagrègent, il bascule dans la logique absurde de la loi du plus fort. Il est prêt à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
greg320i
02 octobre 2015
Tout d'abord, de prime à bord, je salue les éditions Rivages/Noir ,, non pour m'avoir offert le livre ou quoi que ce soit dans ce genre de cadeau (hélas!) mais pour la grande originalité de (re)publier le couperet sous une forme papier en Pocket aussi agréable à regarder, qu'à toucher, caresser, palper :
la douceur de couverture me poussant presque à ne pas l'ouvrir pour ne point le froisser ni en garder une moindre trace d'ouverture.

Je sais, cela est dur de lire à travers , il faudra donc contrer ma volonté et mon envie subite de saisir la hache subtilement dessiné en avant jusqu'au dos dans l'espoir d'une vengeance contre ma soif de lecture débordante.
L'ouverture d'esprit n'étant pas une fracture du crane, je survivrai. .
Seconde particularité d'édition et non des moindres ( Rivages/Noir champion ! )
Les belles tranches du livre (toutes ! )sont entièrement de la couleur rouge, une pointe d'exotisme et de bel enthousiasme d'originalité qui donne vraiment envie à la collectionnite aigüe .Fichtre, j'en suis fourbu, déjà tatoué et certainement atteint . Un objet d'art déco en surplus de son contenant . Surprenant!

On l'aura déjà compris , l'ouvrage est superbe, mais le contenu ?
Donald Westlake à l' accueil , un auteur guilleret (avec un prénom comme cela..) qui s'y connais , mais qui ne s'adonne hélas pas tout le temps à l'humour . Chose pourtant déplorable ici alors que le sujet digne la série Dexter aurait pu splendidement passer sous l'effet du rire ,même de seconde zone.
Une ozone que j'ai bien évidemment recherché en premier lieu, croyant à tord que le tord boyau verrai son noyau situé entre le macabre absurde et le joyeux hachage de victimes.
Une subtilité en moins qui me peine. Reste heureusement l'horreur..
( à défaut de mourir de rire, la mort reste dans son simple appareil )
Et là encore une demi tare supputable ,quoi que supportable à l'auteur : Pas de gore vraiment réjouissant; le tranchant se veut propre, tout comme le style correct , l'écriture perfect,.

Oui mais alors ? Pas de réel problème, mais des petits points que j'aime relever : descriptions un poil un peu longue sur les bords uniquement, certains passages à peine en trop pour arriver aux moyens diablement malin de se faire l'embauche sans embuche
A ce propos, je ne vous est pas raconté la dernière ? Révolutionnaire d'efficacité pour se faire recruter : liquider vos concurrents tout simplement !
Un processus dont le couperet nous procure la recette et les différentes facettes usités et utilisés :
-La triche perfide du C.V en moins pour une place en plus .
- le propre truc du recrutement factice pour avoir l'adresse et les noms des personnes qui pourront postuler éventuellement à votre place .
- Comment tromper son monde, sa femme, ses enfants en racontant boniments et petits mensonges .
Pour ce dernier point d'ailleurs , il s'agit de l'aspect qui m'a le plus gêné; quoi que le mot est un peu fort .
Mais quand même ,, je constate et réalise que le couperet aurai gagné en estime sans une ou deux futilités ,voir réellement génial divisé de sa moitié des pages en n'en gardant que l'image de la farce macabre; du potentiel sérial demandeur de job qui arrive à ses fins par les moyens les plus direct .
Au final de cette conclusion, si l'obtention d'une note que j'équivaut à quatre mais passe à cinq se veut intermédiaire, il en reste que le tout se veut férocement caustique, horriblement pratique, et d'une simplicité effarante que la morale ne peut en être différente :
Passe ton tour, je prend le tien .
le couperet : le nouveau jeu de société qui demande savoir-vivre et savoir éliminer en beauté .
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CorinneCo
27 avril 2014
Burke Devore entre en guérilla. Licencié, pris dans le feu du chômage qui s'éternise, rongeant lentement son statut social, sa vie de famille, son couple, insinuant dans son cerveau le germe du "Tué avant d'être tué". Burke Devore ne veut pas être tué par le système, par le dérèglement financier et industriel, par la déchéance de celles et ceux qui glissent lentement dans les eaux glaciales de la précarité sociale. Devore veut toujours tenir la barre de son destin. Cadre supérieur spécialisé, arc-bouté sur son métier, son savoir, son expérience, ce qui lui tient lieu d'identité, il veut sauver "sa peau". Il prend donc la décision d'éliminer ses concurrents. Comme on rédigerait une procédure technique, il élabore ses meurtres. Organisation, entrainement, repérage, exécution.
Livre caustique, cynique, amoral, sans parti-pris, radiographie d'une époque, d'un cerveau humain. Westlake ne demande pas que l'on s'apitoie sur Burke Devore, ni qu'on le comprenne. Il expose des faits, un état d'esprit, sa belle écriture nous prend par la main et nous entraîne dans le périple "fou" de cet homme qui sonne l'hallali. c'est lui le chasseur, lui qui a été chassé. Ses "ennemis" sont en somme des hommes comme lui. Ses doubles. "Il ne peut y en avoir qu'un" et ce sera lui Burke Devore a ce poste de dirigeant chez Arcadia (cette entreprise qui a un nom de pays imaginaire). Il supprime ses concurrents potentiels et en final l'homme qui est à "son poste". Cet emploi qui lui revient de droit. Car ici, c'est bien de droit qu'il s'agit. le droit de vivre, le droit d'exister, le droit de se défendre, le droit de prendre son dû de quelque façon que ce soit. Devore s'estime dans "son droit". Même si la culpabilité l'effleure, si la difficulté l'épouvante, si les regrets le tenaillent. En bon professionnel qu'il est, il s'est fixé des objectifs et il les tient tous. Tant pis pour les dommages collatéraux. L'humain, cette "variable" sur le baromètre du monde du travail, devient un bras exterminateur dans le livre de Westlake. Cette histoire d'une "réaction extrême" cristallise l'ombre de l'inconscient. Qui est Burke Devore ?
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Yassleo
05 octobre 2015
En voilà une idée qu'elle est bonne! Après la méthode Véronique et Davina pour retrouver la ligne, voici la méthode Donald Westlake pour retrouver du travail. Fini d'angoisser à l'idée de perdre son job grâce à cette méthode d'une effroyable efficacité pour sortir du chômage. L'inversion de la courbe est en marche.
Et pour moi c'est validé, je garde précieusement en mémoire les bons conseils minutieusement prodigués par Westlake au cas où. Certes, perdre mon travail n'est pas dans mes projets immédiats, mais qui connaît l'avenir aujourd'hui?
Le héros du roman, Burke Devore, non plus n'avait pas prévu la case chômage dans son projet de vie. Pourtant il aura suffi de pas grand chose: un ptit plan de restructuration, une ptite délocalisation d'entreprise et pouf plus rien. Heureusement la logique du marché de l'emploi n'a aucun secret pour lui: de moins en moins de travail sur le marché pour de plus en plus d'actifs en recherche. Donc quelle solution à ce problème insoluble à priori? S'en remettre à la prière, à la chance, au destin, à sa bonne étoile? Non trop incertain tout ça, faut aller au plus simple: puisqu'on ne peut augmenter l'offre, diminuons la demande. Logique implacable, élémentaire et efficace. Burke Devore perçoit alors la lumière au bout du tunnel avec son plan redoutable: éliminer définitivement un à un les postulants au poste convoité pour rester le seul prétendant et ainsi retrouver sa dignité sociale et sa sérénité familiale. Evidemment, ce n'est pas de tout repos. Sur papier pas de souci, mais sur le terrain pas mal d'obstacles restent à franchir. Puis de temps en temps un peu de remords, de peur, de colère et donc quelques nuits blanches à prévoir. Sans compter sur ces foutus ptits soucis du quotidien à gérer, les conflits familiaux et les proches qui ne coopèrent pas des masses pour que le plan se finalise au calme. Mais faut juste prendre un peu sur soi c'est tout, affaire de quelques semaines si tout va bien. Et oui pas le choix, on ne peut décemment pas chercher du soutien moral et crier sur tous les toits ses projets, car il paraît que c'est pas très bien vu de tuer des gens. Reste à savoir si ça vaut le coup et comment tout cela va se terminer.
Je vous aurais bien raconté la fin mais pour l'heure, j'ai du travail à finir chez moi. Et je vais donc de ce pas me barricader au chaud, on ne sait jamais. J'ai entendu du bruit, et je me demande si y aurait pas un Burke Devore à rôder dans le coin...
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koalas
12 août 2013
"Pourquoi ce type au sourire mou, ce type aux oreilles énormes, ce type à la coupe de cheveux ringarde? Qu'avait-il dit ou fait? Qu'y avait-il dans son C.V. qui n'était pas dans le mien? ".
Burke Devore, ancien cadre dans une usine de papier est licencié de son poste pour compression de personnel. A la recherche d'un emploi dans le même secteur, Il en a ras-le-bol d'envoyer des C.V. qui finissent à la poubelle. Déprimé mais réaliste, il sait qu'il y a d'autres gars dans l'arène du marché du travail qui ont autant ou plus d'expériences que lui. Rien ne sert donc de s'en prendre à soi, à ses proches, aux actionnaires ou aux patrons.. Burke Devore va appliquer la méthode du libéralisme pour retrouver du travail, il lui faut éliminer la concurrence par tous les moyens qu'il a à sa disposition (revolver, voiture, couteau, scotch...).
Âmes sensibles, vous pouvez sauter les descriptions à la Tarantino mais comme dit Burke "la fin justifie les moyens".
C'est le premier livre de Donald Westlake que je lis. Chapeau à l'auteur qui a réussi, avec un humour acide, à écrire le vécu d'un demandeur d'emploi devenu psychopathe en voulant appliquer de manière absurde les règles de la concurrence. Bémol : quelques longueurs (C.V. de trop!)
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carre
14 mars 2012
"Le couperet" à travers le personnage de Burke Devore, est un livre sur le chômage et les dégats collatéraux que peuvent engendrer la perte d'un emploi. Bien sur, Westlake fait basculer son roman dans l'extrème mais à bien y regarder, la peur de perdre bien au delà d'un job pourrait engendrer une réaction aussi radicale. Car le personnage va plonger dans une folie destructrice qui, en ciblant ces possibles adversaires pour un entretien d'embauche, va aller au bout de sa logique : à savoir les supprimer purement et simplement sans êtats d'âme. Westlake réussit un roman qui vous glace le sang, et si vous êtes au recherche d'emploi, il est fort à parier que vous regarderez d'un oeil différent vos camarades d'infortune lors d'un entretien. Un récit qui met en accusation nos comportements individualistes et égoistes, dérangeant, cynique et implacable. Loin des livres habituels de Westlake.
Costa-Gavras a réalisé une adaptation du roman avec José Garcia absolument épatant dans le rôle.
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
gillgill14 juin 2012
"Certes, la vieille superstition selon laquelle les romans sont "pernicieux" a disparu d'Angleterre, mais il en demeure quelques traces dans un certain regard oblique dirigé vers toute histoire refusant d'admettre qu'elle n'est plus ou moins qu'une plaisanterie.
Le roman même le plus facétieux sent plus ou moins peser la réprobation dirigée jadis contre la frivolité littéraire : la facétie ne réussit pas toujours à passer pour de l'orthodoxie.
Tout en ayant honte de le dire, les lecteurs attendent toujours d'une œuvre - qui, après tout, n'est que du "feindre", qu'elle soit à quelque degré apologétique, renonçant ainsi à l'ambitieux désir de reproduire vraiment la vie....
(extrait d'un texte signé Henry James et inséré, en guise d'introduction, en début de l'édition parue à "Rivages/Noir" en 2000)
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JulitjubileJulitjubile19 février 2010
"Chaque époque et chaque nation ont leur propre morale, leur propre code de valeurs, en fonction de ce que les gens estiment être la valeur la plus sacrée, et d'autres qui ne se préoccupaient que de la beauté. Le Siècle des lumières célébrait la raison comme la plus élevée des valeurs, et certains peuples - les Italiens, les Irlandais - ont toujours trouvé que la sensibilité, l'émotion, les sentiments, étaient ce qui comptait le plus. Aux premiers temps de l'Amérique, l'exaltation du travail était notre plus grande expression de moralité, puis il y eut une période où les valeurs à la propriété furent estimées au-delà de tout. Mais un autre changement s'est produit récemment. Aujourd'hui, notre code moral repose sur l'idée que la fin justifie les moyens.
Il fut une époque où c'était considéré comme malhonnête, l'idée que la fin justifie les moyens. Mais cette époque est révolue. Nous seulement nous y croyons, mais nous le disons. Nos chefs de gouvernement justifient toujours leurs actions en invoquant leurs buts. Et il n'est pas un seul P.-D.G. qui ait commenter publiquement la vague de compressions de personnel qui balaie l'Amérique sans l'expliquer par une variation sur la même idée : la fin justifie les moyens. [...]
Je sais comment me protéger maintenant. On ne fera pas de moi une victime, plus jamais. Désormais, avec ce que je sais maintenant, quiconque essaiera de me causer des ennuis, quel qu'il soit, entreprise ou particulier, aura droit à une surprise."
(p.324-325).

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CorinneCoCorinneCo03 mai 2014
Je me rappelle ce que j'ai dit hier sur le recyclage, ce mot de la période où je me suis fait virer, qui est remonté tout d'un coup à la surface, et je crois que je suis sérieux à ce propos. J'ai juste continué d'avancer, en faisant de mon mieux pour m'occuper de ma famille, mais en ignorant l'effet de mon attitude sur Marjorie, en tenant pour un fait acquis qu'elle était heureuse avec moi.
Recyclage. Ca faisait partie du lot de départ à la papeterie. Ce qu'eux appelaient recyclage, c'était tellement lamentable et faux que vraiment je devrais trouver un autre mot pour la réévaluation que je veux faire par rapport à moi-même. Ce qu'eux appelaient recyclage....
Je ne pense pas qu'ils l'entendaient de façon blessante. Je crois que ce qu'ils essayaient de faire, c'était de nous maintenir tous calmes et pleins d'espoir jusqu'au moment où nous aurions quitté les lieux pour de bon, et c'est pourquoi nous avions les indemnités de licenciement, les réunions de réflexion créative, les offres de recyclage, toutes ces foutaises.
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JulitjubileJulitjubile16 février 2010
"L'enfant de l'automation est l'ordinateur, et l'ordinateur prend la place du col blanc, du directeur, du chef d'atelier, aussi sûrement que ces robots des chaînes de montage ont pris la place des prolos avec leurs gamelles. Dans les rangs des classes moyennes, voilà où se font les coupes, maintenant. Et aucun de nous n'est syndiqué." (p.90)
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots09 janvier 2013
En fait je n'ai encore jamais tué personne, assassiné quelqu'un, supprimé un autre être humain. Bizarrement, d'une certaine façon, j'aurais aimé pouvoir en parler avec mon père, vu qu'il en avait l'expérience, qu'il avait ce que nous appelons, dans le monde de l'entreprise, un bagage en ce domaine de compétence : lui qui avait été fantassin pendant la Seconde Guerre mondiale, qui avait "servi sous les drapeaux" en 44-45 et traversé la France lors de la dernière marche sur l'Allemagne, avait visé, certainement blessé et plus probablement tué un grand nombre d'hommes revêtus de lainage gris foncé, et fait preuve, rétrospectivement, d'un grand calme par rapport à tout ça. Comment savoir à l'avance que vous en êtes capable ? Là est la question
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Videos de Donald E. Westlake (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Donald E. Westlake
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