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Jean-Patrick Manchette (Traducteur)
EAN : 9782869309586
116 pages
Payot et Rivages (01/09/1995)
3.9/5   81 notes
Résumé :
Ordo, la trentaine, quartier-maître de la marine de guerre américaine, mène une vie sans histoires. Un seul souvenir de jeunesse, à moitié oublié: jadis, amoureux d'une jeune fille de seize ans - lui en avait vingt -, il l'a enlevée, épousée. Quelques semaines plus tard, la mère retrouvait la fille et faisait annuler ce mariage sans autorisation d'une mineure.

"Voici une œuvre raffinée, et qui sait ne pas s'en donner l'air. Voici des mots de tous les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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... une histoire drôle pour personnes tristes, une histoire triste pour personnes drôles.
J'adore cette phrase en quatrième de couverture.
Sur ma critique de Dégâts des eaux, un commentaire de JoedeCarc. Je cite : « Je recommande ‘Ordo', un bijou de sensibilité, un livre à part dans l'oeuvre de Westlake. » Presque tout est dit. Un matelot est chahuté par ses collègues, alors que c'est dans le journal, pour leur avoir caché qu'il avait été marié à la grande star de cinéma, la reine du sexe actuel. Lui tombe dessus un passé d'il y a 16 ans quand il a épousé une jeune fille qui a menti sur son âge et que la mère a fait annuler ce mariage. le problème est qu'elle a changé de nom, de look et autre et qu'il n'arrive pas à la reconnaître. Il prend un congé pour tenter de comprendre.
Un roman sur l'identité, du comment se déconstruire, du retour vers le passé, des paillettes, devient-on son propre personnage ou l'inverse ? Une joie en plus : traduction de Jean-Patrick Manchette. Un énorme merci à JoedeCarc pour, effectivement, ce petit bijou.
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Ordo un gars de la marine à deux ans de la quille
est une vedette aux yeux de ses compagnons matelots
bluffés de voir sa photo tout jeunot dans la rubrique people du journal.
C'est vrai qu'il a été brièvement marié à celle qui deviendra la star mondiale Dawn Devayne...
sauf qu' Ordo ne reconnaît plus les traits de son ex
et décide d'aller à sa rencontre pour la voir de plus près...
Donald Westlake comme son matelot à la cool arpente les pavés d'
Hollywood Boulevard et s'incruste dans le milieu artistique californien
à la recherche de la star perdue...
Bien qu'il vogue dans le Rivage noir, ce livre traduit par Jean-Patrick Manchette n'est point un polar mais un roman d'atmosphère.
La description d'un univers de paillettes, d'une romance proche des feux de la rampe et le ton faussement désabusé font passer un rudement bon moment en compagnie d'Ordo qui ne fait pas dans la nouvelle vague.
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Westlake rime avec polar, ou presque, mais pas que.

Imaginez-vous découvrir, bien des années après un divorce depuis longtemps prononcé, que votre douce et tendre de naguère s'affiche désormais en 4X3 sur Hollywood Bd, en star incontestée du septième art qui l'aura porté au pinacle.

Bon ,faut dire qu'à l'époque, Ordo, la vingtaine arrogante, venait d'épouser une gamine de seize ans, ce qui déplut à belle-maman qui s'empressa de faire annuler cette union contre nature. Si la chose est entendue, ce qui tarabuste notre trentenaire de marin habitué aux pires tempêtes, c'est qu'entre la frêle et douce Estelle Anlic d'antan et la sublime Dawn Devayne sur grand écran, le fossé est abyssal. C'est bien simple, il ne la reconnait absolument pas, ce bon Dr Delajoux étant totalement étranger à l'affaire. Désireux d'en avoir le coeur net, il bazardera ses RTT, CA et moultes heures supp' histoire d'éclaircir cet imbroglio qui le perturbe plus que de raison. Mais est-il toujours bon de vouloir solder les comptes avec le passé, ça, c'est à vous d'en juger...

C'est court mais c'est bon.
En 120 pages, Westlake aborde la problématique de l'impossible amnésie amoureuse et des secondes chances mort-nées tout en taillant un costard XXL au monde du cinéma qui se la raconte sévère.
L'écriture est intrigante et auréolée d'un épais mystère.
Le récit empreint de nostalgie et d'amertume se déguste sans aucune modération...
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« -Hey, Orry. T'as jamais dit que t'avais été marié à Dawn Dewayne. Bon Dieu, Orry, c'est marqué noir sur blanc dans ce putain de journal ! »
C'était vrai, une photo du Matelot Première Classe Ordo Tupikos s'étalait dans ce journal où l'on pouvait lire un long article consacré à la célèbre vedette de cinéma Dawn Dewayne, la nouvelle incarnation de tous les fantasmes de blonde explosive.
Ordo en était resté sonné.
S'il avait bien été marié à une fille dans le temps, c'était avec une dénommée Estelle Anlic et elle n'avait vraiment rien à voir avec la pin-up du magazine !
La mère avait d'ailleurs fait annuler le mariage car sa fille était encore mineure à l'époque ; elle avait dit qu'elle avait 19 ans, en réalité elle n'en avait que 16. Heureusement la Marine lui avait évité un tas de tracas en l'affectant au loin sur un navire.
Seize ans s'étaient écoulés, ils ne s'étaient jamais revus et jamais il n'avait pensé que la star hollywoodienne, dont il avait vu quelques films, n'était autre qu'Estelle Anlic ! Elle avait tellement changé ! Rien à voir avec ce qu'elle était autrefois, on ne la reconnaissait tout simplement pas, « comme une maison de bois se transformerait en maison de brique ».
Alors que lui à l'inverse n'avait pas changé d'un pouce, il était resté exactement le même type qu'auparavant, plus âgé certes mais pas différent.
Cette histoire l'avait à ce point perturbé qu'il avait pris une permission, destination Los Angeles, dans le but de rencontrer Dawn Dewayne pour tenter de comprendre cette si radicale transformation.
Pendant plusieurs jours, des bureaux d'impresarios aux plateaux de tournages en passant par les luxueuses résidences de Bel Air, il avait partagé un peu de ce monde de paillettes, de strass et de faux semblants, des stars du cinéma d'Hollywood.

Comment une personne peut-elle devenir totalement quelqu'un d'autre ? Comment quelqu'un peut-il changer à un point aussi radical que tout ce qui le caractérisait auparavant a complètement disparu ?
Toutes ces questions apparemment anodines que se pose le marin Ordo Tupikos sur le changement de personnalité, sont la base d'un roman d'atmosphère totalement captivant qui va nous asservir jusqu'à la dernière ligne car la maîtrise de Donald Westlake en matière de suspense est vraiment d'un très haut niveau.
Il ne faut pourtant pas s'en étonner car Donald Westlake (1933-2008) est l'auteur d'une bonne centaine d'ouvrages et principalement de romans noirs ou policiers dont plusieurs ont été adaptés au cinéma.
C'est le cas d'« Ordo », adapté en France en 2004 par Laurence Ferreira-Barbosa avec Marie-José Croze dans le rôle de l'actrice métamorphosée.

« Ordo » n'a pourtant rien à voir avec un roman policier, pas d'enquête, pas de meurtre, pas de flic ni de détective. Mais l'ambiance générale de ce court roman qui traite de l'identité, du souvenir et de la mémoire, est saisissante dès le départ, car caractérisée par un style épuré et nerveux et un rythme impeccablement balancé sans aucun temps mort.
Les questions qui perturbent Ordo sont de celles qui vont avoir une résonnance dans sa propre existence et inévitablement dans notre propre conscience. Ainsi, jusqu'à quel point faut-il haïr sa vie et son être pour désirer que plus une seule partie n'en émerge ? Dans quel recoin caché les souvenirs, que l'on sait souvent tenaces, se nichent-ils afin d'être entièrement occultés?
Et le bonheur ne passe-t-il que forcément par l‘oubli ?
Beaucoup de questions identitaires auxquelles Ordo tentera de trouver les réponses dans un milieu où justement les faux-semblants sont légion.

En élaborant son récit dans le monde du cinéma, Donald Westlake égratigne en même temps un milieu où il est bien difficile de démêler le vrai du faux, les acteurs endossant leurs rôles de célébrités bien au-delà des scènes de tournages…
« Tout le monde sait que les noms de stars de cinéma sont gravés sur les trottoirs d'Hollywood Boulevard. Chaque année, ces noms perdent un peu plus de leur signification. L'idée de ces noms, c'est l'immortalité, mais ce qu'ils révèlent vraiment, c'est la mort»…La mort de l'ancienne vie et de l'ancienne personnalité de bon nombre de vedettes que l'on crée de toute pièce pour alimenter le fantasme du public.

Le sacrifice en vaut-il la chandelle ? le bonheur est-il au prix de l'oubli et de la négation de l'être ?
En ne changeant pas, Ordo a-t-il finalement raté sa vie ?
Chacun se fera son opinion au terme de ce bref roman plein de subtilité, traduit de l'américain par Jean-Patrick Manchette - un autre auteur de polars - lequel a su retranscrire toutes les finesses et le charme de ce très bon scénario.
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C'est un peu Dumas et Vingt ans après ; c'est un peu Gainsbourg et Variations sur le même t'aime ; c'est un peu Lelouch et Partir, revenir ; c'est un peu Sautet et Une histoire simple ; c'est surtout Donald Westlake et qu'est-ce que c'est bien !

Jeune Marine, Ordo « Orry » Tupikos s'est marié avec Estelle Anlic avant que ses parents ne la lui reprennent. Il retrouve sa trace par hasard des années après alors qu'elle est désormais Dawn Devayne, star de cinéma adulée à Hollywood.

Ils vont se revoir. Mais si Dawn retrouve bien Orry, Orry retrouve t-il Estelle ou Dawn ? Ou pourra t-il retrouver Estelle en Dawn ?

En quelques pages, Donald Westlake délaisse un temps son héros récurrent et ses pseudos pour nous livrer une histoire toute en tendresse et nostalgie sur le thème des plats qui ne repassent pas, de la mélancolie chimérique des souvenirs heureux, de l'incroyable force émotionnelle qu'offre parfois la vie à certaines parenthèses inattendues.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
- Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je ne savais pas ce que j'en pensais. Mais quand les gens vous montrent une photo - leur femme, leur nana, leurs enfants, leur chien, leur nouvelle maison, leur bateau, leur jardin - on leur dit "très joli".
- Très joli, ai-je dit en rendant la photo.
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Los Angeles ressemble à un très vieux village d’Indiens Pueblos où des promoteurs auraient ajouté du néon.
On dirait un endroit qui a presque eu un Age d’Or, il y a longtemps, mais il n’est rien arrivé et maintenant c’est trop tard.
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Je soupçonnais que c'était un genre de contact humain qu'elle avait appris à développer, afin de faire face à tous les visages qu'on rencontre quand on est une star de cinéma. Ce n'était pas du vrai, mais ça n'avait pas d'importance, ça. C'était une fausseté amicale, un bluff qui rendait la vie plus douce.
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- Vous savez qui me l'a dit ? Le nom "Orry" ? C'est Dawn.
Il prononça ce nom d'une façon quasiment religieuse. Ça me rappelait les Témins de Jéhovah quand ils sortent leurs prospectus ; ils sourient toujours et disent : " Voici la bonne nouvelle ! "
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Elle portait une perruque blonde comme la coiffure de Dawn Devayne, et ses yeux et sa bouche étaient maquillés comme Dawn Devayne, et elle avait même arrangé ses sourcils pour qu’ils ressemblent aux sourcils de Dawn Devayne.
Seulement au second regard plus rien ne marchait. La perruque n’avait pas l’air de vrais cheveux, le maquillage était trop chargé, les sourcils ressemblaient à de petites fausses moustaches. Et derrière tous ces trucs bidons elle était portoricaine ou cubaine ou quelque chose comme ça. C’était comme un déguisement de carnaval.
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