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Sophie Mayoux (Traducteur)
EAN : 9782290323533
316 pages
Éditeur : J'ai Lu (04/03/2003)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 54 notes)
Résumé :
" Susy avait la même échelle de valeurs que ces gens; elle parlait leur langage, même si elle en comprenait d'autres; elle avait soif des mêmes plaisirs qu'eux, même si elle n'adorait pas leurs dieux. Mais, du jour où elle était devenue sa propriété, il avait élaboré au sujet de cette femme une conception qui répondait à un besoin de vénération profondément ancré en lui. "
Susy et Nick Lansing passent leur voyage de noces en Italie chez des amis plus fortunés... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  08 septembre 2013
Il y a un peu de Jane Austen chez Edith Wharton, et beaucoup de Lady Susan dans La splendeur des Lansing, y compris le prénom de l'héroïne... et moi j'aime ça !
La splendeur des Lansing est une histoire d'amour et d'argent dans la haute société du début du XXè siècle, celle de Susy et Nick, deux jeunes gens d'origine modeste qui vivent d'astuce (la leur) et de générosité (celle des autres). Mais, de la dépendance aux compromissions, il n'y a qu'un pas, comme d'ailleurs de l'harmonie aux disputes...
L'auteure devait avoir un sens de l'observation hors du commun, car tout sonne juste : les mondanités hypocrites et outrées, les tourments amoureux, la frénésie de luxe des aristocrates et des parvenus, les amitiés pas désintéressées, les mariages qui se font et se défont...
Le propos est rempli d'ironie mordante, mais aussi d'humanité, sans oublier une pincée de morale bien-pensante. On commence par un sourire complice pour la ruse des Lansing, avant de souffrir avec eux lors de l'irruption des contingences matérielles, de la morale et des conflits, et à la fin... on passe encore par d'autres sentiments.
Bref, La splendeur des Lansing m'a semblé tout à fait splendide !
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Musardise
  08 mars 2016
La splendeur des Lansing peut se lire comme le pendant optimiste de Chez les heureux du monde. En effet, même postulat de départ : dans la haute société new-yorkaise, Susy et Nick, célibataires qui ne disposent ni l'un ni l'autre de la fortune de leurs riches amis et relations, mais qui n'imaginent pas un seul instant vivre ailleurs que dans ce monde d'argent, d'apparences et de plaisirs, se reconnaissent pour des âmes soeurs. Oui mais voilà, impossible de se marier puisque leur train et leur mode de vie en pâtirait atrocement. C'est là que Susy imagine un plan terriblement terre-à-terre, qui leur permettrait de vivre pleinement leur relation... temporairement. Puisque dans cette société, un couple de jeunes mariés est sans cesse invité à s'installer chez les uns et chez les autres, elle compte bien que leur lune de miel pourrait durer au moins un an, pendant lequel ils pourraient vivre aux crochets de leurs amis. Après quoi... ils n'auront qu'à divorcer pour se trouver un riche époux et une riche épouse qui pourvoiront à leurs besoins. Plan terriblement cynique, dans un monde qui ne l'est pas moins, reposant paradoxalement sur un amour réciproque. Plan qu'ils s'empressent d'adopter.
Seulement, si Susy et Nick s'aiment et que leur projet se déroule à merveille, les incompréhensions se font vite jour entre les deux époux. Difficile pour Nick de comprendre à quel point la vie d'une femme, dans cette société aisée, hypocrite et impitoyable, est bien plus difficile que celle d'un homme et répond à des critères autrement plus exigeants (mais ne relevant pas forcément de l'éthique, bien au contraire). Difficile donc de comprendre que Susy se soit habituée, au fil du temps, à faire des compromis avec les principes de morale plutôt rigides qui sont ceux de Nick. Incompréhension qui va les conduire à s'éloigner l'un de l'autre et à envisager de divorcer plus vite que prévu. de là, obligation de se trouver rapidement un mari riche pour Susy, car, en dehors du mariage, pas de salut pour la femme dans cette société. de là, péripéties et obstacles qui vont s'accumuler et ballotter le lecteur ; des coups de théâtre à répétition qui sont peut-être un chouïa trop nombreux, mais qui servent la trame dramatique.
Car, si les points de vue des deux protagonistes sont alternativement étudiés, c'est incontestablement le roman de Susy qu'Edith Wharton a écrit. Dans son style toujours fin et analytique (elle n'était pas une admiratrice de Proust pour rien), elle va suivre la lente émancipation intérieure de son héroïne, sa découverte, peu à peu, d'un monde qui ne se limite pas à la société étriquée qu'elle a toujours fréquentée, son dégoût grandissant pour cette même société. Il y aurait donc une vie en dehors du cercle des riches New-Yorkais... La splendeur des Lansing, c'est l'histoire d'une recherche d'identité, d'une prise de conscience, de l'accession à la liberté coûte que coûte. Wharton ne nous avait encore pas habitués à tant d'optimisme !
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lecottageauxlivresFanny
  10 novembre 2015
La Splendeur des Lansing débute par la lune de miel de Nick Lansing et de sa jeune épouse Susy. Nick et Susy, pauvres parmi les riches, ont toujours vécu de la générosité de leurs protecteurs et des services honnêtes ou malhonnêtes qu'ils leur rendaient en échange. Ils s'aiment, se marient à la grande surprise du beau monde qui les entoure et décident de passer un pacte : ils resteront ensemble autant qu'ils le pourront en vivant des générosités de leur entourage et si l'un des deux trouve un parti plus enviable l'autre doit le laisser briser les liens du mariage. En sachant pertinemment qu'ils vivent sur le dos de cette société hypocrite qui est la leur et qu'ils ne sont pas prêts à travailler ou à abandonner le luxe auquel ils sont trop attachés, ils devinent que leurs jours ensemble sont comptés et qu'un jour viendra où le piège de cette dépendance vis-à-vis des autres se fermera sur eux. Ils passent leur lune de miel chez divers amis qui leur prêtent leur villa ou leur palais vénitien et qui vienne rendre visite au jeune couple. Tout semble merveilleux, jusqu'au jour où Susy, déterminée à "se débrouiller" pour assurer à son couple une vie paisible, accepte de mentir et de poster des lettres de la propriétaire du palais vénitien à son mari pendant que cette dernière se trouve avec son amant. Réprimant sa conscience, Susy accepte cet échange de services alors que Nick réalise soudainement que les choses vont bien trop loin et qu'ils vivent grâce à l'hypocrisie de leurs "amis".
Edith Wharton est un grand peintre des splendeurs et misères du beau monde du début du Xxe siècle qui s'arrache le dernier manteau à la monde, qui possède un appartement à New-York, une maison coquette dans la campagne parisienne et un palais à Venise. Elle les peint avec férocité et ironie pour exposer aux yeux de tous leurs mensonges, leurs hypocrisies et leurs vies amorales où les amitiés sont intéressées, les mariages minés par l'adultère et les enfants abandonnés aux soins des nourrices. Au milieu de cette foule déchaînée, le lecteur rencontre Susy et Nick, plein de bons sentiments mais dont la conscience est tourmentée. Pourquoi abandonner cette vie facile qu'ils ont toujours eue ? Ne méritent-ils pas mieux que ces mensonges et arrangements ?
La Splendeur des Lansing est une sorte de roman initiatique dans lequel Nick et Susy font leur propre éducation amoureuse et consciencieuse au milieu de ce tumulte.
J'ai aimé le portrait mordant de cette époque et de cette société hypocrite et celui des deux héros mais j'ai trouvé quelques longueurs à ce roman. Comme toujours, la plume distinguée d'Edith Wharton est pleine de charme. La Splendeur des Lansing est agréable à lire mais il ne possède pas les qualités et le charme du Temps de l'innoncence ou de Chez les heureux du monde.
Lien : http://lecottageauxlivres.ha..
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tiebb
  21 juillet 2015
Être riche ne suffit pas ; il faut être très, très riche. Quand on l'est, cela ne suffit toujours pas ; il faut le montrer, être meilleur que les autres riches, compétitif à tous les niveaux. C'est à qui se procurera le dernier manteau haute-couture sorti, à qui dénichera l'artiste qui fera bientôt fureur, à qui saura côtoyer princes et altesses…
« Elle avait même élu le fourreur qui confectionnerait sa cape de chinchilla, car elle avait bien l'intention d'en avoir une, et jusqu'aux pieds, et plus douce et plus volumineuse et plus somptueusement extravagante que celles de Violet ou d'Ursula…sans parler des renards argentés et des zibelines…et sans songer encore aux bijoux d'Altringham. »
Et toujours calculer, manigancer, arranger, flirter, épouser, hériter, divorcer. Telles sont les principales préoccupations des gens de la haute ; inextricable réseau de machinations très peu correctes moralement parlant.
Nick et Susy, vivant au crochet des riches n'y sont pas indifférents ; pour avoir longtemps côtoyé ce milieu, ils sont experts en la matière. Mais un jour ils en sont dégoûtés, lassés. S'étant trouvés d'un commun accord sur ce point, ils décident de s'épouser en se donnant pour premier objectif de tenter de vivre oisivement et richement pendant un an rien qu'en puisant sur les chèques qu'ils auront reçu pour leur mariage. Premier objectif, premier faux pas ; ils finiront par tomber dans leur propre piège.
« Dans quel monde d'imposture avaient-ils vécu – elle et Nick – pendant les rares mois de leur vie commune ! A quel titre avaient-ils joui, l'un comme l'autre, de ce cadre exquis, de cette vie de loisirs, de la longue maison blanche cachée dans les camélias et les cyprès au-dessus du lac, des grandes pièces qui donnaient sur la Guidecca, des reflets du canal projetés sur le plafond peint à fresques ? Elle avait pourtant fini par croire que ces endroits leur appartenaient vraiment et qu'ils pourraient y vivre à jamais, tendrement, à l'abri de tout reproche, par la grâce de la fortune d'autrui… »
Le style est à l'égal de l'ambiance, précieux, recherché, parfois trop – ce qui peut lui conférer une certaine lourdeur. Cependant, je n'ai encore jamais lu une si subtile description des méandres de la pensée humaine.
Pour autant, très cher, ce ne fut pas ma tasse de thé!
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Junie
  13 novembre 2011
la foire aux vanités, cette fois décrite par une américaine, elle même issue de la haute société,
mais dotée d'un bel esprit critique et d'un style unique. un régal.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   07 mai 2015
Elle le connaissait déjà par cœur cet avenir. Elle n'avait pas passé sa vie dans le grand monde sans avoir appris dans le détail de quels oripeaux s'y affuble le mariage. Elle avait dressé par anticipation l'inventaire des robes de soirée, de tenues d’après-midi et des lingeries de dentelle qui viendraient grossir la garde-robe de la future comtesse d'Altringham. Elle avait même élu le fourreur qui confectionnerait sa cape de chinchilla, car elle avait bien l'intention d'en avoir une, et jusqu'aux pieds, et plus douce et plus volumineuse et plus somptueusement extravagante que celles de Violet ou d'Ursula... sans parler des renards argentés et des zibelines... et sans songer encore aux bijoux d'Altringham.
Elle connaissait tout cela par cœur. Elle l'avait toujours su. Cela faisait partie intégrante du monde de l'élégance. Rien de neuf là-dedans. Elle n'avait connu d'autre nouveauté que l'entracte de sa vie avec Nick - une vie irréelle par son décor, mais tellement réelle au niveau le plus fondamental. La seule réalité qu'il lui ait jamais été donné de vivre. Les yeux du souvenir lui disaient qu'elle lui devait bien plus que l'éclat doré de son bonheur et de la joie sensuelle qui avait inondé son cœur et son corps. Oui, elle lui devait aussi la floraison dans la douleur, l'enfantement, de quelque chose de plus grave, de plus fort, de plus riche en promesses de puissance, quelque chose à quoi elle avait à peine prêté attention dans la griserie des ses premières extases, mais qui était toujours revenu et qui possédait encore son âme soudain sereine lorsque se dissipait l'ivresse. La perception troublante de quelque chose que Nick et l'amour lui avaient enseigné mais dont les racines plongeaient bien au-delà de l'amour, bien au-delà de Nick...
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MusardiseMusardise   07 mai 2015
- Je vais te dire, c'est quelque chose, cette liberté ! Tout change de nos jours. Pourquoi le mariage y échapperait ? Un homme peut se séparer de son associé du jour au lendemain, mais les pasteurs veulent nous passer la corde au cou pour la vie, une corde pour deux, tout cela parce qu'un jour on est entré en flageolant dans une église, et qu'on a dit "oui" à un de leurs collègues. Ah, non, c'est trop facile ! Nous n'en sommes plus là ! La science et toutes ces découvertes... Moi je dis, les Dix Commandements ont été faits pour l'homme et pas l'homme pour les Dix Commandements. De toute façon, il n'y a pas un mot dedans sur le divorce. C'est ce que je n'arrête pas de répéter à ma pauvre vieille mère qui fonde tout sur sa Bible : vas-y, montre-moi où c'est dit : "En divorce, de requête n'introduiras !" Ça la rend folle, la pauvre femme, parce qu'elle n'arrive pas à comprendre comment ils ont fait pour oublier de mettre ça dans la Loi ! Moi, ce que je pense, c'est que Moïse n'en a pas causé parce qu'il s'y connaissait plus en nature humaine que ces morveux de pasteurs d'aujourd'hui.
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MusardiseMusardise   07 mai 2015
Lorsque le train entra en gare, il s'en extirpa, commanda un café et, l'ayant bu, décida de poursuivre jusqu'à Gênes. Jouer les passagers remettait toute action à plus tard et mettait l'esprit en veilleuse. Après douze heures d'activité mentale furieuse, c'était exactement ce dont il avait besoin.
Il se remit à somnoler, s'éveillant de temps à autre pour de nouveaux intervalles de cogitations hagardes avant de se rendormir, le fracas du train dans la tête. Pendant ces intermittences d'éveil, le grincement des rouages et le crissement des chaînes poursuivaient sempiternellement leur ronde dans son cerveau. Il avait épuisé toute sa capacité de pensée lucide dans l'heure qui avait suivi son départ du palais Vanderlyn. Depuis, son cerveau n'avait cessé de tourner inlassablement le même problème. Sa tasse de café, au lieu de lui éclaircir les idées, n'avait fait qu'en accélérer le rythme.
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VermeerVermeer   10 décembre 2018
Quiconque ressentait même de façon vague, la splendeur et la densité de la vie serait désormais plus proche de lui que ces gens pour qui toutes les merveilles du monde se mesuraient à l'aune de leur situation bancaire.
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VermeerVermeer   10 décembre 2018
A quoi bon être placé par la fortune au-dessus de ce genre de manigances et de veuleries si, au fond de son coeur, on continuait avec elles ?
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Vidéo de Edith Wharton
[EMISSION] LES COUPS DE COEUR DES LIBRAIRES 21-06-19
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 21 juin 2019 :
Journal d'un écrivain de Virginia Woolf aux éditions 10-18 9782264030504
Le cahier de recettes de Jacky Durand aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/146941-divers-litterature-le-cahier-de-recettes.html
Ne fais confiance à personne de Paul Cleave aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/116455-polar-livres-de-poche-ne-fais-confiance-a-personne.html
Un employé modèle de Paul Cleave aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/15128-romans-un-employe-modele.html
Chez les heureux du monde de Edith Wharton, Frédéric Vitoux aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1007314&id_rubrique=1
Je suis le carnet de Dora Maar de Brigitte Benkemoun aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1001840-divers-litterature-je-suis-le-carnet-de-dora-maar.html
Mildred Pierce James M. Cain (Auteur) Livre avec un DVD aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1007315&id_rubrique=1
Un bref désir d'éternité de Didier le Pêcheur aux éditions JC Lattès https://www.lagriffenoire.com/136546-divers-litterature-un-bref-desir-d-eternite.html
Bad Man de Dathan Auerbach et Nathalie Peronny aux éditions Belfond https://www.lagriffenoire.com/142091-nouveautes-polar-bad-man.html
Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill et Mathilde Bach aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/122638-essai-les-fantomes-du-vieux-pays.html
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#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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