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EAN : 9782290336441
187 pages
Éditeur : J'ai Lu (30/05/2006)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Georgie, jeune fille intelligente mais fantasque et égoïste, décide un jour d'évincer son fiancé, trop oisif, pour un vieux lord immensément riche... Mais a-t-elle vraiment fait le bon choix ? Edith Wharton, malgré son jeune âge à l'époque où elle rédige ce roman, dénonce les intrigues de la société aristocrate anglaise de la fin du XIXe siècle : l'hypocrisie des mariages intéressés, les inégalités sociales et le peu de liberté des femmes face aux privilèges masculi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LiliGalipette
  18 août 2011
Libre et légère – La jeune et très jolie Georgie est une demoiselle capricieuse parfaitement au fait de ses défauts. « Moi, Georgie Rivers, une petite pauvresse et dépravée… une coquette lascive et paresseuse. » (p. 29) Amoureuse de Guy Hastings, son cousin, elle rompt pourtant leurs fiançailles et accorde sa main au vieux et riche Lord Benton. La raison financière l'emporte sur celle du coeur et Georgie sait imposer ses désirs. « J'ai tellement l'habitude d'agir à ma guise qu'il serait périlleux de vouloir m'en empêcher. » (p. 38) Rapidement, Lady Benton devient la coqueluche de Londres : jeune, jolie, riche, impertinente, elle impose partout son caractère frivole. « Georgie possédait à la perfection le don d'être « légère ». Elle n'était jamais brutale, jamais bruyante, jamais désagréablement masculine ; mais elle avait une sorte d'impertinence irrésistible qui débordait les limites admises pour le comportement d'une Lady. » (p. 57) On aurait pu croire qu'elle serait heureuse, mais le calcul financier se révèle moins lucratif que prévu et la lassitude et le remords l'emportent sur le devoir conjugal.
L'amant évincé fuit Londres sur les conseils d'un ami et se réfugie en Italie où il s'adonne à la peinture, l'autre passion de son existence. « À quoi vivre, sinon pour l'art ! » (p. 53) Il y rencontre les Graham dont la fille, Madeline, apaise la douleur de son coeur brisé. Un décès et une maladie le rapproche in extremis de Georgie. Mais les retrouvailles ne sont que celles de deux coeurs brisés qui ont laissé passer le bonheur.
Edith Wharton m'avait enchantée avec Chez les heureux du monde. Même effet avec ce très court roman, dont le sous-titre indique qu'il s'agit d'un « conte moral », qui traite de « l'autorité des maris et la soumission des épouses » (p. 59) dans l'aristocratie londonienne du début du XX° siècle. Les relations homme/femme ne sont pas le principal ressort de ce texte : on assiste aussi au combat d'une âme qui s'est perdue en faisant taire son coeur. Georgie, bien qu'enchanteresse et ensorcelante, est profondément agaçante. Sa frivolité et la légèreté avec laquelle elle traite les choses du coeur sont directement opposables à la fraîcheur candide et pure de la jeune Madeline Graham, amoureuse des fleurs. Mais Georgie gagne en humanité à mesure que l'écorce de futilité dont elle avait entouré ses actes se craquèle. L'on découvre alors une jeune femme plus sensible que libre et plus grave que légère.
Le texte a des airs de pièce de théâtre, c'est un drama-in-progress pourrait-on dire à l'anglaise. Les effets d'annonce, les entrées et les sorties et certaines descriptions aux allures de didascalies font du roman une belle matière à représentation. C'est toute la petite scène de l'aristocratie londonienne qui s'agite et, finalement, ce roman est une autre fable du monde. Les passions y sont violentes mais bien éphémères. Qu'une femme soit libre et légère, n'est-ce pas ce qui peut lui arriver de mieux, à condition que le bon compagnon suive ses pas ?
Expiation – Mrs Fetherel a publié son premier roman. le titre, Libre et légère, fait jaser. Mais aux dires des critiques, le contenu est loin d'être sulfureux. Pourtant son auteur se targue d'avoir fait un portrait au vitriol d'une certaine tranche de la société. « Je n'ai pas pris de gants pour traiter le sujet. J'ai appelé un chat un chat. » (p. 158) Mrs Fetherel se flatte même d'être « un auteur qui a eu l'audace de dénoncer le vide des conventions sociales. » (p. 159) Qu'est-ce donc qui passe pour une bluette dans ce roman qui se voulait si féroce ? L'oncle de Mrs Fetherel, l'évêque d'Ossining, a également des ambitions littéraires et il estime que le scandale lui apportera la reconnaissance : « ma meilleure chance pour un succès populaire serait que mon livre soit attaqué par la presse. » (p. 164) Et cet oncle bienveillant a d'autres tours dans sa manche pour aider son propre livre, quitte à nuire à celui de sa nièce.
Mais Mrs Fetherel ne cherchait pas tant le succès populaire qu'une réaction de son époux, béat d'admiration devant tous ses talents. Lassée d'être le centre de toutes les meilleures attentions de son mari, elle cherchait dans l'acte d'écriture un moyen de scandaliser son époux et de faire amende honorable. « Elle éprouvait un certain plaisir à la perspective d'une situation qui justifierait la plus sévère des expiations. » (p. 170) Même ce plaisir lui est refusé et l'auteure qui se voulait sulfureuse n'est en fait qu'une femme abonnée aux bonnes oeuvres.
J'apprécie déjà sans réserve Edith Wharton, mais quand elle cite Huysmans, elle ne peut que gagner les plus hautes places de l'estime que je porte aux meilleurs auteurs ! Pour parler spécifiquement de ce second texte, pas de doute, l'auteure s'y connaît pour manier le cynisme. C'est ici la petite bourgeoisie new-yorkaise qui est tournée en ridicule. Et plus précisément, Edith Wharton s'en prend à ceux que le désir d'écrire chatouille à un tel point qu'ils sont prêts à tout pour s'imposer au détriment des autres aspirants écrivains.
Que le titre du roman publié par Mrs Fetherel soit exactement celui du texte qui précède n'a rien d'un hasard. Edith Wharton règle ses comptes avec les critiques et consorts. Mais elle dresse également un portrait assez misérable des écrivains débutants, en particulier des femmes qui prennent la plume. La postérité et les années l'ont suffisamment prouvé : Edith Wharton avait du talent. Dommage que ses contemporains n'en aient pas tous été convaincus.
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ElizaLectures
  11 avril 2012
Georgina Rivers surprend tout le monde en décidant d'accepter la demande en mariage de Lord Breton. Elle a bien réfléchi : plutôt qu'une vie de bohème avec son cousin Guy Hastings, jeune peintre sans ressource, elle préfère la liberté que lui offre ce mariage avec un vieil homme digne mais irritable, qui lui ouvrira les portes de la meilleure société londonienne. Guy, réellement épris de sa cousine, s'effondre après cette nouvelle et part à Rome pour améliorer sa peinture. Alors qu'elle est devenue la “femme la plus fascinante de Londres” et qu'elle s'étourdit de bals en soirées, Georgina prend un jour conscience du mal qu'elle a fait à son cousin. En un instant, elle perd toute sa joie de vivre. Ces deux-là se retrouveront-ils un jour ?
Dans un style efficace, Edith Wharton raconte l'histoire de cette héroïne qui va voir sa vie considérablement transformée en deux ans. La jeune fille pétillante et capricieuse est frappée de plein fouet par la force de ses sentiments, alors même qu'elle pensait les contrôler en décidant seule de son destin. Elle fait une parfaite Lady Breton, attire les hommes autour d'elle et fait la fierté de son mari. Mais petit à petit, la vacuité de cette vie lui apparaît et elle se laisse aller à la mélancolie. Comme un miroir inversé, le trajet de son cousin est tout le contraire : après plusieurs mois de tristesse, il reprend goût à la vie lors de longues promenades alpines auprès de la jeune Madeline Graham. Sans sentimentalisme, ce roman montre à quel point le destin de la femme est irrémédiablement marqué par le poids de la société. En tant que lady Breton, Georgina ne trouve pas le bonheur, malgré le faste et le confort que lui apporte ce mariage. Mais eût-elle été vraiment plus heureuse, si elle avait épousé Guy Hastings ? Elle le dit elle-même : “Ce ne serait que radinerie, rapiéçage et famine… pudiquement couverts sous le nom d'économies… Je deviendrai mauvaise, Guy deviendrait mauvais, et nous nous disputerions tout le temps, tout le temps !” Et pourtant, Georgina aurait bien pu trouver une forme de sérénité auprès de son mari, comme le laissent entrevoir les dernières pages et j'avoue que ce revirement me toucha beaucoup.
Lien : http://passionlectures.wordp..
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Yuko
  13 janvier 2014
C'est à travers une galerie de personnages évolutifs qu'Edith Wharton distille sa critique de la société aristocrate anglaise du XIX ème siècle. Tour à tour critique, libertaire et cruelle, elle montre à travers cette courte nouvelle, son profond sens de l'autodérision. La nouvelle Expiation qui suit le roman et le complète devient une critique acerbe de la condition féminine dans l'écriture et de sa perception par la société du XIXème. Edith Wharton ne manque ici pas d'audace en créant des personnages féminins détestables, égoïstes voire manipulateurs mais qui s'accordent avec des personnages masculins souvent légers et oisifs...
Une écriture fine et ciselée qui montre un talent certain pour la critique et l'autodérision. Un bon moment de lecture.
Lien : http://art-enciel.over-blog...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   18 août 2011
« Georgie possédait à la perfection le don d’être « légère ». Elle n’était jamais brutale, jamais bruyante, jamais désagréablement masculine ; mais elle avait une sorte d’impertinence irrésistible qui débordait les limites admises pour le comportement d’une Lady. » (p. 57)
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YukoYuko   13 janvier 2014
Et Georgie possédait à la perfection le don d'être "légère". Elle n'était jamais brutale, jamais bruyante, jamais désagréablement masculine ; mais elle aviat une sorte d'impertinence irrésistible qui débordait les limites admises pour le comportement d'une lady.
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 août 2011
« J’ai tellement l’habitude d’agir à ma guise qu’il serait périlleux de vouloir m’en empêcher. » (p. 38)
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 août 2011
« C’était déjà bien assez dur, pensait-elle, d’être prisonnière à jamais de ses propres chagrins et de ses propres remords. Il ne lui venait pas à l’idée que, quels que fussent les tourments de son cœur, elle avait des devoirs envers son mari. » (p. 127)
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 août 2011
Expiation :

« Elle éprouvait un certain plaisir à la perspective d’une situation qui justifierait la plus sévère des expiations. » (p. 170)
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Vidéo de Edith Wharton
[EMISSION] LES COUPS DE COEUR DES LIBRAIRES 21-06-19
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 21 juin 2019 :
Journal d'un écrivain de Virginia Woolf aux éditions 10-18 9782264030504
Le cahier de recettes de Jacky Durand aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/146941-divers-litterature-le-cahier-de-recettes.html
Ne fais confiance à personne de Paul Cleave aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/116455-polar-livres-de-poche-ne-fais-confiance-a-personne.html
Un employé modèle de Paul Cleave aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/15128-romans-un-employe-modele.html
Chez les heureux du monde de Edith Wharton, Frédéric Vitoux aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1007314&id_rubrique=1
Je suis le carnet de Dora Maar de Brigitte Benkemoun aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1001840-divers-litterature-je-suis-le-carnet-de-dora-maar.html
Mildred Pierce James M. Cain (Auteur) Livre avec un DVD aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1007315&id_rubrique=1
Un bref désir d'éternité de Didier le Pêcheur aux éditions JC Lattès https://www.lagriffenoire.com/136546-divers-litterature-un-bref-desir-d-eternite.html
Bad Man de Dathan Auerbach et Nathalie Peronny aux éditions Belfond https://www.lagriffenoire.com/142091-nouveautes-polar-bad-man.html
Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill et Mathilde Bach aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/122638-essai-les-fantomes-du-vieux-pays.html
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