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Critiques sur Xingu ou l'Art subtil de l'ignorance (14)
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Musardise
  08 octobre 2019
C'est bien dans les romans que Edith Wharton donne le meilleur d'elle-même, son écriture nécessitant force détails et subtilités, qui ne se déclinent pleinement que lorsqu'elle prend son temps. Les nouvelles exigent en revanche une concentration qui lui convient moins. J'ai lu quelques dizaines de nouvelles d'elle, et jusqu'à présent aucune ne m'a paru arriver à la cheville de Chez les heureux du monde, du Temps de l'innocence, etc. Certains sortent un peu du lot, et dans le cas de Xingu... on peut dire qu'elle sort carrément du lot.


Ce n'est pas la seule nouvelle où Edith Wharton, qui nous fait rarement rire mais plutôt verser d'amères larmes, révèle une veine humoristique. Mais enfin ce type de nouvelles ne foisonne pas dans son oeuvre, et Xingu est bien plus drôle que celles que j'ai déjà pu lire auparavant.


Sept femmes, toutes appartenant à la meilleure société américaine, dans la ville (imaginaire) de Hilbridge, ont fondé le Lunch Club pour... eh bien pour pas grand-chose, si ce n'est donner l'impression que ses membres représentent l'élite culturelle (Alfaric utiliserait l'expression "élite autoproclamée, j'en suis sûre ^^) de la ville. Elles sont sept, toutes différentes, plus ou moins - plus que moins - imbues d'elles-mêmes, et elles ont l'air stupides. Ce n'est pas tant qu'elle soient réellement stupides (car on les connaît peu) que le fait qu'elles se se complaisent dans un carcan pseudo-intellectuel qui leur donne l'air stupide. L'espèce d'obligation qu'elles se sont imposées les oblige à se contraindre à des tas de règles idiotes, qui ont peu à faire avec l'érudition ou la culture, mais beaucoup avec l'ostentation. Bon, les règles sociales contraignantes, c'est évidemment le grand sujet d'Edith Wharton, sauf que ses personnages ne sont pas d'habitude aussi caricaturaux, et que ses autres oeuvres n'ont pas la portée satirique de Xingu.


Wharton a concocté des passages véritablement savoureux sur ses personnages, leur façon de penser, leurs attitudes en société. Personnages qui, précisons-le, n'ont pas beaucoup de respect les unes pour les autres - chacune trouvant l'autre stupide à cause de telle ou telle répartie -, et six d'entre elles n'en ayant aucun pour Mrs Roby, qui détonne à leur avis dans leur petit cercle, à ne jamais lire les livres qu'il faudrait lire, et à toujours être à côté de la plaque. Mais l'arrivée de Osric Dane, invitée au Lunch Club et célèbre auteure des Ailes de la mort (allusion aux Ailes de la colombe, roman de Henry James qui fut l'ami de Wharton, mais roman dont elle avait détesté l'écriture au point de ne pas en terminer la lecture), va changer la donne. le Lunch Club sera être mis sur la sellette par leur idole, aucune n'étant capable de répondre à des question comme "Qu'est-ce que vous appelez éthique ?" (mince, mais oui, au fait, c'est quoi l'éthique ???) et autres interventions de ce genre. Jusqu'à ce que le mot "Xingu" soit prononcé par Mrs Roby. C'est merveilleux, parlons-donc de Xingu !!!


Là, la nouvelle prend une tournure parfaitement absurde, où la discussion n'a plus aucun sens, et pour cause : il est impossible qu'elle en ait un. C'est le moment le plus drôle du texte, où chacune se perd dans des élucubrations, des divagations, et ainsi de suite. Ce qu'est Xingu, vous le savez peut-être déjà, ou vous le saurez bien assez tôt. Xingu, c'est ici avant tout la manière dont a fait usage Edith Wharton pour se gausser des femmes de la haute société américaine, imbues d'une culture factice, dépourvues d'humour comme de largesse d'esprit.


Un mot sur la nouvelle publication du texte chez la toute jeune maison d'édition L'Apprentie. Pour une raison qui m'échappe complètement, le texte bilingue n'est pas présenté avec le texte original et la traduction en face-à-face. Ça a pu sembler original aux éditrices, mais je me demande comment, à sept, elles ne sont sont pas rendu compte que ça rendait la lecture bilingue extrêmement pénible. En effet, l'ouvrage est réversible, la version originale se trouvant d'un coté, et la traduction de l'autre. Ce qui vous oblige, au cas où, lisant en français, vous voudriez vous reporter au texte en anglais, ou bien au contraire, lisant en anglais, vous voudriez faire un saut du côté de la traduction, à retourner systématiquement le livre. Et comme la pagination en français ne correspond pas à la pagination en anglais, bon courage pour retrouver ne serait-ce qu'une seule phrase ! Je ne sais pas d'où est venue cette idée tout à fait saugrenue, mais voilà qui stoppe toute velléité de lire le texte en comparant les deux versions, ce qui est l'intérêt premier des livres bilingues (sinon, vous vous contentez de la traduction, ou bien vous lisez armé d'un dictionnaire). le seul avantage, c'est le petit format. Mais 7, 50 euros pour une édition bilingue qui se révèle inutile, c'est finalement pas si donné que ça. C'est quand même bête...



Masse critique Littératures
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ElGatoMalo
  01 août 2014
Quel étrange choix des éditeurs aujourd'hui que celui de publier une seule et unique nouvelle sous la forme d'un opuscule d'à peine une soixantaine de page. Je ne connaissais l'oeuvre d'Edith Wharton qu'au travers d'un unique essai, le vice de la lecture, qui m'avait laissé un tel arrière-gout de snobisme mal placé, hautain et méprisant pour certaines formes d'expressions artistiques que je m'étais promis d'éviter tout le reste. Pourtant, cette dame a su si bien piquer ma curiosité au travers d'un simple titre - et de quelques critiques vues ici-même - que je me suis laissé tenter par la lecture de ce texte qui éclaire, ou complète, l'idée d'écriture mécanique ou de lecture mécanique développée dans le premier (la notion d'écriture mécanique sonnait bizarrement à mes oreilles tant elle se rapproche - au moins phonétiquement - de l'écriture automatique, élément fondamental du surréalisme).
Évidemment l'analyse des personnages qui constituent le Lunch Club et de l'univers féminin dans lequel il est plongé n'engage que l'auteur. de telles péronnelles n'existent pas. Quelques passages décrivant leurs pensées, intentions et motivations sont écrits avec une plume plongée dans le vitriol, particulièrement corrosifs et décapants. Mais ils sont amenés avec une telle grâce et une telle finesse que, finalement, leur véritable violence passe un peu inaperçue. Au-delà des portraits comiques de ces ridicules petites dames qui n'ont rien de précieux, on découvre, au fil de l'histoire, un thème assez banal, celui de la tête bien faite opposée à la tête bien pleine (quoi qu'ici, on comprend assez rapidement que la tête est bien plutôt farcie que pleine). Enfin, et surtout, ce qui donne une autre dimension à cette nouvelle, c'est l'exercice de style sur la conversation et, quelque part aussi, un peu, sur le jeu de la séduction amicale. On referme l'ouvrage en se disant : ai-je bien tout compris ? On sent alors monter l'envie de relire le passage de cette conversation pour apprécier pleinement les mécanismes de cette mystification à laquelle, nous aussi, nous nous sommes doucement fait prendre.
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PinkCatReading
  09 septembre 2016
Dans les milieux snob des classes moyennes et supérieures, ces dames tiennent salon et parlent (surtout pour ne rien dire) de Culture. Oui, la culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale.

Et tandis que ces dames à la poitrine aussi enserrée dans leur corset que leur cerveau dans leur petite tête débitent des discours insipides et creux, nous rions d'elles et de leurs prétentions littéraires et culturelles mal placées.

Mais lorsqu'elles invitent une auteure très connue, Osric Dane, et ne savent pas de quoi lui parler, vu que la sus nommée ne tient pas à évoquer son oeuvre, c'est Mme Rory, membre et honte du Lunch club car elle lit du Trollope et semble penser par elle-même, qui les sauve en parlant de « Xingu ». Panique à bord, ces dames, Osric Dane comprise, ne savent pas de quoi il retourne, quoi qu'où qu'est-ce ce Xingu ? Et les voilà qui s'empêtrent dans des « mais oui bien sur Xingu, tout à fait, hu hu hu, hahaha, que c'est passionnant » car jamais, ô grand jamais elles n'avoueront qu'elles ne savent absolument pas de quoi il retourne !

Mme Rory en fausse naïve qui se paye la tête de ses « amies » et d'Osric Dane est exquise. Même après le départ de ces dernières, les membres du club continuent de débattre sur Xingu. Il ne faudrait surtout pas aller à l'encontre des opinions en vogue dans ce milieu distingué mais continuer à apprécier et imiter servilement ce qui semble à la mode ! Si elles avaient mieux écouté Mme Rory, elles auraient peut être fait le rapprochement avec son dernier voyage en Amazonie…

Satire amusante qui met à mal le snobisme de certains clubs, un sujet toujours d'actualité ! Je ne connaissais que "The custom of the country" d'Édith Wharton, lecture universitaire obligatoire, et je n'avais pas du tout aimé car je m'étais arrêtée à l'ambiance snob de la classe supérieure, des salons et des caprices. Ici, c'est toujours le cas mais avec ce côté très drôle qui m'a bien plu finalement!
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Cocotte8017
  10 février 2015
Des dames de la haute société américaine ont invité dans le cadre d'une rencontre de leur club, une romancière de renom. Ces femmes posent alors des questions souvent insignifiantes à leur invité jusqu'à ce que Mrs Roby qui n'a pourtant lu aucun livre de la romancière (la honte!), n'intervienne.

Un pur bonheur que cette courte nouvelle! Edith Wharton dépeint ici avec brio et ironie la haute société new-yorkaise et le snobisme au niveau de la culture. le dénouement est surprenant, tellement ironique que la situation frôle le ridicule, mais pourtant, c'est rempli de sens. C'est un vrai plaisir que de constater la réaction de ces femmes pour qui l'ignorance est si honteuse et qui se feront prendre à leur propre jeu!
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Clelie22
  29 avril 2019
Le Lunch Club se vante de réunir l'élite sociale et culturelle de la petite ville de Hillbridge. Aussi, lorsque la célèbre romancière Osric Dane y fait escale, ces dames s'empressent de l'inviter à l'une de leurs réunions. Mais l'écrivain, au lieu de leur parler de son dernier roman, “Les ailes de la mort”, ne rate pas une occasion de les rabaisser par son attitude et ses questions hautaines. Heureusement, l'une des membres du club, celle que, précisément, les autres considèrent comme une intruse, sauve la situation en jetant dans la conversation le nom de “Xingu” qui, dit-elle, les a occupées une année entière. Trop heureuse de ce salut inespéré, les autres lui emboîtent le pas. C'est au tour de la romancière de paraître embarrassée. Ignorerait-elle donc ce que c'est que Xingu ?


Cette nouvelle d'Edith Wharton brocarde allègement le pédantisme d'un certain monde qui se pique de littérature. L'auteur y pointe aussi bien la superficialité des dames du Lunch Club que la vanité de la romancière. C'est une lecture qui m'a beaucoup amusée mais aussi laissée parfois perplexe. La réaction des dames du Lunch Club sur Xingu est très surprenante. On a envie de leur dire : “vous êtes pas sérieuses ?” de plus, le départ de deux des protagonistes nous laisse sur notre faim. On se demande ce qu'elles ont pu se dire une fois dehors. C'est le propre de cette nouvelle de suggérer seulement et de laisser l'imagination du lecteur faire le reste du chemin.

Une nouvelle amusante et (im)pertinente sur laquelle il vaut mieux ne pas trop en dire pour ne pas gâter le plaisir de la lecture...

Challenge solidaire 2019 "Des classiques contre l'illettrisme"
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kadeline
  16 octobre 2019
Xingu ou l'art subtil de l'ignorance publié chez l'apprentie est un objet livre très bien pensé et travaillé avec au recto la version anglaise et au verso la traduction française. C'est un tout petit format, tout mignon.
Xingu est une novella où l'on suit un groupe de femmes dans une petite ville américaine. Elles forment le club de la bourgade d'Hillbridge, un salon littéraire ultra sélect, dans tout ce qu'il y a de plus pédant dans l'intitulé. Elles font clairement ça pour paraitre intéressantes et intelligentes. Tout bascule quand on convie une autrice dont elles sont censées avoir lu et compris le livre et c'est là que ça devient excellent.
On se retrouve avec une succession de scènes où les dames tentent de faire illusion, d'arriver à se montrer intelligentes voire plus que l'autrice alors qu'elles ne le sont peut-être pas. C'est rempli de faux semblants, plein de piques. On a tous les mécanismes pour paraitre plus que ce qu'on est en réalité. C'était génial cet aspect satyre de la société mondaine, ce côté je me moque de manière subtile. Et j'en profite pour rebondir sur le soucis lié à la subtilité. Tout l'intérêt de cette version bilingue est liée aux subtilités de langages. le niveau d'anglais est élevé et l'on passe très facilement à côté d'une grande partie des nuances, il est facile de râter ce qui rend la lecture drôle. Cette version bilingue permet de ne rien perdre ni le texte original ni les subtilité de vocabulaire grâce à la traduction.
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Frisouille
  25 septembre 2019
Tout d'abord je voulais remercier les éditions L'Apprentie et Babelio pour cette découverte très rafraîchissante grâce à la dernière Masse critique. Et en plus un grand merci à cette toute jeune maison d'édition composée de 7 jeunes éditrices (d'où je pense le clin d'oeil avec ce livre qui est leur premier paru) pour le petit mot en début de livre.

Le livre est cours et le choix de faire un côté français un côté anglais est assez original.
Edith Wharton? le nom de l'auteure me parlait mais je n'avais jamais lu d'écrit de sa part. Il faut dire que je ne suis pas très littéraire et ce livre m'a ainsi faite sortir de ma zone de confort.

J'ai donc fait connaissance avec plusieurs femmes de la Haute société faisant partie d'un club très privé et très select : le Lunch Club. Kesako me direz vous? Et bien figurez vous que si vous appartenez à ce club, c'est qu'en plus de faire partie de la Haute Société, vous êtes également à un niveau élevé intellectuellement.
Et au milieu de ces dames orgueilleuses et condescendantes se retrouve Mrs Roby. Qu'est ce que j'ai ri!!! Elle est extraordinaire car avec un seul mot "Xingu", elle va les prendre à leur propre piège. Des dialogues qui n'ont ni queue ni tête vont voir le jour.
Je n'en dirai pas plus si ce n'est que des fois, on aimerait bien faire descendre certaines personnes de leur piedestal, certains se croyant au dessus de vous, à vous toiser et qui au final n'ont aucune consistance ou répartie. Alors à ce moment là, pensez "Xingu".
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Zazette97
  24 juin 2012
Rédigée en 1916, "Xingu" est une nouvelle de l'écrivaine américaine Edith Wharton, notamment auteure des romans " le Temps de l'Innocence", "Chez les Heureux du monde" ou encore "Ethan Frome".

Quelques femmes de Hillbridge composent le très sélect Lunch Club, association qui se donne pour ambition de "rester en contact avec les plus hautes sphères de l'art, de la littérature et de l'éthique".
Réunies autour de la fondatrice Mrs Ballinger, les dames discutent de la visite imminente de la célèbre romancière Osric Dane.
Mais dès l'arrivée de cette dernière, les choses ne se passent pas vraiment comme prévu.
A y repenser, y avait-il réellement quelque chose de prévu ?

Quel bonheur que cette nouvelle au tournant inattendu ! Une clique de mondaines coulées dans le même moule d'orgueil et de mauvaise foi et d'une superficialité affligeante.
Mrs Ballinger ne s'intéresse qu'aux nouveautés littéraires qu'elle prend plaisir à exposer dans son salon, Mrs Leveret ne se déplace jamais sans son recueil de citations et Mrs Plynth ne supporte pas d'être interrogée sur ses lectures.

" La littérature ? protesta-t-elle sur le ton de la remontrance. Mais cela n'était absolument pas prévu. J'avais cru comprendre que nous parlerions du roman d'Osric Dane." p.20


Dans leur ligne de mire : Mrs Roby, jeune femme modeste et honnête à laquelle elles ne manquent pas une occasion de signifier qu'elle leur est inférieure.
Alors que l'on s'attend à ce que celle-ci reste dans l'ombre de leurs discussions de haut vol, devant leur manque évident de sujets de conversation, Mrs Roby leur sauve la mise, croient-elles, auprès de leur invitée, en recourant à un seul mot : Xingu.
Bien sûr, soucieuses de préserver les apparences, elles rebondissent sur les banalités et surtout sur les bêtises des unes et des autres, sans se douter le moins du monde que ce mot-là leur mettra le nez en plein dans leur ignorance.
Ma préférence va forcément au personnage de Mrs Roby, largement sous-estimée dans la première partie, raison pour laquelle on ne la voit pas arriver. J'ai adoré sa façon ingénieuse de s'approprier les failles des autres pour les remettre à leur place et leur offrir une belle leçon d'intelligence !

Un petit bijou d'humour délicat, portrait mordant d'une société où le souci de paraître prime sur l'honnêteté intellectuelle, où des femmes qui se défendent d'un esprit critique prennent tout pour argent comptant, tentent de se donner une consistance en déballant un savoir de surface, blablatent dans le vide quitte à se voir ridiculisées.
Une excellente nouvelle qui se lit comme une pièce de théâtre !
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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itzamna
  17 mai 2012
L'écriture est savoureuse, la description des personnages fine et les caractères apparaissent insignifiants mais tant gonflés d'orgueil ! Cette nouvelle est un vrai plaisir. L'humour de Edith Wharton transpire à chaque page. Les portraits, qui ne sont pas très éloignés de la caricature, sont le fruit d'une analyse sans concessions de la société aristocratique dans laquelle l'auteure a grandi.

L'introduction d'un nouveau sujet par Mrs Roby, sans concertation préalable de ses consoeurs, met à mal l'ensemble des convives et introduit les premières failles dans leur routine bien huilée. Qu'est-ce donc que le Xingu ? Si vous n'en savez rien vous-même, gardez-vous d'aller chercher la clé de ce mystère et laissez-vous conduire par le verbiage de nos dames de salon. Les indices parsemés par Mrs Roby devraient vous mettre sur la voie, mais si tel n'était pas le cas, peu importe, on vous dira tout à la fin de la nouvelle.

En attendant, ce sujet est prétexte à véhémentes discussions entre la romancière invitée et les membres du Lunch Club. Ni les unes ni les autres ne savent de quoi les autres parlent, mais chacune prend part à la conversation avec un aplomb qui suscite l'admiration. Nous ne sommes pas bien loin de Wisteria Lane dans cette nouvelle, sauf que ici, point de meurtres, de suicides ou d'adultères... Tout est désespérément lisse et parfaitement inutile. Hormis peut-être Mrs Roby qui offre quelques aspérités à travers un passé un peu exotique et l'introduction du sujet de discussion : le Xingu.
Lien : http://itzamna.over-blog.fr/..
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BMR
  27 janvier 2008
Edit Wharton est un peu une figure imposée des blogs à bouquins, comme Arto Paasilinna, Tatiana de Rosnay, Douglas Kennedy ou encore Muriel Barbery et son hérisson.
Et Xingu est sans doute l'opuscule le plus minuscule qu'on ait inscrit au répertoire des opuscules minuscules. Une cinquantaine de petites pages d'à peine 15 centimètres.
Un concentré d'humour et de férocité qui date de ... 1916.
Une nouvelle qui raconte l'une des mésaventures d'un club de vieilles chouettes érudites, snobs parmi les snobs de la kulture.
Car le Lunch Club est un club très fermé .
Un club où le plus important n'est pas d'être mais de paraître et surtout de ne pas faire de faute de goût.
Mais ces chipies aux dents cruelles et aux langues de vipères vont être victimes de leur propre snobisme, lorsqu'il sera question de Xingu.
La chose dont il faut savoir parler même quand on ne sait pas trop de quoi il s'agit (oui, c'est un métier). Et vous que pensez-vous de Xingu ?
Heureusement, dans ce dernier salon où l'on cause, le ridicule ne peut tuer.
Soit dit en passant, Edit Wharton a la dent cruelle et sa langue de vipère n'a rien à envier à celles qu'elle décrit si ironiquement !
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