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EAN : 9782070425464
367 pages
Éditeur : Gallimard (13/11/2002)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 37 notes)
Résumé :
« Des hommes, des femmes et des enfants, demeuraient serrés les uns contre les autres sur les ponts. Beaucoup pleuraient en silence. Beaucoup s'étreignaient. D'autres restaient à l'écart, prostrés dans une douleur muette. Tous éprouvaient le même chagrin, la même détresse devant l'inconnu qui s'ouvrait devant eux et qui ressemblait à cette nuit si noire et si hostile. Chacun, à ce moment, se retrouvait seul dans sa souffrance. Et chacun s'accrochait à une certaine i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
markko31
  31 décembre 2014
Dans cette suite à Une Poignée de gens, on retrouve le style limpide et empathique de Wiazemsky. Les personnages sont toujours aussi bien dessinés, clairs et sensibles.
Le titre est trompeur, nous nous trouvons tout au long du roman dans "l'avant", déjà l'exil mais en Crimée, avant le complet déracinement, douloureux et sans retour.
Contrairement au livre précédent qui naviguait entre élégie et inconscience, ce récit est le constat par la famille Belgorodsky de son monde déjà effondré, et sa trajectoire vers la résignation. Les violences de la Revolution Russe leur apparaissent d'abord assourdies par les murs du havre de paix de Baïtovo et les nouvelles lointaines de Petrograd ou de Moscou. Mais bien vite, l'Hisoire en marche deviendra écrasante et les touchera de plein fouet.
Anne Wiazemsky réussit à la fois à nous faire croire qu'elle est le témoin direct de cette époque particulière et à toucher à quelque chose de plus universel. C'est encore elle qui l'explique le mieux.
"C'est ma façon de parler d'aujourd'hui en me référant au passé. Chaque fois que je regarde, à la télévision, ces colonnes de gens qui fuient le Rwanda, le Kosovo, quelque endroit du monde, je songe que c'est toujours le même effondrement. Ces êtres chassés qui n'ont plus d'identité et se dirigent vers nulle part me hantent."
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Peteplume
  07 mai 2017
De tous les livres d'Anne Wiazemsky, ceux que je préfère est ceux qui sont le moins autobiographiques. J'ai toujours eu du mal à me figurer le succès dont elle bénéficiait à une certaine époque et je l'ai donc boudée... jusqu'à ce que je lui donne récemment une deuxième chance. Après avoir lu Une poignée de gens qui me réconcilia avec l'auteure, je me devais de lire la suite soit Aux quatre coins du monde. Je m'attendais à vivre — à cause du titre, sans doute — le tourments de la vie des Russes blancs en exil mais, en fait, c'est la période, non moins tourmentée et souffrante, qui précède l'exil qui est relatée dans ce roman. J'y ai trouvé beaucoup de finesse dans la description de cette période si particulière telle que vécue par une famille pricière où le passé n'est plus mais ou l'on vit encore de l'espoir de retrouver le paradis perdu... jusqu'à ce que l'évidence de l'Histoire s'impose, implacable et meurtrière.
Il m'en reste l'impression d'une belle découverte et la leçon qu'un(e) auteur(e) ne peut être apprécié(e) sur quelques unes de ses oeuvres... À tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la Russie, à la révolution de 1917, je recommande la lecture des deux romans ci-dessus cités qui permettent de toucher du doigt cette réalité, sans préjugé.
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pit31
  27 janvier 2021
Ce roman décrit les mémoires de Olga de sa jeunesse jusqu'à son départ de Crimée en avril 1919.
Il y a une partie mémoire et une partie courrier. Très bien fait, cette partie de l'Histoire de la Russie sur 2 ans est très bien décrite.
Cela n'a pas été évident que ce soit du côté du peuple ou de la noblesse de pouvoir faire son chemin.
Pour les gens notamment Olga et sa famille, de fuir leur pays n'est pas évident, mais en plus que la famille a fuit au 4 coins du monde s'en pouvoir jamais se revoir est encor plus dure.
Ce roman m'a plu, l'écriture est fluide et très agréable à lire.
Je le conseille fortement.
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Comtesse57
  30 mai 2016
toujours l'âme slave & l'exil!!
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Givry
  17 juillet 2019
Ce livre est la suite du livre « Une poignée de gens », relatant l'histoire d'une famille aristocrate russe avant la révolution. L'angoisse de vivre dans un pays en pleine perte où les règles changent, est très bien rendue. le principe narratif est identique à l'ouvrage précédent sous forme de journal tour à tour tenu par les femmes de la famille. Ce qui m'a beaucoup plu est la description de l'ambiance de l'époque : ne pas savoir où on va, à qui se fier, où on sera demain, la fragilité de la situation.
Lien : http://objectif-livre.over-b..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
pit31pit31   26 janvier 2021
La bibliothèque vaste, haute de plafond, l'attira tout de suite par le nombre impressionnant de livres qu'elle paraissait contenir. Il y en avait dans toutes les langues et sur tous les sujets. Olga les contempla avec avidité : depuis son arrivée à Moscou, elle n'avait plus aucun contact avec les livres. "A croire que j'avais même oublié leur existence...", raconta-t-elle en rentrant à Léonid. Elle feuilleta successivement un ouvrage de médecine et un recueil de poésie orientale traduit en anglais. Des invités entraient et sortaient, bruyants et affairés. Sur un canapé une jeune fille dormait, une assiette encore à moitié pleine de nourriture à ses pieds. A côté, assis derrière une table de bridge, un homme lisait la presse étrangère. Olga le reconnut aussitôt.
Il s'agissait d'un banquier roumain, renommé pour ses connaissances en économie et aussi, plus curieusement, pour ses dons de voyance. Olga l'avait côtoyé à plusieurs reprises et aimait à s'entretenir avec lui de finance et de politique. De le retrouver tout à coup dans la bibliothèque de l'ambassade de Turquie lui fit si plaisir qu'elle l'appela à voix haute. A son tour, il la vit et se leva pour la saluer.
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crapahutevidacrapahutevida   07 juin 2017
Adichka et Nicolas se connaissaient depuis l'enfance et leur domaine, dont ils avaient depuis la mort de leur père l'un et l'autre la charge, étaient très proches. Des relations de voisinage, fréquentes et agréables, s'établirent entre les deux jeunes couples. En 1916, la vie à la campagne, dans cette partie de la Russie centrale, semblait encore protégée des troubles et des émeutes qui déjà désorganisaient les grandes villes. Il en fut tout autrement dès le printemps 1917, jusqu'à l'assassinat d'Adichka, le 15 août. Le 13, une foule immense avait envahi le domaine des Belgorodsky. Conduite par des agitateurs étrangers à la région, cette foule jusque-là pacifique avait exigé l'arrestation et le jugement immédiat des maîtres. Malmenés puis emprisonnés, Nathalie et Adichka assistèrent impuissants au déferlement de haine et de violence. Des paysans qui leur étaient demeurés fidèles voulurent les faire évader. Il leur fallait pour cela des armes et des chevaux et ils allèrent demander l'aide de Nicolas Lovsky. Mais celui-ci jugea l'entreprise trop risquée. « Nous serons tous pris et massacrés », dit-il comme ce fut noté dans un rapport de police dont Nathalie eut connaissance un mois après. En refusant d'agir, Nicolas avait sincèrement cru protéger sa femme, ses amis et leurs alliés paysans. Qui pouvait alors prévoir que quelques heures plus tard Adichka serait assassiné par des soldats mutins venus on ne savait d'où ? Le pillage des autres grands domaines de la région ? Le lynchage des propriétaires terriens qui ne surent s'enfuir à temps ? Adichka Belgorodsky avait péri le premier, victime innocente s'il en fut de ce que la veille encore, incrédule, il appelait la « folie des hommes ».
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crapahutevidacrapahutevida   07 juin 2017
Lettre d'Olga Voronsky
à Léonid Voronsky

10 avril 1919

Mon cher époux, mon Léonid,

Si quelques-unes de mes lettres sont bien arrivées et si certaines des tiennes ont su me trouver à Yalta, j'ose espérer que celle-ci te parviendra. Je la confie au cousin de nos voisins qui compte par d'aventureux moyens gagner la Lituanie où tu te trouves. Eh bien voilà, ce que nous redoutions tous depuis quelques jours est arrivé, nous partons demain sous la protection de la flotte anglaise pour Constantinople car, comme nous le pressentions depuis le début du mois, les Rouges sont à notre porte C'est le commandant de la flotte anglaise qui a prévenu l'impératrice douairière de l'imminence de leur arrivée, mettant à sa disposition et à celle de sa famille un croiseur. Mais avec la grandeur d'âme et le courage qui la caractérisent, elle a exigé que la protection britannique s'étende sur tous les Russes candidats à l'exil, plus d'un millier de personnes, dit-on. Nous avons eu quarante-huit heures pour rassembler nos bagages : pas plus de deux malles par famille ainsi que l'exige le règlement draconien de la flotte anglaise. Nous serons très nombreux, demain, à partir. Si le gros de l'embarquement aura lieu à Yalta, nous nous embarquerons du petit port que l'arrière-grand-père de Xénia a fait construire à deux kilomètres du palais de Baïtovo. J'espère que nous y serons plus en sécurité qu'à Yalta ou sur les routes. La situation politique s'est inversée en un rien de temps ! Jamais je n'aurais cru ça possible il y a seulement un mois, et même encore, à quelques heures du départ, je n'arrive pas à y croire !
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markko31markko31   31 décembre 2014
A croire qu'hommes et bêtes s'étaient couchés sans attendre la nouvelle année. Comme si chacun, tacitement, n'en espérait plus rien. Bichette, la première, rompit le silence.
- Bonne et heureuse année, dit-elle sur un ton qui se voulait léger.
-Bonne et heureuse année, répondirent mécaniquement Xénia, Olga et Nathalie.
Elles s'embrassèrent à tout de rôle dans la nuit sombre et froide. Soudain une fusée éclata dans le ciel, aussitôt suivie de quelques autres. De la plage de Yalta, on tirait un feu d'artifice. Mais le ciel un bref instant illuminé redevint noir et le silence, à nouveau, recouvrit tout.
1919 venait de commencer.
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pit31pit31   25 janvier 2021
La mort de son frère Igor lors des émeutes de mars 1917 à Petrograd puis l'assassinat d'Adichka, son autre frère l'aîné, le chef de famille, nourrissaient cette croyance. "Ils ne peuvent être morts pour rien", pensait-elle. Elle se rappelait leur engagement patriotique, leur volonté d'améliorer le niveau de vie des paysans et des ouvriers ; les opinions libérales d'Adichka dont elle s'était toujours méfiée et qu'elle avait en vain tenté de combattre. Adichka Belgorodsky avait cru en l'avènement d'une Russie meilleure, pacifiée et démocrate. Il avait œuvré dans ce sens et l'avaient massacré. "Oui, qu'Igor et lui ne soient pas morts pour rien", se répétait-elle.
Courageuse et énergique, Olga refusait de se laisser à l'abattement, au chagrin. Depuis deux ans chaque jour apportait son lot de mauvaises nouvelles. Les morts s'ajoutaient aux morts, on achevait un deuil pour en commencer un autre. Elle priait pour la sauvegarde des siens, des parents, des amis, mais surtout pour celle de Léonid, son époux, et de Micha, son dernier et seul frère, le plus jeune, le plus imprudent, et elle se demandait justement où il se trouvait, ce qu'il faisait.
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