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EAN : 9782070743018
167 pages
Gallimard (05/03/1996)
3.6/5   111 notes
Résumé :
Pourquoi le père d'Anne a-t-il demandé, dans son testament, qu'on donne à une certaine dame résidant à Genève le disque bien connu d'Edith Piaf Hymne à l'amour ? Pourquoi la même chanson a-t-elle une si grande importance pour sa mère, comme si elle avait été l'hymne national d'une passion défunte ?
Plus tard, bien plus tard, Anne partira pour Genève, à la recherche de la mystérieuse dame qu'avait aimée son père. Ce beau livre, écrit avec tendresse, recèle bie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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La célèbre chanson d'Edith Piaf, l'Hymne à l'Amour, vient ponctuer à plusieurs reprises le cours du récit, comme un air à la mode lancé sur les ondes radiophoniques. Il aère la structure, comme une musique le ferait, tout au long d'une journée silencieuse. Il nous rappelle que l'amour c'est toujours le même refrain.

Ce roman autobiographique est constitué de fréquents retours sur le passé, de souvenirs au travers desquels il y a l'idée de se réconcilier avec sa propre histoire par-delà le temps. François Mauriac, le grand-père de l'auteure, fait plusieurs incursions bienvenues, et les passages habités par sa présence, sont des instants de lecture émouvants et généreux, car on participe aussi à ces moments. Cependant, ce ne sont pas ceux les plus importants.

L'objet est une quête personnelle de l'auteur. A la mort de sa mère, Anne découvre, en compagnie de son frère, un document oublié, qui fut le testament de leur père, décédé plusieurs années auparavant. Dans ses dernières volontés, il avait demandé que l'on remette divers objets à une dame mystérieuse. Sa maîtresse présumée. Qui dit maîtresse dit double vie.

Leur mère a-t-elle pris ses dispositions pour la contacter ? Rien n'est moins sûr. Anne se souvient de quantité de détails, elle redessine les personnages de sa vie, leur psychologie, leur tempérament. Emue par cette relation amoureuse vécue par son père, et guidée par l'honnêteté du geste, elle décide de se rendre chez cette dame à Genève. La relation amoureuse ayant existé entre ses parents, celle d'un couple libre, s'impose également à son souvenir.

L'écriture est élégante, on plonge vite dans cette histoire qui nous fait entrer avec Anne dans une dimension personnelle et dans l'histoire de ses parents, au travers de cette chanson de Piaf. On est sans cesse guidés par la quête d'une idée émotive à préciser. Un beau livre.
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Je me sens très, mais alors trèèèèèèèès loin des préoccupations des rosières de bonne famille 60's, des légèrements gourdes aux vélleités émancipatrices-mais-pas-trop, qui concilient tant bien que mal la bienséance et une bohème artise. Bref, Anne Wiazemsky a tout pour m'horripiler. Ce qui était d'ailleurs le cas, à l'origine. Alors pourquoi, toujours, arrive-t-elle à me toucher, dans ses écrits? Sa vraie voix - pas le filet monocorde enregistré par Bresson - sa voix intérieure est légère, volatile, et pourtant teintée d'une gravité mélancolique.

Ici, le fil des souvenirs est ténu, fait d'une accumulation de pas grand-chose mis bout-à-bout, et pourtant au final tout tient, dans ces Hymnes à l'amour minuscules et nuancés - père, mère, baby-sitter – à travers son regard d'enfant. C'est, comme toujours chez Wiazemsky (du moins dans son roman familial et autobiographique morcelé en divers titres) cette faculté à ressentir les émotions du passé avec l'intensité du présent qui emporte le morceau avec moi, alors qu'on pourrait facilement se gausser de cette innocence de l'écriture. Etant plutôt sensible d'ordinaire aux envolées lyriques et excessives, la simplicité extrême de son style m'émeut.

J'ai récemment entendu un critique se demander si Wiazemsky était vraiment de la littérature (sa réponse étant évidemment non). Je ne saurais dire, mais cette écriture fluide, comme une évidence, est d'une sensibilité et d'une pudeur précieuses. Et puis, allez, je ne résiste pas à un petit coup de mauvaise foi : Wiazemsky, elle, et contrairement à Levy ou Musso est à la NRF... (Svp, ne pas me faire une liste des croûtes publiées par la NRF, j'en ai déjà quelques unes en stock)

Bon, Anne Wiazemsky, restant une fille bien élevée, évacue avec une grâce toute bourgeoise (Mauriac en grand-père du côté maternel, princes russes exilés côté paternel, ne l'oublions pas) le potentiel scandaleux, libertin, des amours de ses parents en dehors du joug conjugal. Mais je lui pardonne volontiers de ne pas flatter ma propension voyeuriste et scabreuse (et il faut que j'arrête de lire Closer chez mon dentiste).

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Il nous est si familier l'immense succès d'Edith Piaf : « L'Hymne à l'amour ».
C'est lui, écouté et réécouté par Anne Wiazemsky jeune, qui inspirera le titre de ce livre.
A une exception près : le singulier se transforme ici en pluriel : « Hymnes à l'amour ».
L'hymne de sa mère à l'amant, l'hymne de son père à la maîtresse, l'hymne de l'auteure à ses parents disparus sans oublier l'hymne malhabile de Madeleine (la jeune fille qui « garde » l'auteure et son frère au temps de leur enfance), l'hymne en demi-teinte de Maud (la maîtresse retrouvée trente ans après).
L'amour y révèle ses nombreux visages : tendre, adolescent, passionné, dévoué, filial, simple et simpliste, rêvé, décevant, douloureux... très souvent.
On croise les côtés clairs, les côtés sombres de chaque être. On voit se dérouler le cortège des espoirs et des regrets même si l'autre succès de la chanteuse aimée affirme le contraire.
Un beau portrait d'amour pur, celui de François Mauriac, en grand-père présent et tendre.
L'histoire de gens qu'on ne connaît pas et qui s'insinue dans notre tête : une histoire de gens qui s'aiment par quelqu'un qui les aime.
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Anne, la narratrice, part à la recherche d'une amante de son père pour respecter les dernières volontés de celui-ci. La démarche n'est pas inintéressante et c'est l'occasion pour l'auteure de nous présenter des moments de son enfance, les liens pas toujours faciles entre son père et sa mère ainsi que les doux instants passés avec Madeleine qui prend soin d'elle et de son frère.

Le récit n'est pas désagréable, mais il manque d'unité à mon sens. Certains passages, ceux de l'enfance, sont tout de même savoureux, mais on sort de la lecture avec le sentiment qu'il manque quelque chose à cette oeuvre. On ne retiendra de ce livre rien de vraiment marquant si ce n'est quelques doux moments. J'ai préféré de beaucoup Mon enfant de Berlin de cette auteure.
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Un petit trésor. J'adore l'écriture de Anne Wiazemsky. Elle est belle, simple et entrainante!

Dans ce tout petit livre, Anne Wiazemsky raconte sa jeunesse en Suisse et puis les amours de son père. Tout ça avec son grand-père, François Mauriac, toujours présent.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Je la suivis des yeux alors qu'elle descendait lentement le chemin caillouteux qui menait au portail. Une petite femme courbée, essoufflée, qu'une bourrasque soudaine aurait pu renverser. Et je me mis à pleurer à mon tour. Sur elle, sur moi, sur le temps qui passe. Sur sa vieillesse prématurée et sur le parfum de mort qui semblait l'escorter comme un halo.
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L'amour éait dangereux mais noble. Il donnait sens à la vie, rehaussait ce qui était médiocre, et méritait donc qu'on s'y brûle. Je pardonne d'avance à tout ceux qui aiment, fut-ce en dehors des lois et du mariage.
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L'appartement de notre mère, près de la Porte de Saint-Cloud, est devenu un capharnaüm sans vie qui dégage une tristesse poignante.
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